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Pichegru s'il connaissait Moreau : L'univers entier sait que je le connais, répondit-il. Pourquoi il s'était caché? Parce que, dit-il, si je ne m'étais point caché, j'aurais été arrêté sur-le-champ; un homme proscrit doit se cacher. Pourquoi il n'était point rentré comme beaucoup d'autres français frappés en fructidor ? Bien des français sont rentres, en France, parce qu'ils y ont été rappelés : je ne l'ai point éić. Il ajouta : Je n'ai quitté l'All magne que parce que l'on m'y poursuivait :'on a voulu m'arrêter à Baruth , j'ai été obligé de me réfugier en Angleterre. Cette fermeté avait fait craindre à Bonaparte que Pichegru ne s'élevât du mi. lieu des accusés, pour faire contre lui de terribles révélations sur les fameuses journées des 13 vendémiaire et 18 fructidor, et sur ses menées secrètes pour arriver à la suprême puissance , etc, etc.

(Histoire de Bonaparte.)

(122) Page 392. Donjon de Vincennes.

La mort du duc d'Enghien est un crime politique. Bonaparte , premier Consul , voulait s'emparer de la couronne. Pour réussir , il avait besoin de s'étayer d'une partie des chefs de la révolution qui l'entouraient : il leur fit part de son projet; les lâches qui avaient juré cent fois de mourir pour l'indépendance de leur pays, sacrifièrent sans balancer ses intérêts à leur élévation. Sans balancer ! Je me trompe. Dans ce grand changement ils étaient travaillés d'une grande inquiétude, leur sécurité personnelle. Plusieurs avaient voté la mort : tous avaient mis la main au grand ceuvre. Voici les paroles de l'un d'eux à Bonaparte : Ab uno disce omnes,

« Nul doute que la liberté ne soit en France une chimère, que la constitution présente ne soit une aberration. Pour réparer nos désastres et en prévenir de nouveaux, il faut un chef suprême; et qui plus que vous a mérité de l'être?

VOS

Mais, qui nous dévoilera votre pensée toute entière ? Qui nous dira qu'après avoir aplani les degrés du trône, jaloux d'imiter Monk, vous ne remettrez pas le sceptre aux maius d'un Bourbon ? Le rôle est beau; l'épée de connétable vous attend; mais nous, la proscription nous menace, l'échafaud nous réclame. Prouvez-nous qu'en aspirant à la royauté, vous n'avez de vouloir que celui de la conserver; et, premiers sujets, nous tombons à vos pieds. »

Quelle preuve plus convaincante du désir qu'il avait de s'emparer de la couronne pour lui-même, pouvait leur donner Bonaparte, que celui de l'assassinat d'un prince du sang? celui du duc d'Enghien, ou de tout autre fut résolu, et parce qu'il était le plus près de la France, il fut choisi pour victime.

On sait qui fut le prendre, où il fut pris, le général qui présida la commission militaire, le favori qui commanda le feu et l'arme. qui l'exécuta.

Le prince, fatigué d'un voyage aussi long que rapide, s'était jeté sur un lit en arrivant à Vincennes. Il dormait, quand on vint lui dire qu'il fallait descendre; on le conduisit dans un des fossés du château; il était nuit: en descendant, à la lueur des flambeaux, un souterrain et des escaliers humides, il crüt qu'on le conduisait dans un cachot. Pourquoi, dit-il, ne pas me mettre dans le donjon où fut renfermé mon aïeul (le grand Condé) ? On ne lui répondit pas. Arrivé à la dernière porte, il voit une fosse, la terre nouvellement remuée, et des soldats prêts à le coucher en joue. - Je veux parler à Bonaparte. - Cela ne se peut pas (). - Ne puis-je avoir un confesseur ?

A l'heure qu'il est, c'est impossible. On lui présente un mouchoir. Non, un

(*) Cela semble confirmer ce que j'ai déjà dit , que Bonaparte n'était point présent à l'exécution de ce malheureux prince.

Bourbon voit la mort en face...... Il crie : Vive le roi! et tombe. Un soldat se précipite sur son corps pour lui arracher sa montre; le favori le repousse et lui casse son sabre sur le dos; en même temps il fait jeter sur la tête da prince une pierre énorme pour l'achever , s'il n'est pas mort. Depuis l'exhumation, cette pierre, qui lui emporta le haut du crâne, est déposée près du cénotaphe.

(Mem. D. S. L*** D. Lan***)

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SIMPLE AVIS.

Si l'accueil favorable que j'ose espérer du public m'engage

à donner une seconde Edition de cet ouvrage, je ferai nécessairement disparaître jusqu'aux moindres fautes qui se trouvent dans cette première. Telles sont diverses citations latines très-inexactes dans l'impression; item, double emploi de note 72 pag. 236, voir celle 242. Celle indiquée page 415, comme devant être la 94e de la seconde partie, est classée la 92'; de niême, un chapitre vi, pag. 72, c’est iv qu'il faut voir. Deux item xv, lisez xv et xvi, pag. 295; XVII, XVIII, lisez xviet xix, pag. 369; et d'autres fautes d'impression trop minutieuses pour les analyser toutes dans ce premier volume. Tant qu'à la rédaction en général de ces mémoires, si tant est qu'elle soit vicieuse, un errata ne la sauverait que très-imparfaitement d'une critique juste et toujours si facile. J'élaguerai donc ce paralonnère comme devenant inutile à la plupart des lecteurs qui ne le consultent presque jamais.

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TABLE

DES CHAPITRÉS

CONTENUS DANS CE VOLUME.

PREMIÈRE PARTIE.

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Pages.
Erître DÉDICATOIRE à S. M. l'Empereur Alexandre.
PRÉFACE.

9
JOSÉPAINE A

19
CHAPITRE I'r.

25
II. .

44
58

SES

ENFANS.

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III.

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