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de *** dégage la Comtesse de ses fermens, lui transıner les droits fur Théophile, & donne à fa fille des leçons de fermete & de constance propres à Toutenir son courage dans tous les évènemens de la vie. Elle lui laille au surplus la liberté sur la croyance & meurt dins la lienne. Théophile, après avoir donné de justes larmes à la perte qu'elle vient de faire , vaincue par les inftances de Miss Julie, par celles de Sir Charles, & plus encore par l'amour qu'elle rellent pour cet aimable Anglois, confent à lui sacrifier son culte, & le dispose à lui donner sa main.

Tel est le plan de ces Lettres, dont les détails & les développemens font d'autant plus intéressans, que les acteurs qui y figufent , paroissant tour à tour sur la scène, ne laissent aucune interruption dans les faits, & fauvent, par des réponses akernatives, la monotonie ordinaire aux Ouvrages de ce genre, lorsque les Lettres ne sont écrites que par une ou deux personnes seulement.

On s'appercevrà aisément que Madame d'H***, à qui nous devons ces deux petits

****, n'a pas pu surveiller à l'impres. fion de fon Livre, qui fourmille de fautes typographiques & d'orthographe , dont on ne doit accuser que l'éloignement où elle s'elt trouvée de son Imprimeur. Ces légèrestaches qu'on ne peut, fans une très grande

injustice, imputer à l'Auteur, que d'ailleurs la chaleur du style, la variété des Gruations

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& l'agrément des détails font aisément oublier, lui laille la plénitude de tous les droits que son sexe & ses talens lui donnent sur les suffrages des Lecteurs ; & ils les lui accorderont d'autant plus volontiers, que ces Lettres sont les prémices de la plume.

V ARI É T É S.

LETIRE au Rédacteur du Mercure.

Vous le savez , Monsieur, il n'y a jamais eu de Voyages qui aient autant excité de curiofité & d'admiration, que ceux du célèbrc Capicaine Cook; l'Europe attentive à ses découvertes, en a toujours lu les. Relations avec le plus grand intérêr. On aime à voir Cook affronter ces mers de glace , ou nul morrel, avant lui, n'avoit pénétré. On le suit avec étonnement dans ces vastes pays où la civilisation a fait si peu de progrès ; & on le plaît sur-tout à connoître ce peuple en

couvre les Ifles délicicules de la mer du Sud. Presque par-tout où nous conduit ce brave Navigateur, nous semblons afsifter au spectacle d'une création nouvelle , & nous pouvons, fi j'ose m'exprimer ainda, contempler le monde au sortir du borceau.

Ce sont des tableaux si attachans, qui ont engagé le Docteur Kippis, Membre de la Société Royale de Londres, à écrire la Vie du Capitaine

fant qui

Cook, ou plutôt l'Hiftoire plulofophique de ses découvertes. Il s'est servi pour cela non seulcment des Journaux de Cook, mais de ceux des Oficiers qui l'accompagnoicnt. Lord Howe a fait ouvrir à M. Kippis les dépôts de l'Amirauté. Lord Sandwich, M. Stephens, l'Amiral Graves, Sir Hugh Palliser , & la veuve du Capitaine Cook, le font empressés de fournir tous les renseignemens posibles ; de forte que cette Hiltoire a le double mérite de renfermer ce qu'il y a cu de plus intéresant dans les expéditions du Marin Anglois, ou dans la vie particulière , & d'être privée des détails nautiques qui rendent les Relations toujours trop longues & souvent fatigantes.

L'Ouvrage de M. Kippis doit paroître à Londres dans le mois de Juillet; un Homme de Lettres , qui l'a reçu à mesure qu'on l'imprimoit , l'a traduit en françois ; & c'est cette Traduction, qui sera incessamment sous preffe à Paris , que je vous prie d'annoncer.

J'ai l'honneur d'être , &C.. A Paris, le 27 Juin 1788.

SPECTACLE S.

COMÉDIE ITALIENNE.

LE

E Vendredi 20 Juin, on a donné la première représentation de Candide mariés

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Opéra-Comique en deux Actes & en Vaudevilles mêlés de profe.

Candide a épousé Cun'gonde' ; il n'est pas heureux avec elle , & il ne fait pas con bonheur. Pangloft & Martii, qu'ils ont retirés chez eux, qui font toujours en querelle,

& qui ne cessent de répéter leurs ennuyeux & adages, ne contribuent pas peu à les im

patienter ; & dejà ils ont tellement laffe le fils de Candide, qu'il a déserté la inai

son paternelle. Un vieillard qui a deux _filles, l'une mariée , l'autre en âge de l’être,

a donné asile au jeune homine. Celui-ci I est devenu amoureux de la seconde fille

du vieillard; mais la passion ne le distrait point de l'ainour qu'il doit à sa mère, & tous les jours il apporte dans un endroit où elle aime à se retirer, des Heurs qu'il fait lui être agréables. On soupçonne que ces fleurs sont apportées par un Amant : Cunégonde même, sur les conseils de Pan gloss, va profiter de ces présens pour fein dre d'écouter les veux de l'Inconnu, afin de réveiller lamour de Candide , quand elle apprend que c'est à son fils qu'elle en: doit l'hommage. Tel est le premier Acte. Au second, on voit le ménage du vieillard. Lë tableau de la vie fimple & douce qu'on y mène est agréable '& attachant. Candide & la femme arrivent dans cette retraite cultigue. Cunégonde regrette fon fils & le bons

, it. Elle allure son mari qu'ils pourroienç

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être encore heureux, s'ils retrouvoient leur fils. Celui-ci, qui était monté sur un arbre pour en cueillir les fruits, entend & voit ce qui se passe ; il se laisse couler doucement, & se trouve dans les bras de sa mère au moment même où elle prononçoit fon nom. Le jeunc Candide épouse la Maîtrelle.

Il y a de jolis tableaux dans cette petite Pièce, dont le fond est très-peu de chose, & qui a peu d'action. Les détails en font souvent très-heureux, les couplers coupés avec facilité, & les vers tournés avec grace. Le choix des airs est très - agréable, & fouvent il ajoute au mérite des paroles. On a fair répéter plusieurs couplets qui respirent une sensibilité douce, & dont la manière est aimable. Cette bagatelle , que ses Auteurs appellent une fleurerre, & qui est une jolie Aeur, est de MM. RADET & BARRÉ : elle fait suite à leur Comédie-Parade, intitulée Léandre Candide, ou les Reconnoisances en Turquie.

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Le Jeudi 26 on a représenté pour la première fois le Rival Confident, Comédie en deux Actes & en profe, mêlée d'Ariettes; par M. Forgeot, Mulique de M. Grétry.

Un Procureur, nommé Roller , a profité dabord de la confiance du feu Marquis de

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