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ÉCHOS DE LA VÉNERIE ET DES CHASSES.

VÉNERIE IMPÉRIALE.

FORÊT DE FONTAINEBLEAU.

- Le 14 août 1860. Rendez-vous à la Croix-de-Souvray. On a attaqué au Pied-Pourri, un cerf à sa quatrième tête. L'animal a tenu le Bois-desSeigneurs, le Nid-aux-Corbeaux, le Parc-aux-Bæufs, les ventes à Galennes, a fait son retour par le Bois-des-Seigneurs, au Pied-Pourri, et a été porté bas par les chiens près le treillage de clôture de la forêt qui longe la plaine de Reclose, après une heure quinze minutes de chasse.

Laisser-courre par Victor, Verjus-Lafeuille, Gaillard, Verjus fils.

- Le 18 dudit. Même rendez-vous. On a attaqué un cerf dix-cors près la route d’Ury. L'animal traversant cette route aussitôt l'attaque, a gagné le Bois-des-Seigneurs, a sauté de nouveau la route d'Ury, près le carrefour du Pied-Pourri; a tenu le Nid-aux-Corbeaux, les ventes à Galennes, les enceintes du carrefour de Réclose, et a été porté bas le long du treillage, près la Mare-aux-Bæufs, après vingt-cinq minutes de chasse.

Laisser-courre par Landouiller, Victor, Verjus-Lafeuille, Gaillard, Verjus fils et Landouiller fils.

· Le 22 dudit. Rendez-vous au carrefour des Bécassières. On a attaqué un cerf dix cors et une quatrième tête, aux ventes du Lys. Le cerf dix cors s'est séparé, a passé à la Glandée, au Chêne-aux-Chiens, est revenu sur son contre au lancer, a longé la Table-du-Roi, s'est fait battre quelque temps dans les mêmes enceintes, puis prenant son parti par l'Épine-Foreuse, la Croix-de-Vitry, les Buttes Saint-Louis, les Écouettes, est revenu sur son contre en faisant tête aux chiens jusqu'à la route de Bourgogne, où il a été porté bas le long du treillage de clôture, près le village de Bois-leRoi, après trois heures et demie de chasse.

Laisser - courre par Lafeuille, Lémans, Leroux fils, Lafeuille-Verjus, Gaillard, Verjus fils et Duval.

Pendant cette chasse un autre cerf dix-cors, mené par quelques chiens seulement, a été porté bas sur la ligne du chemin de fer de Lyon, en face de la Madeleine (1).

- Le 27 dudit. Rendez-vous à la Croix-du-Grand-Maître. On a attaqué, un cerf dix-cors au carrefour de la mare d’Episy. L'animal prenant son

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(1) C'est ce jour-là qu'a eu lieu dans la forêt de Fontainebleau, le fatal accident qui a ravi aux arts le célèbre peintre Decamps.

parti par les Sentiers d'Avon, le Rocher Bouligny, le Mont-Merle, les ventes Bourbon, a été passer au carrefour de la Croix-de-Saint-Hérem, à la Cave-aux-Brigands, à la vallée Jauberton, aux ventes Cumier, au carrefour des Primevères, et, revenu à la Cave-aux-Brigands, a traversé les Montoirs de Reclose, la route de Nemours, le Mont-Merle, le Mail-Henri-Quatre; a longé le carrefour Maintenon, le rocher d'Avon; a sauté la route de Moret; a passé sur le Carrousel, près de la Vénerie; a été prendre de l'eau dans le Bréau qui borde le parterre du château de Fontainebleau, est remonté au rocher d'Avon, est revenu une seconde fois au Bréau, allant et venant parmi le monde qu'attirait en cet endroit la fête de Fontainebleau, et s'est enfin jeté dans le Bréau, où il a été noyé par les chiens, après une heure de chasse et trois quarts d'heure de bat l'eau.

Laisser-courre par Landouiller, Victor, Laverdure et Landouiller fils.

Cette chasse, effectuée au milieu de près de deux à trois mille spectateurs qu'avait attirés la fête de Fontainebleau, s'est heureusement terminée sans accident, ce qui était fort à craindre en raison de la foule. Plusieurs militaires ont été obligés de dégainer leurs sabres pour protéger les curieux contre l'animal, qui, la tête perdue au milieu de toute cette meute humaine non moins ardente après lui que les chiens, s'est enfin jeté à l'eau, où ces derniers l'ont noyé après une longue résistance.

Le 2 septembre. On a attaqué une harde d'animaux au carrefour des Acacias. Une troisième tête s'est séparée, a traversé les tailles de la mare d'Épisy, la Croix-du-Grand-Maitre, le rocher Brulé, la Plaine-du-Rosoir; a fait son retour par la Malmontagne, où les chiens ont pris change sur un cerf dix-cors. Ce second cerf a tenu les Ventes-Hérem, les HautsMonts, la Malmontagne, le carrefour de Vienne, le carrefour d'Hanneucourt, la plaine des Buttes, le Long-Rocher, et a été porté bas près de Sorgue, après une heure et demie de chasse. Laisser-courre par Landouiller, Victor, Laverdure et Landouiller fils.

Le 4 dudit. Rendez-vous à la Croix de Saint-Hérem. On a altaqué un cerf dix-cors au carrefour de la Cave-aux-Brigands. Prenant parti par les ventes Cuvier, les Primevères, les ventes Lopinot, le carrefour de Reclose, les Ipréhaut, les Montoirs de Reclose, le carrefour Girardin, la Grangeaux-Lièvres, le Mauvais-Passage; l'animal a traversé le pavé d'Ury, à la Croix-de-Souvray, a gagné le rocher de la Combe, a pris de l'eau à la Mareaux-Corneilles; a tenu les Grands-Feuillards, Trappe-Charette, le rocher de Milly, le carrefour de Trévise, les Hautes-Plaines; a pris de l'eau aux mares de Franchard; est revenu et a fait son retour par les Hautes-Plaines, le carrefour de Trévise, le rocher de Milly, la Salamandre, le rocher de la Combe, le champ de Maneuvre, le Rocher des Demoiselles, où il a été porté bas, après quatre heures et demie de chasse.

Laisser-courre par Lafeuille, Leroux fils, Verjus-Lafeuille, Verjus fils et Duval.

LE TIR NATIONAL DE VINCENNES.

On lit dans tous les journaux de Paris le fait suivant, qui a dû vivement frapper l'attention du public:

« L’Empereur vient d'autoriser la création d'un tir national dont le projet était à l'étude au ministère de la guerre depuis le mois de janvier dernier.

«C'est dans le bois de Vincennes, dont les embellissements rivalisent avec ceux du bois de Boulogne, un peu en avant du fort neuf, que ce tir sera établi chaque année à l'époque des fêtes du 15 août. Cette année toutefois, par exception, il ouvrira seulement le 30 septembre prochain.

« De nombreux ouvriers travaillent avec activité à son installation.

« Il contiendra quarante-quatre cibles auxquelles seront admis les tireurs français et étrangers avec toutes armes de guerre, de chasse et de précision; plus, six cibles réservées à la garde nationale et à l'armée, deux cibles pour le tir au pistolet, et deux autres pour la Société de tireurs d'arcs.

« Il y aura un grand prix de 10,000 fr. et la nomenclature de l'ensemble des prix sera incessamment publiée, ainsi que celle des dons particuliers destinés à en augmenter le nombre et à encourager une institution éminemment patriotique.

« Comme le tir fédéral suisse, comme celui que la reine d'Angleterre vient d'inaugurer, comme celui qui se prépare en Belgique, le tir national français se forme sous la protection du Gouvernement et sous le patronage des plus hautes notabilités du pays. Il est appelé à prendre racine dans le sol de notre patrie où tout ce qui tient au noble exercice des armes plaît et attire. Rien ne manquera à cette fête intéressante à laquelle sont conviés les tireurs français et ceux de tous les pays; elle se prolongera du 30 septembre au 9 octobre inclusivement.

« Le tir national est placé sous la direction d'un comité composé de :

« M. le général Guiod, commandant l'artillerie de la 1 re division militaire, président.

« M. de Potier, lieutenant-colonel du 3e de ligne. « M. le chef de bataillon Nessler, commandant l'école normale de tir.

« M. de Rancé, aucien député, commandeur de l'ordre impérial de la Légion d'honneur.

« M. de Baylen, commandant le 6e bataillon de la garde nationale, chef de division au ministère du commerce.

a M. de Saint-Albin Lagayère, directeur et propriétaire du journal le Sport.

« M. Charles Duval architecte.

« Les prix et dons particuliers peuvent, dès à présent, être envoyés au président du comité, à l'École d'artillerie, au fort de Vincennes,

Pour plus amples renseignements, s'adresser à M. Augier, administrateur du tir national, boulevard des Italiens, 26. »

Nous nous intéressons autant que personne à la création d'un tir national, bien qu'il n'y ait presque aucune analogie entre le tir à la cible et le tir mobile des animaux de chasse : mais nous nous demandons si l'entreprise, telle qu'elle est conçue, réunit bien toutes les conditions qui peuvent intéresser et attirer le public amateur, et nous craignons qu'il n'en soit pas tout à fait ainsi. ·

En effet, si nous voyons avec grand plaisir, en tête de la liste du comité, le nom de militaires qui jouissent d'une réputation légitimement acquise dans la spécialité de l'arme de précision et du tir, nous aurions été heureux d'y voir figurer les noms de quelques hommes connus appartenant à l'élite de la gentry française, de ceux autour desquels on aime à se grouper, et dont le patronage garantit d'avance le succès.

Nous savons bien qu'il s'agit ici d'une ouvre sérieuse, et dont le véritable succès est sans doute en dehors des plaisirs da monde, mais puisqu'il y a un concessionnaire, un comité, une affaire enfin, nous nous étonnons que ceux qui la dirigent n'aient pas cherché à la rendre plus attrayante.

L'époque fixée pour l'inauguration nous parait encore malheureusement choisie. A la fin de septembre et au commencement d'octobre, pas un de nos gentilshommes n'est à Paris, et nous doutons fort qu'il y en ait beaucoup qui fassent exprès le voyage. L'ouverture du tir national passera donc inaperçue et comme un fait différent dans le vrai monde du sport.

Ce sont là des faits regrettables que nous signalons à l'attention de Messieurs les directeurs du tir national, bien qu'ils n'aient pas da échapper à leur sagacité; nous désirons sincèrement le succès de leur entreprise et c'est par cela même que nous nous permettons de donner ici notre avis.

NOUVELLES ET FAITS DIVERS Une chasse aux loups, qui ne sera pas des moins brillantes dans les fastes cynégétiques, a eu lieu près de Sens il y a quelques jours :

Depuis plusieurs jours, les habitants des communes de Foissy et des Clérimois, situées à quelques kilomètres de Sens, étaient devenus tributaires d'une bande de loups qui désolaient la campagne. Ces animaux ayant commis des déprédations importantes au préjudice du fermier de la Chesney, une battue fut organisée le 2 septembre, par les soins du sous-inspecteur et du sous-préfet. La pluie n'ayant cessé de tomber qu'à midi, les battues ne commencèrent qu'à une heure et demie, et à quatre heures il y avait au rapport cinq loups, une louve de grande taille et un renard tués dans deux enceintes. Le soir, les chasseurs rentraient à Sens à la lueur des torches, et de joyeuses fanfares annonçaient leur triomphe.

L'un des Directeurs, Rédacteur en chef : LEON BERTRAND.

Paris. - Imp. L. Tinterlin, rue Neuve-des-Bons-Enfants 3.

LE PÈRE LA TROMPETTE.

ÉTUDE DE MEURS CYNÉGÉTIQUES.

CHAPITRE XVI

UNE DRÔLE DE RENCONTRE.

« C'était sur la fin de la seconde semaine du réveil de ce paresseux et fantasque enfant qu'on appelle le printemps du Nord, c'est-à-dire vers le 25 du mois d'avril environ. Je n'ai plus la date bien précise dans la tête aujourd'hui, parce que ma mémoire n'est pas aussi fidèle pour les événements qui m'ont passagèrement distrait que pour ceux qui m'ont laissé une impression douloureuse et profonde.

« La belle saison était donc revenue. Les bois, longtemps.chargés de frimas lugubres à contempler, commençaient à se revêtir d'une teinte verte assez réjouissante à l'ail malgré sa pâleur; quelques fleurettes aventureuses frissonnaient çà et là sous les fougères encore sèches; la mousse ou le gazon qui servaient de tapis au sol enfoui sous la neige depuis six mois, ne gardaient plus cette humidité glaciale dont nous avions si cruellement souffert durant nos interminables nuits au bivouac tant qu'avait régné la mauvaise saison, et les journées, plus longues, plus lumineuses et infiniment plus douces de température, nous faisaient paraître bien moins rudes les diverses épreuves de notre existence nomade.

TOMK XIIX:

- 2 SEMESTRE 1860.

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