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d'atteinte des Anglais, quand un léger accident fut cause des plus grands malheurs. Pendant la nuit, le vaisseau le Zélé, commandé par le neveu de l'amiral, aborda la Ville de Paris, et fut tellement endommagé, qu'il se trouva hors d'état de suivre. En continuant sa route, M. de Grasse sauvait sa flotte et son convoi, et atteignait en peu de jours 16,000 auxiliaires espagnols son intérêt, son honneur lui dictaient donc de ne pas s'exposer légèrement pour un seul vaisseau. Cependant, n'écoutant que son attachement pour son neveu, il suspend sa route, laisse seulement deux vaisseaux pour protéger le convoi, et ordonne une contre-marche. Rodney retrouva ainsi l'occasion qui lui avait échappé; l'étonnement que produisit cette manœuvre, et la mésintelligence qui se mit entre les officiers français, augmentèrent le péril. On était alors près des Saintes (12 avril). Rodney ayant neuf vaisseaux de plus, ordonna de rompre la ligne ennemie; il y réussit après quelque résistance des vaisseaux le Sceptre et le Glorieux, les premiers attaqués. Ce ne fut plus alors un combat général, mais des engagements partiels dans lesquels plusieurs vaisseaux anglais s'attachaient à un navire français, l'entouraient, l'accablaient de leurs feux croisés. Les principaux efforts des Anglais se dirigèrent sur la Ville de Paris, de 120 canons, montée par le comte de Grasse. Abandonné de toute sa flotte et même de ses matelots, l'amiral se défendit pendant onze heures avec un courage héroïque contre quatorze vaisseaux anglais. Enfin, criblé de coups, démâté, ayant perdu tous ses gréements, comptant quatre cents morts et n'ayant plus que trois hommes valides, il fut réduit à amener son pavillon. Le Glorieux, entièrement démâté, allait succomber, quand le vicomte de Mortemar, commandant d'une frégate, l'aperçoit et forme le hardi projet de le sauver en lui donnant la remorque. Déjà il lui avait jeté une amarre, et s'efforçait de l'arracher aux vaisseaux anglais qui le cri

blaient; mais le commandant du navire, le vicomte d'Escars, ne voulant pas que la frégate partageât son sort, fit couper son amarre, dévouement qui fut plus tard récompensé par le grade de capitaine. Pendant le combat, le feu prit au César avec la plus grande violence, et une partie de l'équipage se jeta à la mer pour se soustraire à l'incendie. M. de Marigni, commandant de ce vaisseau, était étendu sur son lit, mortellement blessé, lorsqu'on vint lui dire qu'il allait sauter. Tant mieux, dit-il, les Anglais ne l'auront pas. Fermez ma porte, mes amis, et tâchez de vous sauver. Trois vaisseaux qui avaient relâché à la Guadeloupe furent pris; onze cents hommes, parmi lesquels huit capitaines, perdirent la vie; un plus grand nombre fut blessé. La perte des Anglais montait à deux mille hommes. Après ce désastre, Vaudreuil conduisit à SaintDomingue dix-sept vaisseaux; Bougainville sauva le Northumberland, et se retira avec deux autres bâtiments à Saint-Eustache, d'où il parvint à les ramener ensuite à Saint-Domingue. Cette défaite, la première qu'on eût éprouvée dans cette guerre, fit oublier dix combats glorieux, et causa une vive douleur. Cependant on ne désespéra pas de la réparer. La ville de Paris offrit un nouveau vaisseau; les états de Languedoc et de Bourgogne firent don de plusieurs navires et frégates. Enfin les Français conservèrent aux Antilles tous leurs avantages.

DOMINOTIERS. — C'est le nom que l'on donna jusque vers la fin du quinzième siècle aux graveurs sur bois. Dès l'an 1341, il est question, en France, de dominotiers employés à graver des cartes à jouer. A partir du commencement du quinzième siècle, ces artistes ornèrent leurs cartes de figures de saints, exécutées, il est vrai, et coloriées très-grossièrement ; on les appelait aussi tailleurs sur bois, parce qu'ils faisaient des tailles ou hachures. Lorsque l'imprimerie fut inventée, les miniatures dont on ornait auparavant les manuscrits, furent remplacées sur les livres par des

gravures sur bois (vignettes, lettres ornées, fleurons, culs-de-lampe, encadrements), quelquefois enluminées. Le premier livre français qui ait été ainsi illustré est le Speculum humanæ salvationis, imprimé à Lyon en 1478; à cette époque, les dominotiers prirent le nom de tailleurs d'histoires et de figures, et se confondirent avec les sculpteurs. Cependant, ce n'est que vers le dix-huitième siècle que le nom de dominotiers fut remplacé par celui de graveurs sur bois. Voyez GRA

VURE.

DOMITIUS AFER (Cnéius). lèbre orateur qui vivait sous les règnes de Tibère, Caligula, Claude et Néron. Il était né à Nîmes, de parents obscurs, l'an 15 ou 16 av. J. C. Il fut le maître de Quintilien; c'est ce qu'on peut dire de plus honorable en faveur de cet homme, qu'on appelait le grand avocat des crimes, et qui s'était fait du métier de délateur un moyen d'arriver à la fortune et à la renommée. Il mourut d'intempérance l'an 59. Le temps ne nous a conservé aucun de ses ouvrages.

DOMMARTIN-SUR-VRAINE, ancienne baronnie du duché de Lorraine, aujourd'hui du département des Vosges.

DOMME, petite ville de l'ancienne, province de Périgord, aujourd'hui du département de la Dordogne, arrondissement de Sarlat; pop., 1820 habitants. Elle fut fondée en 1282, par Philippe le Hardi, pour servir de retraite aux gens de guerre.

et de Nantes, qu'ils conservèrent jusque vers la moitié du neuvième siècle, les princes bretons prirent le nom de rois de la Domnonée.

DOMNONÉE. Sous cette dénomination antique, les Bretons armoricains désignaient toute la partie occidentale de leur péninsule, tout le territoire où leurs colonies s'étendirent au cinquième siècle et où elles surent se maintenir contre les Francs, de 540 à 848. Ce pays, réellement breton, comprenait les évêchés de Vannes, de Cornouailles, de Léon, de Tréguier, de Saint-Brieuc et une partie du diocèse de Saint-Malo. Il était séparé du pays des Gallo-Armoricains par la Vilaine, la Rance et l'immense forêt de Brékilien. Lorsque les Francs se furent emparés des pays de Rennes

Ce nom, qui signifie vallée profonde, se retrouve dans la Bretagne insulaire, où il désigne la partie qui se projette en pointe dans la mer vers le couchant.

une

DOMREMY-LA-Pucelle. Ce village, célèbre pour avoir donné naissance à Jeanne d'Arc, est situé à trois lieues de Neufchâteau, chef-lieu d'arrondissement du département des Vosges. C'est sur le côté de la principale rue de Domremy, dont les maisons, tapissées d'espaliers, forment riante promenade, qu'est bâtie la modeste chaumière de la Pucelle. Audessus de la porte, une inscription ancienne atteste l'identité du lieu et la vénération dont il a toujours été entouré. Sur un emplacement tout voisin, s'élève un bâtiment fondé par Louis XVIII pour l'enseignement des jeunes filles du village. En face, un monument, inauguré en 1820, rappelle le souvenir de l'héroïne : c'est un soubassement d'où jaillit une fontaine, Un cippe supporte le buste de Jeanne, en marbre blanc et de grande proportion.

La chaumière de Jeanne d'Arc a éprouvé des fortunes diverses. Montaigne, passant à Domremy en 1480, y vit « le devant de la maisonnette où << Jeanne naquit, toute peinte de ses gestes; mais l'âge en avait fort cor« rompu la peinture (*). »

«

Les habitants du lieu avaient religieusement veillé à ce monument, jusqu'à l'époque de la dernière invasion des étrangers en France. Elle était convertie en écurie, quand le gouvernement, vers les premières années de la restauration, l'acheta et la fit restaurer et embellir. M. Jollois, ingénieur du département des Vosges, chargé de la direction des travaux, publia alors un volume in-folio, consacré à la description de la maison de

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(*) Voyages de Montaigne, t. 1, p. 16, édition de 1774, in-12.

Jeanne d'Arc et à une notice sur la vie de l'héroïne.

La famille sortie de cette chaumière prit le nom de Dulys et un écu portant d'azur à une épée d'argent en pal, croisée et pommelée d'or, soutenant de la pointe une couronne d'or et côtoyée de deux fleurs de lis d'or. Elle s'est, dit-on, éteinte avec messire Henri-François de Coulombe Dulys, chanoine de Champeaux et prieur de Coutras, mort en 1760. On a réclamé contre cette assertion.

Domremy dépendait de la prévôté d'Andelot, du bailliage de Chaumont, de l'élection de Langres, et appartenait, comme Vaucouleurs, aux seigneurs de Joinville, vassaux du comte de Champagne. En 1365, Charles V avait réuni la seigneurie de Vaucouleurs à la couronne et l'avait attachée au gouvernement de Champagne. La Pucelle n'était donc pas Lorraine, comme l'ont dit à tort quelques historiens.

DONAT (saint), évêque de Besançon, fils de Waldelène, duc de la haute Bourgogne, embrassa la vie monastique à l'abbaye de Luxeuil, fut nommé ensuite évêque de Besançon, assista en 626 au concile de Reims, et en 646 à celui de Châlon-sur-Saône. Il mourut en 660. Il avait, à la prière de sa mère, rédigé une règle pour les religieuses du monastère de JassaMoutier. C'est, suivant les Bénédictins, un des monuments les mieux écrits de ce siècle.

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ton du département des Ardennes. Cette ville est assez ancienne; elle devint, par une donation de Charles le Gros, la propriété de l'abbaye de SaintMédard, de Soissons. A la mort du roi Robert, les comtes de Troyes s'en emparèrent. Mais elle fut reprise et cédée par Henri Ier, fils de ce prince, au duc de Lorraine, qui la rendit à l'abbé de Saint-Médard. Plus tard, les comtes de Réthel en acquirent l'avouerie. Elle fut fortifiée en 1358, pendant les troubles de la Jacquerie, enlevée par le général espagnol Lamboi après la bataille de la Marfée, reprise le 6 août 1641, et démantelée en 1673.

Sa population dépasse aujourd'hui 1,500 hab.

DON DU MATIN. C'était un usage général, chez les Francs et chez les autres barbares, de donner à la femme, le lendemain du mariage, ce qu'on appelait morgengabe, le don du matin.

Quand Galsuinde, la sœur de Brunehaut, vint en France épouser Chilpéric, elle eut Bordeaux, Limoges, Cahors, etc., pour son morgengabe. C'était le prix de la virginité. Les veuves n'avaient point de morgengabe. Toutes les lois qui parlent de cette donation l'entourent d'une faveur singulière. La loi des Allemands, par exemple, qui ordonne le duel quand on conteste le douaire, dès qu'il s'agit du morgengabe, croit la femme sur parole, et lui permet d'affirmer, per pectus suum, que le mari lui a fait cette donation (*). » Le don du matin, dont le maximum était, chez les Wisigoths, fixé au dixième des biens du futur, et au quart chez les Lombards, s'élevait jusqu'au tiers chez les Francs. On l'appelait aussi en France, osclum, osculum, oscle, parce que le don était toujours accompagné d'un baiser.

DONEAU (H.), habile jurisconsulte`, né à Châlon-sur-Saône, en 1527, fut nommé professeur de droit à Bourges, à l'âge de vingt-quatre ans, et ne quitta sa chaire qu'à l'époque de la SaintBarthélemy. Il s'enfuit alors de France,

(*) E. Laboulaye, Histoire du droit de propriété, p. 405.

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séjourna successivement à Genève et dans le Palatinat, et finit par se retirer à Altorf, où il professa jusqu'à sa mort, arrivée en 1591. Les ouvrages de Doneau ont été réimprimés à Nuremberg, de 1801 à 1808, en 4 vol. in-8°.

DON GRATUIT. On donnait jadis en France ce nom aux subventions que le clergé et certains pays d'états payaient au roi. Suivant quelques auteurs, l'usage des dons gratuits se rattache aux dons ou présents que les Francs faisaient annuellement au prince. Il y avait, dans les pays d'états, un don gratuit ordinaire, qui était d'une somme annuelle fixe, et un don gratuit extraordinaire, dont l'intendant faisait la demande à l'assemblée des états.

Les subventions accordées par le clergé étant devenues annuelles vers 1516, furent qualifiées par les ecclé siastiques de dons gratuits et charitatifs. Elles ne furent distinguées des décimes qu'en 1561, lors du contrat de Poissy, par lequel le clergé s'engageait à voter un don gratuit de cinq ans en cinq ans. Cette contribution, peu onéreuse aux grands dignitaires del'Église, était très-lourde pour le petit clergé. Fénelon abandonna 15,000 fr. de ses revenus pour l'aider à en supporter le fardeau.

DONJON (le), ancien pays du Bourbonnais, dont la capitale était le Donjon, auj. chef-lieu de canton du dép. de l'Allier.

DONNADIEU (Gabriel, vicomte). Cet officier, qui s'est acquis une triste célébrité pendant les troubles réactionnaires des premiers temps de la restauration, est né à Nîmes, en 1777. Il était, en 1793, capitaine de dragons, et il vint présenter à la Convention un drapeau qu'il avait enlevé aux Prussiens. Attaché ensuite au général Moreau, il se signala bientôt par la haine qu'il portait à Bonaparte, comme ennemi du commandant de l'armée du Rhin plutôt que comme usurpateur de la puissance du peuple. En 1801, un grand nombre d'officiers se réunirent à Paris, dans un banquet : des toasts

furent portés au triomphe de la réptblique, à la mort du nouveau Cromwell. La police, instruite de ces propos, fit alors arrêter et renfermer au Temple le colonel Fournier-Sarlovèse et le chef d'escadron Donnadieu. Transféré au château de Lourdes (Hautes-Pyrénées), celui-ci y subit quelques années de détention. En 1806, il rentra dans les rangs de l'armée des côtes de Brest, et lit, comme colonel, les campagnes d'Autriche, de Prusse et de Portugal. Pendant cette dernière campagne, il se trouva encore compromis dans une tentative de rébellion fomentée par l'or des Anglais dans les rangs de l'armée. Il s'agissait de faire déclarer l'armée pour le général Moreau, que, disait-on, un vaisseau allait ramener des États-Unis, et de la porter à s'unir à l'armée anglaise. Le colonel Donnadieu fut mis en jugement, mais acquitté faute de preuves suffisantes. Il fut cependant envoyé à Tours, où il resta sous la surveillance de la haute police jusqu'au jour où les événements de 1814 vinrent lui ouvrir une carrière de dévouement toute nouvelle.

Son opposition avait été le résultat d'une grande turbulence de caractère plutôt que d'une conviction profonde; il crut voir, dans ces malheureux événements, une occasion de satisfaire son ambition et de rétablir sa fortune. Louis XVIII l'accueillit avec faveur, et le nomma commandant supérieur du département d'Indre - et - Loire. Abandonné par ses troupes en 1815, le général Donnadieu alla rejoindre à Bordeaux la duchesse d'Angoulême; et tout espoir de résistance étant perdu de ce côté, il partagea l'exil des princes à Gand. Après les événements qui suivirent la journée de Waterloo, il commanda à Grenoble la 7° division militaire. Ce choix d'un esprit remuant et tracassier dans une province connue pour son attachement aux principes de la révolution, ne pouvait avoir que de funestes résultats. Dans les premiers mois de 1816, le bruit se répandit qu'une insurrection devait éclater incessamment en Dauphiné, et cependant, ni les autorités civiles, ni les

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T. VI. 39 Livraison. (DICT. ENCYCL., ETC.)

autorités militaires, ne parurent disposées à prévenir cette explosion. On remarqua même en elles une certaine sécurité que les plus clairvoyants n'envisageaient qu'avec effroi. Enfin le soulèvement annoncé depuis quatre mois eut lieu dans la journée du 4 mai. Cinq ou six cents paysans, aigris par la violence de la réaction, et mus aussi par la puissance des souvenirs qu'un grand homme avait laissés au milieu d'eux, marchèrent, à la voix de Didier (voy.ce mot), sur Grenoble, où les intelligences que leur chef y avait pratiquées semblaient devoir les introduire sans effort. A cette nouvelle, le général Donnadieu fit distribuer des cartouches à ses soldats, et s'entendit avec le comte de Montlivault, préfet du département, ainsi qu'avec le commissaire général de police Bastard de l'Étang, pour préparer les mesures de répression nécessaires. Vers minuit, les insurgés arrivèrent sous les murs de Grenoble. Quelques heures suffirent pour faire rentrer dans les gorges du Drac et de la Romanche des malheureux qui, la, plupart, étaient venus sans armes, et comptaient sur des promesses perfides et sur l'assistance des habitants. Un grand nombre de prisonniers furent livrés à la cour prévôtale. En quatre jours, cette cour prononça trois arrêts de mort. Néanmoins, cette justice parut encore trop lente. Le général Donnadieu et le comte de Montlivault s'empressèrent de faire usage des pouvoirs illimités que leur avait envoyés le télégraphe, et la publication suivante signala leur fatale omnipotence: « Le lieutenant général et le préfet ar« rêtent : Art. 1o. Tout habitant dans « la maison duquel il sera trouvé un << individu ayant fait partie des bandes « séditieuses, et qui, l'ayant recélé << sciemment, ne l'aura pas dénoncé «sur-le-champ à l'autorité, sera arrêté, « livré à la commission militaire, et «< condamné à la peine de mort; sa a maison sera rasée. Art. 2. Tout << habitant qui, vingt-quatre heures « après la publication du présent ar«rêté, n'aura point obéi à l'arrêté du préfet sur le désarmement, et chez

«

«

lequel il sera trouvé des armes de « guerre ou des armes de chasse dont «< il n'aurait pas fait la déclaration, « sera livré à la commission militaire, << et sa maison rasée. » Cet arrêté rendu, on s'occupa de constituer deux simulacres de tribunaux : l'un, composé de huit officiers ou sous-officiers, fut appelé, sous le nom de conseil de guerre permanent, à juger les individus qui avaient fait partie de l'insurrection; l'ordre du jour qui créa le second tribunal, formé de cinq individus seulement, était ainsi conçu : « Nous, << lieutenant général, en vertu des pou« voirs discrétionnaires qui nous ont «< été confiés, voulant assurer l'exécu<tion de notre arrêté contre tout ré« volté qui serait trouvé recéler un des « chefs de la rébellion, voulant aussi « punir ceux qui, en contravention de « notre dernier ordre du jour, recéle«< raient des armes de guerre, avons « arrêté qu'il sera formé de suite une <«< commission militaire, etc. » Dès ce moment, la cour prévôtale et les tribunaux furent fermés. Le conseil de guerre s'assembla, et, dans sa première séance, il condamna à mort vingt et un accusés, parmi lesquels se trouvaient des enfants de seize, de dix-huit, de dix-neuf et de vingt ans. On les mena aussitôt au supplice, à l'exception de sept d'entre eux, qui furent recommandés à la clémence royale. Ce recours en grâce ayant été transmis à Paris par une dépêche télégraphique, une autre dépêche rapporta cette réponse qui sera une tache éternelle pour le gouvernement qui l'a dictée : « Faites tuer sur-le-champ. » Le ministre auquel on l'attribue a depuis allégué pour excuse les rapports exagérés du général Donnadieu; d'un autre côté, celui-ci a prétendu que le chef de la police devait connaître mieux que personne la gravité des circonstances que ses propres agents avaient fait naître. Quoi qu'il en soit, le général, comblé des faveurs du gouvernement, devenu vicomte et commandeur de l'ordre de Saint-Louis, se vit peu de temps après atteint par la destitution, par suite de ses démêlés avec les fonctionnaires nom

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