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-A Deptford, 18 frégates; fix corvettes & deut cutters.

Le total est de 127 vaisseaux de ligne,. 11 de so canons, 101 frégates , 40 corvettes & 4 cutters.

La diminution dans l'ordinaire de la Marine du mois dernier, est d'un vailleau de ligne & d'un de

:50, convertis en machine à mâ:er, de 5 frégates, & de deux corvettes mises en comm. slion,

Vaisseaux en construction dans les différens chantiers.

A Plimouth, le César de 8o: on place ses bordages.

A Porifnouth, Prince de Galles 98 : on élève ses côtes.

A Chatham, Royal-George 110, sera lancé en septembre prochain.

Queen Charlotte 110 : on place fes
bordages; Leviathan prêt à être

lancé.
A Sheerness, Leopard so,

A Woolwich, Boyne 98: on place ses bordages. Minotaur 74 : on élève ses côtes.

A Deptford, Windfor-Castle 98: on place ses bordages ; Brunswick 74 : ses cô:es sont élevées ; on place ses bordages. Voici l'état exact de tous les vaifleaux en construction, excepte l'Ilustrous de 74, qui est presque achevé à Bucklershard : il a été donné des ordres de placer de nouvelles quilles.

Dans le petit nombre des Ouvrages historiques de la première classe, on a placé, avec justice, les Mémoires de la Grande-Bretagne & de l'Irlande, par le Chevalier John Dalrymple. Jusqu'ici l'Auteur n'avoit publié de cet ouvrage que le premier volume, qui embrasse les évènemens compris entre l'année 1631 & la bataille de la Hogue, inclusivement. Non seulement on y ditlingua un talent du premier ordre, mais encore la nouveauté & l'importance des faits inconnus que dévoila l'Auteur. Il prouva, en: trautres , par des pièces justificatives irrécusables, par les dépêches de Barillon, Ambassadeur de Frarce à Londres, la vénalité des principaux Whigs du Parlement vers la fin du règne de Charles II, & les intrigues de ce mème Parti à la Cour de Stint-Germain , pour rétablir le Roi Jacques qu'il avoir détrôné. S'il étoit néceflaire de deinontres de quelles inconséquences , de quelles injustices, de quel oubli de toute pudeur & de tout devoir, les fa&ionsitont capables, ontrouveroit cette surabondance de preuves dans l'ouvrage du Chevalier Joha. Dalrymple. Après un intervalle de bien des années, as occafionné probablement par les clameurs.. de l'esprit de parti & de l'esprit de famille, cet Ecrivain Ecossois vient de publier le second volume de ses Mémoires , qui s'etend jusqu'à l'incendie des Galions à Vigo (). On y trouve, comme dans le

(1) Le premier volume in-4°. de cet ouvrage fur bien traduit, & imprimé à Genève en 1776.. Il seroit à souhaiter que le même Traducteur s'oc:

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précédent, ce qu'on cherche li vainement dans la plupart des Historiens, c'est-à-dire , les véritables causes des évènemens. Nous donnerons ici un exernple du pinceau élégant, ingénieux & fidèle de l'Hiftorien : c'eft le morceau où il rapproche la mort de Jacques Il de celle de son gendre Guillaume III.

« Aufsi-tôt qu'à la fin de juin 1701, le Parlement eut terminé les séances, le Roi Guillaume le rendit Hollande pour faire renaître de ses cendres la grande alliance, conformément aux rélutions prises par les deux Chambres, & pour concerter avec les Généraux étrangers, réunis à la Haye, le plan de la procha: ne campagne. Quoique fa santé fût dans le dépériffement, les jambes enfes, sa voix auti foible que le cri d'une cigale;, quoiqu'affo:bli encore par son asthme, maladie d'autant plus infupportable, que chaque mouvement de la respiration redonie à l'asthinarique le sentiment de les souffrances, & a:ix speciateurs la crainte de le voir expirer ; le Roi ,environné d'hommes d'Etat & de Généraux, corfervoit l'ail de l'Aigle, cet cil qui frappa le D::c de Berwick, lorliļu'il vit Guillaume , pour la première fois, à la bataille de Laades. L'epoit de l'Aigle restoit aussi au Monarque ; il contoit å fes' amis ce qu'il cherchait à cacher au Publiç,

cupât du second voimme, & qu’un livre de cerie importance ne tombât pas entre les ma'ns riequelqu'un de c:s Execureurs typographiques, dépourvus ele toutes cunnoiffances, inême de celle de l'Anglois, & qui étouffent la France de romans & de pame phlets, indignus d'être lus, nê.ne en original.

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qu'il n'avoit plus que quelques momens à vivre; &, persuadé de cette vérité, il s'effo:çoit de profiter de chacun de ses derniers instans. i

A-peu-près dans ce même temps, l'infortuné Jacques II, couché à Saint-Germain dans son lit de mort, étoit entouré de Prêires & de quelques ferviteurs Ecoflois & Irlancois qui lui reftèrent fidèles jusqu'à sa fin. Louis XIV, dont les démarches furent toujours diftées par un niélarge étonnant de politique & de sentiment, & chez qui, tantôt Pun, tantôt l'autre de ces mobiles prévaloit, fit une visite au Roi Jacques dans ce moment. On ne fait fi la civilité seule amenoit le Monarque François, ou s'il fut conduit à Saint-Germain par la pitié & par und espèce de sympathie. »

Lorsque Louis entra, Jacques II, les yeux fermés, reposoit fur fon dos : c'etoit sa position crdinatie. Il méditoit aid, sans diftractions, sur les grandes vérités de feligion. Ceux qui, le fervoient étoient à genoux autour de son lit. Le Roi di France le crut mort, & voulut se retirer; mais sur l'annonce "quior fit au malade de l'arrivée de Louis XIV A Jachats tourna

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yeux largiffins sur l'appartement, & s'écria, où est-il ? Souis s'approcha du lit; mais J.icques, déja privé de la parole, prit la main du Roi, la serra des deux fiennes, la baila, & y lasla tomber trois ou quaire. larges.

» Louis XIV resta frappé du contraste de tant d’nforture avec sa propre grandeur. Il pleura, & aura le malheureux Jacques de toute la protectiva pour son fils, en lni prometant qu'il le f-roit proc!amer Roi, dans le cas d'un événement qu'il espéroit ne pas être fi prochain. Tous les affirtans se prosternoient & fondoient en larmes. Cetartendrissement paffa jusqu'aux Gardes du Roi, jusqu'au Peuple assemble devant le Palais. Lorsque

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Louis XIV renvontà dins fa voiture, toutes les voix sélevèrent pour le bénir & faire des veux en fa faveur, sans téfléchir qu'il venoit de prendie le parii le plus dangereux à son repos &'à celui de fon peuple; mais lui-même se trouvoit peut-être plus heureux dans ce beau mouvement de Censibilité, qu'il ne l'avoit été aux jours éclatans' de sa gloire. A fon passage, il fit appeler l'Oficier qui comınardoie la Garde, & lui ordonna qu'au moment ou Jacques Il expireroit, fon fils fût proclamé Roi de la Grande-Bretagne. Feu de jours après, le 17 septembre, ce Prince ayant rendu laine, la proclamation se fit en effet avec la pompe des Héraul.s, des trompettes , & avec les autres cérémonies accoutumées. »

« Cette nouvelle embrasa l’Angleterre. Ceux meme qui s inrerelloient a la manon ue thart , virent, avec indignation, qu'un Roi de France eût nommé à la Couronne de l'Angleterre, sans la participation des sujets de ce Royaume. Dela les adresses prákentées de toutes parts au Trône. On bénissoit le Ciel de l'heureuse révolution qui avoir mis le Prince d'Orange sur le Trône Britannique; on juroit foi & liommage à Guillaume & à la Maison d'Hanrovre; on folliciteit la guerre contre la France. Le Roi failit hubilement

certe circonstance. La Chambre bafie s'étoit précédemment opposée de toutes ses forces , au veu du. Roi, des Min fores & de la Chambre Haute d'entrer dans une guerre qu'il étoit dangereux d'entreprendre avec ua Parlement fi divife & fi Inécontent. Guillauine convoque, en novembre, un nouveau Parlement, & voit triompher ses delleins. L'Alembiée nationale approuve l'alliance avec la Hollande, l'Empereur, le Danemarck & la Suède, confent à la levée de

49,000 Soldats, de 40,000 Matelots, & exhorre le Roi à

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