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drait remonter à la source. M. Bordier veut bien se charger des recherches nécessaires.

Il dépose, au nom de M. W. Martin, un catalogue des papiers Ferry acquis par MM. Ath. Coquerel fils et Lutteroth, avec indication des prix de vente.

M. Ch. Paillard envoie une note sur la famille de Guy de Bray, qui complète sa récente communication sur ce martyr du Hainaut.

N. B. Les extraits ci-dessus (p. 190) me dispensent de répondre à une critique peu motivée contenue dans le dernier numéro de la Revue historique, mars-avril, p. 470. Je me bornerai à y relever deux erreurs : les Mémoires de Jehan Larchevesque, sicur de Soubise, et les Lettres de la duchesse de Bouillon, signalés comme devant être prochainement publiés dans le Bulletin, ont depuis longtemps paru, tome XXIII, année 1874. J. B.

NÉCROLOGIE

M. LE PASTEUR HUGUES

Notre Société vient de perdre un de ses plus anciens et plus dévoués amis, dans la personne de M. le pasteur J.-P. Hugues, président du Consistoire d'Anduse, décédé le 24 mars dernier, à l'âge de soixante-onze ans. M. Hugues montra de bonne heure un goût marqué pour les recherches historiques dont il a déposé le fruit dans une excellente Histoire de l'Église d'Anduse. Notre Sociélé lui doit un hommage reconnaissant pour le zèle avec lequel il s’acquitta de la mission de faire connaître notre æuvre en Hollande et dans le midi de la France. C'est en érudit, picusement épris de la mémoire des aïeux, qu'il s'acquitta de celte tâche, comme le témoignent ses rapports insérés dans le Bulletin (t. V et IX) ainsi que de nombreuses communications éparses dans les premiers volumes.

M. Hugues laisse une fort belle bibliothèque protestante, qui passera en bonnes mains, puisque son fils aîné est M. Edmond Hugues, connu par sa belle Histoire d'Antoine Court, et récemment chargé de recueillir dans les archives de la Suisse les documents relatifs à la restauration du protestantisme au XVIIIe siècle.

J. B.

JULES GUILLAUME FICK

Nous empruntons au Journal de Genève du 22 mars 1877 les lignes suivantes sur l'habile imprimeur dont nous avons annoncé brièvement la mort dans le dernier numéro du Bulletin.

« L'imprimeur distingué que Genève vient de perdre et dont le nom est désormais acquis à la bibliographie, Jules-Guillaume Fick, eut pour père un artiste également distingué. On recherche encore pour leur seul mérite typographique les beaux volumes sortis des presses de Guillaume Fick dans le premier quart du siècle, et tout particulièrement les travaux de sir Edgerton Brydges. La maison fick remonte d'ailleurs, par une suite non interrompue d'imprimeurs, aux de Tournes qui vinrent, en 1585, de Lyon à Genève où ils absorbèrent l'établissement des frères Chouet, qui avaient eux-mêmes acheté le fonds de Paul Estienne. C'est une noblesse d'état par laquelle Guillaume et Jules-Guillaume Fick étaient obligés. Ils n'y ont point failli.

» On connaît les intéressantes réimpressions archaïques auxquelles M. Gustave Revilliod a attaché son nom dans l'imprimerie Fick depuis une vingtaine d'années ; mais cette imprimerie ne s'est point bornée à des réimpressions. On lui doit de nombreuses éditions princeps dont quelques-unes sont de véritables chefs-d'oeuvre aussi bien dans le goût moderne, comme les Poésies d'Etienne Gide, que dans le goût ancien, comme le Procès de Baudichon de la Maisonneuve; Complainte et cantiques de l'Église fidèle (en caractères de civilité), etc. Plusieurs de ces publications, tirées à petit nombre d'exemplaires, sont devenues extrêmement rares. »

Nos væux s'unissent à ceux de nos amis genevois pour que le savant - éditeur des Mémoires de Thomas et de Félix Platter, M. Édouard Fick, con

tinuant l'oeuvre paternelle, acquière ainsi de nouveaux titres à la reconnaissance du monde lettré.

J. B.

La Société de l'Histoire du Protestantisme français tiendra sa vingtquatrième séance annuelle au temple de l'Oratoire Saint-Honoré, le 17 avril, à trois heures. On annonce comme devant être lus dans cette séance un curieux épisode de la vie de Jeanne d'Albret, par M. Léon Feer, et un dernier procès pour cause de religion au XVIIIe siècle, par M. Frank Puaux.

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SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE

DU

PROTESTANTISME FRANÇAIS

ASSEMBLÉE GIÉNÉRALE DE LA SOCIÉTÉ

Ainsi que nous l'avons annoncé dans le dernier numéro du Bulletin, notre Société a tenu sa vingt-quatrième séance annuelle, le 17 avril, à trois heures, au temple de l'Oratoire Saint-Honoré. Malgré la regrettable coïncidence d'une conférence pastorale tenue à la même heure dans une salle voisine de l'Oratoire, nombre de pasteurs de Paris et des départements figuraient dans l'assemblée où nous avons remarqué : MM. Corbière, Fontanès, Desmons, Gout, Peyrat, Roberty, Robineau, Weiss, Viel, Petit, Rouville, etc. Après la prière d'ouverture, prononcée par M. le pasteur Appia, de la confession d'Augsbourg, le président a lu un rapport écoulé avec le plus vif intérêt. Remontant à l'origine de la Société, M. F. de Schickler a montré les progrès soutenus et les développements successifs d'une ouvre qui compte aujourd'hui vingt-cinq années d'existence, a été reconnue d'utilité publique, et se justifie de plus en plus par ses bienfaits. La Bibliothèque du protestantisme français est toujours mieux appréciée par les travailleurs sérieux. Une heureuse innovation est celle qui place sur le même rang pour les prix décernés dans nos concours les ouvrages récemment parus et les mémoires inédits adressés au comité. Après ce rapport, d'une rare élévation, M. Léon Feer a donné lecture d'un épisode peu connu de la vie de Jeanne d'Albret, tiré des pièces et documents qui composent les Mémoires de Villeroy. Puis on a entendu la curieuse relation d'un dernier procès religieux au XVIIIe siècle, par M. Frank Puaux. L'heure avancée ne permettait plus les communications orales auxquelles la Société aime à convier ses amis. La séance a été close à cinq heures par une prière de M. le pasteur Bleynie, de Clermont-Ferrand.

XXVI. - 13

RAPPORT DE M. F. DE SCHICKLER, PRÉSIDENT

SUR LES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ

MESSIEURS, Il y a vingt-cinq ans déjà que la Société de l'Histoire du protestantisme français existe. Elle est venue, voici maintenant un quart de siècle, solliciter une place auprès de ces associations scientifiques dont le pays s'honore å juste titre; en demander une aussi au milieu de ces cuyres fécondes que notre Église a vues sortir de son sein, et qui marquent d'un caractère nouveau cette période du développement protestant.

N'a-t-elle pas droit, en effet, de se réclamer des unes et des autres? Notre époque applique à l'étude de l'histoire des procédés sévères que nos devanciers ont à peine entrevus. Elle ne se contente plus d'appréciations générales ou de tableaux aux formes indécises : elle exige les preuves de chaque assertion, il lui faut des contours précis, et ces témoignages irrécusables c'est dans les documents originaux qu'elle se plaît avant tout à les chercher. Cette impulsion générale qui répond aux légitimes exigences de l'histoire, devait se retrouver dans le domaine du protestantisme. Lui aussi, et plus que d'autres peut-être, avait été livré trop longtemps aux études superficielles d'amis indulgents ou d'adversaires systématiques. Le jour vint où les historiens voulurent remonter aux sources, retrouver nos titres de noblesse ensevelis sous tant de ruines. Notre Société devenait nécessaire. Dieu nous permit de la fonder.

Et ce jour-là les fondateurs ont senti que leur æuvre, sans cesser un instant d'être scrupuleusement historique, portait une empreinte encore supérieure. La raison d'être de notre histoire n'est-elle pas la foi dans l'Évangile? Vous comprenez

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que malgré l'inévitable alliage humain, malgré les défaillances, je dirai presque à cause de ces défaillances suivies de tels relèvements, vous comprenez qu'à chaque page d'une histoire qui a cette raison-lå å sa base, qu'à chaque débris de ce glorieux passé se rattache une grande leçon. Et ces leçons, Messieurs, leçons de constance, de résignation héroïque, de fermeté, d'abnégation, d'inébranlable confiance en Celui qui ne trompe point, croyez-vous qu'il soit bon de les remettre en lumière, croyez-vous que nous ayons fait ceuvre d'éducation chrétienne en les offrant à nos familles, à nos Églises, à nos concitoyens ?

C'est au mois de juillet 1852 que parut la première livraison du Bulletin. M. Read qui, après avoir jeté les fondements de notre Société, l'a vaillamment dirigée pendant quatorze ans et n'a cessé depuis de l'aider de ses travaux et de ses conseils, M. Read pourrait vous dire combien de collaborateurs zélés ont concouru å former ce recueil, dont la science contemporaine a hautement reconnu la valeur. S'occuper de l'histoire du protestantisme français, ou même de l'histoire de France au XVI°, au XVII° et au XVIIIe siècle et ne pas consulter le Bulletin serait s'exposer peut-être à de graves erreurs, mais certainement à de sérieuses omissions. Depuis 1866, sous la direction de M. Jules Bonnet, le savant éditeur et annotateur de la Correspondance française de Calvin, l'élégant auteur des Récits du XVIe siècle, des études historiques accessibles à tous sont venues régulièrement prendre place à côté des documents originaux plus spécialement destinés aux érudits. Vous avez retrouvé les uns et les autres dans l'année écoulée, et il serait presque superflu de vous rappeler l'Histoire du plan d'études protestant, la Guerre camisarde et ses historiens, Jean Macard: un an de ministère à Paris sóus Henri II, ou, parmi les documents : la Correspondance de la comtesse de Roye, extraite des Archives de Stuttgard, l'État officiel des Églises du sudouest en 1592, le Rôle des protestants d'Alençon en 1680.

Que de tristes enseignements dans cette liste à laquelle n'échappe aucun membre des familles réformées! Voyez plutôt :

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