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haut.

incessamment, se communique aux racines , et leur prépare une prochaine destruction.

» On rencontre souvent dans les taillis de vieilles souches qui ont produit de beaux jels, mais qu'on peut délacher et déraciner avec le moindre effortį la seule raison qu'on puisse en donner, c'est l'abat

trop » De là viennent ces grands vides qu'on ne renconlre malheureusement que trop souvent dans nos taillis, au lieu que le même accident n'a

pas

lieu dans ceux provenant des racines : ici la jeune pousse se forme un nouveau centre d'altraction végétale qui produit de nouvelles racines capillaires. Il arrive de celle manière que dans une centaine d'années tous les estocs mères ont changé de place, semblables aux plantes rampantes, qui marquent chaque pas qu'elles font par une nouvelle

preuve de leur fécondité.

» En se tenant sévèrement aux instructions qui ordonnent de couper les taillis à rez de terre; en y ajoutant celle de ne commencer l'abatlage que pendant le printemps, à l'ascension de la séve, on parviendra le plus sûrement à faire disparaître les places vides, à améliorer l'état des taillis, et à assurer leur conservation.

» Ce moyen est plus conforme à la nature que celui de recourir à un grand nombre d'arbres de réserve, qui nuisent autant aux coupes des taillis, qu'ils sont nécessaires dans les coupes serrées des futaies.

» Quelques laboureurs négligens, attachés aux anciennes habiludes, coupent les bois à un pied et plus de hauteur de la terre.

» Cet usage, fort mauvais en lui-même, ne peut cependant pas avoir des suites aussi pernicieuses pour les essarts que pour les autres taillis; car les

premiers sont ou écorcés, et alors les eslocs n'ont

que peu d’influence sur le jeune taillis produit par les racines, ou bien ils ne le sont pas, et dans ce cas, de même que dans le premier, le feu qui consuone une partie des bois et qui melloute la coupe en flammes, détruit la force végétative de la partie supérieure des souches, et force lasėve de se porter aux racines. Mais il vaut toujours mieux de faire la coupe en règle, el de ne pas exposer les bois à être affectés de la pourriture qui fait périr les eslocs. »

On ne peut trop insister sur l'exécution de l'ordonnance qui veut que l'on exploite les taillis le plus bas que faire se peut. Il serait peut-être même très-avantageux pour certains taillis peu fourrés de suivre la méthode indiquee par M. Richardot, et qui consiste à exploiter entre deux terres.

M. Lintz lermine la partie de son livre qui traite des essarts , par la description de leur culture et de leur produit en bois, en écorce er en grains.

Dans la seconde partie qui a pour litre: De l'estimation numéraire des forets, il fait conna tre la méthode qu'il emploie pour uéteroriver la valeur des bois dans différentes circonstances.Puisil parle de l'avantage qu'il y a pour les particuliers d'exploiter leurs bois en taillis, avantages qu'il fait résuller de l'intérêt de l'argent, et qui est reel, quoique les produits en bois, calculés pendant cent ou cent vingt ans, soient moins considérables que ceux qu'on retire des totaies durant ce même espace de temps. Mais comme l'observe très-justement M. Liniz, le gouvernement a besoin de forts bois de construction, el doil laroriser le genre d'aménagement qui lui assure le niaxinum des productions naturelles, et le pro

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duit pécuniaire des forêts ne doit être pour lui qu'un objet secondaire.

La troisième partie traite de la corrélation de l'art forestier avec l'histoire naturelle. Elle est divi. sée en trois sections : la botanique, la zoologie, l'insectologie, et la minéralogie.

La quatrième et dernière partie renferme des observations et des remarques excellentes qui annoncent en général un esprit juste et attentif.

Comme son ouvrage ne présente sur ces deux dernières parties que des idées générales, nous con: sacrerons à leur développement dans les feuilles suivantes quelques articles, où nous nous attacherons aux descriptions les plus exactes, d'après les meilleurs auteurs, des objets des trois règnes qui ont des rapports avec la science forestière.

B***.

(148.) Cours d'eau.Du ressort de la police ad

ministrative. (Arrêt de la cour de cassation du 4 février 1807, rendu sur le réquisitoire de M. le Pocureur impérial de cette cour.

Espèce.

Le 22 vendémiaire an 14, le juge de paix de Châleau-Renard, arrondissement de Montargis, département du Loiret, sur la demande des maire el adjoint de la commune de Triguerre, s'est transporté dans celle commune, à l'effet de constater les dégradations et encombremens occasionnés par le dernier ouragan, tant dans le rut (ou cours

d'eau) de la Dardenne, que de la rivière d'Ouanne se dégorge ledit rut.

Accompagné du maire , de l'adjoint, des anciens du pays , en présence des sieurs Lenos et Leday , propriétaires, parties intéressées, il a d'abord reconnu que la rapidité du torrent qui passe par le rut de la Dardenne, avail entraine une quantité énorme de pierres el de sable, qui avait fait refluer les eaux dans le grand chemin de Triguerre à Château-Renard, el intercepté la communication pendant quelques momens.

Il a ensuite remarqué qu'il avait été fait une espèce de bålardeau dans ledil rut, qui, en réirécissant le cours de l'eau , lui donne encore plus de rapidité, et lui fail miner les terres du côlé du Bourg : ce qui devient dangereux.

Puis, suivant le rut jusqu'à la rivière d'Ouanne, il a vérifié qué cette rivière avait été entièrement encombrée de cailloux et de sable, de façon que

le cours de l'eau avait été entierement intercepté : ce qui ôtail l'eau aux moulins situés au-dessous, et inondait loule la prairie.

Enfin, il a constaté que Charles Leday , meunier du moulin dit du Chemin, ayant relevé une partie de ces pierres et de ce sable sur le bord de la rivière , du côté de Triguerre, pour se procurer un petit courant d'eau, avait occasionné la réclamation du sieur Lenos, propriétaire du pré au-dessous; et en effet ( a-t-il ajoulé), si les monceaux de pierre et de sable restaient en cet état, à la première inondation la rivière se trouverait de nouveau emcombrée, les prés voisins seraient couverts de pierres et de caiiloux.

Tous ces renseignemens pris, le JUGE DE PAIX, de

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(C

t'avis des maire , adjoint et des anciens du pays sur ce consultés, a rendu le même jour 22 vendémiaire an XIV, une ordonnance porlant :

1° Que l'espèce de batardeau fait dans le rut » de la Dardenne, vis-à-vis la pièce de terre du » sieur Lenos, sera détruit, afin de rendre au » cours de l'eau son écoulement dans toute la lar» geur dudit rut; que les maire et adjoint invitei ront les habitans à enlever le plus qu'il sera pos

sible, d'une espèce de langue qui se trouve au » milieu dudit rut, pour faciliter l'écoulement des

» eaux.

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» 2° Que le rul de la Dardenne, dont on a dérangé le cours, à partir du grand chemin, pour

le faire aller droit à la rivière, ce qui occasionne bo l'encombrement de la rivière, sera rétabli dans » son ancien lit, le long des haies anciennes , qui » fixaient sa limite, de façon que la sinuosisé em

pêche la rapidité du torrent, et que toules les

pierres , sable et gravier, qu'il charroie, soient » arrêtés avant de tomber dans la rivière , et se

répandent dans un terrain autrefois à ce destiné, » et appartenant ci-devant à la commune, qui la » concédé audit Leday ; meunier, lequel, pour » son avantage et de consenlement, s'arrangera » pour arrêter ledit encombrement; à cet effet, » il est autorisé à faire placer une barrière la

plus solide possible, au commencement du rut » nouvellement établi, afin de faire dégorger les » immondices dans l'ancien.

» 3o Qu'il fera également enlever les cailloux,

pierres et sable, par lui amoncelés sur le bord » de la rivière , et les fera répandre dans des » Irous creusés sur le bord opposé de ladite rivière, du côté des usages.

1807.

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22

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