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Il suffit en effet d'avoir ces produits dans la mé- , en renversant l'ordre dans lequel on a posé les moire pour arriver à la multiplication des plus deux facteurs pour recommencer l'opération. fortes sommes.

L'exactitude de ses résultats est probable, si les On a senti de bonne heure l'utilité de tables deux produits sont identiques. On obtient aussi toutes préparées pour retrouver facilement les cette preuve par la division; car le produit, étant produits des nombres simples dans tout système divisé par un des facteurs, doit donner l'autre de numération possible. Chacun se rappelle le facteur pour quotient, la division étant l'opéralivret où tous les nombres produits sont posés à tion diametralement inverse à la multiplication, la suite de ses facteurs : 2 fois 2 font 4, 2 fois 5 puisqu'elle a pour but de rechercher combien font 6, etc. Un système plus simple et plus in un nombre est contenu de fois dans un autre, génieux sert à construire la table de multiplica- c'est-à-dire combien ce nombre a été de fois tion, dite de Pythagore, parce qu'on en attribue ajouté à lui-même. la première idée à ce philosophe. Dans cette ta Le produit est ordinairement de la même nable, les produits se forment les uns à l'aide des ture que le multiplicande, c'est-à-dire que l'on autres, en posant tous les chiffres à la suite, et pose le premier nombre qui doit être ajouté en les additionnant d'abord avec eux-mêmes plusieurs fois à lui-même suivant la question. pour former une seconde tranche, puis en ajou- Ainsi, lorsqu'on demande combien valent 6 mètant ces deux tranches pour avoir la troisième, tres de drap à 15 fr. le mètre, ce dernier chiffre et en continuant d'additionner la dernière avec doit être le multiplicande, parce que le produit la première pour obtenir la suivante , ou bien, sera de la même espèce; en d'autres termes, la si l'on aime mieux, en formant des tranches question se réduit à additionner autant de fois exprimant des séries dont les nombres augmen- le nombre de francs qui représente la valeur tent successivement de la valeur du premier d'un mètre, qu'il y a de mètres dans la longueur chiffre, jusqu'à ce que le premier chiffre ait été dont on demande le prix. additionné huit fois. On trouve de ces tables Nous avons suffisamment parlé de la multidans tous les traités d'arithmétique qui font plication des fractions au mot Fraction. Quand connaître les produits des nombres d'un seul il s'agit de fractions décimales, l'opération se chiffre deux à deux.

simplifie parce que les dénominateurs sont sousLe produit des nombres simples étant ainsi entendus. On peut donc agir sur les fractions connu, il est très facile de faire une multiplica- décimales comme sur des nombres entiers, seution plus compliquée. On pose le multiplicateur lement le total doit être affecté d'autant de décisous le multiplicande et l'on multiplie le der-males qu'il y en a en tout dans les deux facteurs nier tout entier par les unités du multiplicateur, pris ensemble. Il est facile de comprendre, en en ayant soin, lorsque le produit renferme des effet, que lorsqu'on multiplie 0.4 par 0.12, en dizaines, comme c'est presque toujours le cas, les considérant comme des unités, on rend le de ne poser que les unités et de retenir les di- premier 10 fois et le second 100 fois trop grand; zaines pour les ajouter à la somme obtenue par qu'ainsi pour réduire à sa juste valeur le produit la multiplication du chiffre suivant. Lorsqu'on qui en résulte et qui se trouve naturellement, a trouvé le produit des unités, on multiplie par par la multiplication de l'excès de grandeur, les dizaines, en laissant un chiffre à droite en 1,000 fois trop grand, il faut rendre le produit blanc, car il est clair qu'en multipliant par des 1,000 fois plus petit, ce que l'on fait en éloidizaines on obtient exclusivement des dizai- gnant le point de trois chiffres à droite : 0.048; nes, etc. Pour les centaines, on recule d'un car on sait qu'avec notre système de numerachiffre de plus, et de même pour les mille, etc., tion décimale, il suffit d'éloigner le point d'un en se rappelant toujours que le premier chiffre chiffre à gauche pour diviser chaque fois par 10, est nécessairement de la nature de celui qui sert comme il suffit de le rapprocher à droite ou d'ade multiplicateur. On ajoute ensuite les pro-jouter un zéro aux entiers pour rendre une duits partiels de chacun des chiffres du multi somme dix fois plus grande, puisque en effet, plicateur, et la somme est le produit de la mul- multiplier par 10, c'est tout simplement multitiplication.

plier le multiplicande par une unité de nature On peut indifféremment prendre pour multi- plus élevée, dont la place est d'un chiffre plus à plicande ou pour multiplicateur l'un quelconque gauche. Mais on voit que le produit de notre des deux facteurs, ce qui fournit un moyen de vérifier l'exactitude de ses calculs, ou de faire · Le point est bien préférable å la virgule dont on a parlé a ce qu'on appelle la preuve de la multiplication, I l'art. Décimal (système).

multiplication est devenu beaucoup plus petit celle-ci, et ainsi de suite. On additionne toutes que l'un quelconque des deux facteurs qui l'ont ces sommes, el l'on a le produit désiré. Ce calproduit. C'est là une espèce de merveille qu'offre cul avait un grand intérêt avant l'introduction la multiplication des fractions, et qu'il nous du système métrique décimal; on s'en sert enreste à expliquer ici. Lorsqu'on multiplie par core pour les multiplications du temps, des del'unité, le multiplicande ne reçoit déjà plus au- grés du cercle, etc. cune extension, il reste le même, et cela est tout La multiplication algébrique est fondée sur naturel : une fois un nombre, c'est ce nombre les mêmes principes que la multiplication arithlui-même; mais les fractions ne sont que des métique : ainsi multiplier a par b c'est exacteparlies de l'unité, elles doivent donc produire ment prendre la quantité représentée par a aumoins que ne le ferait l'unité. Ainsi, multiplier tant de fois qu'il y a d'unités dans la somme par 'la, c'est chercher la moitié de ce que pro représentée par b. On se sert ordinairement du duirait l'unité, c'est-à-dire diviser par 2. Les signe x pour indiquer la multiplication; mais fractions étant des divisions, c'est multiplier et pour être plus court, on est convenu, en algeaccroître les divisions que de multiplier par des bre, d'écrire l'un près de l'autre, sans aucun fractions, et c'est les diminuer que de diviser par signe, tous les facteurs d'une série de multiplielles. Quoique cela puisse un instant étonner cations : ainsi, au lieu d'écrire a xbx c, on l'imagination, c'est donc faire une division que met abc. Si le même facteur se retrouve plude multiplier les fractions, et diviser les frac sieurs fois dans la composition du produit, tions, c'est multiplier. Aussi un infiniment petit comme aaabbc, on évite cette répétition au paraît-il s'anéantir tout à fait par la multiplica moyen des exposants : a'b'c. Pour multiplier tion. Quant aux zéros, comme ils n'ont aucune l'un par l'autre deux termes composés de la valeur, ils ne sauraient servir à la multiplica même lettre et ayant des exposants, on écrit tion ; aussi, se contente-t-on de les poser eux celte lettre une seule fois et on lui donne pour mêmes seulement pour occuper la place qu'ils exposant total la somme de ceux qu'elle avait tenaient dans le multiplicateur.

dans les deux termes : exemple a' x as = as. On donne le nom de multiplication complexe Lorsqu'on veut indiquer la multiplication de letà celle qu'il s'agit d'effectuer sur des nombres tres algébriques par un nombre, on écrit en composés d'entiers et de nombres fractionnaires avant ce nombre, qu'on nomme coefficient : de la même nature, comme lorsque les mesures ainsi a' x 5 s'écrirait 5a'. Pour multiplier les se divisaient en fractions de diverses valeurs mêmes lettres affectées de coefficients, il faut non décimales. Dans ce cas, on peut d'abord ré multiplier les deux coefficients, qui sont de vériduire les facteurs en unités de la plus petite tables facteurs : ainsi 5a x 4a = 20a. On sait valeur, comme les toises, pieds, pouces en li- qu'en algèbre les quantités sont affectées de signes, puis les multiplier, et ramener les produits gnes positifs ou négatifs qui changent compléen pouces, pieds, toises, etc., par la division; tement leur manière d'être : ainsi multiplier a ou bien multiplier chaque partie des facteurs par 7 c'est prendre a 7 fois, ce qui donne 7a; séparément et réduire ensuite chaque total par- mais si le multiplicateur, au lieu d'être 7, était liel en unité et en ses parties par la division, égal à 7 — 3, il est évident qu'on devrait avoir pour les réunir ensuite dans un même produit 40, car multiplier par 7–5, c'est prendre le par l'addition; mais on préfère ordinairement multiplicande autant de fois qu'il y a d'unités exéculer la même opération en prenant ce qu'on dans 7 — 3; si donc l'on prend a 7 fois, ce qui nomme les parties aliquotes du produit de l'u- donne 7a, on l'aura pris 3 fois de trop, et c'est nité. Pour cela, on multiplie d'abord les unités, pour cela qu'il faut retrancher 3a. Ainsi, la mulpuis on évalue les fractions complexes en frac-tiplication par un terme positif (affecté du sitions absolues; par exemple, 9 pouces sont gne +) se fait en ajoutant le multiplicande aules /4 d'un pied, on prend donc la moitié de ce tant de fois qu'il y a d'unités dans ce terme, et que produirait un pied, puis la moitié de cette la multiplication par un terme négatif (avec le moitié ou le 'la; en un mot, le produit d'un signe -), en retranchant le multiplicande aupied étant le multiplicande lui-même, on prend tant de fois que le multiplicateur contient l'ud'abord la moitié de ce multiplicande pour 6 nité. Il y a donc deux sortes de multiplications pouces, puis le quart ou la moitié de la somme algébriques, celle par un terme positif, et celle qu'on vient d'obtenir pour les 3 autres pouces. par un terme négatif; mais comme le multipliPour un seul pouce, on prendrait le tiers de cande peut être lui-même affecté de l'un de ces celte dernière somme; pour une ligne, le L., de signes, cela donne lieu à quatre combinaisons

+ax +4,- a X+4,+ ax -4,-ax-4. renfermer chaque facteur entre deux parenthèLa première combinaison indique que le mul ses et de les séparer par un signe de multiplitiplicande a doit être ajouté 4 fois, ainsi 4a. La cation. Ainsi (a + b) x (a - b) signifie la mulseconde signifie que le multiplicande - a doit tiplication de ces deux binomes. Lorsqu'on veut etre ajouté 4 fois, c'est-à-dire qu'il devient 4 fois opérer, on place les quantités algébriques de plus petit, comme nous avons vu que cela avait façon que leurs termes soient le plus possible lieu pour les sommes moindres que l'unité : dans l'ordre alphabétique, et qu'ils soient orainsi on l'ajoute 4 fois à lui-même avec son pro-donnés par puissances décroissantes (de gauche pre signe, 4a. Dans la troisième combinai- droite) d'une même lettre, qu'on nomme alors son, + a doit être retranché 4 fois, il faut donc lettre principale, et qui est ordinairement celle l'écrire 4 fois avec un signe contraire, 4a. qui se trouve répétée dans le plus grand nombre Enfin, dans la quatrième combinaison, le mul- de termes, mais élevée à des puissances difféliplicande – 4 doit être retranché 4 fois, ce qui rentes; c'est-à-dire qu'on place en premier le donne, avec un signe contraire, + 40. De là ré-terme où la lettre principale a le plus haut exposulte, comme règle générale, que lorsqu'on mul- sant, et ainsi de suite. On multiplie enfin tout tiplie deux termes algébriques l'un par l'autre, le multiplicande par chacun des termes du muls'ils ont des signes semblables, le produit aura tiplicateur, de cette manière : le signe +, et si les deux facteurs sont de signes

a +6 différents, le produit aura le signe

C'est ce

Q-6 qu'on désigne sous le nom de règle des signes. Elle a également lieu dans la division.

a? + ab Pour rendre ceci plus clair, prenons un exem

- ab - ba ple. Si nous représentons par + a le poids d'un

a? - ba kilogramme mis dans le plateau gauche d'une halance, il faudra représenter par a le même Le multiplicateur étant écrit sous le multiplipoids mis dans l'autre plateau. Mais outre ces cande, on multiplie d'abord a par a, qui, affecdeux moyens de faire varier l'équilibre du levier tés du même signe, donnent ar; puis a par+b, de la balance, il y aura de plus, de chaque côté, ayant encore le même signe, et l'on a + ab. On deux opérations contraires, savoir, ajouter ou passe ensuite au second terme du multiplicateur, retirer les poids, qui produiront des résultats et l'ona-bx+a=- ab, les deux signes étant opposés, et donneront lieu aux quatre cas diffé- contraires; enfin – bx+b - 67. Le résultat rents que l'on vient d'examiner. Ainsi le premier est donc a' + ab -- ab ba; mais - ab détruit cas + Q x + 4 indiquera l'addition de 4 poids + ab qui le précède, d'où l'on conclut, après ré d'un kilogr. dans le plateau de gauche, ce qui duction, que (a + b) x (a - b) = a* -b'. augmentera la pesanteur de ce plateau de 4 fois On voit que le produit de deux binomes n'est le poids d'un kilogr.; on dira donc + 4a. Le se autre chose que la somme des produits deux à cond exemple, a x + 4, représente l'addi- deux des termes qui les composent. Il en est de tion d'un poids de 4 kilogr. dans le plateau de même pour les trinomes, et en général de tous droite, ce qui diminue d'autant la pesanteur du les polynomes.

L. LOUVET. plateau de gauche, pour lequel le résultat est

MUNCHHAUSEN, ancienne famille hanodonc — 4a. Par + ax – 4, on fait voir la sup- vrienne dont plusieurs membres méritent une pression de 4 poids d'un kilogr. dans le plateau mention. GERLACH-ADOLPHE, baron de Munchde gauche, ce qui diminue la pesanteur d'aulanthausen, ministre de Hanovre en 1765, naquit que dans le cas précédent, mais par un autre le 19 octobre 1688. Il fit ses études à Iéna, Halle procédé, et l'on aura encore - 4a. Enfin – ax et Utrecht, et occupa divers emplois. Ce qui lui

4 est la suppression de 4 kilogr. dans le pla- mérita surtout la reconnaissance de l'Allemateau de droite, la pesanteur du plateau de gau- gne, ce sont les soins qu'il donna à l'organisache augmente de même que dans le premier cas, tion de l'université de Gættingue, dont il fut et l'opération donne également + 4a. On voit longtemps curateur et qui lui dut une partie de . par cet exemple comment la combinaison des sa prospérité. Munchhausen contribua en outre signes rend les relations que les multiplications à enrichir la bibliothèque de l'université, à fonalgébriques sont appelées à exprimer.

der la Société académique, son journal littéraire Tout ceci bien compris, la multiplication des et ses prix annuels. Il mourut à Hanovre, le polynomes ne présente aucune difficulté. Pour 26 novembre 1770. Heyne a prononcé deux fois indiquer cette opération, on est dans l'usage de son éloge. OTHON, baron de Munchhausen,

l'un des agronomes allemands les plus estimés, La population de Munich s'élevait, en 1841, né en 1716 et mort en 1774, a laissé divers à 95,531 habitants, dont 74,303 catholiques, ouvrages d'économie rurale.

6,914 protestants et 1,423 juifs, auxquels il faut Mais ce nom n'a pas été rendu moins célèbre, ajouter 12,891 soldats de toute religion, ou memde l'autre côté du Rhin, par un personnage sin- | bres de l'administration militaire, avec femmes gulier qui est comme le héros d'un roman rem et enfants. Le rapport annuel des naissances au pli d'aventures surprenantes et burlesques, qu'il nombre total des habitants est de 1 à 29; celui passe pour avoir autrefois racontées lui-même. des décès de 1 à 28. Il a été conclu, en 1841, Ce récit bizarre se trouvait déjà consigné en 714 mariages. Sur 25 naissances, on en compte partie, sous le titre de Mendacia ridicula, dans 14 légitimes et 11 naturelles. le ze vol. des Deliciæ academico (Heilbronn, Au milieu des progrès de toute sorte dont Mu1665). Plus tard, Bürger s'étant lié avec JÉROME- nich a éprouvé le bienfait depuis 25 ans, le comCHARLES-FRÉDÉRIC de Munchhausen, officier ha merce et l'industrie y sont restés à peu près novrien qui avait servi dans les armées russes stationnaires; et malgré l'appui que leur prête, contre les Turcs, et avec cela grand amateur de depuis quelques années, la banque d'escompte chevaux et de chiens de chasse, et aimant à ra- et de prêt fondée en 1834, ils n'ont pu surmonconter des faits imaginaires qu'il croyait lui être ter les obstacles inhérents à la position excenarrivés, ce poëte eut l'idée de remanier ce re-trique de cette ville. Deux chemins de fer doicueil. Il l'enrichit considérablement, et l'offrit vent unir Munich à Salzbourg et à Augsbourg, au public comme une traduction anglaise, sous et en faire ainsi le principal entrepôt de marle titre d'Aventures et voyages surprenants chandises entre l'Autriche et l'Allemagne méridu baron de Munchhausen, Londres (Gætt.), dionale. La dernière de ces voies de communi1787. Ce livre eut un grand succès et fut traduit cation est déjà livrée à la circulation depuis dans plusieurs langues. Il réussit surtout en 1840. Munich est le siège de toutes les autoAngleterre, où l'on crut y voir une satire du rités supérieures du royaume. Les états s'y ministère de l'époque. Une édition augmentée réunissent tous les trois ans. Le ci-devant évêen fut publiée par Schnorr (Gætt., 1794-1800, ché de Freising, érigé en siége métropolitain, y 4 vol.). Munchhausen mourut en 1797, très-fâché a été transféré en 1817. L'Académie des sciences, de cette publication.

z. la bibliothèque et l'université, sont à la tête des MUNDA (auj. Monda), petite ville à quelques établissements scientifiques de Munich. L'Acalieues de Malaga, sur les bords du Guadalqui- démie est divisée en trois sections : la section vir, ancienne capitale des Turdetani, célèbre philosophique, la section mathématique, et la par la victoire complète que César remporta, section historique. La bibliothèque renferme sous ses murs, sur les fils du grand Pompée, Cnéus plus de 700,000 volumes imprimés, et environ et Sextus (45 ans avant J. C.), et qui fit rentrer 16,000 manuscrits. L'université, héritière de toute l'Espagne sous la domination romaine. X. celles d'Ingolstadt et de Landshut, d'où elle MUNGO PARK. Voy. PARK.

a été transférée, en 1827, à Munich, embrasse MUNICH, capitale du royame de Bavière, est les quatre facultés de théologie, droit, médesitué par 48° 8' de lat. N., et 9, 13' de long. or. cine et philosophie. Elle est fréquentée par du mér. de Paris, aux bords de l'Isar, et à 509m 1300 à 1500 étudiants, et l'enseignement y est au-dessus du niveau de la mer. L'élévation du donné par plus de 40 professeurs. Autour de plateau sur lequel cette ville est bâtie, jointe à l'université se groupent deux gymnases, un la proximité des Alpes du Tyrol qui bornent son grand nombre d'écoles primaires, une école des horizon du côté du midi, tandis que les autres arts et métiers, etc. L'Académie des beaux-arts côtés sont ouverts à tous les vents, rend le cli- est divisée, comme celle des sciences, en trois mat de Munich très-variable et beaucoup plus classes, qui comprennent l'architecture, la sculfroid que ne le ferait supposer sa situation mé- pture, et la peinture. ridionale. Le terrain des environs, formé en L'aspect de Munich est très-irrégulier ; la partie de cailloux, en partie de tourbe, ne se vieille ville est coupée transversalement par couvre que d'une végélation chétive : aussi, deux longues rues, qui la divisent en quatre malgré de fréquents essais de colonisation, est- quartiers. Les nouveaux quartiers se ressentent il resté à peu près inculte et inhabité. Il faut se également de l'absence d'un plan uniforme. Murapprocher de quelques lieues des montagnes nich, qui renfermait, en 1783, 55 églises et chapour trouver une nature moins aride et des pelles, avec 19 couvents, n'en compte plus ansites pittoresques.

jourd'hui que 52, avec 4 couvents rétablis sous

le règne actuel. Il y a, en outre, un temple pro-, tion appartient au célèbre Rumford. Le roi testant, une église consacrée au culte grec, une Maximilien-Joseph, qui monta sur le trône en chapelle anglicane et une synagogue bâtie, en 1799, enrichit la bibliothèque des dépouilles 1826, aux frais des juifs. Cette ville ne possède littéraires des couvents, fonda le grand hôpital qu'un seul théâtre, où l'on joue alternativement de Munich, ainsi que le jardin botanique, et fit la comédie, la tragédie et l'opéra. Le public pré-construire le nouveau théâtre. Il institua aussi, fère aux distractions de la scène les délasse- à l'occasion du mariage de son fils (1810), la fête ments qu'il va chercher dans les salles de danse agronomique conuue sous le nom de fête d'Ocet dans les innombrables guinguettes pour les-tobre (October-Fest), que le temps a consacrée quelles Munich ne le cède qu'à Vienne.

comme solennité nationale. L'origine de Munich est très-obscure, bien A l'avénement du roi Louis (er (voy.), comqu'elle ne remonte pas à une époque reculée. mença une ère nouvelle pour cette ville. NaluD'après la tradition la plus accréditée, la plaine raliser dans sa patrie les arts de la Grèce et de qui entoure cette ville, et que les débordements Rome, tel est le programme que se proposa ce de l'Isar avaient convertie en une lande presque prince, et qu'il a rempli avec une louable perséinaccessible, servit autrefois de refuge aux moi- vérance. Parmi les architectes qui l'ont seconde nes contre les persécutions des Hongrois qui dans ses projets d'embellissement, il faut nomdévastèrent l'Allemagne au xe siècle. Cette tra mer, en première ligne, le chevalier Klenze et dition s'appuie sur le nom de Munich (de Mænch, le conseiller Gærtner. Le premier s'est proposé moine; en latin Monachium) et sur les armoi- l'imitation du style antique, auquel il a associé, ries de la ville, qui portent un moine debout dans certains cas, la polychromie (peinture exsous une porte voulée. Quoi qu'il en soit, l'exis-térieure), genre renouvelé des Grecs, mais qui tence politique de Munich ne date réellement convient sans doute mieux au ciel de Pompéi que de l'année 1158, où le duc Henri le Lion, qu'à celui de Munich. Son confrère s'est surtout ayant détruit, au préjudice de l'évêque de Frei- appliqué à reproduire les architectures byzansing, le pont de Fehring, sur lequel passaient line et florentine. les grands convois de sel expédiés de Salzbourg Nous consacrons un article spécial à la Glypà Augsbourg, le fit rebâtir à Munich. Néanmoins, tothèque de Munich. On regarde généralement Munich ne se développa que lentement, et il la Pinacothèque (Pinacotheca , galerie de tas'écoula encore plus d'un siècle avant que des bleaux, de nincs, tableau, et Sixn, lieu où l'on titres plus imposants lui permissent d'échanger place une chose), comme l'ouvrage le plus irréle nom de villa (village) contre celui de civitas prochable de Klenze. Ce musée, consacré à la ou oppidum (ville). La présence de l'empereur peinture, se compose des plus beaux tableaux Louis de Bavière (Louis IV), qui habita Munich des anciennes galeries de Munich, de Sehleissdepuis 1315 jusqu'à sa mort, arrivée en 1347, heim et de Dusseldorf, du cabinet particulier du contribua beaucoup à l'accroissement de cette roi (tableaux italiens), et de la précieuse colleccité. L'église de Notre-Dame, où l'électeur Maxi- tion des frères Boisserée, tableaux de l'ancienne milien ser lui érigea le beau mausolée qu'on y école allemande réunis par les soins de ces deux admire encore, fut terminée en 1488. L'église frères et de leur associé Bertram. Il contient en de Saint-Michel, avec le magnifique collége de outre une collection d'estampes et un riche choix Jésuites qui en dépendait, fut élevée un siècle de vases étrusques. Le corridor qui règne le long plus tard. Le château royal (die Residens) et des galeries est divisé en 25 compartiments ou le beau palais de Schleissheim (à deux lieues de loges peintes à fresque par Zimmermann, d'après Munich) sont l'æuvre de l'électeur Maximi- les dessins de Cornelius, et offrant une suite de lien Ier (1622-1651), qui prit une part glorieuse sujets empruntés à l'histoire de la peinture. à la guerre de trente ans. Munich doit aussi à ce Les deux nouvelles ailes du château royal prince plusieurs fondations pieuses et un grand composent, avec la nouvelle chapelle de la cour nombre de couvents, supprimés en 1803. Ses et avec les arcades qui entourent le jardin de la successeurs bâtirent l'église des Théatins et le cour, un vaste ensemble architectonique. L'un château de Nymphenbourg, dont les jardins et l'autre sont décorés intérieurement de fressont dessinés sur ceux de Versailles. L'électeur ques. La chapelle de la cour, dédiée à tous les Maximilien III fonda, en 1759, l'Académie des saints, est le seul édifice de style byzantin bâti sciences (voy. Pfeffel); et sous le règne sui- par M. de Klenze. Deux coupoles séparées par vant, Munich vit naître le Jardin anglais, un des un arc et entourées de tribunes en cintre, rapplus beaux parcs du continent, dont la concep- pellent la disposition intérieure de l'église de

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