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Manifestation du 22 février.

La
campagne

des banquels en faveur de la réforme électorale' avait produit en France et surtout à Paris une agitation politique qui brusquement amena une révolution. A toutes les demandes de réforme le roi et le ministère avaient opposé un refus systématique; à la campagne des banquets ils répondirent par une phrase du discours du trône où le roi dénonçait au pays l'agitation « que fomentent les passions ennemies ou aveugles

(28 décembre 1847). La majorité ministérielle de la Chambre prit parli contre la réforme, par un projet d'adresse en réponse au discours du trône rédigé dans le même esprit. La discussion du projet fut longue et vive; l'opposition, formée de la gauche et du centre gauche, proposait un amendement. La majorité le repoussa et vota l'adresse (12 février 1842).

Un banquet avait été organisé à Paris par le comité du

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1. Voir ci-dessus, t. X, p. 104.

HISTOIRE GÉNÉRALE. XI.

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XII° arrondissement (faubourg Saint-Marceau); d'abord fixé en janvier, puis retardé, il fut interdit par le ministère. L'opposition, au nom de la liberté de réunion, contestait au gouvernement le droit d'interdire un banquet privé; 87 députés promirent d'assister à ce banquet. La commission du banquet donna rendez-vous pour le 22 février, à midi, à la Madeleine; elle convoquait les gardes nationaux à venir en uniforme, sans armes, recevoir les députés qui se formeraient en cortège pour aller à la salle du banquet; ce serait une manifestation contre l'interdiction de réunion.

Dans la nuit du 21 au 22 février le gouvernement fit afficher une proclamation qui interdisait la marche projetée et défendait tous les rassemblements; les députés, tout en protestant, déclarèrent renoncer à assister au banquet. Mais le public qui attendait la manifestation se rassembla autour de la Madeleine; il tombait une pluie fine et le temps était sombre. Les étudiants arrivèrent d'abord, venant de la rive gauche; puis les ouvriers occupèrent la place de la Concorde. On se poussait, on chantait la Marseillaise et le Chant des Girondins; on criait : Vive la Réforme ! Les dragons et les municipaux firent plusieurs charges pour déblayer la place, mais sans violence; au crépuscule, la foule commença à dresser quelques barricades, elle pilla une boutique d'armurier et le soir fit, dans le jardin des Tuileries, un feu de joie avec des chaises et des arbres.

Ce n'était pas encore une insurrection ni même une émeute, c'était une foule venue pour manifester, qui s'agilait sans chefs et sans but. L'ancien état-major républicain qui avait dirigé les insurrections pendant les premières années du règne était resté désorganisé depuis l'échec de Barbès et de Blanqui en 1839. Il n'y avait plus que de petites sociélés secrètes déshabituées de combattre; la principale, les Saisons, n'avait pas plus de 600 membres. Le journal du parli, la Réforme, dirigé par Flocon et Ledru-Rollin, végétait avec moins de 2000 abonnés. Le 21 février au soir, les chefs du parti, réunis aux bureaux de la Réforme, avaient décidé de s'abstenir de la manifestation pour ne pas donner au gouvernement l'occasion de les écraser. Le 22 au soir, après la manifestation incohérenle du premier

jour, ils tombaient d'accord que l'affaire n'était pas de nature à tenter une révolulion.

Chute de Guizot (23 février). L'émeute commença dans la nuit du 22 au 23; ce furent les ouvriers des vieux

quartiers républicains de l'Est (Saint-Martin, Saint-Denis, SaintMarceau) qui firent des barricades et s'armèrent. On commença à tirer des coups de fusil.

Le gouvernement ne voulut pas d'abord employer l'armée, il fit battre le rappel de la garde nationale. On vit alors que depuis 1840 la bourgeoisie de Paris s'élait détachée du roi. Les gardes nationaux se réunirent, mais, sauf la première légion, ils refusèrent de marcher contre les insurgés et crièrent : Vive la Réforme! Quelques-uns mème crièrent : A bas Guizot! et empêchèrent les troupes de marcher; d'autres allerent au PalaisBourbon demander aux députés de réclamer la réforme.

Louis-Philippe prit peur; il fit venir le ministre de l'Intérieur Duchâtel, puis Guizot. Le résultat de la discussion fut qu'il fallait ou dissoudre la garde nationale ou accorder la réforme. Le roi ne voulut pas du premier moyen, Guizot ne pouvait accepter le second. Louis-Philippe se décida à se séparer de Guizot et fit appeler son ami personnel, Molé, pour former un ministère. Molé demanda son concours à Thiers, qui déclara « ne vouloir plus siéger dans un cabinet dont il ne serait pas le chef ». Après plusieurs heures de lentatives inutiles, dans la soirée du 23, Molé revint dire au roi qu'il n'avait pu constituer un ministère.

La démission de Guizot, annoncée dès l'après-midi à la Chambre, avait été accueillie avec acclamations par la foule el la garde nationale; le soir, on illumina; la révolte semblait terminée. Le préfet de police disait : « C'est une émeute qu'il faut laisser mourir d'elle-même. >>

Insurrection républicaine (24 février). Jusque-là il n'y avait eu lulle qu'entre deux partis royalistes : le ministère Guizot, et l'opposition dynastique soutenue par la garde nationale; la chute de Guizot n'était que la victoire du parti de la réforme. Mais les barricades étaient encore debout et les insurgés en armes. Le parti républicain profila de l'excitation pour la tourner contre Louis-Philippe et la monarchie.

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