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De ces fails, l'auteur déduit, dans le chapitre III, des conséquences qui seront, selon lui, les premiers principes de l'art.

Ces conséquences, les voici :

1° L'âge auquel les bois cessent de profiter, n'esl point le même pour toutes les forêts.

20 Cet âge varie depuis 8 à 10 ans jusqu'à celui de 200 aus, et même au-delà.

3° Les exploitations à tire-aire, ou par contenance, sont, à la fois, le plus généralement adoptées et le moins sujelles à des abus.

4° Dans ces sortes d'exploitalion, il est utile de faire des réserves destinées à croître en futaie.

50 Les réserves, en petits massifs , présentent beaucoup d'avantages.

6° Les baliveaux réservés pour le repeuplement des forêts, réussissent mieux dans les pays du nord que dans ceux du midi; dans les terrains profonds que dans ceux qui ont peu d'épaisseur; dans les plaines que dans les montagnes : ils acquièrent de belles proportions lorsqu'ils ont été choisis dans un taillis fort élevé, ils préservent les jeunes recrues, et présentent des ressources précieuses à la marine; mais il faut que le choix de ces baliveaux soit fait avec soin , parce qu'autrement ils nuisent aux taillis, sans que le propriétaire soit indemnisé par leur croissance.

7° Les coupes par pieds d'arbres, souvent abusives, ne doivent être pratiquées que lorsque tout autre genre d'exploitation est impossible. Il faut, au contraire, exploiter, en jardinant, les forêts de sapins , celles mêlées de hêtres et de sapins, celles de chênes planlés à la main , surtout dans les pays riches en pâturages, et les forêts situées sur des montagnes très-escarpées.

80 Enfin, les coupes par expurgades, faites en connaissance de cause, avec soin et dextérité doivent être considérées comme les plus propres à seconder les opérations de la nature.

Le chapitre IV rappelle les fails observés dans la production des forêts. Le chapitre V présente les conséquences des fails ainsi observés et le principe général qui en résulte relativement à l'âge auquel doivent être coupés les bois de toute espèce.

Voici ces conséquences :

1° Il y a évidemment perte de matière lorsqu'un bois est coupé avant l'âge où il a cessé de croître.

2° Lorsque la grosseur des bois est une qualité nécessaire à l'usage auquel on les destine , on peut en différer utilement la coupe, même après l'époque à laquelle les arbres ont cessé de prendre de l'élévation.

3° Lorsque les arbres ont cessé de grossir et de s'élever , il peut y avoir quelque avantage à les laisser mûrir pendant un certain temps. 4° Il y a perte de temps et diminution de

qualité à laisser sur pied les arbres qui sont sur le retour.

5° C'est sacrifier la forêt entière , que d'attendre sa décrépitude pour en faire l'exploitation.

Les conséquences qu’on vient d'exposer ont servi à établir le principe suivant :

Les coupes les plus avantageuses dans chaque forêt sont, en général, celles qui se font après que le bois a cessé de s'élever et de grossir, et avant l'époque à laquelle il est sur le retour.

Ce principe se trouve développé dans le chapilre VI, où l'on considère les productions forestières sous deux rapporls , savoir :

1° Quant aux produits en nalure, et 2° quant aux produits pécuniaires.

L'auleur s'attache à démontrer qu'il importe, même au propriétaire qui semblerait le plus pressé de jouir, d'attendre, pour exploiter, que son bois ait atteint le maximnm de la croissance.

C'est après avoir ainsi posé des principes généraux qui forment la théorie de l'art, qu'on les applique à la pratique des aménagemens en les appropriant aux divers modes d'exploitation.

Dans la coupe du taillis, on distingue trois cas: celui où il s'agit d'exploiter en totalité un bois d'une petite étendue ; celui où il s'agit d'un bois d'une grande étendue , dont les exploitations ont été failes par parties à divers âges; enfin , celui où il est question d'établir une exploitation réglée , dans un taillis dont la dernière coupe a été gé- . nérale.

Dans l'exploitation des futaies , il faut combiner les moyens de les couper à leur terme de maturité, d'en éviter le dépérissement, l'épuisement des racines, et, dans les pays où le bois est commnn, chercher à se procurer des pièces de construction qui puissent indemniser des frais de transport. A l'égard des réserves qui se font, soit en baliveaux sur taillis, soit par massifs de futaie , l'auteur présente des vues utiles fondées sur l'expérience, et qui servent à déterminer avantageusement ces réserves, afin d'en obtenir le succès désirable.

Les coupes, par pieds d'arbres, applicables aux forêts de sapins et à celles de chênes , situées dans

des rochers d'un accès difficile, doivent être opérées de manière,

10 A ne point trop dégarnir le sol; ce qui permet d'ailleurs de n'abattre aucun arbre avant sa malurité. 2o A exploiter tous ceux qui se trouvent siir le retour, en jardinant ainsi sur la totalité de la forêt.

Enfin, comme il est reconnu (pour nous servir des expressions mêmes de l'auteur), qu'éclaircir un bois, c'est devancer l'ouvrage de la nature, et se procurer une jouissance actuelle qui bonifie celle de l'avenir, M. Dralet conseille d'adopter cette méthode; mais sous la condition que les propriétaires dirigeront eux-mêmes leurs ouvriers , sans jamais les perdre de vue; parce qu'autrement l'intérêt et l'ignorance sacrifieraient les plus beaux brins du laillis; de sorte qu’une opéralion , trèsavantageuse en elle-même, deviendrait la cause de l'appauvrissement des bois.

M. de Buffon dit que ce qui peut dégoûler de cette pratique utile, c'est qu'il faudrait, pour ainsi dire , la faire par ses mains.

M. Dralet a considéré ensuite les aménagemens dans leur rapport avec l'administration publique; il rappelle les dispositions de nos lois sur celle matière; examine en quoi ces lois peuvent être contraires aux principes qu'il vient d'exposer, el présente les bases sur lesquelles il pense que pourrait être fondée une nouvelle loi à porter sur les aménagemens.

Il indique le mode à suivre pour l'exécution de cette loi projelée.

Sans présenter les délails qu'il donne à cel égard dans le VIIIe chapitre , nous nous bornerons à observer que le but qu'il s'est proposé ( en désirant la formation d'une commission chargée de revoir les aménagemens) se trouve rempli par l'organisation acluelle de l'Administration, et par les tournées

que

font, successivement dans chaque conservation, MM. les Inspecteurs généraux.

L'ouvrage de M. Dralel est terminé par un plan de statistique forestière qui indique avec ordre les diverses parties de ce travail important. On ne peut qu'applaudir à son idée de former, pour chaque forêt, considérée séparément, un tableau destiné à offrir des renseignemens indispensables pour

l'a ménagement et la bonne tenue de ceite forêt.

En nous résumant, nous dirons que l'ouvrage dont nous venons de rendre compte présente avec ordre des faits et des conséquences qui mènent aux principes à suivre dans les aménagemens.

Le style de M. Dralet est pur, simple, et fait reconnaître à la fois un administrateur éclairé et l'auteur du plan détaillé de topographie que la société d'Agriculture du département de la Seine a couronné en l'an VIII, et qui a été publié par ordre du Gouvernement.

(125). SUR LA CARBONISATION DU BOIS, et sur les

produits de sa distillation en grand. L'augmentation du prix des bois a fixé, depuis plusieurs années, l'attention les personnes instruites, qui, effrayées des progrès du mal, ont cherché à y apporter quelque remède. 1807

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