Auteurs haïtiens: Morceaux choisis

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Mme. F. Smith, 1904 - Haitian poetry - 162 pages
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how the dead

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Popular passages

Page 34 - Ah ! si vous étiez mort ! de mon âme meurtrie Je ferais une tombe, où, retraite chérie, Mes larmes couleraient lentement, sans remords, Que votre image en moi resterait radieuse ; Que sous le deuil mon âme aurait été joyeuse ! Ah ! si vous étiez mort ! Je ferais de mon cœur l'urne mélancolique Abritant du...
Page 34 - Abritant du passé la suave relique, Comme ces coffrets d'or qui gardent les parfums ; Je ferais de mon âme une ardente chapelle Où toujours brillerait la dernière étincelle De mes espoirs défunts. Ah ! si vous étiez mort ! Votre éternel silence Moins âpre qu'en ce jour, aurait son éloquence ; Car ce ne serait plus le cruel abandon ; Je dirais : « II est mort, mais il sait bien m'entendre, Et peut-être, en mourant, n'at-il pu se défendre De murmurer : Pardon...
Page 88 - Pour mon père. Le soir, quand la pensée ouvre grande son aile Et prend à l'horizon un essor incertain, J'ai souvent tressailli de pitié fraternelle, En songeant aux damnés de l'enfer africain. Deux à deux, à pas lents, sous leurs charges d'ivoire Courbant leurs dos meurtris, ils vont silencieux. Le sang de tons vermeils marque l'épaule noire. Et le sable brûlant met des pleurs dans les yeux. Ils vont, exténués ! La lanière du guide Arrache à leur torpeur des gémissements sourds ; Une...
Page 11 - Votre tâche est immense. Hélas ! combien de frères Qu'opprime ëncor l'iniquité ! Eh bien ! vous sécherez tant de larmes amères En honorant la liberté. « Oui, ne l'oubliez pas, amis : votre vaillance Vous a faits à moitié vainqueurs ; Désormais, vos vertus et votre intelligence Combattront mieux vos oppresseurs. » Pourtant jusqu'à ce jour la discorde implacable T'agite encore, beau pays ; Et ton sol enchanté, Pactole inépuisable, S'abreuve du sang de tes fils. Que n'ai-je en ce moment,...
Page 110 - ... la vague douceur des tremblantes étoiles. Oh ! tes marins perdus, au large, sous le vent ! Oh! tous tes mâts penchés sous l'éclair laboureur, Et la rafale au loin, sur le gouffre mouvant, Salant les yeux où nage une suprême horreur ! Tu me diras longtemps que ma peine est folie, Que ma tête se perd, qu'il faut songer aux âmes Qui pleurent, quand l'orage où la chaloupe plie L'enfonce par degrés dans la fuite des lames. Et docile à ton chant qui charme et qui défend, J'endormirai mon...
Page 35 - Ingrat! vous vivez donc, quand tout me dit: vengeance! Mais je n'écoute pas! A défaut d'espérance, Le passé par instants revient, me berce encor. . . Illusion, folie, ou vain rêve de femme ! ... Je vous aimerais tant, si vous n'étiez qu'une âme Ah! que n'êtes-vous mort!
Page 7 - Autrefois, un serpent, se traînant sur le ventre, Sur un roc élevé parvint à se loger, Tandis que cheminant sur ses pieds, dans un antre Un homme fut contraint d'aménager.
Page 12 - S'abreuve du sang de tes fils. Que n'ai-je en ce moment, ô mon île chérie, La sainte éloquence du cœur ! Tous, bientôt désarmés au seul nom de patrie, Gémiraient d'une telle erreur. Quoi ! divisés, lorsque tout près de votre plage Mulâtres et noirs sont proscrits ! Quand cette République, appui de l'esclavage, Rêve, avide, à vos champs fleuris (') ! Oh ! par tous ces guerriers qui, pères magnanimes, Ont tant souffert pour leurs enfants ; Par tant de sang versé, tant de nobles victimes,...
Page 106 - OUBLI. J'aime d'un grand amour les tombes délaissées, Je ne sais pas pourquoi, mais il me serait doux D'avoir, pour endormir mes dernières pensées, Un de ces coins perdus, bien oubliés de tous. Là je me sentirais plus vraiment mort ; la vie Semblerait plus éteinte au foyer de mes sens ; Car je n'entendrais pas ces paroles d'envie Que sur les grands tombeaux font tomber les passants. Là, ce ne serait plus la banale prière Qui fait souffrir les morts, quand on la dit pour eux ; Ce serait le...
Page 31 - C'était l'heure où midi de l'agame qui rôde Fait reluire au soleil l'écaille d'émeraude , Où le ramier plaintif, fuyant les feux du jour, Cherche un réduit secret aux bords riants de l'onde Et , dans les bois touffus, où la fraîcheur abonde , Fait entendre son chant d'amour. Dora prit le sentier que la liane encombre, Et, rêveuse, elle vint des manguiers chercher l'ombre. Le gazon à la vierge offrait son lit de fleurs ; Sur les cailloux d'argent , avec une voix douce , La source bouillonnait...

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