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que de vagues indications sur les années antérieures à cette date, et ces indications ne sont guère que des récits de persécutions et de martyres. Les lettres de Baduel à la main, nous avons pu retrouver dès 1549 et 1550, les traces des réunions luthériennes à Lyon, à Toulouse, à Montpellier, à Nîmes, à Carpentras, à Arles. Malheureusement Baduel y prend seul la parole; ses correspondants ne nous sont connus que par lui : l'éloquence de ses lettres les a seule sauvées de l'oubli.

Nous nous sommes demandé comment une copie de ce document avait pu parvenir à Avignon et prendre place dans la bibliothèque de cette ville. Cette question est restée sans réponse, aucun autre manuscrit du même ordre ne l'y ayant accompagné. Mais en parcourant la belle copie, soigneusement écrite et reliée, que nous avons fait transcrire, nous avons cru reconnaître qu'elle avait dû servir de livre de classe à une époque sensiblement postérieure à Baduel. Sur plusieurs feuilles du manuscrit, une main d'élève a écrit des remarques relatives à ses études, de ces séries de mots classés par ordre de matière, comme il fallait en avoir avant l'introduction des dictionnaires dans les écoles. Il y a donc apparence que c'est le choix des expressions et des tournures cicéroniennes qui a recommandé les écrits de Baduel à l'attention des professeurs qui l'ont suivi. La copie d'Avignon se réfère à d'autres copies manuscrites ou imprimées, et elle attribue l'idée d'un pareil recueil scolaire à Jean Fontanus, l'un des premiers et des meilleurs élèves de Baduel.

Sur ce point, comme sur tant d'autres, la Renaissance a été favorable à la Réforme et l'amour des lettres a bien servi la foi et l'histoire.

M.-J. GAUFRÈS.

DOCUMENTS INÉDITS ET ORIGINAUX

LES

PRÉLUDES DE LA RÉVOCATION DANS LE HAUT LANGUEDOC

Les magistrats chargés de faire exéculer dans le haut Languedoc la loi du 22 octobre 1685 n'eurent que peu de temples à faire démolir, car les nombreux édits précédant celui qui révoquait l'édit de Nantes avaient, par leur application rigoureuse et perfide, rendu le travail facile; celui surtout qui portait que tous catholiques, nouveaux catholiques ou leurs enfants, au-dessous de quatorze ans, entrant dans un temple, en rendaient par cet acte la destruction certaine.

Combien de malheureux ayant abjuré par peur, regrettant leur faiblesse et voulant chercher dans un lieu de prières quelques consolations, devenaient, sans s'en douter, de grands criminels, c'est-à-dire relaps, et subissaient les peines attachées à ce crime : l'amende honorable, la confiscation des biens, le bannissement, etc. Le temple témoin de ce forfait exécrable : prier, était démoli et les habitants réformés du lieu condamnés à l'amende et aux frais. Il était facile aussi de faire pénétrer des enfants de catholiques ou de nouveaux convertis dans un édifice religieux; le temple était dès lors voué à la destruction et, pour réparer ce sacrilége, les habitants devaient payer l'amende et les frais. On peut être certain que les gens de bien de l'époque ne manquèrent pas d'employer cet honnête moyen pour assouvir leur haine ou faire la cour au roi.

C'est ce que confirment les jugements suivants, extraits des archives de la cour d'appel de Nîmes, ge division, liasse 51 et non 50, comme le porte le catalogue, jugements rendus en l'année 1685 par les conseillers au présidial de Nîmes. Le dossier devrait contenir 40 condamnations; deux malheureusement manquent, celles concernant Ganges et Toiras.

Les libellés des jugements se ressemblant tous ou à peu près, on n'a pas jugé qu'il fut nécessaire de les reproduire tous in extenso, le premier excepté; on a pensé que des extraits suffiraient, en mentionnant toutefois le nom des victimes et les faits nouveaux.

Le crime de relaps et celui d'avoir souffert dans les temples la présence de catholiques, de nouveaux convertis, ou de leurs enfants au-dessous de quatorze ans, servent de prétexte aux condamnations. Les pasteurs sont

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généralement mis hors de cour, pour aigrir sans doute les populations contre leurs directeurs spirituels. Jean Alison, l'avocat des églises, professait la religion réformée. Il appartenait à une famille considérable de Nîmes, qui s'est éteinte au milieu de ce siècle, toujours fermement attachée au protestantisme.

On a ajouté quelques jugements qui devaient faire partie d'un autre dossier de condamnations, dossier malheureusement perdu, et dont on n'a pu recueillir que ces quelques traces.

CHARLES SAGNIER.

Nîmes, 12 septembre 1877.,

Estat general des Despans Taxes et Liquides par Monseigneur Daguesseau Intandant, Contre les habitans de la R. P. R. des lieux suivants :

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Veu par Nous Henry Daguesseau, Chevalier Coner destat Intandant de la province de Languedoc, Comre député par sa Majesté en ceste partie, le procès extraordinairement fait à la requeste du procureur du Roy de nostre Comon demandeur et accusateur, Allencontre des habitans de la R. P. R. de Junas dioceze de Nismes, Guilheaume Audemar curateur desd. de la R. P. R. et David de la Roche ministre des habitans de lad. Religion prétandue Resformée de Junas dessandeurs et accusés. Informations faictes par le sieur de la Baume Coner au préal de Nismes, les cinq Juin et huit aoust derniers, ordonnance dude sieur de la Baume du 25 Juin dernier, portant decret de prise de corps contre led. Roche ministre et que les habitans de ladte R. P. R. seront tenus de s'assembler et de nommer un scindic pour repondre sur les faicts contenus auxdtes Informations. Autre ordec dudt sieur de la Baume du 13 Juillet 1685 portant nomination dollice pour curateur auxds habitans de la R. P. R. du lieu de Junas led. Audemard. Interrogatoires desds Roche ministre et Audemard curateur du 16 dud. mois de Juillet. Ordce dudt sieur de la Baume du 20 Juillet portant decret de corps contre les nommées Margueritte Bastide femme de Jean Teintier facturier de leyne, et Magne Ruade femme de Thomas Fibrac berger, la nommée Charlotte, du lieu d'Aubais, femme de Dupont Mrc d'Escole de Junas. Autre ordonnance dudt sieur de la Baume du six août 1685 portant que les des Charlote, Bastide et Ruade, seront adjournées à la huitaine par un seul cry public. Autre ordonnance dudt sieur de la Baume du seize dud. mois d'aoust portant que leurs témoins ouys aux des Informations seront Recollés en leurs despozitions et que leur Recollement vaudront confrontaons contre lad, Charlotte, Bastide et Ruade. Ordce dud si de la Baume dud. jour 16 aoust portant que leurs tesmoins ouys auxdes Informons seroient Recollés aleurs despositions et confrontés audt Roche ministre et audt Audemard curateur. Cayer de recollem desds temoings du 8 dudt mois d'aoust. Cahier de confronons desds Roche et Audemard. Du mesme jour certifficat d'abjuration faict le vingt un... 1675 par Margueritte Bastide dudt lieu de Junas entre les mains de Mre Nourry ptre et vicaire perpétuel de la ville de Sommieres, extrait de certifficat du contrat de mariage passé devant Mre Crouzet Noro dud. Sommieres le 9 Juillet 1675 entre led. Jean Teintier fils de Claude et Claude Persine d'une part, et Margueritte Bastide dud. lieu de Junas fille d'Antoine Bastide et Margueritte Fournez, ordonnance dudt sieur de la Baume du huit dud. mois d'aoust portant que les livres des benedictions des mariages, Baptêmes, mortuaires et réceptions a lad. R. P. R. dud lieu de Junas seront remis pardevant luy, a quoy faire les secretaires dudt consistoire et autres detempteurs seront contraints. Certiflicat dudt M" Nourry ptre et vicaire perpetuel dudt Sommieres portant que le XXIII aoust 1675 Jean Teintier habitant dud Sommieres et Margueritte Bastide Hte dudt Junas ont espouzé dans l'eglise St Paul dudt Sommieres par permission du vicaire dud! Junas. Extrait de Baptistaire dud: 22 septembre 1675 de Claude Teintiere fille dudt Jean et de Margte Bastide, led' Baptistaire signé par M" Amagat pire et vicaire perpetuel dud' Junas. A été fait audt Roche ministre le dix-huit decembre 1681 qu'il nayt point à recevoir dans

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