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très considérable, favorisent à tel point l'exportation secrète des esclaves qu'il faut l'attention incessante du Gouvernement pour réprimer comme il convient un mal aussi profondément invétéré. Pas plus dans l’Est Africain Allemand qu'ailleurs les enlèvements d'esclaves et les autres opérations de Traite ne pourront prendre fin aussi longtemps qu'il existera bors d'Afrique des pays, comme Mascate par exemple, qui, en l'absence d'une surveillance Européenne sévère, continueront à servir ouvertement de débouchés à l'“ ivoire noir" en offrant au commerce de cet article des tentations et des perspectives de gain toujours nouvelles. Je m'en réfère, quant à ce point, aux rapports envoyés cette année par nôtre Consul à Zanzibar, et dans lesquels cet agent fait ressortir également que tous les efforts des autorités Allemandes resteront infructueux tant que Mascate constituera un centre commercial et un entrepôt pour les esclaves capturés dans l'Afrique Orientale. Pour peu que cet état de choses se complique, comme l'année dernière, des maux causés par l'invasion des sauterelles, la variole, ou la famine, on voit se multiplier les cas où des individus, généralement à la solde de marchands d'esclaves Arabes, ou d'audacieux bandits opérant pour leur propre compte, réussissent à s'emparer de jeunes garçons ou de jeunes filles laissés sans surveillance et affamés, et à les envoyer secrètement la nuit, cachés dans des barques de pêche, à Zanzibar ou à Pemba, d'où ils sont dirigés presque toujours sur Mascate ou sur quelque port du Golfe Persique.

Ainsi que je l'ai fait remarquer déjà dans mon rapport annuel, cette recrudescence subite de la Traite a été observée à Bagamoyo, principalement durant les mois d'Avril, Mai, et Juin derniers, c'està-dire, à l'époque où la mousson du sud-ouest favorisait tout particulièrement les expéditions vers le nord, restées seules rémunératrices. A la réception du rapport que in'avait adressé sur cet objet, à la date du 13 Mai dernier, le Commissaire du district de Bagamoyo, j'envoyai sans retard, dans la région comprise entre Bueni et cette dernière localité, spécialement infestée par les marchands d'esclaves, un détachement de troupes du Protectorat composé d'un officier et de trente Askaris, avec des porteurs indigènes; en même temps je fis partir un bâtiment de la douane avec ordre de croiser entre Condoutschi et Bagamoyo. L'entreprise eut un succès inespéré. Dès le 12 Juin le Commissaire du district put annoncer l'arrestation d'environ septante individus, sous l'inculpation d'enlèvement et d'exportation d'esclaves. De ce nombre une cinquantaine furent condamnés à la chaîne, et un seul à la peine de mort. Quant aux autres, plusieurs, sur lesquels pesaient des charges très graves, moururent en prison, avant le jugement, des suites de la dysenterio ou de la variole ; quelques-uns durent être acquittés faute de preuves suffisantes.

L'instruction avait été rendue extrêmement laborieuse par ce fait, qu'au moment où elle commença des villages entiers dans les districts où elle devait être conduite avaient été pour ainsi dire dépeuplés par l'épidémie ou la fuim. Or, c'était précisément de ces localités que les coupables et leurs victimes étaient originaires. Celles-ci étaient en grande partie des enfants dont les parents avaient succombé à l'un ou l'autre des deux fléaux, ou que leurs proches avaient envoyés à la recherche de subsistances et qui s'étaient trop éloignés de chez eux. Quant aux coupables, ils étaient souvent eux-mêmes des gens que la faim avait poussés au crime. C'est ainsi qu'on a vu des parents vendre leurs propres enfants afin de se procurer le moyen de prolonger leur existence. .

LIEBERT.

Tableau des Lettres d'Affranchissement accordées en 1898 dans l’Afrique Orientale Allemande.

Stations.

Nombre. Rachat.

Déclaration
Affran d'Aflran-
chissement. chissement

d'Oflice.

Mort

du
Maître.

En exécution
Affranchisse- des Articles

ment XXXIX et
en vue du

LXIII de
Mariage. l'Acte de

Bruxelles.

Libérés au Fugitifs
cours d'une et
Expédition non Ró.
Militaire. clamés.

Par suite
de naissance Sans
de

causes
deux enfants comnues.
du Maître.

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Tanga
Pangani..
Saadani..
Bagamoyo
Dar-es-Salam
Kilwa
Lindi
Mikindani
Wilhelmsthal
Mpapua..
Mkondoa
Irangi
Kisakki ..
Kilossa
Maschi
Kilimatinde
Tabora
Muanza..
Ujiji
Bukoba.
Songea .
Iringa
Langenburg

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4
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RELEVÉ des Personnes condamnées dans l’Afrique Orientale Allemande en 1898

pour enlèvement d'Esclaves ou transport d’Esclaves par Mer.

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ARRÊTÉ du Commissaire-Général du Congo Français, créant

des Permis de Port d'Armes dans le Bassin Conventionnel du Congo.Brazzaville, le 27 Avril, 1899.

Le Commissaire-Général du Gouvernement au Congo Français, H. de Lamothe, Officier de la Légion d'Honneur,

Vu l'Ordonnance Organique du 7 Septembre, 1810;

Vu les Décrets des 20 Novembre, 1882,* et 25 Novembre, 1884, sur l'introduction des armes à feu au Gabon, ensemble l’Arrêté local du 29 Août, 1885;

Vu les Arrêtés des 16 et 19 Mai, 1892 ;t
Vu le Décret du 28 Septembre, 1897;

Arrête : Art. 1°r. L'usage des armes à feu dont l'introduction est autorisée dans le Bassin Conventionnel du Congo, en vertu de l’Article 9 de l'Arrêté précité du 19 Mai, 1892, donnera lieu à la délivrance d'un permis de port d'armes dont la valeur est fixée à 25 fr.

2. Le permis valable pour un an devra être rénouvelé, sauf le cas de force majeure dûment constaté, dans un délai de trois mois, après l'expiration duquel les contrevenants deviendront passibles des peines édictées à l’Article suivant.

3. Toute personne reconnue coupable de faire usage d'armes pour lesquelles il n'a pas été délivré de permis, ou dont le permis sera expiré, sera passible d'une amende de 100 fr. et d'un emprisonnement de huit jours, ou de l'une de ces deux peines seulement, sans préjudice de la confiscation de l'arme saisie.

• Vol. LXXIII, page 69.

† Vol. LXXXIV, page 367.

4. Les permis seront signés par l'Administrateur, commandant de la région, ou par son délégué.

Ils seront soumis à la formalité de l'enregistrement.

5. Le Secrétaire-Général, les Commandants de régions et de cercle, sont chargés de l'exécution du présent Arrêté, qui sera enregistré et communiqué partout où besoin sera. Brazzaville, le 27 Avril, 1899.

H. DE LAMOTHE.

RAPPORT d'ensemble du Général Galliéni sur la situation

générale de Madagascar (Traite des Esclaves ; Protection des

Indigènes). (“ Journal Oficiel de la République Française " du 8 Mai, 1899.)

Affranchissement des Esclaves.- Mesures prises en leur faveur. (Extrait.)

La libération des esclaves avait été l'acte le plus important accompli dans ce sens.

Il constituait du reste une mesure grosse de difficultés. La fortune mobilière Malgache, surtout en pays Hova, et l'organisation du travail agricole, reposaient en grande partie sur l'institution de l'esclavage. On comptait au moins 300,000 esclaves en Emyrne, 100,000 dans le Betsiléo, 100,000 dans les autres provinces soumises aux Hovas. Évalués au taux légal, ils représentaient un capital de 75,000,000 fr.; on comptait parmi eux à peu près 125,000 travailleurs valides. A l'exception d'environ 20,000 porteurs, d'un petit nombre de marchands au détail, tous ces hommes étaient occupés aux travaux agricoles proprement dits ou à l'élevage.

Ces données permettent de se rendre compte du trouble profond que risquait de provoquer une modification subite du régime sur lequel reposait en partie l'organisation sociale et économique des régions de Madagascar où dominaient les Hovas.

Aussi pendant la période qui suirit l'entrée de nos troupes à Tananarive, le Résident-Général se borna-t-il à prendre quelques dispositions de nature à manifester les intentions restrictives du Gouvernement de la Colonie. Par Ordre du 20 Mai, 1896, on supprima la perception des taxes à laquelle donnaient lieu officiellement jusqu'alors les transactions portant sur les esclaves. Des instructions officieuses interdirent leur mise en vente sur le zoma de Tanavarive et sur les principaux marchés de l’Imerina. Un Ordre du 20 Août, rappelant la Loi Malgache du 6 Juillet, 1878, défendit

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