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Villevieille et Sommières, sire Audibert Vergne; pour Vezenobres et Allèz, sieur Anthoine Michel.

L'article dixiesme, touchant les pionniers, est accordé par despartement comme les deniers à sol et livre, et sur l'execution monseigneur et son consel y pourvoiront.

Suyvant l'onziesme article monsieur sera supplié d'assembler les chelz de guerre et principaulx cappitaines pour dresser ung conseil de guerre et ordonnances militaires, lesquelz tous soyent tenuz, juréz et guardéz, mesmes pour leur premier led. sieur, ensemble ordonnances de la police.

Le dernier article du voiage d'envoyer à messieurs lesd. princes, a esté aussy accordé.

Conclud que monseigneur sera supplié de ne mettre aulcune garnison sans le seu et advis de son conseil, et que déshormais nul des gentilzhommes, magistratz ne officiers du roy, ne seront tenuz aux affermes et arrentemantz des benefices que aultres en leurs noms, et ceulx qui y surdiront, et ausquelz y sera faicte deslivrance, seront tenuz bailhier pleiges capables et soulizantz dans la ville capitalle de chacune viguerie, et n'en pouront ferre remission ausd. officiers et gentilzhommes ne aultres en leurs noms que soubz le bon plaisir de messieurs les princes et attendant leur bon vouloir sur la supplication que leur en sera faicte;

Messieurs les ministres seront entretenuz sur les fruicts desd, benefices à la pension ja ordonnée en Anduze, scavoir est, à ceulx non mariés cent livres; aux mariés sans enfans cent vingt livres, et aux aians enfans cent cinquante livres tournoises.

Ce que le pais entend non poinct par assignation d'estat et salaire ordinarier, ains seullement pour sollaiger et aider les Eglises, lesquelles auront esgard de leur donner ce qui leur sera nécessaire plus que

lesd. sommes. Soubz le bon plaisir de mesd. messieurs les princes lesd. benefices seront arrantés, scavoir, est, la décime à part et le temporel à part pour l'indempnité du pais.

Et s'il plaict å monseigneur pourvoir aulcung cappitaine, ayant compagnie, d'ung gouverneur particullier, sera supplié ne leur donner estat plus grand que du cappitaine ou gouverneur seullement.

Que M. Pierre Rouvère, docteur et advocat de Nymes, continuera

LES ASSEMBLÉES DU DÉSERT DANS L'ÉLECTION DE COGNAC EN 1749.

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la charge de prévost de mareschaulx jusques à la venue de M. de Guasse, seigneur de Soubs Martre (sic), et en son lieu.

Mer sera supplié de commander à tous gouverneurs et capitaines députés cy devant de venir prandre confirmation de leurs charges de luy, et ne se entremeler en façon quelconque de la guerre, sinon de son autorité et volonté, sus peyne à tous qui feront le contraire, d'estre punis comme perturbateurs du repos publicg.

Apres est venu M. de Lamasson qu'a dict que sur la comission à luy dressée par messieurs les princes touchans les biens et revenus : ecclesiastiques tenuz et usurpés par plusieurs personnes particuliers convertissans led. revenu à leur profit particulier, aye le mandement de leur fère randre compte et prester le relique, requerant luy estre adsisté;

Conclud que M. le gouverneur sera supplié de tenir la main à l'exécution du vouloir desd. seigneurs princes et dud. sieur de Lamasson, commissaire, le quel poura fère appeler ceuls qui ont usurpé lesd. benefices pour leur en fère randre comple, et prester“ tout relique et pourvoir à telz abus et malversations, et sera publiê lad. commission aux villes et places principalles, et à ces fins en serai despeché à chacun pour les faire proclamer.

(Suite.)

LES ASSEMBLÉES DU DÉSERT DANS L'ÉLECTION

DE COGNAC, EN 1749.

Notre collaborateur M. Louis de Richemond, dont les doctes recherches ont jeté tant de lumière sur l'histoire des protestants de l'Aunis, a inséré dans le Bulletin de la Société archéologique de la Charente quelques pièces inédites d'un haut intérêt, car elles caractérisent à merveille « la situation faite aux non-catholiques par la fiction légale de 1715, qui aggravait l'édit d'octobre 1685, et se prolongea jusqu'à l'édit réparateur de 1787 ». Parmi ces pièces on remarque un État des personnes tenues dans les prisons de la Rochelle pour cause des assemblées qui sont tenues en Saintonge, contenant beaucoup de noms à relever dans la nouvelle édition de la France protestante. Les deux pièces suivantes nous ont paru dignes d’ètre reproduites dans le Bulletin :

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I

Procès-verbal des assemblées du désert dans les paroisses de Bouteville

et Segonzac, par le subdélégué de Cognac.

La premiére de ces assamblées s'est tenue le 8 ou 9 de ce mois dans le teritoire de la parroisse de Boutteville, je n'ay pell en avoir d'autre connoissance sy ce n'est que Jean Fureau, me d'école de la par. de Minxe allant le long du chemin appellé le chemain Boisné avec quelques particulliers quy conduizoient des chariots destinéz à enlever des fagots qu'ils avoient acheptté dans la gareine d'Anqueville, estant à la hauteur du village de Douxvesse, parroisse de Boutteville, aperçût sur sa droite en la pleine un nombre assez considérable de différantes personnes quy estoient assambléz å la distance de quelques portée de fuzil de cette hauteur; cette assamblée estoit éclairée par pluzieurs flambeaux à la faveur desquelz le dit Fureau aperçût le ministre quy prêchoit. C'étoit un peu avant la pointe du jour.

A l'égard de la segonde assamblée tenüe dans le territoire de Segonzac, la nuit du dix au 11 de ce mois, elle estoit assez nombreuze et il pouvoit y avoir environ quatre à cinq cent personnes. Le ministre y arriva du costé de Jarnac bien accompagné, entre autres de quatre personnes à cheval quy, après l'avoir conduit, disparurent et se dispersèrent, sans qu'on s'appersût de quoy elles devinrent; les plus apparantz de l'assemblée tant hommes que fammes estoient envelopes de leurs manteaux et cappes, en sorte qu'on ne peût en reconnoitre aucuns, on y observa un grand silence. Lorsque le ministre arriva, il se plaça sur une table où il y avoit deux ou trois lumiéres, avec une chaize sur laquelle il se mit à genoux, il demanda s'il y avoit quelques batêmes ou mariages à faire, à quoy on répondit que ouy, mais que les parties n'estoient pas encore rendües. Il fit en attandant une petitte exortation à l'assamblée; ensuite le nommé Mésnard du village de Beurac, prés de Jarnac Charante, déjà connû pour un assistant des ministres, demanda à faire la lecture, mais le ministre luy répondit qu'il faloit la laisser faire à un nouveau venû que l'on croist estre des environs de Tonnay Charante, qu'il avoit

?

près de luy. Cet homme parut en l'instant. Il estoit brun et d'assez belle figure. Il lut fort correctement. Cette lecture faitte, le Ministre l'embrassa et le recommanda à l'assamblée; il fit ensuitte trois mariages sçavoir du nommé Jean Michellet avec la nommée Gautiere, tous deux du village de chez Juillies, paroisse de Minxes, de Jean Pissot du village du Four la Chaux avec Marie Mocquet du village de la Chaize, l'un et l'autre de la paroisse de Mainxes, enfin de Jean Giet le jeune dit Courtizant avec une des filles du nommé Pierre Guérin dit Connille, tous deux du village de Garanssille paroisse de Segonzac. Tous ces particulliers habitent ensemble despuis ce tems lå comme mary et famme, mais avec précaution, et l'on pense que le motif en est de ce que le ministre ne leurs a pas encore délivré leurs certifficat de mariage; on m'a ajouté même que sur ce que Jean Michelet l'un des nouveaux mariés dit au ministre lors de l'assamblée qu'il seroit bon qu'il mit de l'ordre dans divers feuilletz de leurs registre, le ministre luy répondit que chaque choze viendroit en son tems et qu'il feût tranquille, qu'il espéroit que son mariage ce trouveroit egallement bon comme celuy des autres ; aprés ces mariages, le ministre baptiza les enfans de Daniel Masson et Jeanne Gadras, Jean Videau et Marie Beaumard, Jacques Gadras et Isabelle Figeroû, Pierre Joubert et Anne Goury, tous du village de la Nérole, paroisse de Segonzac. Il y eût aussy deux autres bâptesmes, mais les pères et mères des enfans n'ont point estéz reconnûs.

Dans le sermon que le ministre sit dans la même assamblée, il reprit fortement ceux quy se marioient en l’Eylize Rommaine et leurs dit que quoyqu'il ne doutoit pas que ce qu'ilz promettoient à la même Eylize Rommaine fut prononcé de la bouche plutôt que du caur, .cepandant il leurs déclaroit qu'ilz ne recevroit désormais aucuns de ceux quy voudroient revenir a luy qu'aprés un an d'épreuve.

On avoit dit, il y a quelques jours que le ministre quy a prézidé å ses assamblées se nommait Pradon (1), mais on a répandu despuis qu'il s'appelle Bessés. L'un et l'autre continuent despuis quelques années de rôder dans le pays icy et sont les auteurs de tout le dézordre quy y reigne.

(Archives de la Charente-Inférieure, C. 136, 58.)

(1) Antoine Gounon dit Pradon succéda dans les premiers jours de juin 1744 à Jean Loire, pour les provinces de Poitou, Aunis, Saintonge, Angoumois et Périgord.

Pellissier dit Dubessé, originaire du Vivarais comme son collègue, arriva

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II

21 octobre 1749. Interrogatoire de Jean Michelet, détenu dans les prisons

de Cognac pour avoir fait bénir son mariage au désert.

au

Par interrogatoire extrajudiciaire de Jean Michelet détenu èz prisons royalles de Cognac, en vertu des ordres de Monseigneur de Blair de Boisemont, Conseiller du Roy en ses Conseils et Intendant de la Généralité de la Rochelle, par le sieur Jean Fé, président lieutenant général au siége royal de Cognac et subdélégué de mondit seigneur l'Intendant, après serment au cas requis, appert ledit Jean Michelet avoir répondu ce qui suit :

Interrogé de son nom, âge, qualité et demeure.

A répondu qu'il s'appelle Jean Michelet, qu'il est tonnelier de profession, âgé de 42 ans, et qu'il demeure en la paroisse de Mainxe, village de chez Juillier.

Interrogé quelle Religion il professe.
A répondu qu'il est de la Religion de Notre Seigneur Jésus-Christ.
Interrogé en quoy il fait consister les devoirs de cette Religion.

A répondu que selon sa Religion, il n'est pas tenu d'aller à l'Eglise, mais qu'il se contente de prier Dieu chez luy, qu'il ne croit pas non plus, suivant cette Religion, être obligé de se confesser ny de communier ny faire bien d'autres actes qu’observent les Catholiques Romains.

Interrogé s'il a toujours pratiqué cette Religion, s'il la croit bonne et meilleure qu'aucune autre.

A répondu que jusqu'à l'âge de douze ans, il a été à l'Eglise et y écouté avec les jeunes gens de son âge les instructions qu'on y faisoit, pendant lequel tems il s'est confessé environ deux fois, autant que sa mémoire peut le luy fournir, qu'après cet âge voyant que son père et sa mère professoient la Religion Protestante différente de celle de l'Eglise, il crut devoir se ranger de leur côté et ne devoir plus

а.

T

vers la fin d'octobre 1745. Chacun des pasteurs était accompagné d'un jeune ,homme du pays qu'il préparait à entrer à l'Académie de Lausanne. En 1750, l'un et l'autre terminèrent leur ministère en Poitou.

Gibert arriva à l'Académie de Lausanne en août 1740, et en sortit en février 1741.
Gounon dit Pradon, arrivé en août 1740, en sortit en avril 1741,
Pellicier dit Dubesset, arrivé en janvier 1741, en sortit en 1743.
(Notes d'Antoine Court.)

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