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dans la Loge de M. le Commandant de la Marine qui les y attendoit : ils affiftèrent à une représentation de Richard Cour de Lion, à la suite duquel on exécuta plusieurs Ballets. Leurs Excellences parurent très-satisfaites de cet amusement. »

« Le 12, à cinq heures du soir, deux des Ambassadeurs montèrent en carrosse avec leurs deux enfans & quelques personnes de leur suite, & se rendirent à la Fonderie Royale, accompagnés de M. le Comte d'Albert de Rions, de M. de Castellet & de M. de Moneron. Les carrosses étoient escortés par deux détachemens des Régimens de Dauphiné & de Barrois, & des quatre Suisles à la grande livrée, qui n'ont jamais quitté les portières du premier carrosse. »

». En entrant dans la Fonderie, les Ambassadeurs furent salués d'une décharge de 21 boîtes d'artillerie , & affiftèrent à la fonte de fix Obusiers en caronade, coulés en leur présence, ainsi que plusieurs petits clous pour doublage. »

« Après avoir parcouru cet atelier, leurs Excellences se rendirent à l'Arsenal. Le Corpsde Garde de la porte leur presenta les armes, le tambour battit au champ,& les Suisses s'armèrent de leurs espontons. Les Ambassadeurs furent conduits au Parc d'Artillerie , dont ils vifitèrent les magasins & les ateliers; ils passèrent ensuite à la salle d'Armes, & de-là à la Corderie, ou, se

fe trouvant fatigués, ils remontèrent en carroffe & fe rendirent à leur Hôte! »

« Le 13, leurs Excellences fe rendirent à la falle du spectacle dans le même ordre qu'elles avoient été à la Fonderie, &, accompagnées des mêmes perfonncs, elles alliftèrent à une représentation d'Azémia, ou les Sauvages , suivie d'un Ballet Turc. » « Le 14, op a tiré un feu d'artifice sur le champ

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de bataille. L'Hôtel des Ambassadeurs étoit ilkia miné jatérieurement. A neuf heures du foir les Ambasfadeurs parurent au balcon de l'Hôtel; la: Musiqus de la Marine, placée devant la ter raffe , exécuta différens morceaux qui durèrent autant que le feu. Leurs Excellences s'étant affifes, ainsi que MM. le Comte d'Albert, le Marquis de Cajteller & de Poffel, qui leur faisoient compagnie , un des Ambassadeurs mit le feu à un Dragon volant qui le porta a la première pièce.

à C'étoit une étoile d'Orient, accompagnée de plu. fveurs artifices de différente forte; une feconde pièce offrit une croix de Malte brillante, entoue de gerbes de feil. Divers artifices variés 7musèrent quelque temps, & furent suivis de la grande & principale pièce, qui représentoit un Arç de trionaphe; au milieu étoient deux colonnes de feu tournantes, accompagnées de plufieurs artifices, & surraontées d'une pièce, au centre de laquelle on vit un Indien ayant un

Palmier devant lui & la Lune au-dessus de la tête. Le feu fut terminé par une grande salve d'artifice. »

Le 1, on a donné aux Ambassadeurs le dio vertissement de l'exercice de la Joute & de celui. de la Bagué. On avoit formé dans la Darce vieille une enceinte, bornée au fud par cinq pontons, dont un pour leurs Excellences, les Chefs des Corps & les Dames les plus diftinguées ; deux pour les Officiers des différens Corps & des Perfomes de marque; & les deux autres pour le Public: Il y avoit six bateaux destinés à la Joûte.

Après avoir jour de ces divertissemens., les Arabassadeurs se rendirent à la salle du spectacle, où ils asistèrent à une représentation de la Dor, kuivie d'un ballet analogue à la circonstance. Le ilendemain, la Marine leur donna un bal, magm Sarne dins. Thộcel de l'Intendance: Ils s'y rendirene

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vers les 9 heures du soir, & y reftèrent jusqu'à 2 heures après minuit. Le concours brillant de cette Assemblée, composée de plus de 509 pere: fonnes, parut leur faire le plus grand plaitir, & ils s'exprimerent avec éloge sur le caractère aimable des Dames Françoises.

Le 17, les Ambassadeurs jouirent, du haut du balcon de leur hôtel, du spectacle d'une bar taille fimulée, donnée par les régimens de Barrois & de Dauphiné, en garnifon à Toulon, & qui a duré depuis 6 heures du soir jusqu'à 8. Après ce fimulacre de combat, les deux régimens. se font rangés en ordre, & ont défilé devant LL. EE., qui étant sorties de leur hôtel, fuite visité les lignes. On avoit réservé pour ce même jour la réception des Majors en fecond de ces deux régimens ; elle fe fit, alors en présence des Ambassadeurs avec l'appareil militaire & les cérémonies d'ufage. Leurs Excellences se rendirent le même foir à la salle de spectacle, où l'on donna : une représentation du Tableau parlınt, suivie du Mort vivant par amour. On avoit élevé au fond du. théâtre un Arc de triomphe, au milieu duquel paroissoit à droite le portrait du Roi, & à gauche: celui de Tipoo. Au bas de chacun de ces portraits étoit une légende en caractères Indiens, & audessus les noms & titres des Ambaffadeurs, écrits, en mêmes caractères. Après la première pièce, un détachement du régiment de Dauphiné exéeuta für le théâtre différentes maneuvres. Un petit Génie defcendit ensuite du plafond dans la loge des Ambassadeurs, & leur offrit une couronne de laurier & différentes fleurs. Deux enfans de la dame Zanini , ayant exécuté différentes danses: de caractère , fe rendirent aulli à la même loge & présentèrent des bouquets à LL. EE. firent beaucoup de careffus à ses enfant, & LIST Derent feize tonis.

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Le 20, les Ambaffadeurs se font rendus à l'ar: fenal, ont visité le bassin, font entrés dans le vaisseau le Commerce de Marseille de 118 canons, qui y est en construction, & sont montés à bord du Triomphant de 80 canons. Ils se sont rendus ensuite à l'hôpital de la Marine. Ayant appris la veille que deux Canonniers avoient été blessés dans le combat fimulé du 19, ils écrivirent en Arabe au Major de la Marine une lettre pleine de sentimens d'humanité, donnèrent 60 louis pour être partagés entr'eux, & prirent leurs noms pour solliciter à la Cour une pension en leur faveur. En vifitant l'hôpital , ils eurent l'ata tention de demander des nouvelles de ces deux Canonniers.

Le 21, jour fixé pour leur départ, ces Ambalsadeurs sont montes, à 9 heures & demie du matin, dans des carrosses de la diligence royale , après avoir jeté de l'argent au Peuple. Dans le premier carrosse, à fix chevaux, étoit le premier Ambaf. fadeur , feul; dans deux autres à quatre chevaux, étoient les deux autres Ambassadeurs, l'un Géné. ral d'armée de Tipoo-Sultan , & l'autre, Chef de la Religion : ils avoient avec eux le fils de ce dernier, & un autre jeune Indien recommandé au second Ambassadeur.

Ils ont reçu à leur dépare , ainsi qu'à leur arrivée, les honneurs militaires dus à leur dignité. Les présens qu'ils portent au Roi n'ont point été vus à Toulon : ils sont renfermés dans fept caisses, & on en fait monter la valeur à 30,000,000 , gent de l'Inde (1)

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(!) On re comprend pas clairement cette évalution. L'argent de l'Inde se compte en roupies; OT, 30,000,000 de roupies feroient près de 70 mil. lions de France, ce qui est bien fort.

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Le 26 mai, quinze maisons, qui com. posoient 23 ménages, ont été consumées à Vaucelles ; la Commission intermédiaire Provinciale, pour subvenir aux premiers besoins des Incendiés, leur a fait diftribuer 600 liv: , et le Bailliage a donné une somme pareille.

* On écrit du Cap Saint-Domingue, que le 21 mars dernier, (jour du VendrediSaint), le feu prit à la Ville de la Nouvelle Orléans dans la Louisianne, par une Chapelle ou Reposoir chez le Trésoriér-Général. Il se communiqua avec une telle rapidité, qu'en moins de 12 heures 936 maisons devinrent la proie des flammes. On estime à 20 millions la perte qui en est résultée ; on fait que le plus grand - nombre des habitans de cette ville font encore des François. »

a La nuit du 19 au 20, entre onze heures & minuit, les vents étant au nord, le Chasse-marée l’Anonyme, de l'Orient, venant de Nantes & allant à Redon, chargé des bagages du Régiment de Conti, Dragons, qu'accompagnoient un Lieutenant, un Brigadier, un Maréchal-des-Logis , un Dragon & un Muficien, a fait naufrage sur le four, ayant manqué de virer de bord. A l'instant où le Bâtiment s'est ouvert, les Passagers & l'Equipage fe font jetés au nombre de onze dans le Bateau , long d'environ dix pieds, & le Navire a coulé aussi-iðt; mais quelque temps après, ils se font approchés d'une partie de la carcasse, s'y font amarrés à l'abri des coups de mer, & sont reftés en cet état, continuellement occupés à

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