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à la fois, et personne n'ignore la trahison et le dommage, dont la flotte Impériale a eû à souffrir de leur part. Les susdites trois Puissances ayant ainsi publiquement violé les Traités et déclaré la guerre, la Sublime Porte, au lieu d'user de réprésailles, comme Elle en avait le droit, et d'en agir tout différemment qu'Elle ne l'a fait envers leurs Ministres, leurs Sujets, et leurs Navires Marchands, qui se trouvaient içi; la Sublime Porte, dis-je, se pliant aux circonstances, garda le silence, et prit le parti de procéder en ami, en feignant de croire à ce que lui dirent ici les Ministres de ces trois Puissances, que les Commandans Ottomans étaient la cause de cette bataille, à condition cependant qu'ils ne s'ingereraient plus dans l'affaire Grecque; mais ces Infidèles oubliant toute modération, et loin de se relacher un instant de leur prétention, de faire reconnaître leur proposition d'Indépendance des Grecs, n'en devenant que plus pressans, ils mirent dans tout leur jour, les intentions perfides des Francs à l'égard du Peuple Musulman,

Or, il est évident, que ne fut-ce que pour gagner du temps jusqu'au printemps, la Sublime Porte a procédé amicalement tant dans les messages, que dans les Conférences tenues depuis quelques semaines; qu'elle a plus d'une fois fait savoir aux Ministres, que chaque fois que les Grecs voudraient se soumettre, ils obtiendraient armistice pleine et entière, que tous leurs biens et possessions leur seraient rendus; qu'ils jouiroient de toute tranquillité et repos; qu'on leur remettrait tous les impôts arrièrés, de tout le temps de leur révolte: qu'en outre de tout cela, la Sublime Porte, uniquement dans la vue de complaire aux trois Puissances, leur ferait encore grâce d'une année de rétribution; qu'enfin on leur accorderait tous les privilèges et immunités compatibles avec l'état de Sujets tributaires (Rayas:) mais qu'on ne pourrait leur rien accorder qui put leur faire excéder les bornes de cette cathégorie, et quoique la Sublime Porte ait engagé ces Ministres, le jour de leur entrevue, d'informer leurs Cours respectives de ses communications amicales et de ses excuses légitimes, comme aussi de leur annoncer, que l'Armistice demandé serait observé jusqu'à l'arrivée de leurs réponses, cela n'a servi qu'à augmenter leur orgueil et leur présomption, ils se sont entêtés à déclarer, qu'ils n'accepteraient rien, à moins que l'on n'accorda aux Grecs de la Morée et des environs d'Athènes, qu'ils appellent la terre des Hellenes, et à ceux des îles de la Grèce, les privilèges demandés ; et finalement ont déclaré, que dans le cas contraire, ils partiraient tous les trois.

Voici donc où en est l'affaire. Si, maintenant, nous autres, refléchissant à leur présente démarche, et à leur Alliance, nous évitions la guerre (ce dont Dieu nous préserve:) et nous crussions nécessaire d'adhérer à cette indépendance des Grecs (Dieu nous en garde :) ne pouvant plus arrêter la contagion, elle gagueroit tous les Grecs d'Europe et d'Asie qui, en fort peu de temps, se déclarant indépendant, sortiraient de la Classe de Sujets tributaires, et subjugant en un ou

deux Ans, la Nation généreuse des Musulmans, nous sauteraient un jour à la gorge; et il est clair qué le résultat en serait, hélas! l'anéantissement de nôtre religion et de notre Empire. Le fait est que tandis que, (Dieu en soit loué,) les seules Provinces Turques d'Europe et d'Asie sont remplies d'une quantité innombrable de Musulmans, nous agirions contre notre religion et notre Législation, si craignant la guerre, nous étions cause de l'avilissement de notre religion; et ce serait remettre de nos propres mains aux vils Infidèles, nos Provinces, nos femmes, nos enfans, et nos biens; outre cela, il est à refléchir, que lorsque autrefois les Infidéles régnaient par tout le monde, graces en soient rendues à Dieu, par l'apparition de notre religion, et avec l'aide du Tout Puissant, à dater des jours heureux de notre Prophête jusqu'à nos jours, nos frères les Musulmans, qui nous ont précédés, animés du sentiment de leur religion et de leur force, n'ont jamais, dans aucun combat, fait attention au nombre des Infidèles, et tous travaillant avec unité d'âme, ils ont plusieurs centaines de mille fois, passé au fil de l'épée des centaines de mille Infidèles, et conquis par leur sabre plusieurs Provinces et Contrées. Il en sera de même aujourd'hui, lorsque réunissant nos cœurs, nous marcherons au combat dans la voie du Seigneur. Car avec l'aide du Tout-Puissant et de son Prophète, et en suivant les traces des autres saints Personnages de notre religion, il n'y a nul doute que nous ne remportions des victoires éclatantes...

Ainsi donc, tenons toujours ferme dans notre refus à adhérer aux propositions absurdes des susdites trois Puissances, et si, reconnaissant la justice de notre refus, elles renoncent à s'ingérer dans l'affaire Grecque, ce n'en sera que mieux; mais si au contraire elles insistent encore à faire accepter à la Sublime Porte cette proposition, "rappelons-nous que tous les Infidèles ne font qu'une seule et même Nation,” et que dans le cas même, où ils s'uniraient tous ensemble, nous de notre côté, pleins de confiance en Dieu, et en son Prophète, nous avons résolu de nous lever en masse au combat en faveur de notre religion et de notre Empire, et que tous les Pachas, les Ulemas, les Grands de l'Empire, et s'il le falloit même tous les Musulmans, ne feroient plus qu'un seul corps.

En conséquence de cela, cette guerre ne resemble nullement à toutes celles qui l'ont précedée, ce n'est plus une guerre d'état à état pour une extension de confins; non comme cela a été exposé plus haut, le dessein des Infidèles, (ce dont Dieu nous délivre,) étant tout simplement d'anéantir de dessus la terre la Nation Musulmane, et de fouler aux pieds la religion de Mahomet, cette guerre est une guerre religieuse et Nationale. Que les pauvres et les riches, les grands et les petits, que tout Musulman enfin se fasse un devoir de combattre qu'il se gardent, bien de penser à élever des prétentions de Pays, au contraire n'épargnant ni son bien, ni son sang, que Personne de nous ne néglige rien de ce qu'il est de la dignité d'un Musulman de faire;

que réunissant nos coeurs, nous employons toutes nos forces jusqu'à mourir pour notre religion. Cela est indispensable, et il est évident que sans cela il n'y a plus de salut pour les Musulmans, ni dans ce Monde, ni dans l'autre.

Espérons donc en Dieu, que nous détruirons par tout les vils In fidèles, ennemis de notre foi et de notre Empire; que partout les Musulmans seront couronnés par la victoire.

Tel est l'état des choses: que ceux à qui il ne resteroit même qu'un tant soit peu de réligion dans le coeur, en prennent connaissance, et rentrent en eux mêmes, nous sommes intimement persuadés, qu'ils se réuniront de coeur et d'ame pour travailler au maintien de notre foi et de notre Empire, et au salut de nos ames, et qu'ils mettront tout leur zèle à combattre pour la cause de la religion. Que Dieu nous soit un aide.

REPORT of the Minister for Foreign Affairs of Portugal to the Chamber of Deputies.-2d December, 1826.

GENTLEMEN, Deputies of the Nation,

(Translation.)

I HAVE twice already had the honour to give to this Chamber a slight view of the state in which our relations stand with the principał Powers of Europe. This day, in publick Session, I will not only repeat what I said on those two occasions, but also afford every elucidation in my power, upon this most important and delicate subject.

Gentlemen. If the affairs with which I am entrusted, generally demand, for a certain time, a profound secresy, for the publick good, a period must arrive, in all cases, when mystery becomes not only unnecessary, but even criminal. All that I have desired has been to preserve secresy, so long as it seemed to me to be necessary; but I never wished to preserve it beyond that moment at which, in my opinion, we are now arrived, when the disclosures may be opportunely made.

When, on the 3d of August, the Lady Infanta Regent deigned to call me to her Councils, and to entrust me with the direction of Foreign Affairs, I found Portugal placed in very embarrassing circumstances. The Constitutional Charter had just been sworn to; but that monument of wisdom and source of felicity, which we lately received from our immortal Sovereign, the Lord Don Pedro IV. was detested by a neighbouring Nation, and but imperfectly understood by almost all the others: I speak not of England which, for many Ages, has encouraged our good fortune, and amidst every misfortune has always been our steadiest support.

But, Gentlemen, if the Great Powers were for a while undecided with regard to us, that indecision was not of long duration. The French Government speedily recognised the legitimacy and wisdom

of our Institutions, and, through the worthy Representative of His Most Christian Majesty at this Court, we have received repeated assurances of the friendly intentions of that Government. The Emperor of Russia, whose virtues and wisdom are so well known throughout Europe, was pleased, in an audience which he granted to the Minister of Portugal, to state to him, that He had always acknowledged the legitimacy of our Institutions, and that he felt the greatest interest in the prosperity of Portugal. The instructions given by the Russian Government to its Chargé d'Affaires at this Court (and which he has most scrupulously observed) leave nothing to be desired.

From Austria, what more can we desire, after the counsel which the Emperor has just given to that Prince, whose hand is destined, by the Founder of our Charter, for his Daughter our August Queen?

Prussia has regulated her conduct towards us, by that of the Powers her Allies.

Before describing the state of our relations with Spain, it appeared to me essential to give the above brief sketch of our position with regard to the great Powers of Europe. If I have not spoken more particularly of Great Britain, it is because that great and generous Power is so intimately connected with us, that I should have been compelled, at every step, to cite the efforts which it has made, and proposes to make, in our favour. Were we to possess this Ally alone we could have nothing to fear.

In the month of July, when preparations were making to take the requisite Oath to the Constitutional Charter, Spain increased her intrigues, and the desertions from Portugal began. The Portuguese Deserters having not only been well received, but welcomed in Spain, invited their Comrades to commit the same crime. Some Portuguese, who had been raised to honours and eminent posts, acted as Emissaries of Spain, inviting the Soldiers to desert, attacking the legitimacy of the Lord Don Pedro IV. and endeavouring to prove to the ignorant Population that the Constitution was inimical to the Throne and the Altar. To such a pitch of degeneracy did these Portuguese proceed!

It was, therefore, my first duty, on my taking office, to instruct our Chargé d'Affaires at the Court of Madrid, in the most positive manner, to demand, on the part of His Catholick Majesty, the fulfilment of the Treaties existing between Portugal and Spain. When these orders, however, reached Madrid, our Chargé d'Affaires had already declared that he would not take the Oath to the Constitution, and his Instructions, consequently, were not, as they ought to have been, effectually fulfilled. And I cannot help here remarking, that the criminal conduct of that Functionary aided, in a great measure, the bad position of our relations with Spain. Under those circumstances, the Infanta Regent determined to send the Count Villa Real to Madrid, in the capacity of Envoy Extraordinary and Minister Plenipotentiary, ju

order to execute the orders which had been declined by the Exchargé d'Affaires.

What, however, was the surprise of the Government, when it understood that the Count Villa Real had not been received at the Court of Madrid! That fact alone was sufficient to produce a rupture with that Power; but Government, aware that the Court of Madrid was governed by a faction, and wishing besides to give a proof of moderation in its principles, and of its desire to proceed in harmony with its Allies, by which it was advised, employed the greatest circumspection, giving Instructions to the Minister to employ himself solely to obtain the fulfilment of the Treaties, or, at least, the restoration of the effects plundered and carried into Spain by the Portuguese Deserters, and the removal of those Persons from the Frontier, as well as for their dispersion; inasmuch as we were authorized by the Treaties, to demand not only that, but the surrender of the Persons guilty of desertion and high treason.

>It is evident that the Spanish Government ought not, for an instant, to have delayed doing justice to our reclamations: but it acted otherwise; notwithstanding the active co-operation of the English Government, which occupied itself with our interests as if they had been its own. And I may be permitted on this occasion, as a Portuguese, to express my gratitude to the powerful Monarch who presides over the destinies of Great Britain; to his enlightened Ministry; to the British Minister at the Court of Madrid; and, most particularly, to my noble and respected friend, Sir William A'Court, to whom the interests of Portugal are as dear as if they were identified with his own.

A long time elapsed, and nothing could be obtained from the Spanish Government, notwithstanding the promises repeatedly made, as well to the Count Villa Real, who, without any acknowledged character, continued to reside in Madrid, as to the English Minister, and to the other Representatives of the great Powers, who never ceased to give counsels of prudence to the Portuguese Government: counsels; which it has followed up to the present moment, because it was evidently the most judicious mode of proceeding.

His Catholick Majesty's Minister for Foreign Affairs was at length induced to declare, that the necessary Orders would be issued for the restoration of the Articles plundered by the Deserters; that these Persons should be dispersed, that the infamous Viscount de Canellas should be commanded to depart from Spain, &c. But were these Orders issued? I know not. Were they acted upon? Certainly not. The Captains-General, who ought to have executed those Orders, never received them. Is it possible that the perfidy and immorality of a Government could arrive at such a point?

༄ཝོ།

Let us see what the Portuguese Rebels did, during this time, with the consent of the Spanish Authorities. Some, on the Frontiers, attempted, by all possible means, to disturb and excite the neighbouring

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