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de séparer de leurs parents les enfants âgés de moins de 15 ans, sous peine de confiscation des biens.

Ces diverses prescriptions ne modifiaient guère l'état de choses existant. Elles auraient eu, en d'autres circonstances, l'avantage de préparer peu à peu l'opinion Malgache à un changement inévitable; mais, à l'époque où elles paraissaient, de tels atermoiements étaient devenus sans effets : l'insurrection s'était étendue à toute l'Imerina. De ce fait, la situation était renversée; autant il était inutile de chercher à ménager les Hovas, résolument hostiles, autant il était opportun de créer immédiatement dans la catégorie des libérés le noyau solide de nos partisans, la base de notre influence sur la masse populaire Malgache. Bien que l'esclavage eût toujours gardé dans l'île un caractère familial qui avait prévenu l'antagonisme aigu des classes en présence, l'introduction de la civilisation Européenne sur la côte est et sur les bauts plateaux avait fait germer parmi les esclaves le désir inconscient de la liberté; l'abolition de l'esclavage ne pouvait donc manquer de les rallier immédiatement à notre cause.

Les instructions du département étaient d'ailleurs formelles ; elles furent mises en vigueur par l'Arrêté du 27 Septembre, 1896, et, depuis cette époque, je n'ai cessé, dans tous mes actes, dans toutes les mesures d'ordre politique prises, de m'appuyer franchement sur les anciens esclaves. Ceux-ci n'ont cessé d'ailleurs, dans toutes les occasions possibles, de me témoigner leur reconnaissance à ce sujet, et, dans toutes mes tournées dans l'île, c'étaient toujours les anciens esclaves, hommes, femmes et enfants, qui se présentaient les premiers, portant des drapeaux tricolores et vêtus à la Française, pour montrer leurs sentiments de gratitude envers notre nation. Il s'est trouvé, en somme, que la libération en masse des esclaves, si redoutée de quelques-uns, a été une excellente mesure politique, et c'est parmi eux que la cause Française recrute maintenant ses plus dévoués partisans.

Mais il restait à prendre les mesures nécessaires pour que cette libération ne fût pas accompagnée des troubles observés dans des circonstances analogues. Les pillages partiels, le vagabondage, l'abandon des cultures étaient les principaux désordres à redouter.

Dès le 5 Octobre, les instructions nécessaires furent données aux Gouverneurs principaux de l’Imerina pour que les affranchis fussent classés, par groupes mille, de cinq cents, et cent, sous des Chefs de leur caste, suivant l'ancienne organisation adoptée autrefois pour les classes non nobles. En même temps on organisa leur état civil en permettant l'inscription rétroactive des mariages et des naissances, que jusque-là les esclaves ne pouvaient faire enregistrer (Arrêté du 5 Octobre, 1896). Pour prévenir l'abandon des travaux agricoles, ils étaient exhortés à rester autant que possible au service de leurs anciens maîtres, si ceux-ci consentaient à les engager dans des

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conditions convenables. En fait, c'est à ce dernier parti que se rangèrent la majorité des libérés. Ils continuèrent à vivre, comme par le passé, sur les petites exploitations que presque tous les maîtres leur avaient permis de se constituer sur leurs propres domaines. Ils se bornèrent à réclamer une augmentation du prix des services qu'ils rendaient autrefois gratuitement en échange de cette tolérance.

D'un autre côté, devenus hommes libres, ils avaient droit comme ceux-ci à la jouissance des terrains de culture communaux dont chaque village de l'Imeripa est abondamment pourvu. Ils y trouvaient facilement les emplacements nécessaires à la création de champs, de nouvelles rizières ou de cultures secondaires. En résumé, par une évolution paisible, les esclaves agriculteurs prirent place sans secousse dans la catégorie des salariés, des métayers ou des petits propriétaires journaliers. Ceux d'entre eux qui se livraient aux transports et au commerce continuèrent leur genre d'existence. Les engagements dans la milice et les régiments de tirailleurs en formation fournirent aussi à bon nombre d'affranchis une occasion de s'employer. Enfin, on aurait pu redouter qu'une certaine partie des libérés, les vieillards et les iufirmes, les enfants en bas âge, ne fussent brusquement privés des ressources que leur constituait la libéralité de leurs anciens maîtres. Mais, de tout temps, les familles Hovas aisées avaient mis une sorte de point d'honneur à ne pas délaisser leurs serviteurs impotents. Ce sentiment subsista après l'abolition de l'esclavage.

Si, au premier moment, quelques maîtres renièrent les obligations que leur imposaient les traditions, ces exceptions furent rares. La solidarité, existant en matière d'assistance mutuelle dans les corps de village, contribua d'un autre côté à parer aux besoins urgents de quelques esclaves nécessiteux. Ces résultats satisfaisants furent pleinement constatés à la suite d'une demande de renseignements adressée aux divers commandants de cercle en vue de connaître le nombre d'indigents que l'Administration pouvait avoir à secourir. Sauf à Tananarive même, où un certain nombre d'entre eux participèrent à plusieurs distributions d'argent et de vêtements, il n'y eut de dispositions à prendre dans aucune région.

La propriété des biens que les anciens esclaves tenaient de la libéralité de leurs maîtres donna lieu à quelques contestations. En droit coutoumier Malgacbe, ces donations étaient toujours révocables, et l’Article 4 de l'Arrêté du 26 Septembre avait sanctionné cette tradition spéciale que ces biens pourraient être repris par les maîtres. Quelques rares procès intentés par des affranchis furent jugés dans ce sens, et ces sentences mirent fin à des revendications qui ne se sont pas renouvelées. Des mesures édictées dans la suite pour l'extension des cultures dans l'île, mesures développées dans la partie économique de ce rapport, ont augmenté dans la plus large mesure les facilités laissées aux affranchis pour se constituer une propriété.

En résumé, grâce aux dispositions prises, la libération s'accomplit sans amener aucun désordre criminel et même sans trouble économique appréciable.

Au point de vue politique, elle rallia immédiatement une fraction notable de la population des régions insurgées, et, je le répète, les nouveaux libérés s'empressèrent de témoigner leur reconnaissance de l'acte qui les faisait les égaux des autres Malgaches. Le Gouverneur-Général, les Commandants de cercle reçurent de nombreuses députations des affranchis venant exprimer leurs sentiments de gratitude et d'attachements envers la France. A différentes reprises les libérés nous fournirent, en servant d'émissaires ou de guides, uu utile concours dans notre lutte contre les insurgés. Leur bon esprit et leur fidélité ne se sont jamais démentis, et leur attitude a répondu pleinement aux espérances que nous pouvions concevoir en considérant leur affranchissement comme l'un des principaux moyens de rallier à notre cause la masse de la population Malgache.

RETURN of Traffic in Arms and Ammunition in the Colony of the Gambia and Districts in the Protectorate for the half-year ended June 30, 1899.

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I certify that the above is a true and correct Return according to the Returns sent in by the authorized dealers in arms, &c.

H. M. BRANDFORD GRIFFITH, Acting Collector of Customs. Custom-house, Bathurst (Gambia), July 12, 1899.

RETT kn of Trade Gunpowder and Fire-arms withdrawn from the Powder Magazine and No. 2 A Bonded Warehouse at Sierra Leone from

January 1 to June 30, 1898.

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I certify that the above is a true and correct Return.

F. LEWIS, Supervisor of Warehouse.

Custom-house, Sierra Leone, July 10, 1899.

EUGÈNE DAWTON, Acting Collector of Customs.

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