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le maréchal était dans sa terre des Coudreaux, et j'étais à Tours, dans ma famille.

» Le 9 mars, je reçus l'avis que M. le maréchal venait de passer à Paris pour se rendre à son gouvernement de Besançon. Je parlis' le 10, et', en passant par Paris le :12, j'y trouvai l'ordre de le rejoindre ; je partis le même jour. Je fis un détour pour ne point entrer à Dijon , qui avait arboré le drapeau tricolore. Je suis arrivé à Dôle le 13, entre ciog et six heures du soir ; j'y trouvai les troupes françaises portant la co carde tricolore. J'appris que M. le maréchal était dans la ville, je me rendis chez lui ; et c'est alors seulement que j'eus connaissance des événemens du 14. Je dînai à la table du maréchal, et deux heures après j'entrai dans son cabinet pour le prier de me permettre de relourner dans ma famille; ce qui me fut accordé d'autant plus facilement, que j'étais malade. Je ne me souviens pas des propos qui furent lenus à table ; mais j'ai l'is dée qu'ils étaient indifférens. J'ai écrit au marém chal; cette lettre n'a coûté beaucoup à cause du respect et de la reconnaissance que je lui dois. Je rejoignis M. de Bourmont à Lons-le-Saulnier daós la nuit; il était auilit, très-affligé : nous nous entendimes sur-le-champ ; il m'eogagča à partir pour Paris au moment où j'allais lui en parler.

J'avais un faux passe-port que j'avais scellé du cachet du maréchal. Nous fümes long - temps en route, et nous n'arrivâmes à Paris que le 18 ou le 19. Ce n'est

que

dans la voiture que j'ai appris les détails de ce qui s'était passé à Lons-leSaulnier. » Interrogé s'il n'a

pas fait un voyage avec le maréchal, le témoin a répondu qu'il avait été avec lui au-devant de MONSIEUR, et qu'à propos du procès de Louis XVI, le maréchal avait exprimé son attachement pour la famille royale , et son indigration franche et vive contre les auteurs de la mort de ce prince.

Interrogé depuis combien de temps il connaissait le maréchal, il a répondu : Il y a sept à huit ans; je le connais susceptible de recevoir des impressions subites et vives , et je pense que c'est la seule manière d'expliquer.... »

Douzième témoin, M. le maréchal duc de Reggio.

Il n'a été appelé que pour constater l'identité de deux lettres qui lui ont été adressées par le maréchal Ney, et qu'il a remises à son épouse. Le maréchal les a reconnues ; on en a donné lecture. Elles contiennent des détails de service, et des mesures à prendre pour s'opposer à Bonaparte.

Ces pièces sont annexées au procès.

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On a donné aussi lecture de trois dépêches adressées par le maréchal Ney au due d'Al. bufera. Elles ne sont relatives qu'au service. Onen a ordonné également l'annexe.

Séance du 5 décembre.

Treizième témoin, M. Magin; il a déposé :

« Le 29 mars, j'ai reçu de M. Delaboulaye, inspecteur de la pavigation à Montereau, une lettre dans laquelle il m'annonçait que le maréchal Ney était à Montereau , chez Labbé, aubergiste. Le maréchal a dit que le retour de Napoléon.avait été arrêté au congrès de Vienne, que tout était arrangé par les soins de Talleyrapd , qui ramenait l'archiduchesse Marie-Louise et son fils. »

Quatorzième témoin, M. Pantin, ancien avoué près le tribunal de première instance de Paris ; il a déposé :

« Vers le 15 ou le 20 juillet dernier, j'ai été arrêté dans une promenade publique par M. Magin, qui, en me parlant des grands événemens qui venaient de se passer, me demanda quelle était mon opinion, de la fuite de l'individu nommé Bonaparte et du retour de Sa Majesté ; il ajouta que ces événemens n'ayaient rien de surprenant. » (Iċi le témoin a déposé les mêmes faits que nous ve

a dit

nons de rapporter dans la déposition de M. Magin.)

Quinzième témoin, M. Perrache, avocat près le tribunal de première instance de Paris. Il a rapporté , d'après M. Pantin , le propos tenu par M. Magin.

Seizième témoin, M. Félix. Il a dit :

« J'ai vu le maréchal, à Lille , haranguer les soldats en faveur de Napoléon. Il a demandé aux colonels s'il y avait parmi eux des intrus ; il leur. que,

s'il y en avait, il fallait les chasser. Il paraît qu'il y a eu des distributions d'eau-de-vie aux soldats ; à la suite, deux jeunes gens qui avaient crié vive le Roi! ont été massacrés. Ces faits se sont passés le 27 ou le 28 mars. »

Un pair. Précisez l'époque.

Le témoin. C'est le jour de l'arrivée du maréchal.

Le maréchal. C'est le 24 ou le 25.
Le témoin. Vous logiez sur la grande place.

Dix-septième témoin, M. Debeausire. Il a déposé :

D'après l'acte d'accusation, j'espérais avoir passé un marché

pour

la fourniture des remontes de deux régimens à Lille. Je suis censé avoir refusé de faire ces fournitures après le départ du Roi, et le maréchal m'aurait dit qu'en traitant

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II

avec les ministres du comte de Lille, j'aurais traité avec ceux de Bonaparte.

» Je n'ai jamais vu le maréchal, je n'ai jamais traité d'aucune fourniture ; il y a confusion de

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nom.

» J'ai dit que les frères Thiébault avdient été chargés de la remonte de deux régimens , qu'ils s'étaient refusés à fournir après le départ du Roi. Que le maréchal, en passant la revue , avait fait đes reproches au colonel du régiment, qui avait rejeté la faule sur les frères Thiébault ; que le maréchal les avait fait venir , et leur avait dit, qu'ayant traité avec les agens du comte de Lille, ils ne devaient pas croire avoir traité

pour

d'autres que Bonaparle.

» Au reste on peut les faire venir, ils sont à Paris. » Le maréchal a dit qu'il ne connaissait ni le témoin ni les frères Thiébault.

M. Bellart a expliqué qu'on avait appliqué par erreur au témoin le fait qu'il avait attribué aux frères Thiébault.

Dix-huitième témoin, M. Charmoilles de Fresnoy, capitaine au 1er régiment de la garde royale ; il a déposé :

: « A l'époque du débarquement de Bonaparte, j'étais à Besançon; j'offris mes services au maréchal, qui les accepta ei m'attacha à l'état-major en qua

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