Page images
PDF
EPUB

que M. le Comte de BOULAINVILLIERS a traitées, & qui feront plusieurs vol. in 4. Mais, comme il ne s'agit actuellement que

de ses MEMOIRES, cela seroit assez inutile. D'ailleurs, cer Ou. vrage qui se recommande assez de lui-même, fera beaucoup mieux juger des autres , que ce que nous en pourions dire ; & après tout , si en annonçant l'Edition entiere de ses Ouvrages, il est nécessaire

que nous en donnions une idée, il sera toujours tems de le faire alors. Les Lecteurs gagneront même à ce retardement : leur impatience sera moins longue.

Il suffira pour le present que nous assurions le Public, que nous n'a

vons rien négligé pour avoir des copies fideles, & exactement collationnées sur des originaux sortis des mains même de l'Auteur. S'il y a quelques fautes dans les MEMOIRES, elles ne doivent point tirer à conséquence pour les autres ; ces MEMOIRES, qui par leur bonté ont engagé les Libraires associés à entreprendre toute l'Edition des Oeuvres de Mr. le Comte De BOULAINVILLIERS, étant tom, bés entre leurs mains avant qu'ils eussent été assez heureux , pour trouver la source des Manuscrits originaux de l'Auteur. Mais ces fautes , s'il s'en trouve seront rectifiées dans l'Edition complette, pour laquelle ils n'épargneronç rien,

ME

[ocr errors]

MEMOIRES

PRESENTES
A MGR. LE DU C
D'ORLEANS.

********************

***

1. MEMOIRE, Sur la convocation d'une Alem

blée dEtats Generaux *

Amais gouvernement ne fut Compa

. si cher à la France que ce entre 10 lui de Son Altesse Royale. Louis XIV Il fuccède à un règne def- & la Ré

potique, bursal, très long Þuc d'07& par conséquent odieux. Il se fait lans. sentir par tous les caracteres

propres

à gagner les cours : bonne intention Tome I.

А

jus * Présenté au commencement de la Régence de Son Altesse Royale.

justice, affabilité, liberalité, oubli des injures ; & surtout par une incomparable generosité.

Cependant malgré tout ce qu'il a de gratieux & d'éclatant, les hommes font li deréglés que l'on peut craindre que la facilité presente ne soit plus dangereuse, pour les conséquences, que les rigueurs passées, parce que les esprits s'emportent plus aisément de l'esclavage à l'insolence, qu'ils ne pensent à jouïr de la simple liberté, de laquelle ils ignorent le prix , faute d'en avoir eu l'usage depuis si long tems.

Lc François , en particulier , est d'un

caractere léger, qui refléchit peu, qui Perangais cède au premier objet : ce qui, d'u-.

ne part, le rend aisé à conduire, mais sement. qui, de l'autre , le rend aussi capable du mal

que

du bien. Gonjonc

Les circonstances ne fauroient être sures fa- d'ailleurs plus heureuses pour l'adminifpour la tration de Son Altesse Royale, puifRégence. que tous les Ordres de l'Etat fe trou

vent également accablés, détruits & anéantis. Elle ne s'y peut faire pour les uns , & pour les autres, qu'elle ne

se

Caractere des

par raa port au Gouver

1

du Gou:

fe les attache par de nouveaux liens.
Tout le monde est entré fous son o
béissance

par les grands motifs de l'esa
perance & de la confiance.' On s'y
doit arréter pour deux autres motifs
non moins puiffans, qui font le rèspect
& l'estime. Les Princes ont d'ailleurs
tant de moyens de se faire aimer, que
l'amour des Sujets ne leur manque ja-
mais que par leur faute.

Nul Gouvernement ne peut être Defauč long-ters heureux, s'il est exercé sans vernerègle & fans théorie, áu hazard des é mert

palrás venemens. On a vu le succès d'une semblable administration fous le règne passé , & nous en ressentons amerement les effets.

Les hommes veulent être comman- Tempedés, mais ils veulent trouver leur bien nécessaisous l'autorité qui les domine ; & cet-re en gete disposition augmente, à proportion pour bien des maux qu'ils ont soufferts. Les gouvera graces particulieres-, loin de calmer les dispositions generales , né forie qu'exciter la jalousie & l'envie de ceux qui ne les ressentent pas ; & l'on se porte .conséquemment , blâ

A

rament

mer

5

« PreviousContinue »