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dans la salle avec des grenadiers qui enveloppent Buonaparte, et l'emmènent. Lucien Buonaparte quitte le fauteuil ; ce qui étoit convenu avec les conjurés. Dès que Buonaparte fut hors de la salle, il monta à cheval , prit au grand galop le chemin de Paris, en criant de toutes ses forces : Je suis le dieu de la guerre ! il ne s'arrêta qu'au pont de Saint-Cloud , où Murat lui remit un peu la tête , et revint sur ses pas. Quelques instans après, la force armée commandée

par

Murat entre dans la salle , et contraint les députés à l'évacuer. Un nombre se

avec leurs robes sénatoriales sous le bras, et se cache dans le bois de Saint-Cloud jusqu'à la nuit. Au bout de deux heures, le conseil de cinq-cents se recompose sous la présidence de Lucien Buonaparte, et prend une résolution qui abolit le directoire, et déclare que les soixante-six députés qui se sont portés à des excès ne sont plus membres du conseil ; qu'une commission, pour remplacer le directoire, sera composée de trois membres , savoir, du général Buonaparte, de Roger-Ducos et de Sieyes , ex-directeurs, sous le titre de consuls , et que le corps législatif sera provisoirement remplacé par une commission de vingt-cinq membres. Buonaparte se présente au conseil des anciens ; il y prononce un mauvais discours et se retire.

sauve

par
les croisées ,

CONSULS PROVISOIRES.

1799.

Le conseil décrète que Buonaparte a bien mérité de la patrie ; il sanctionne la résolution sur l'ajournement du corps législatif. — Il décrète la création de deux commissions législatives, de chacune vingt-cing membres, pour remplacer les deux conseils.

Les trois consuls vont s'établir au palais du Luxembourg. L'abbé Sieyes observe à Buonaparte qu'il y a dans la caisse du directoire ane somme de deux cent cinquante mille francs ; il lui demande l'emploi qu'il en faut faire. Après un moment de réflexion, Buonaparte lui dit: partagez-vous cette somme avec Roger-Ducos. Et après l'acceptation de la constitution, pour récompenser les services signalés de l'abbé Sieyes et le dédommager de n'avoir pas été nommé l'un des trois nouveaux consuls, Buonaparte lui donna le château et la ferme de la Ménagerie, à Versailles, plus un superbe hôtel faubourg S.-Germain, et sa nomination au sénat, avec les émolumens de trente mille francs,ensuite ceux de trente-six mille fr. Cette grande fortune doit avoir fait souffrir la modestie de l'abbé Sieyes, d'après les principes d'égalité consignés dans son ouvrage : Qu'est-ce que le tiers-état , publié lorsqu'il avoit un modique canonicat. ÉVÈNEMENS SOUS LE CONSULAT PROVISOIRE. 117 Pourtant Sieyes (1), dit-on, a à se plaindre du piège qui lui a été tendu par Buonaparte, en interceptant le courrier porteur d'une lettre qu'il l'engagea d'écrire à un prince étranger, comme étant digne d'occuper le trône de France. Le piège de Buonaparte étoit pour empêcher l'abbé Sieyes de conspirer contre la nouvelle constitution. Ce qui a fait dire de lui : Est-ce Sieges avant ou après la letlre.

Il nov. Le général Berthier est nommé ministre de la guerre ; Gaudin ministre des finances,

et Maret secrétaire général des consuls. 15. – Prise d'Ancône par les Autrichiens.

Le géomètre Laplace est chargé du ministère de l'intérieur.

Rapport de la loi sur les olages. 16. Les Autrichiens sont battus à Philism bourg par l'armée da Rhin.

23. Les Autrichiens sont battus près de Gênes par l'armée d'Italie.

24: Talleyrand de Périgord est nommé ministre des relations extérieures. -- Forfait ministre de la marine.

(1) L'abbé Sieyes a été chanoine à Saint-Brieux, grandvicaire et chanoine à Chartres; chapelain de madame Sophie, tanıc de Louis XVI, dont il a voté la mort. Tous ces bénéfices peuvent faire la somme de 4 à 5,000 f.

Prise de Pacy-sur-Eure par les Chouans, 25. - Moreau est nommé général en 'chef de l'armée du Rhin. Masséna général de l'armée d'Italie.

4 DÉCEMBRE. Prise de Coni par les Autrichiens.

5. Suspension d'armes entre l'armée com mandée par le général Lecourbe et celle de Starray.

Prise de Machecoul par les Chouans. 8. Le général Bon prend possession de Suez.

CONSUL A TERME.

799:

13 déc. ( 22 frimaire an VII), CONSTITUTION de la République française, signée par les consuls et les membres des commissions législatives. Le gouvernement est confié à trois consuls pour dix ans. Buonaparte est nommé premier consul avec un traitement de cinq cent mille francs; Cambacérès second consul, et Le Brun troisième consul ; le traitement de chacun d'eux est des trois dixièmes de celui du premier. - Quatre-vingts sénateurs conservateurs, avec chacun un traitement de trente mille francs; trente conseillers d'état à vingt

mille francs par an ; trois cents députés au corps législatif à douze mille francs; un tribunat de cent, avec un traitement

pour

chacun de quinze mille francs.

14 déc. Mort de Washington. - Mort du néral Kilmaine.

16. Les Autrichiens sont battus à la Boccheta , en Italie, par le général Saint-Cyr.

18. Mort de Préville, comédien célèbre du théâtre Français , et auteur de plusieurs pièces.

25. Installation du sénat conservateur sous la présidence de Sieyes.

Installation des trois consuls au Luxembourg. Le premier consul Buonaparte ne se trouvant pas dignement au Luxembourg , fait préparer le palais des Tuileries.

Maret est nommé ministre d'état.

Lucien Buonaparte est nommé ministre de l'intérieur.

Abrial ministre de la justice.
Lagarde secrétaire général des consuls.

Augereau est nommé général en chef de l'armée de Batavie.

Amnistie accordée aux habitans des départemens de l'Ouest.

31. - Mort de Marmontel, membre de l'académie française.

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28.

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