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L'Ambigu,

OU

VARIÉTÉS LITTÉRAIRES ET POLITIQUES;

RECUEIL PÉRIODIQUE,

Publié les 10, 20 et 30 de chaque Mois,

PAR

M. PELTIER.

VOL. LII.

Non magis expressi vultus per ahenea signa,
Quam per vatis opus mores animique virorum
Clarorum apparent. Nec sermones ego mallem
Repentes per bumum, quam res componere gestas,
Terrarumque situs, et flumina dicere, et arces
Montibus impositas, et barbara regna, tuisque
Auspiciis totum confecta duella per orbem,
Claustraque custodem pacis cohibentia Fanum,
Et formidatam Parthis, te Principe, Romam.

HOR EP. I. LIB. II.

Le bronze exprime moins bien les traits des hommes illustres que les ouvrages des
poëtes ne font ressortir deur esprit et leurs moeurs. Dédaignant les écrivains qui se
traînent terre à terre, je préfere m'occuper de recueillir les faits, d'en présenter le tableau,
de décrire les découvertes que fait chaque jour la géographie, les forteresses qui vont
être érigées sur la frontiere de la France, la lutte qui va s'élever incessamment avec les
états barbaresques; de célébrer enfin la cessation des hostilités sur toute la terre, sous
les auspices du Prince Régent, la clôture du temple de Janus, conservateur de la paix,
et la Grande-Bretagne devenue redoutable à ses ennemis.

A LONDRES:

IMPRIMÉ POUR SCHULZE ET DEAN,

13, Poland-Street, Oxford-Street, chez qui l'on peut s'abonner,

AINSI QUE CHEZ

M. PELTIER, No. 45, GREAT MARLBOROUGh-Street.
Le Prix de la Souscription est de Cinq Guinées par Année.
1816.

Fr 1400,514 Harvard College Library,

Mar 1924

*

fund

JJ Lowell

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L'Ambigu,

OU

VARIÉTÉS LITTÉRAIRES ET POLITIQUES.

No.CCCCLX.—Le 10 Janvier 1816.

SUR L'ÉTAT ACTUEL DU CLERGÉ EN FRANCE.

Extrait d'une Lettre de France, par M. D. M. Gentilhomme Français, à M. Wm. Bew....

....Ce déplorable état des choses, (que la lettre avait représenté), a produit un affaiblissement, pour ne pas dire un anéantissement total de la religion en France. Je vous le retracerai pour qu'il ne manque rien à mon tableau. Mais afin de ne pas m'engager moi-même dans ces hautes matieres où je pourrais me perdre, je me contente de vous rapporter ce que je tiens d'un prêtre que j'ai eu l'honneur de rencontrer.

C'est un de ces prêtres que votre M. Burke a vus en France, savant, poli, vertueux, surtout d'une modestie qui charme. Il semble que ce soit lui dont l'immortel Anglais a fait le portrait. En le voyant, je me suis aussitôt rappelé ce que nous lisions ensemble et jusqu'à l'endroit où nous le lisions, dans la partie de la bibliotheque qui donne sur le jardin.

Ce prêtre avait un mérite que ne pouvaient avoir ceux dont parle M. Burke. Il sortait de prison où il avait langui huit ans pour expier sa fidélité envers le Roi et son attachement à la religion. Nous ne savions pas, Monsieur, en Angleterre, qu'il y eût un si grand nombre de martyrs de leur loyauté et de leur zele. Ce Monsieur m'en a fait

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