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du conseil suprême pour les affaires des Pays-Bas NÉOGREC. Voy. GRECQUES MODERNES (langue à Vienne; en 1752, celui de commissaire pour et littérature). l'exécution du traité d'Aix-la-Chapelle; en 1753, NÉOLOGIE s'emploie principalement comme trésorier général des finances; en 1757, chef et terme de grammaire (voy. l'art. suivant), et, en président du conseil privé. Ces diverses positions matière de théologie, pour désigner des doctrile mirent à même de prendre une part très-ac- nes nouvelles, hardies, telles que les libres pentive aux affaires publiques, sous le règne de seurs en ont de tout temps professé. X. l'impératrice Marie-Thérèse, et de rendre d'émi- NÉOLOGISME, de véos, nouveau, et dóyos, disnents services, qui furent successivement ré- cours. Outre la masse de mots qui forment le compensés par le titre de conseiller d'État intime fond d'une langue, il en est qui s'introduisent actuel, par le collier de commandeur de l'ordre peu à peu par suite des développements de de Saint-Étienne, et enfin par le titre de comte. la civilisation, des rapports pacifiques ou hostiles Jusqu'à l'avénement de l'empereur Joseph II, entre les peuples, des révolutions politiques, du Neny avait joui à la cour d'une faveur sans bor- génie des individus, ou enfin des caprices de la nes, et la confiance de Marie-Thérèse ne lui avait mode et du mauvais goût. Ce sont ces nouvelles jamais fait défaut, comme lui-même n'avait locutions qu'on désigne sous le nom de néolocessé de la mériter. Mais la mort de l'impératrice gismes. Conséquences forcées du progrès, soul'affecta si cruellement et les craintes que lui vent aussi elles sont un symptôme de décadence. inspirèrent les projets d'innovation manifestés Les mots de première formation indiquent des par le nouveau souverain à peine assis sur le besoins, ceux qui viennent ensuite courent ristrône, furent si vives, qu'il en conçut le plus vif que de n'exprimer que des caprices, ou du moins chagrin. Sa santé même s'en altéra profondé- des nuances secondaires; et il faut tourmenter ment. Il lui fallait du repos pour se rétablir. l'expression pour lui faire rendre les raffineAussi il s'empressa de solliciter sa retraite. Il ments de la pensée. Sous les Antonins, il y avait l'obtint le 16 mai 1783. Mais il n'eut guère long- des rhéteurs et des philosophes qui employaient, temps à jouir des douceurs de la vie privée; car comme les Français, des termes métaphysiques : il mourut 1er janvier 1784, à Bruxelles. romanitas, sociabilitas, etc. En France, il fut

Lecomte de Neny ne fut pas seulement un hom- un temps où la langue était régentée comme me politique, dont le nom se trouve mélé à tous les l'État. Alors, un honnête homme n'osait se servir actes publics relatifs aux provinces belges, à d'une expression nouvelle si elle n'était dûment l'époque où il vécut. Mais il se plaisait aussi à la approuvée par l'Académie, la cour ou certains culture des sciences et des lettres, qui le dis- juges en titre d'office; car dans ce siècle d'étitrayaient des soucis de sa vie administrative. quette, il y avait des introducteurs pour les Depuis 1755 il avait été curateur de l'université mols comme pour les ambassadeurs. L'abbé Desde Louvain, qui lui fut redevable de plusieurs fontaines, au commencement, et Mercier à la fin règlements sages et utiles. On possède de lui des du xvme siècle, essayèrent d'enregistrer dans Mémoires historiques et politiques sur les leurs Dictionnaires néologiques les acquisiPays-Bas autrichiens , ouvrage plein de vues tions nouvelles que la langue avait faites. On fut élevées, et remarquable par l'ordr. et par la étonné d'apprendre, par exemple, que le siècle méthode. Enfin, on lui doit l'excell. . ie édition de Fénelon n'avait pas connu le mot de bienfaides Decisiones brabantinæ, rédig ; par son sance, création récente de l'abbé de Saint-Pierre. beau-père le comte de Wynants. V. H. Mais déjà le néologisme échappait à tout inven

NÉOCOMIEN. (Géologie.) Nom que l'on donne taire comme à tout contrôle. L'anglomanie, avec à une sorte de terrain jura-crétacé qui forme un les modes et les idées, nous apportait les mots intermédiaire, sous le rapport paléontologique, d'outre-Manche, dont plusieurs. (budget, comentre le terrain jurassique et le terrain crélacé. fort, comfortable, roast-beef, etc.) ne faisaient Du reste cette dénomination nouvelle parait que repasser le détroit et revenir, après une d'autant moins heureuse que le terrain dit néo- longue absence, au sol natal, qui ne reconcomien ne se présente pas avec la série complète naissait plus ses enfants. Bientôt, la révolude ses assises à Neufchâtel, d'où le nom tire son tion française renouvela le vocabulaire politiétymologie.

DR..z. que; les sciences et l'industrie forgèrent une noNÉOCTÈSE. Nom donné par Beudant à une menclature pour formuler leurs découvertes, et mine de fer arséniaté. Voy. FER.

l'usage commun s'enrichit, d'autres disent s'apNÉOGRAPHE, NÉOGRAPHISME. Voy. ORTHO- pauvrit, de toutes ces créations. Du reste, on

prend souvent pour des néologismes des archais

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GRAPHE.

mes ressuscités. On étonnerait bien des gens en ouvrages d'histoire et de philosophie les plus releur apprenant que patriote, popularité, sont commandables sous d'autres rapports. Il faut des mots du xvie siècle qui ont reparu à la fin d'abord, pour être exact, établir bien nettement du xvidio; que démagogue est dans Bossuet, que les philosophes qui sont connus dans l'hiscamaraderie dans Mme de Sévigné; qu'enfin, toire sous le nom de nouveaux plaloniciens jusqu'à ces locutions qu'on croirait nées d'hier, eurent la prétention d'être des platoniciens anexcentrique, illustration, ont été employées ciens, des partisans du platonisme primitif, dans un sens tout moderne, l'un par un pam- prétention qu'ils ne justifièrent pas, à la vérité, phlétaire de la Fronde, l'autre par Blaise de Vi- mais qui, du moins, pouvait leur faire décerner genère, en 1577.

RATHERY. le titre de paléoplatoniciens, ou d'anciens plaNÉOLOGUE. C'est celui qui affecte un nou- toniciens, aussi bien que celui qu'ils portent enveau langage, celui qui, soit en parlant, soit en core. Il faut ensuite bien distinguer, parmi les écrivant, affecte d'employer des mots nouveaux platoniciens, ceux qui enseignèrent véritableet détournés de leur véritable sens, celui en un nient de nouvelles théories, et ceux qui conmot qui ne fait que du néologisme. « Un terme serverent les anciennes. En effet, il faut, pour hasardé est peu de chose, dil l'abbé Desfontaines : établir des classifications qui aient une valeur c'est le tour affecté des phrases, c'est la jonction scientifique, adopter quatre grands groupes de téméraire des mots, c'est la bizarrerie, la fadeur, plaloniciens, c'est-à-dire les disciples immédiats la petitesse des figures, qui caractérisent surtout du maître, ou les dogmatistes; les sceptiques, le néologue, et lui donnent un faux air d'esprit ou les disciples immédiats de Carneades et d'Arauprès de ceux qui n'en ont guère, » Nous ne césilas; les éclectiques ou les disciples immédiats pouvons qu'applaudir à cette judicieuse criti- d'Antiochus et de Philon; et les mystiques ou que.

X. X. les disciples plus ou moins immédiats d'AmmoNÉOMÉNIE (c'est-à-dire nouveau mois), nius Saccas et de Plotin. Le dernier groupe est fête qui se célébrait à la nouvelle lune en Égypte le seul qui soit connu dans l'histoire sous le nom et en Grèce. En Égypte, elle consistait surtout à de nou veaux platoniciens, tandis que c'est au conduire en pompe l'animal sacré avec lequel le fond le troisième qui seul le mérite. Le second mois était en rapport. En Grèce, on sacrifiait à se composait de philosophes qui restaient bien tous les dieux, surtout à Apollon : des jeux, des en deçà de Platon; le quatrième, de théosophes repas en commun dits syssilies occupaient le qui allèrent bien au delà. Quoi qu'il en soit, et reste du jour.

BOUILLET. en attendant qu'une terminologie rationnelle se NÉOPHYTE, du grec neos, nouveau, et phuo, fasse jour plus généralement, c'est le quatrième je produis. On appelait ainsi, dans la primitive groupe, celui des philosophes mysliques, qui Église, les nouveaux chrétiens, ou les parens seul porte dans l'histoire vulgairement le nom nouvellement convertis à la foi. Les Pères ne dé- de nouveaux platoniciens. On les appelle comcouvraient pas les plus secrets mystères de la munément les nouveaux platoniciens des prereligion aux néophytes. On donde encore le nommiers siècles de notre ère, pour les distinguer de néophytes aux chrétiens que les missionnai- de ceux du X ve siècle, dont nous parlerons tout res font chez les infidèles. Les néophytes japo- à l'heure, et relativement auxquels ces nouveaux nais ont montré à l'Église, dans le xvie et le xvire platoniciens sont fort anciens. On fait fort bien siècles, tous les prodiges de courage et de foi d'établir cette distinction, mais on fait ensuite qui l'avaient illustrée dans ses commencements. une confusion étrange. On nomme fort commuOn a donné autrefois ce nom aux nouveaux nément les nouveaux platoniciens des premiers clercs, à ceux qu'on venait de recevoir dans l'É- siècles les alexandrins, ou les philosophes de

à glise ( voy. le concile de Sardique, can. 13, et l'école d'Alexandrie, et rien n'est plus faux l'Épître du pape Zosime à Patrocle). On a donné que cette terminologie, autrefois adoptée dans aussi ce nom aux novices dans les monastères, tous les livres, et suivie encore dans quelques quasi novellus, aut nuper renatus. X. compilations du jour. Il est pourtant facile de

NÉOPLATONICIENS et NÉOPLATONISME. Ces montrer qu'elle manque complétement d'exaclideux mots, qui s'expliquent l'un l'autre, puis- tude. D'abord, ce ne fut pas l'école d'Alexandrie, qu'il est évident que le nouveau platonisme est ce ne furent pas les membres du célèbre musée la doctrine des nouveaux platoniciens, sont au de cette ville, qui demandèrent le retour à l'aile nombre de ceux qui demandent le plus d'alten- cien platonisme, ce furent, au contraire, des tion et le plus de rectifications. En effet, on les philosophes appartenant à d'autres pays; ce fuemploie avec peu d'exactitude jusque dans les rent surtout Alcinous, Numenius et Plutarque

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(voy, ces mots). Les philosophes d'Alexandrie, philosophie et la religion, s'appliquent à rétaloin d'applaudir à celte tendance lorsqu'elle se blir l'une par l'autre la religion et la philosophie, révéla, la combattirent de tous leurs moyens et avec le même enthousiasme que leurs prédécesde tout leur pouvoir. Au temps où elle s'annonça seurs s'étaient efforcés de les miner l'une et l'auils professèrent le scepticisme et l'éclectisme. tre. On en a voulu aux nouveaux platoniciens de Cependant, quand ils eurent vu, par les desti- s'être alliés au sacerdoce, d'avoir même subor. nées de l'un et de l'autre de ces systèmes, que les donné l'école au sanctuaire, et d'avoir combattu doctrines d'hésitation et de doute n'avaient plus le christianisme, en faisant de l'académie une de chances auprès de ces populations grecques, simple succursale d'Éleusis ou de Samothrace. qui déploraient ensemble la chute de leurs Il est, sans doute, à regretter que Plotin, Porcroyances et celle de leurs institutions, Ammo- phyre et Proclus aient méconnu l'Évangile, et nius Saccas et son disciple Plotin adoptèrent ce altaqué ensemble les meurs et les doctrines des syncrétisme mystique, ou ce mélange d'ensei- chrétiens; et l'on ne saurait leur pardonner gnements fortement empreints de dogmatisme d'avoir sanctionné en quelque sorte du double philosophique et de dogmatisme religieux qu'on cachet de leur génie et de leur piété les accusaappelle le nouveau platonisme, et qui fut, en tions dirigées contre l'Église par le fanatisme effet, un platonisme nouveau, c'est-à-dire un populaire des polythéistes; mais quand on conplatonisme singulièrement enrichi par la théolo- sidère combien il y a eu de bonne foi dans leur gie, la pneumatologie, et surtout la démonologie erreur, on ne saurait refuser un tribut d'estime des sanctuaires de l'Orient. Mais ce syncrétisme, à cette pieuse phalange de philosophes qui aiil faut le dire, ne plut pas aux critiques d'A- ment mieux professerle mysticisme le plus absolu lexandrie. Plotin n'eut pas un seul disciple un peu que de laisser plus longlemps leur malheureuse remarquable au musée de cette célèbre cité; et il patrie sans aucun genre de croyances au milieu appréciait si bien l'esprit de la savante école au de toutes les calamités qui l'écrasent? A leurs seuil de laquelle il prêchait son mysticisme que yeux, les chrétiens se confondaient avec les scepbientôt il la quitta pour aller s'établir à Rome. tiques, les épicuriens et les gnostiques. Les chréSon disciple chéri, Porphyre, qui essaya de don-tiens niaient, comme ces derniers, la vérité du ner une forme systématique aux doctrines de son polythéisme. Dès lors, il fallait, se disaient les maitre, et qui rédigea les Ennéades de Plotin, platoniciens, les combattre comme les autres inoù il sut glisser tant d'opinions qui n'apparte-crédules. A la renaissance, quelques savants, naient qu'à lui, ne songea pas plus que le disci- amis des lettres grecques, Marsile-Ficin à leur ple d'Ammonius à fixer sa bannière au milieu tête, vouèrent à Plotin, à Porphyre, à Jamblides Alexandrins. Il préféra l'Italie, la Grèce, la que et à Proclus une étude spéciale, sans doute Syrie. Son disciple Jamblique, qui fit un si grand en raison de la profonde piété que respire le pas sur le système de Porphyre et de Plotin, et mysticisme de ces théosophes. Ils devinrent les qui substitua plus hardiment qu'eux les mysté-fondateurs d'une seconde école de nouveaux plarieux enseignements des sanctuaires, les croyan toniciens dont nous aurons à nous occuper dans ces de la théurgie et les pratiques de la goétie, divers articles spéciaux). – Nous possédons un aux doctrines de Platon, ne songea pas plus que grand nombre de traités spéciaux sur les divers ses maîtres à l'école d'Alexandrie. Ce fut en philosophes de l'école néoplatonicienne; mais Syrie, en Asie Mineure et en Grèce qu'il trouva il nous manque une histoire critique du nouveau ses plus fidèles partisans. Bientôt la ville d'Athe- platonisme. On peut comparer notre Histoire de nes fut le principal siége du nouveau plato- l'École d'Alexandrie (2 vol. in-80). MATTER. nisme, qui, depuis Plotin, se confondait avec le NÉOPTOLÈME ou PYRRHUS. Parmi les héros polythéisme, et se constituait, contre la religion qui concoururent à la prise d'Ilion, il fut l'un chrétienne, le plus ardent défenseur des an- des plus célèbres et le plus impitoyable. Fils ciennes institutions du culte. Proclus fut là, au d'Achille et de Déidamie, fille du bon Lycomède, ve siècle, dans l'antique asile des lettres, de la roi de Scyros, il fut élevé dans cette ile, opulente philosophie et des arts de la Grèce, le plus illus- alors, jusqu'à l'âge de 18 ans. A cette époque, Tre représentant de ce système théosophique, Calchas ayant déclaré que sans le fils d'Achille l'un des plus curieux qu'offrent les annales de tous les efforts des Grecs seraient vains pour l'esprit humain. En effet, rien n'est plus digne prendre la ville de Troie, Ulysse et Phénix alle d'attention et de respect que cette école néopla- rent le chercher à Scyros et l'amenèrent dans le tonicienne, qui, enfin convaincue que le scep- camp de son valeureux père. C'est là, aussitôt ticisme et l'épicurisme ont perdu ensemble la qu'il eut pris les armes, qu'il fut surnommé

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Néoplolème (jeune homme de guerre). Mais il chaient ce cœur sans pitié. Il fit à ses yeux préreprit bientôt son premier nom de Pyrrhus(roux), cipiter du haut d'une tour et briser sur la pierre nom d'enfance qu'il dut ou à la couleur dorée le petit Astyanax, enfant qui marchait à peine, de sa chevelure, ou au faux nom de Pyrrha, que cet astre de beauté qui venait d'éclore, dit Hoson père, déguisé en jeune fille, porta a la cour mère, le fils du grand, du noble, du juste, du de Lycomède. La prompte colère bouillait dans le pieux Hector, et de cette Andromaque, cette cæur d'Achille, son noble père; par un contraste veuve illustre dont les infortunes inouïes reninexplicable, la valeur et la cruauté làche se par daient encore les charmes plus touchants. Ce tageaient le caur de Pyrrhus. Toutefois, dans monstre, d'un bras rougi du sang de l'enfant, les conseils il avait quelque chose de la sagesse osa traîner captive la mère éperdue jusques en et de la prudence d'Ulysse. Ce héros fut envoyé Épire, où il fonda un royaume, et là outragea avec le rusé fils de Laërte à Philoctète, dans l'ile de son brutal amour la veuve d'Hector, concude Lemnos, pour amener par artifice au camp bine soumise, et cela aux regards mèmes de la des Grecs ce vieux guerrier avec les flèches jalouse Hermione, épouse et reine. Bien plus, d'Hercule, sans lesquelles Troie ne pouvait être lâche bourreau, impie sacrificateur, en horreur prise. Cette négociation n'eut lieu sans doute aux dieux infernaux mêmes, ce fut lui qui, saiqu'après la mort d'Achille, car Pyrrhus feignit sissant d'une main forcenée la jeune et belle devant l'ami d'Alcide un vif ressentiment contre Polyxène par sa longue chevelure, de l'autre lui les chefs grecs, qui lui auraient refusé, disait-il, enfonça jusqu'à la poignée son épée dans la les armes de son père. « Suivez-moi sur mon gorge, la laissant immolée sur le tombeau vaisseau, ajoutait-il, je retourne à Scyros, et je d’Achille son père, qui, disait-il, demandait du vous débarquerai dans les terres de la Grèce. » sang de vierge. Plusieurs prétendent que PyrMais c'était sur la côte d'Asie que Pyrrhus avait rhus, après la ruine d'Ilion, retourna à Phtia en l'arrière-pensée de le descendre. Crédule comme Thessalie, le royaume de son père. Il revint par sont les malheureux, Philoctète lui donnait déjà terre, d'après les avis d'Hélénus le devin, et fils son arc et les flèches d'Hercule pour les trans- de Priam : c'est ainsi qu'il évita les rocs de Caporter sur le navire, quand le noble caractère pharée, écueil si fatal à la flotte des Grecs, d'Achille, se réveillant tout à coup dans son âme contre lequel la brisa Neptune. Dans sa route, à l'idée de l'illustre infortuné qu'il allait trom- il fit la guerre à Harpalicus, roi de Thrace, dont per si lâchement par une perfidie digne du seul la fille guerrière, nourrie du lait des juments céUlysse, Pyrrhus lui déclara son dessein, le lais-lèbres de ce pays, le vainquit et le mit en fuite. sant libre de lui, de son existence et maître Le farouche amour de Pyrrhus préférait Andes flèches fatales. Ce fut le seul Ulysse qui dromaque, sa captive, à la fille de Ménélas el persuada à Philoctète de se rendre au pied d'Hélène, à Hermione son épouse, qui ne lui des remparts d'Ilion. Pyrrhus entra le pre- donna pas d'enfants, tandis que la veuve d'Hector mier dans le fameux cheval de bois, dont les lui laissa des successeurs au trône d'Épire. Dans flanes ténébreux imprimaient de l'effroi aux plus sa rage jalouse, la fière Hermione résolut d'arbraves. Son exemple fut suivi d'une foule de racher la vie à Molossus, fils de sa rivale, et à querriers, et le monstre, fait de sapin et de Pyrrhus lui-même. Son dessein fut découvert; chène, haut comme une muraille, fut bientôt mais Oreste, que les furies et les destins pousgros d'un bataillon grec. Quand la courageuse saient à des meurtres et à des événements exllion, si digne d'un meilleur sort, fut prise et traordinaires, et depuis longtemps éperdument croulait dans les flammes, l'épée de Pyrrhus y fit épris de la fille de Ménélas, de concert avec elle, plus de carnage à elle seule que tous les chefs prévint la vengeance de Pyrrhus. Un jour que grecs ensemble. Indigne fils d’Achille, il eut la le roi d'Épire élait allé à Delphes pour offrir une lacheté de se souiller de quelques gouttes de sang hecatombe à Apollon et apaiser ce Dieu, contre que l'âge et les malheurs avaient laissées au lequel il avait fait des imprécations, au sujet de vieux Priam; il lui trancha la tête au pied des la fin prématurée d'Achille, naguère mortelleautels des dieux qu'il tenait embrassés, insul- ment blessé d'une des flèches de son arc d'artant à ce roi père de tant de héros, à ce patriar- gent, Oreste s'y était rendu secrètement. Ce che couronné, le respect et l'amour de toute prince avait d'avance fait accroire aux Delphiens l'Asie. Les grâces, ni la faiblesse de l'enfance, ni que le roi d'Épire n'était venu que pour prendre les charmes, ni les pleurs, ni les supplications connaissance du temple et de ses retraites sades vierges, ni les cris des mères, des épouses, crées, et en enlever les trésors. Les Delphiens échevelées, embrassant ses genoux, ne tou- | indignés percèrent d'une grêle de traits Pyr

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rhus, au pied même de l'autel, vengeant ainsi l'air pur et le climat salubre, mais très-chaud leur dieu outragé. Virgile fait tomber ce prince en été. Les habitants du Népal sont d'origine sous les coups d'Oreste lui-même. Ovide dit que hindoue, et les races aborigènes sont plus anses odieux ossements furent dispersés sur les ciennes que les populations venues de l'Indosfrontières del'Ambracie. Toutefois, dans la suite, tan. Parmi celles-ci, outre les Néwars, anciens Pyrrhus fut honoré par les Delphiens comme un dominateurs du pays, dont ils sont encore auhéros; ils lui dressèrent des autels expiatoires, jourd'hui le peuple le plus civilisé et le plus inet lui consacrèrent des fêtes annuelles sous le dustrieux, on compte un grand nombre de tribus nom de Néoptolémies. La cause d'un change- belliqueuses et plus ou moins incultes des monment si subil fut l'invasion des Gaulois, nos an- tagnes. Ces peuples se distinguent en général cêtres, dans la Grèce. Les Delphiens crurent voir par la simplicité des meurs et par une douceur dans l'air Pyrrhus, armé de toutes pièces et se de caractère qui n'ote rien à leur bravoure. Les condé de plusieurs guerriers des anciens âges, religions dominantes au Népal sont le brahmacombattre et repousser les barbares. Dès lors nisme et le bouddhisme (vor. INDE, t. XIII, Pyrrhus fut pour ce peuple crédule un génie tu- p. 521 et 522). Le gouvernement, quoique destélaire. Molossus succéda au trône d'Épire; selon potique, est limité par l'autorité d'un certain Juslin, ce serait Pielus, lous deux fils d'Andro- nombre de radjahs tributaires, qui exercent un maque et de Pyrrhus, ainsi que Pergamus, qui pouvoir immédiat dans plusieurs tribus et disalla, sans couronne et sans héritage, et suivi de tricls. Le radjah du Népal est aussi maitre de sa mère, chercher aventure en Asie, où il tua Ghorka, patrie originaire de sa dynastie. Les dans un combat singulier le roi d'un pays nommé forces militaires se composent de 12,000 homTeuthranie, puis s'empara de son trône. Il bâtit mes armés de fusils. Khatmandou, sur les dans celte contrée une ville à laquelle il laissa bords du Bischmultes, est la capitale du pays. son nom. Pausanias assure que de son temps on Elle a 20,000 habitants. y voyait encore le tombeau d'Andromaque. Pyr- C'est en 1767 que les Néwars, jusque-là mairhus eut encore pour épouse Lanassa, dont il eut tres du Népal, furent complétement subjugués huit enfants : elle était d'un sang héroïque, fille par un de leurs vassaux, chef de l'État tributaire de Cléode, petit-fils d'Hercule. Nous possédons de Ghorka , qui profita de leurs divisions pour de magnifiques médailles d'or de Pyrrhus, roi conquérir à sa dynastie, la souveraineté héréd'Épire, mais de celui qui fit une guerre si achar. ditaire qu'elle possède encore aujourd'hui. La née et si redoutable aux Romains. DENNE-BARON. connaissance que l'on a de celle contrée, vers

NÉORAMA, mot sans doute corrompu de nao- laquelle les Chinois dirigerent une expédition rama (vads, habitation, temple, et opapa, vue), en 1792, date principalement de la campagne représentation de l'intérieur d'un grand édifice qu'y firent les Anglais, en 1815, et qui se leréclairé et animé par des groupes de personna-mina, après des succès rapides, par une paix ges, au milieu duquel se trouve placé le specta avantageuse, conclue le 4 mai 1816, entre le teur. L'invention en est due à M. Allaux qui, le radjah et le général D. Ochterlony : il y fut stipremier, exposa à Paris, en 1827 , la vue inté- | pulé que la Compagnie des Indes occuperait tous rieure de Saint-Pierre de Rome.

X. les points fortifiés de la frontière du sud, qu'elle NÉPAL, et non pas NÉPAUL, principauté in- aurait toujours un passage libre en Chine à tradépendante et très-montagneuse de l'Inde sep- vers le pays, et que jamais le radjah ne pourrait tentrionale, comprise entre le Tibet, dont la prendre aucun Européen ni Américain à son haute chaîne de l'Himalaya le sépare au nord, service. - On doit la première description du les provinces d'Oude, de Bahar et de Bengale au Népal au colonel Kirpatrick; après lui, F. Ha. sud, et le petit État du radjah de Sikim, vassal milton publia Account of the kingdom of Nepal de la Compagnie anglaise, à l'est. Nous avons (Édimb., 1819, in-4"); plus récemment le voyage donné la superficie et la population du Népal à de Moorcroft a encore ajouté à la connaissance l'art. InDOSTAN (1. XIII, p. 565). Cette contrée, de ce pays. l'oir aussi Ch. Ritter, Géographie dominée au nord par les plus hautes montagnes de l'Asie, t. III, p. 1 et suivantes. Ca. VOGEL. du globe, a sa frontière méridionale garnie d'une NÉPENTHE. Nepenthes. Ce genre singulier seconde chaîne de montagnes par lesquelles on dont on a longtemps ignoré les rapports nalun'y pénètre qu'à travers des défilés étroits et rels, a été rapproché par Rob. Brown de la difficiles. La beauté de ces vallées a fait surnom- famille des aristolochiées, où il forme avec les mer ce pays, comme le Cachemyr, la Suisse genres cytinus et rafflesia une section partiasialique. Le sol en est fertile el bien arrosé, | culière, sous le nom de cytinées, section sur la

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