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nelle déclare tous les impôts et même l'armée, annullés de droit, trois mois après la dissolution de l'assemblée nationale, pourvu enfin que la responsabilité des ministres soit toujours exercée avec la plus inflexible rigueur, et quand la chose publique ne devroit pas s'améliorer, chaque année, des progrès de la raison publique, ne suffiroit-il pas, pour nous décider à prononcer l'annualité de l'assemblée nationale, de jeter un coup d'œil sur l'effrayante étendue de nos devoirs. »

>> Les finances seules, appellent peut-être un demi-siècle, nos travaux. »

pour

«Qui de nous, j'ose le demander, a calculé l'action immédiate et la réaction plus éloignée de cette multitude d'impôts qui nous écrase, sur la richesse générale, dont on reconnoît enfin que l'on ne peut plus se passer. »

«Est-il un seul de nos impôts dont on ait imaginé d'approfondir l'influence sur l'aisance du travailleur, aisance sans laquelle une nation ne peut jamais être riche? «

«Savez-vous jusqu'à quel point, l'inquisition, l'espionnage et la délation assurent le produit des uns? Etes-vous assez instruit que le génie fiscal n'a recours qu'au fusil, à la potence,

et aux galères, pour prévenir la diminution des autres? »

«Est-il impossible d'imaginer quelque chose de moins ridiculement absurde, de moins horriblement partial, que ce systême de finance que nos grands financiers ont trouvé si bien balancé jusqu'à présent? »

» A-t-on des idées assez claires de la propriété, et ces idées sont-elles assez répandues dans la généralité des hommes, pour assurer aux loix qu'elles produiront cette espèce d'obéissance, qui ne répugna jamais à l'homme raisonnable, et qui honore l'homme de bien. »

« Aurez-vous jamais un crédit national aussi long-tems qu'une loi ne vous garantira pas que tous les ans la nation assemblée, recevra des administrateurs des finances, un compte exact de leur gestion, que tous les créanciers de l'état pourront demander chaque année à la nation, le payement des intérêts qui leur sont dûs; que tous les ans enfin, l'étranger saura où trouver la nation qui craindra toujours de se déshonorer, ce qui n'inquiétera jamais les ministres. »

« Si vous passez des finances au code civil et criminel, ne voyez-vous pas que l'impossi

bilité d'en rédiger qui soient dignes de vous avant une longue période, ne sauroit vous dispenser de profiter des lumières qui seront l'acquisition de chaque année? Vous en reposerez-vous encore, pour les améliorations provisoires qui peuvent s'adapter aux circonstances, sur des ministres qui croiront avoir tout fait quand ils auront dit, le roi sait tout, car je lui ai tout appris, et je n'ai fait qu'exécuter ses ordres absolus, que je lui ai dit de me donner? »

<< Peut-être, pour éloigner le retour des assemblée nationales, on vous proposera une commission intermédiaire ? Mais cette commission intermédiaire fera ce que feroit l'assemblée nationale, et alors je ne vois pas pourquoi celle-ci ne se rassembleroit pas; ou elle n'aura pas le pouvoir de faire ce que feroit l'assemblée, et alors elle ne la suppléera pas? Et ne voyez-vous pas d'ailleurs, que cette commission deviendroit le corps où le ministère viendroit se recruter, et que pour y parvenir, on deviendroit insensiblement le docile instrument de la cour et de l'intrigue.»

« On a soutenu que le peu d'esprit public s'oppose au retour annuel de l'assemblée nationale. Mais comment formerez-vous mieux

cet esprit public, qu'en rapprochant les époques où chaque citoyen sera appelé à en donner des preuves. Pouvoit-il exister cet esprit public, quand la fatale division des ordres absorboit tout ce qu'elle n'avilissoit pas. Quand tous les citoyens, grands et petits, n'avoient d'autres ressources contre les humiliations et l'insouciance, et d'autre dédommagement de leur nullité que le spectacle, la chasse, l'intrigue, la cabale, le jeu, tous les vices?<«<

« On a objecté les frais immenses d'une élection et d'une assemblée nationale annuelle !»

<< Tout est calculé, trois millions forment la substance de cette grande objection. Et que sont trois millions pour une nation qui en paye six cents, et qui n'en auroit pas 350 à payer, si depuis trente ans elle avoit eu annuellement une assemblée nationale. >>

«On a été jusqu'à me dire, qui voudra être membr. l'assemblée nationale, si elle a des sessions annuelles !.. et je réponds à ces étranges paroles, ce ne sera pas vous qui le demandez.......... mais ce sera tout digne membre du clergé, qui voudra et qui pourra prouver aux malheureux, combien le clergé est utile...

Tout digne membre de la noblesse, qui voudra et pourra prouver à la nation que la noblesse aussi peut la servir de plus d'une manière... Ce sera tout membre des communes, qui voudra pouvoir dire à tout noble énorgueilli de son titre, combien de fois avez-vous siégé parmi les législateurs ?>>

<<Enfin, les anglois qui ont tout fait, dit-on, s'assemblent néanmoins tous les ans, et trouvent toujours quelque chose à faire.... et les françois qui ont tout à faire, ne s'assembleroient pas tous les ans !.....

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<«Nous aurons donc une assemblée permanente, et cette institution sublime, seroit à elle seule le contrepoids suffisant du veto royal. »

«Quoi! disent ceux qu'un grand pouvoir effraye, parce qu'ils ne savent le juger que par ses abus, le veto royal seroit sans limites! il n'y auroit pas un moment déterminé par la constitution, ou ce veto ne pourroit plus entraver la puissance législative? Ne seroit-ce pas un despotisme que le gouvernement, où le roi pourroit dire : Voilà la volonté de mon peuple; mais la mienne lui est contraire, et c'est la mienne qui prévaudra. »

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