Page images
PDF
EPUB

2

faux, vol de chevaux ou de moutons, vol domestique, vol avec effraction), a diminué : il a été en 1827, 1828 el 1829, de 4622, dont 96exécutions 1830, 1831 et 1832, 4724,

23

capitales. 1833, 1834 et 1835, 4292, Dans les dernières trois années, sur 100 crimes de la première classe, il n'y a eu , termc moyen, que 42 verdicts de culpabilité, tandis que sur 100 crimes de la seconde, il y en a eu 74.

La société attribue ce résultat à la plus grande probabilité d'une punition, le jury n'usant plus aujourd'hui, à l'égard des crimes de la seconde classe, de l'omnipotence dont il faisait autrefois un fréquent usage, à cause de la trop grande gravité de la peine.

Lord John Russel, dans son discours prononcé à la séance de la chambre des communes, du 23 mars, donne les chiffres suivans, comme formant la moyenne des exécutions à mort qui ont eu lieu chaque année. de 1805 à 1811...

57 1812 à 1818....

90 1819 à 1825...

82 1826 à 1832.....

59 1831 à 1832, 1833...

46 1834 à 1835, 1836....

28 En 1835, il y a eu 523 condamnations à mort et seulement 34 exécutions. Parmi les condamnés à mort, il y en eut 25 déclarés coupables d'assassinat : l'un d'eux fut gracié sur le motif d'une irrégularité dans l'instruction; 3 furent déportés et ai exécutés. Sur 193 condamnés à mort pour vol avec effraction, un seul fut exécuté: aucun ne l'a été

sur 202 condamnés pour vol sur les grands chemins. En 1836, il y a eu en total 494 condamnations à mort, et 17 exécutions,

LXXI. Des enfans trouvés.

M. REMACLE, avocat à la cour royale de Nimes, vient de terminer un travail remarquable qu'il publiera sous le titre de : Nouvelles ren cherches sur les hospices d'enfans trouvés , leur origine, leur utilité et les réformes dont elles sont susceptibles. Avant de mettre sous presse cette oeuvre, qui formera un volume in-80 de 6oo à 700 pages, enrichi de tableaux statistiques, l'auteur a bien voulu nous, communiquer son manuscrit.

Nous y avons trouvé des vues entièrement neuves, exposées avec autant de clarté que de précision , et développées, dans toutes leurs conséquences, avec une logique sévère et consciencieuse. Nous croyons rendre un service aux lecteurs de la Revue, en leur offrant , comme extrait de l'ouvrage, le chapitre xv qui en forme la conclusion et le résumé. Nous serons suivre ce résumé de la lable des chapitres indiquant les recherches bistoriques et statistiques auxquelles l'auteur s'est livré, et les différens poinis qui ont été l'objet de son examen.

Il y a trois objets principaux à considérer dans toute institution: son origine, son but et ses moyens; c'est à ces termes que nous ramènerons ce que nous avons dil sur les hospices d'enfans trouvés.

ORIGINE. - Les établissemens charitables sont nés avec le christianisme; ils sont, dans un ordre , matériel et restreint, la réalisation de celle parole divine: « Si une mère venait à oublier son enfant, moi-même j'en prendrais soin, et je ne l'oublierais pas (1). » Les chrétiens des premiers siècles en possédaient déjà à une époque, ou la désense de l'exposition des enfans était à peine formulée dans

(1) Isaïe , chap. 49, yers, 15.

la loi romaine. Ils se sont perpélués, à travers les révolutions du moyen-âge, sous la protection des églises avec lesquelles ils s'étaient en quelque sorte incorporés.

Au douzième siècle, un homme animé d'un saint zèle , conçut les maisons de charité, avec le caractère d'universalité et de grandeur qu'elles ont encore aujourd'hui, et il les éleva dans toutes les villes populeuses de l'Europe, comme de magnifiques hôtelleries ouvertes à lous les genres de misères. Les enfans trouvés y eurent une place d'élection. Cet homme de bien trouva après lui des continualeurs et des imitateurs.

Les guerres des quatorzième et quinzième siècles aliérèrent son cuvre; les guerres de religion du seizième la détruisirent presque entièrement. Mais dès le siècle suivant, elle reparul améliorée, complétée, assurée contre toute nouvelle atteinte, par le génie bienfaisant de saint Vincent de Paul.

Sous l'influence de ce nom vénéré, ce genre d'établissemens se généralisa : à la fin du dix-huitième siècle, toutes les nations européennes en avaient élevé à l'envi, et le nouveau-monde commençait à les emprunter à l'ancien continent.

Une transformation s'est opérée de nos jours, mais le principe de l'assistance régulière des pauvres enfans abandonnés est demeuré sauf; il est encore universellement admis.

Une institution qui n'est que la réalisation d'une pensée religieuse, qui succombe et se relève avec elle, et se produit toujours sous le patronage de la vertu la plus pure, de la bienfaisance la plus éclairée, celle institution peut-elle être mauvaise en elle-même et dangereuse dans ses effets ?

Le sens intime dit : non, avant même que l'observation des faits ait justifié cette solution ; '

nous avons vu que les faits sont ici d'accord avec le sentiment,

BUT. L'institution des hospices d'enfans Irouvés a eu pour but non seulement de prévenir les infanticides, mais encore, et surtout de procurer aux enfans après l'abandon, les services auxquels leur dénuement a un droit sacré. La famille naturelle n'étant plus là pour les conserver à la vie, la société la substitue à elle, et devient pour ces étres délaissés une nouvelle fainille.

Une famille! ce mot dit tout, et comprend les soins donnés à la première enfance, l'éducation qui commence avec les premières lueurs de l'intelligence et continue jusqu'à son entier développement, l'enseignement professionnel qui implique un travail commun et profitable à celui qui enseigne pendant un certain nombre d'années, en un mot, l'initiation à tous les devoirs.

Dans la famille, le père en élevant son enfant se propose deux objets qui se confondent dans son espèce : le bien de son fils premièrement, le sien ensuite.

Le bien de son fils: il l'enveloppe d'amour et de soins, l'éclaire de son expérience , lui fraie la voie dans laquelle il doit marcher, l'y soutient long-temps. Son bien particulier : il l'aide de son travail dans le préet s'assure

par l'éducation ses secours pour l'avenir. La société substituée à la famille doit avoir les mêmes vues dans l'éducation des enfans abandonnés; elle ne peut pas en avoir d'autres.

Elle veut éloigner de leurs premières années tout ce qui pourrait menacer une frêle existence.

sent,

MOYENS.

Elle veat que leur intelligence ne s'ouvre qu'à la vérité, leur cæur qu'à des émotions vertueuses ;

A l'enseignement industriel, son désir est de joindre l'enseignement religieux ;

Et, en cela, elle consulte aussi son intérêt propre; car elle sait que l'enfant devenu homme sera pour elle ce qu'elle l'aura fait, citoyen soumis aux lois et ami de son pays, si en lui fournissant des moyens d'existence elle lui a inspiré cet amour et cette soumission; homme à charge et dangereux, si elle l'a imprudemment abandonné à lui-même.

Ce désir de la société est le but général de l'institution des hospices d'enfans trouvés; il est en parfaite harmonie avec son origine.

Les moyens d'atteindre ce but sont simples ct près de nous.

Que la société qui ne doit venir qu'après la famille , ne predne sa place qu'autant que la famille est inconnue ou dans l'impuissance de remplir envers l'enfant les devoirs que la nature lui impose;

Qu'elle mette ses soins à diminuer autant qu'il est en elle ces tristes exceptions, au moyen de secours sagement ordonnés;

Qu'en épargnant au dénuement absolu d'une famille l'entretien de son enfant, elle prévoie dans un avenir prochain la cessation de cet état; et qu'au lieu de rompre le lien qui unit l'enfant à elle, elle le cimenle et le fortifie; ';

Que pour cela elle assure à l'enfant la conservation de son état civil au moyen de déclarations, au moment de la présentation à l'hospice et d'enquêtes, s'il y a exposition;

Surtout qu'il n'y ait point d'exposition légale dans un pays où il y a une loi qui punit l'exposition, et qu'au mystère

[ocr errors]
« PreviousContinue »