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portes de la ville, un bois sacré où, dans des les cyclopes; c'était une espèce de barpon, avec salles verdoyantes de rameaux et de mousse, lequel les gens de mer, ou brisaient les roches, étaient dressés de longs banquels, auxquels s'as- ou dégageaient les navires, ou piquaient les gros seyait, en l'honneur du dieu des flots, la foule poissons. Sa chevelure majestueuse tombe sur de ses adorateurs les plus dévoués, ou par piété, son cou en lourdes boucles parallèles, que l'effet ou par état, ou par crainte, à son culte. Ces fêtes de l'humidité des flots force de rester perpendis'appelaient de son nom grec Posidonies. Les culaires, ainsi que sa barbe, qui quelquefois, cepeuples de l'intérieur des terres avaient aussi pendant, est représentée crépue, ce qui la disce dieu en grande vénération; ils le redoutaient, tingue de celle de Jupiter, son frère. Comme à et le croyaient, avec raison, comme la géologie ce dernier, néanmoins, le bandeau royal est noué l'a attesté depuis, toutefois avec des exceptions, autour de sa tête. Quelquefois nu, quelquefois l'auteur des tremblements de terre et des grands vêtu d'une robe de la couleur des vagues, il est bouleversements du globe. Au nombre de ces debout ou assis sur un char bizarre qu'emportent peuples étaient particulièrement les Phrygiens deux ou quatre chevaux marins, aux naseaux les plus orientaux. Les Athéniens donnèrent à ronflants, à la queue de poisson ou aux pieds l'un de leurs douze mois le nom de ce dieu ; ils d’airain, comme les peint Homère; parfois, ce l'appelèrent posidéôn : il répondait au mois de sont des chevaux ordinaires. Un dauphin aux février. Un grand nombre de promontoires dans écailles d'or nage à ses côtés, avec d'autres les mers d'Italie et de la Grèce prirent aussi le monstres marins; Triton le précède sonnant de nom de Posidion pour les Hellènes, et Posidium sa trompe, qui retenlit jusqu'aux extrémités de pour les Latins. Le cheval, le taureau, étaient l'Océan. Parfois, ce trompette joufflu de Veples victimes qu’on offrait à ce dieu, auquel le tune, couronné de joncs, est vêtu d'une robe fiel, qui a comme une amertume des flots de la pourprée, de la couleur des flots quand l'aurore mer, était particulièrement agréable, au dire se lève. Souvent, Neptune est représenté nu, des aruspices. Le pin et l'ache, toujours verts, assis ou debout sur les ondes émues : belle et comme les vagues, lui étaient consacrés. De fré- fière allégorie de sa puissance, « Quand il est quentes libations étaient versées sur ses autels. debout, dit le chantre de l'Odyssée, il fait trois A Rome, on célébrait en son honneur les jeux pas et touche à l'horizon. » Parfois, il est redu Cirque. Les Neptunales, ses fêtes, avaient présenté avec un pied touchant au sol, et l'autre lieu au mois de juillet, et aussi au mois de fé- élevé sur un quartier de roche : cette pose est le vrier, avant le lever des pléiades, pour qu'il symbole de la puissance. Deux médailles nous épargnât les navires dans cette saison des nau- l'offrent pressant un globe du pied droit : elles frages. Pendant ces fêtes, les chevaux et les furent frappées, l'une en l'honneur d'Auguste, mulets, oisifs, étaient promenés couronnés de l'autre en celui de Titus, tous les deux maitres fleurs et caparaçonnés de guirlandes. Tout ré- du monde. Ce Neptune était leur emblème. Celte pandu qu'était le culte de Neptune, qui passa divinité puissante n'eut pas moins de cinquante bientôt dans la grande Grèce, ses statues sont surnoms que nous ont transmis les poëtes de fort rares; toutefois, vers le milieu du siècle l'antiquité, auxquels nous renvoyons nos lecdernier, on en tira une magnifique, faite du teurs. En poésie, Neptune est pris absolument temps de César, d'une excavation de Corinthe. pour la mer : nous citerons en exemple ce vers Telles sont les images traditionnelles de ce dieu assez beau et si connu de Lemierre, qu'on appela que nous ont laissées les poètes et les historio- plaisamment son vers solitaire : graphes : son attribut particulier est un trident,

Le trident de Neptune est le sceptre du monde. fourche à trois pointes de fer, que lui forgèrent

DENNE-BARON.

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FIN DU TOME DIX-HUITIÈME.

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