Page images
PDF
EPUB

et de loutes les diversités historiques aussi bien parmi les musulmans que parmi les chrétiens. Au congrès de Berlin, un plénipotentiaire ture a formulé systématiquement cette pensée :

Mehemet-Ali fait observer qu'en présence des réformes sérieuses que le sultan se dispose à accorder, les privilèges, immunités et usages exceptionnels qui datent du moyen dire, sont destinés à disperuitre!

En détruisant ainsi les autonomies et les diversités, on veut reunir dans le même mortier tous ces éléments disparates et mealcitrants, musulmans et chrétiens, européens, asiatiques ou africains, les bien brever et mélanger pour en faire sortir une nouvelle entité, la nationalité ottomane. laquelles sous le sceptre du sultan, continuera, bien euteeniu, a etre rivie, c'est-i-dire exploitée par la confrente administrative de leastantinople.

Alles, expendant, dire à un chretien que vous voulez en fairt' un ottomam, ua Ld83. . il vous peradra pour un fou. I.emas dan kremais, arabe repead par des

[ocr errors]

quelques débris aux extrémités de la Turquie, par exemple, dans l'Arabie !. Presque toutes les autonomies chrétiennes qui ne sont pas garanties par l'Europe, ont succombé. Les iles de l'Archipel, le Zeitoun, Chio ont été les dernières victimes. Samos résiste encore, et les Mirdites conservent encore une ombré de leur ancienne autonomie. En même temps, les sentiments nationalistes sont devenus bien plus accentués par l'effet des mesures prises à l'encontre : l'adjonction des laïques à l'administration des communautés religieuses accuse de plus en plus les tendances séparatistes que la Porte sera encore plus incapable de satisfaire sur le terrain laïque que sur le terrain religieux. La laïcisation a fortifié le phylétisme.

Ce n'est pas seulement sur le terrain administratif, mais sur le terrain religieux que la Turquie renie la tradition de gouvernement inaugurée par Mahomet II au lendemain de la prise : les centralisateurs se prennent à l'autonomie religieuse. Non seulement la Porte veut intervenir dans les affaires hiérarchiques dont elle avait eu la sagesse de s'écarter pendant quatre siècles; mais elle s'est sentie un jour théologienne; elle n'admet pas certains dogmes. La peur de la France ayant diminué à Constantinople depuis la guerre de 1870, le premier coup et le plus rude est tombé naturellement sur le patriarche des Arméniens catholiques. La Porte aspire enfin à régenter l'enseignement.

C'est donc bien sur le mode de la centralisation, de l'uniformité, du fonctionnarisme que les hommes d'Etat de la Turquie ont cherché à fonder un ordre de choses régulier.

' 1. Voir l'Arabie contemporaine, Ire partie. Paris, Challamel.

XX

LES RÉSULTATS

L'empire ottoman a dû être régénéré successivement par le hatti-chérif de Gulhané, une convocation de délégués provinciaux en 1845, le hatti-humayoun de 1856, le retrait des caïmès, l'unification de la dette, l'organisation du vilayet, le voyage du sultan en Europe, l'institution du conseil d'État, le collège de Galata-Seraï, l'introduction de surveillants étrangers dans le Conseil des finances, la concession du droit de propriété aux étrangers, le monopole du tabac, la sécularisation des vacoufs, la construction des chemins de fer, l'établissement d'un budget, le détrônement d'Abdul-Aziz, etc., etc.; toutes choses qui coïncidaient invariablement avec l'émission d'un emprunt'.

Tout cela a été essayé et tout cela a été stérile : la seule chose qui ait été fondée à l'état permanent, c'est le déficit, qui était inconnu auparavant ou transitoire; mais, à côté du mal visible, comme le déficit, comme le désordre et les excès matériels, il y a un mal plus terrible, celui qui ne saute pas à tous les yeux. Si les innovations onl élé impuissantes à rien fonder, elles ont eu une prodigieuse puissance de destruction : elles ont fait disparaitre une à une toutes les institutions, toutes les situations, toutes les traditions qui, depuis la conquête, avaient créé, dans l'empire ottoman, un état de choses viable. Encore quelques

1. Je ne mentionne pas une foule d'imaginations plus bizarres les unes que les autres. Ainsi, il a été suggéré de régénérer l'empire ottoman en y introduisant la légisiation française sur l'appel comme d'abus.

années de ce régime, et il ne restera plus rien de la Turquie de Mahomet II.

Je terminerai en rappelant les paroles écrites par le prince de Metternich au baron de Newmann en mai 1843, et en les complétant par un témoignage récent.

« ..... Ce soi-disant progrès, dit le chancelier, a détruit ce qui restait des institutions de l'ancien État turc, sans y avoir rien substitué qui ait la valeur de matériaux propres à la construction d'un nouvel édifice politique et social '. »

Le témoignage récent est de 1879. Il émane d'un homme profondément dévoué au sultan et à l'idée de l'agglomération ottomane, et qui a mis la main aux grandes affaires. Voici d'abord ce qui concerne l'application de la réforme administrative

Dans la formation des Vilayets, on n'a eu apparemment qu'un but, celui de réunir des villes et des villages en nombre suffisant pour former des groupes de population assez importants; mais on n'a pas tenu compte de l'homogénéité de ces groupes, ni de la différence des langues, des usages et des mæurs de ceux qui les composent. On a séparé ceux qui devaient être unis et l'on a mis ensemble des éléments disparates qui, poussés par des principes différents, se sont combattus et ont fini par se neutraliser réciproquement, en même temps qu'ils neutralisaient l'action du gouvernement et le développement des ressources publiques.

L'auteur passe ensuite à ce qui concerne spécialement une province:

L'Albanie s'est trouvée en butte à des convoitises coupables, à des innovations sans consistance, à des actes sans cohésion : la conscience du peuple en a été troublée : elle a flotté entre les souvenirs du passé, l'étonnement du présent et l'incertitude de l'avenir...

Aussi les conditions de l'Albanie, loin de s'améliorer sous l'influence du système nouveau, n'ont fait qu'empirer, et cela par la raison bien claire que ce système était imparfait, insuffisant et que les

1. Cité par Engelhardt, ut supra.

2. Sur ce point spécial, voir le ch. xvii et l'appendice au Livre jaune de 1877, page 134.

[ocr errors]

semesona. Le in comprenaient pas eux-- ! la mo e sei -81dre. La superposition d'un

bers o'till a'i yopulations dont il devait aug. Sant :5004 sett, è uu *yeteme plus primitif, mais

* Gry Plan des siècles et était entré dans 100 m Contiguilibre à la machine gouverof S* *1* toutes les branches de l'adminisne mora"** de la prospérité publique. Le

monde putex et de sécurité; l'agriculture a auhi da uitwer 04,4410do la part des fermiers ; l'industrie est pello wote Isoples of $415451 szemnent et de protection; l'instruction bo'sh phim toit le moindre progrés à cause du manque d'étaLlicerinus w proportionnés aux besoins du pays.

11 on osat 16 qu'a la richesse ancienne a succédé la misère présoolo, la commerce (16 anéanti par l'inaction et la méfiance; l'abatlement en la nonchalance ont pris la place de l'activité agricole et industriello. L'ancienne ignorance, tempérée par des rerius primiline, par l'armance of par le respect de la dignité personnelle, a été trop par une norance aride, inconsciente, tille de la mi

Viltie pas la réalisation de la prédiction lancée par le

de Mellernich en 1843

[ocr errors]
[ocr errors][ocr errors][ocr errors][ocr errors][ocr errors][ocr errors][ocr errors][ocr errors][ocr errors][ocr errors]
« PreviousContinue »