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j'arrive parmi vous pour reprendre mes droits qui sont les vètres. Tout ce que des individus ont fait, écrit ou dit depuis la prise de Paris, je l'ignorerai toujours : cela n'influera en rien sur le souvenir que je conserve des services importans qu'ils ont rendus ; car il est des événemens d'une telle nature, qu'ils sont au-dessus de l'organisation humaine.

Français, il n'est aucune nation, quelque petite qu'elle soit, qui n'ait eu le droit de se soustraire et ne se soit soustraite au déshonneur d'obéir à un prince imposé par un ennemi momentanément victorieux. Lorsque Charles VII rentra à Paris, et renversa le trône éphéinère de Henri VI, il reconnut tenir son trône de la vaillance de ses braves, et non d'un prince régent d'Angleterre.

C'est aussi à vous seuls, et aux braves de l'armée, que je fais et ferai toujours gloire de tout devoir.

Signé NAPOLÉON.

Par l'Empereur :
Le Grand-Maréchal, faisant fonctions de Major général

de la grande armée ,
Signé COMTE BERTRAND.

(N.° 2. ) PROCLAMATION DE S. M. L'EMPEREUR

à l'Armée. Au Golfe Juar, le 1.er Mars 1815. NAPOLÉON, par la grâce de Dieu et les constitutions de l'Empire, EMPEREUR DES FRANÇAIS, &c. &c. &c. à l'Armée.

SOLDATS, Nous n'avons point été vaincus. Deux hommes sortis de nos rangs ont trahi nos lauriers, leur pays, leur prince, leur bienfaiteur.

Ceux que nous avons vus pendant vingt-cinq ans parcourir toute l'Europe pour nous susciter des ennemis, qui ont passé leur vie à combattre contre nous dans les rangs des armées étrangères, en maudissant notre belle France , prétendraient-ils commander et enchaîner nos aigles, eux qui n'ont jamais pu en soutenir les regards? Souffrirons-nous qu'ils héritent du fruit de nos glorieux travaux ; qu'ils s'emparent de nos honneurs, de nos biens; qu'ils calomnient notre gloire ? Si leur règne durait, tout serait perdu, même le souvenir de ces immortelles journées. Avec quel acharnement ils les dénialurent! Ils cherchent à empoisonner ce que le monde admire ; et s'il reste encore des défenseurs de notre gloire , c'est parmi ces mêmes ennemis que nous avons combattus sur le champ de bataille.

Soldats, dans mon exil j'ai entendu votre voix ; je suis arrivé à travers tous les obstacles et tous les périls.

Votre général, appelé au trône par le choix du peuple et élevé sur vos pavois, vous est rendu : venez le joindre.

Arrachez ces couleurs que la nation a proscrites, et qui , pendant vingt-cinq ans, servirent de ralliement à tous les ennemis de la France. Arborez cette cocarde tricolore ; vous la portiez dans nos grandes journées !

Nous devons oublier que nous avons été les maîtres des nations; mais nous ne devons pas souffrir qu'aucune se mêle de nos affaires. Qui prétendrait être maître chez nous ? qui en aurait le pouvoir ? Reprenez ces aigles que vous aviez à Ulm, à Austerlitz, à léna, à Eylau, à Friedland, à Tudella, à Eckınühl, à Essling, à Wagram, à Smolensk, à la Moscowa, à Lutzen, à Vurchen, à Montmirail. Pensez-vous que cette poignée de Français aujourd'hui si arrogans puissent en soutenir la vue ? Ils retourneront d'où ils viennent; et là, s'ils le veulent, ils régneront comme ils prétendent l'avoir fait pendant dix-neuf ans.

Vos rangs, vos biens, votre gloire, les biens, les rangs et la gloire de vos enfans, n'ont pas de plus grands ennemis que ces princes que les étrangers nous ont imposés : ils sont les ennemis de notre gloire, puisque le récit de tant d'actions héroïques qui ont illustré le peuple français combattant contre eux pour se soustraire à leur joug , est leur condamnation.

. .

Les vétérans des arınées de Sambre-et-Meuse, du Rhin, d'Italie, d'Égypte, de l'Ouest, de la grande armée, sont humiliés; leurs honorables cicatrices sont flétries ; leurs succès seraient des crimes, ces braveś seraient des rebelles, si, comme le prétendent les ennemis du peuple, les souverains légitimes étaient au milieu des armées étrangères. Les honneurs, les récompenses, leur affection, sont pour ceux qui les ont servis contre la patrie et contre nous.

Soldats, venez vous ranger sous les drapeaux de votre chef. Son existence ne se compose que de la vôtre; ses droits ne sont que ceux du peuple et les vôtres; son intérêt, son honneur et sa gloire ne sont autres que votre intérêt, votre honneur et votre gloire. La victoire marchera au pas de charge ; l'aigle, avec les couleurs nationales, volera de clocher en clocher jusqu'aux tours de Notre-Dame : alors vous pourrez vous vanter de ce que vous aurez fait; vous serez les libérateurs de la patrie.

Dans votre vieillesse, entourés et considérés de vos con.citoyens, ils vous entendront avec respect raconter vos hauts faits ; vous pourrez dire avec orgueil : Et moi aussi je faisais partie de cette grande armée qui est entrée deux fois dans les murs de Vienne, dans ceux de Berlin, de Madrid, de Moscou , et qui a délivré Paris de la souillure que la trahison et la présence de l'ennemi y ont empreinte. Honneur à ces braves soldats, la gloire de la patrie ! et honte éternelle aux Français criminels, dans quelque rang que la fortune les ait fait naître, qui combattirent vingt-cinq ans avec l'étranger pour déchirer le sein de la patrie !

Signé NAPOLÉON.

Par l'Empereur :
Le Grand-Maréchal , faisant fonctions de Major général

de la grande armée,
Signé COMTE BERTRAND.

(N. 3.) DÉCRÉT IMPÉRIAL qui supprime la Cocarde

blanche et la Décoration du Lys, et ordonne d'arborer la Cocarde nationale et le Pavillon tricolor.

Grenoble, le 9 Mars 1815. NAPOLÉON, par la grâce de Dieu et les constitutions de l'Empire , EMPEREUR DES FRANÇAIS, &c. &c. &c.

NOUS AVONS DÉCRÉTÉ ET DÉCRÉTONS ce qui suit :

Art. 1." La cocarde blanche et la décoration du lys sont supprimées.

2. La cocarde nationale aux trois couleurs sera sur-lechamp arborée par les troupes de terre et de mer, les gardes nationales et les citoyens de toutes les classes.

3. Le pavillon tricolor sera arboré à la maison commune des villes et sur les clochers des campagnes.

4. Le grand-maréchal, faisant fonctions de major général de la grande armée , est chargé de l'exécution du présent décret.

Signé NAPOLÉON.

Par l’Empereur :
Le Grand-Maréchal, faisant fonctions de Major général

de la grande armée,
Signé COMTE BERTRAND.

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(N.° 4.) DÉCRET IMPÉRIAL qui ordonne l'organisation

des Gardes nationales des Départemens, des Hautes et Basses Alpes, &c.

Grenoble, le 9 Mars 1815. NAPOLÉON, par la grâce de Dieu et les constitutions de l'Empire, EMPEREUR DES FRANÇAIS, &c. &c. &c.

NOUS AVONS DÉCRÉTÉ ET DÉCRÉTONS ce qui suit :

ART. 1." La garde nationale sera formée dans les départemens des Hautes et Basses Alpes, de l'Isère, de la Drôme et du Mont-Blanc; elle sera organisée conformément aux lois existantes. Le général commandant la 7.* division, pour le département de l'Isère, et les généraux commandant les autres départemens', se réuniront aux préfets et aux conseillers de préfecture , formeront un conseil d'organisation, et nommeront à toutes les places d'officiers, en prenant de préférence des officiers qui ont servi, s'ils ont d'ailleurs les qualités requises.

2. Les places de Grenoble, Briançon, le Fort-Barraux, Colmar et Mont-Lion, sont confiées à l'honneur et au patriotisme des habitans de la 7. division militaire.

3. Le grand-maréchal, faisant fonctions de major général de la grande armée, est chargé de l'exécution du présent décret.

Signé NAPOLÉON.

Par l'Empereur :
Le Grand-Maréchal, faisant fonctions de Major général

de la grande armée,
Signé COMTE BERTRAND.

(N.° 5.) DÉCRET IMPÉRIAL portant confirmation des fonctionnaires civils de l'ordre judiciaire et administratif, dans les départemens des Hautes et Basses Alpes, de l'Isère, de la Drôme et du Mont-Blanc; nomination du sieur Colaud de la Salcette aux fonctions de préfet , par intérim, de l'Isère, et du secrétaire général de la préfecture des Hautes-Alpes , aux fonctions de préfet de ce département. (Grenoble, 9 Mars 1815.)

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