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qu'après le ralliement des troupes. Avant que le désordre éclatât, nous avions déjà éprouve des pertes considérables, sur-tout dans notre cavalerie, si funestement et pourtant si bravement engagée. Malgré ces pertes, cette valeureuse cavalerie a constamment gardé la position qu'elle avait prise aux Anglais, et ne l'a abandonnée que quand le tumulte et le désordre du champ de bataille l'y ont forcée. Au milieu de la nuit et des obstacles qui encombraient la route, elle n'a pu elle-même conserver son organisation.

L'artillerie comme à son ordinaire s'est couverte de gloire. Les voitures du quartier général étaient restées dans leur position ordinaire, aucun mouvement rétrograde n'ayant été jugé nécessaire. Dans le cours de la nuit elles sont tombées entre les mains de l'ennemi.

Telle a été l'issue de la bataille de Mont-Saint-Jean, glorieuse pour les armées françaises et pourtant si funeste.

No. XXV.

Appeal to the National Guard of Paris on the 21st of June.

ORDRE DU JOUR.

Paris, le 21 juin, 1815. Des circonstances graves vont exiger de la part de la garde nationale un service actif. Le lieutenant-général cominandant en second espère qu'elle déploiera le caractère de sagesse et de fermeté qu'elle a montré dans tous les tems en ne souffrant pas que des agitateurs troublent, sous aucun prétexte, la tranquillité de la capitale. Au moment où les chambres vont délibérer sur les moyens de sauver la patrie, il faut que leurs délibérations puissent être calmes ; en conséquence les postes de la garde nationale y seront doublés, et le service y sera de vingt-quatre heures comme dans tous les autres postes.

MM. les chefs de légion feront tenir dans chaque mairie une réserve de 50 hommes commandée par un capitaine pour se porter par-tout où le besoin pourrait l'exiger et four, nir jote et nuit des patrouilles destinées à dissiper tous les groupes quels qu'ils soient : la garde nationale se rappellera combien ce service fait avec zèle et intelligence a contribué

dans des momens de crise à prévenir les malheurs qui auraient pu résulter du choc des partis.

MM. les gardes nationaux sont encore, dans le même dessein, invités à ne point quitter leur uniforme en vacquant à leurs affaires ; ils savent que ce moyen sans fatiguer la garde nationale a le résultat avantageux de la montrer par-tout prête à réprimer le désordre, et qu'il offre la facilité de réunir promptement une force capable d'en imposer à la malveillance.

Enfin, MM. les chefs de légion prendront les mesures nécessaires pour qu'en cas de rappel tous les citoyens puissent se rendre, sans délai, au lieu du rassemblement de leur légion.

Tous les postes généraux doivent faire jour et nuit des patrouilles pour assurer la tranquillité, dissiper les attroupemens et arrêter les agitateurs.

Le lieutenant-général commandant en second confie au zèle et au patriotisme de la garde nationale l'exécution de toutes ces mesures.

(Signé) le comte DUROSNEL.

Pour copie conforme,
Le maréchal-de-camp, chef d'état-major,

Baron DE BORELLI.

No. XXVI.

Aldication of Napoleon.

DECLARATION AU PEUPLE FRANÇAIS.

Paris, le 22 juin. Français, En commençant la guerre pour soutenir l'indépendance nationale, je comptais sur la réunion de tous les efforts, de toutes les volontés, et le concours de toutes les autorités nationales : j'étais fondé à en espérer le succès, et j'avais bravé toutes les déclarations des puissances contre moi.

Les circonstances me paraissent changées. Je m'offre en sacrifice à la haîne des ennemis de la France. Puišsent-ils être sincères dans leurs déclarations, et n'en avoir réellement voulu qu'à ma personne ! Ma vie politique est terminée, et

je proclame mon fils sous le titre de Napoléon II, empereur des Français.

Les ministres actuels formeront provisoirement le conseil de Gouvernement. L'intérêt que je porte à mon fils, m'engage à inviter les chambres à organiser sans délai la régence

Unissez vous tous pour le salut public et pour rester une nation indépendante.

(Signé) NAPOLEON.

par une loi.

No. XXVII.

Proclamation of the provisional Commission on assuming the

Government, and subsequent Appeal to the French to arm in Defence of their Country.

Paris, le 24 juin 1815. Français, Dans l'espace de quelques jours, des succès glorieux et un revers affreux ont de nouveau ag ié vos destinées.

Un grand sacrifice a paru récessaire à votre paix et à celle du Monde, Napoléon a abdiqué le pouvoir impérial ; son abdication a été le terme de sa vie politique ; son fils est proclamé.

Votre constitution nouvelle, qui n'avait encore que de bons principes, va recevoir tous ses développemens, et ses principes mêmes vont être épurés et agrandis.

Il n'existe plus de pouvoirs jaloux l'un de l'autre; l'espace est libre au patriotisme éclairé de vos représentans; et les pairs sentent, pensent et votent comme vos mandataires..

Après vingt-cinq années de tempêtes politiques, voici le moment où tout ce qui a été conçu

de

sage, de sublime, sur les institutions sociales, peut être perfectionné encore dans les vôtres.

Que la raison et le génie parlent, et de quelque côté que se · fasse entendre leur voix, elle sera écoutée.

Des plénipotentiaires sont partis pour traiter au nom de la VOL. II.-App.

P

Nation, et négocier avec les puissances de l'Europe cette paix qu'elles ont promise à une condition qui est aujourd'hui remplie.

Le Monde entier va être attentif comme vous à leur réponse; leur réponse fera connaitre si la justice et les promesses sont quelque chose sur la Terre.

Français ! soyez unis; ralliez-vous tous dans des circonstances si graves.

Que les discordes civiles s'apaisent; que les dissentimens mêmes se taisent en ce moment, où vont se discuter les grands intérêts des nations.

Soyez unis du nord de la France aux Pyrénées, de la Vendée à Marseille.

Quel qu'ait été son parti, quels que soient ses dogmes politiques, quel homme né sur le sol de la France pourrait né pas se ranger sous le drapeau national pour défendre l'indé. pendance de la patrie!

On peut détruire en partie des armées ; mais l'expérience. de tous les siècles et de tous les peuples le prouve; on ne détruit pas, on ne soumet pas sur-tout une nation intrépide qui combat pour la justice et pour sa liberté.

L'Empereur s'est offert en sacrifice, en abdiquant. · Les membres du Gouvernement se dévouent en acceptant de vos représentans les rênes de l'Etat.

(Signé) le duc d'OTRANTE, président.

Pour copie conforme:
Le secrétaire adjoint au ministre secrétaire d'état,

(Signé T. BERLIER.

La commission de Gouvernement, Vu la résolution des chambres portant que tous les Français sont appelés à la défense de la patrie, arrête ce qui suit :

Art. 1er. Les jeunes gens de 1815, restant des 160,000 hommes dont la levée a été ordonnée le 9 octobre 1813, seront sur-le-champ mis en activité.

2. Les jeunes gens de 1815, mariés antérieurement à la publication du présent arrêté, sont dispensés de l'appel.

3. Les individus faisant partie des bataillons de gardes nationales de grenadiers ou de chasseurs mobilisés qui appartiennent aux classes levées en 1815 et années antérieures, sont mis à la disposition du Gouvernement, pour être em

ployés dans l'armée de ligne, soit en corps de bataillons, soit par leur incorporation dans les cadres de l'armée,

4. Les individus mariés, compris dans l'article précédent, resteront dans les bataillons de garnison.

5. Les bataillons de gardes nationales qui auront ainsi fourni des hommes à l'armée seront complettés par les départemens auxquels ils appartiennent.

6. Les autorités administratives chargées d'opérer ce complettement, appelleront d'abord, à cet effet, les hommes non mariés ou les hommes veufs sans enfans.

7. Le ministre de la guerre est chargé de l'exécution du présent arrêté, qui sera inséré au Bulletin des Lois. (Signé) le duc D'OTRANTE.

comte GRENIER.
CAULAINCOURT, duc de Vicence.
CARNOT.

QUINETTE.
Pour expédition conforme,
Le secrétaire-adjoint au ministre secrétaire-d'etat.

(Signé) T. BERLIER,

No. XXVIII. Paris declared in a State of Siege. Preparations for its .

Defence.

ΣΟΙ.

Paris, le 28 juin 1815. Au nom du peuple français ; La commission de gouvernement a proposé, et les chambres ont adopté ce qui suit:

Art. jer. La ville de Paris est en état de siège.

2. Les autorités civiles conserveront l'exercice de leurs fonctions.

3. Pendant la durée de l'état de siège, la commission de Gouvernement prendra toutes les mesures pour garantir la sûreté des personnes et des propriétés, et la tranquillité de la capitale.

La présente loi, discutée, délibérée et adoptée par la cham.

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