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PRÉFACE DE L'ÉDITEUR

Chaque science compte un certain nombre de Dictionnaires plus ou moins étendus; l'Economie politique seule n'en avait pas encore qui répondit aux besoins de ceux qui veulent la consulter et s'éclairer de ses lumières. C'est cette lacune que nous sommes venus combler, et le brillant accueil qu'a obtenu notre livre, tant en France qu'à l'étranger, nous est un témoignage que nous avons produit une auvre aussi vivement désirée qu'elle est digne, à tous égards, des écrivains éminents qui ont bien voulu s'associer à nous.

Pour s'éclairer sur toutes les questions qui touchent à l'ordre économique, pour se former une opinion raisonnée, les bons ouvrages ne manquent pas: un grand nombre de traités généraux, complets ou élémentaires, offrent aujourd'hui l'ensemble des notions qu'il importe à tout homme de posséder ; mais la forme didactique de ces ouvrages ne présente pas les avantages de la forme alphabétique si propre aux recherches, si utile pour les personnes qui ne sont pas familiarisées avec les ouvrages techniques, ou pour celles qui n'ont pas le temps de se livrer à une étude spéciale.

Le Dictionnaire de l'Économie politique est donc le complément indispensable des traités fondamentaux que possède la science. Tous nos efforts ont tendu à ce que, malgré le nombre des auteurs et les diverses nuances de leurs opinions, ce fût toujours la même doctrine générale qui prévalût, afin que notre livre pût servir de guide au lecteur, à travers l'océan des doctrines contradictoires qui se sont produites surtout de nos jours. Aussi est-ce avec intention que nous lui avons donné le titre de Dictionnaire de l'Économie politique au lieu de celui de Dictionnaire d'Économie politique.

Nous venons de dire que l'Économie politique ne possédait pas jusqu'à présent de Dictionnaire qui satisfit à ses besoins. En effet, rien d'analogue à ce que nous voulions faire et à ce que nous avons fait n'avait été tenté, soit en France, soit ailleurs. Le Dictionnaire d'Économie politique de Ganilh' n'a été qu'un essai bien incomplet, et dont il serait superflu de démontrer l'insuffisance; le Répertoire général d'Économie politique?, publié à La Haye il y a peu d'années, se compose d'articles empruntés à divers traités ou publications périodiques, et l'auteur n'a d'ailleurs pas eu la prétention de faire un livre de

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doctrine. C'est là ce qui nous a donné pleine confiance dans le succès de notre entreprise.

Mais le Dictionnaire réduit aux seuls mots de la science nous paraissait incomplet; il nous a semblé que la Bibliographie des ouvrages consacrés et même, la Biographie des auteurs qui les ont écrits devaient en être le complément.

C'est donc pour la première fois que l'Économie politique aura une biblio-. graphie complète, méthodiquement disposée à la fois par ordre de matières et par noms d'auteurs, et dans laquelle les hommes d'étude, les administrateurs, et tous ceux qui ont des indications à chercher, pourront puiser les renseignements les plus nombreux et les plus précis'.

Pour accomplir cet immense travail, il a fallu compulser page par page, colonne par colonne, les dix volumes de la France littéraire de M. Quérard, les cinq volumes de la Littérature contemporaine qui font suite à cet ouvrage et les Tables de la Bibliographie générale de la France. Nous avons en outre mis à contribution la Biographie universelle de Michaud, la Biographie des contemporains, la Collection des Économistes italiens de Custodi; une bibliographie des Économistes espagnols, par M. de Bona y Ureta ?; les notes Bibliographiques de M. R. de La Sagra, les Biographies allemandes de Ersch, Kaiser, Hinrichs; le Dictionnaire de la conversation, de Brockhaus; le Dictionnaire des sciences de l'État (Staats-Lexicon) par Rotteck et Welcker; les Archives d'Économie politique de Rau et le Journal des sciences de l'État de Tubingue, et surtout la Bibliographie tout à fait spécial de M. Mac Culloch intitulés: Literature of Political Economy.

M. Maurice Block, sous-chef du bureau de la statistique générale de la France, a rédigé un grand nombre d'articles biographiques et bibliographiques, et traduit en français les titres d'ouvrages publiés en langues étrangères. D'autres collaborateurs ont aussi pris part à ce travail : MM. A. Clément, Bau

à drillart, Gustave de Molinari, Maurice Monjean, et notamment M. Joseph Garnier, auquel nous devons aussi un assez grand nombre d'articles biographiques et bibliographiques où l'on reconnaît son goùt pour l'érudition et la connaissance parfaite qu'il a de la littérature économique.

Nous avons la satisfaction de penser que les lecteurs nous tiendront particulièrement compte des efforts qui ont été faits pour cette partie spéciale de notre Dictionnaire, dans laquelle une foule d'ouvrages, plus ou moins oubliés, ont été remis en lumière, un grand nombre d'erreurs et d'inexactitudes redressées, et où les Économistes érudits pourront constater plus d'une remarquable découverte.

Dans les articles bibliographiques, soit par noms d'auteurs, soit par ordre de matières, nous avons généralement classé les ouvrages selon l'ordre chronologique de leur publication, et nous avons mis tous nos soins à en repro

' Jusqu'à présent la bibliographie économique consistait dans une courte liste des principaux ouvrages qui accompagne la Théorie des richesses sociales de Skarbeck, dans celle dont M. Blanqui a fait suivre son Histoire de l'Économie politique, déjà beaucoup plus etendue, et remarquable par de piquantes anuotations; et enfin daus celle de M. Mac Culloch (Literature of Political economy), beaucoup plus étendue encore, trés-estimable à tous égards par les savantes appreciations de l'auteur, mais fort incomplète relativement à la notre. · Clave de los Economistas. Madrid, 1850, iu-8 de 70 pages.

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duire les titres exactement et complétement. A la suite de chaque titre nous avons ajouté, pour les ouvrages les plus importants ou les plus remarquables à divers égards, des notes explicatives et des appréciations sur leur contenu ; pour cela nous avons également fait de nombreux emprunts à la Bibliographie de M. Blanqui, à celle de M. Mac Culloch, aux articles de critique écrits dans le Journal des Économistes et à d'autres publications faisant autorité ; mais pour les écrivains encore vivants, nous avons cru devoir nous borner, par des raisons de convenance qui se comprendront facilement, à ne donner, pour la Biographie, que des indications sommaires sans aucune réflexion, et pour la Bibliographie, que des appréciations empruntées à d'autres ouvrages; car, quelque sincère qu'eût été notre désir d'impartialité, il nous eût été difficile de dire toutes choses dans une juste mesure, avec fidélité et indépendance. A ret égard, on nous avait quelquefois conseillé de nous abstenir entièrement. Nous n'avons point jugé à propos de suivre cet avis; une grande partie des ouvrages économiques étant dus à la plume d'hommes encore vivants, notre auvre, sans les détails qui concernent ces ouvrages et ces écrivains, eût été vraiment incomplète; et nous avons pu remarquer que les courtes notices biographiques que nous avons publiées ont été accueillies avec un vif intért.

Nous avons confié la direction scientifique de notre Dictionnaire successivement à M. Ambroise Clément et à feu Charles Coquelin. M. A. Clément, un des collaborateurs les plus appréciés du Journal des Économistes, dont la personne et le caractère ont inspiré à tous nos amis la plus profonde estime, ayant dû quitter Paris, a eu pour successeur, dans cette honorable tâche, feu Charles Coquelin, qui a mis au service du Dictionnaire les brillantes qualités dont la nature l'avait doué et la science profonde qu'il avait acquise : une vaste mémoire, une raison sûre, une grande facilité de travail, une connaissance complète des chefs-d'æuvre de l'Économie politique, un grand respect pour les fondateurs de la science, une saine appréciation des théories et une remarquable connaissance de l'industrie et des faits en général.

Après sa mort, si regrettable pour la science, notre euvre commune a pu s'achever facilement, grâce à la direction qui lui avait été imprimée dès le principe, et aidé comme nous l'avons été par les conseils et les avis de nos savants collaborateurs. Qu'il nous soit permis de citer dans ce nombre M. Horace Say, qui, par son savoir et par son zèle pour tout ce qui touche à l'Économie politique, est si digne du nom qu'il porte.

On trouvera naturel, sans doute, qu'après le succès de cet ouvrage l'éditeur revendique ici pour siens l'idée et le plan du livre qui constitue un de ses principaux titres à l'estime et à l'affection que veulent bien lui témoigner les amis de la science en général, et les collaborateurs du Dictionnaire en particulier. Cette nouvelle publication est d'ailleurs le complément d'une collection de travaux dont il avait conçu le projet après avoir fondé le Journal des Économistes, collection qui forme un ensemble dont toutes les parties se lient entre elles, et qui comprend la Collection des principaux Économistes,

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l'Annuaire de l'Économie politique et de la Statistique, le Dictionnaire de l'Économie politique, le Dictionnaire universel du Commerce et de la Navigation, et enfin la Collection des Économistes et Publicistes contemporains, et la Bibliothèque des sciences morales et politiques.

Afin que le lecteur puisse juger d'un seul coup d'eil l'ensemble des matières contenues dans notre Dictionnaire, nous l'avons fait suivre de la Table des principaux articles avec les noms des auteurs en regard, et d'une autre Table de toutes les biographies, donnant aussi les noms des rédacteurs.

GUILLAUMIN.

Afin que le lecteur puisse juger d'un seul coup d'mil l'ensemble des matières contenues dans notre Dictionnaire, nous l'avons fait suivre de la Table des principaux articles avec les noms des auteurs en regard, et d'une autre Table de toutes les biographies, donnant aussi les noms des rédacteurs.

Nous avons pensé qu'il serait agréable aux souscripteurs du Dictionnaire de posséder les portraits des Économistes les plus éminents, de ceux auxquels la science doit le plus. Nous avons tenu à ce que ces portraits, tous gravés sur acier et d'une ressemblance authentique, fussent dignes par le fini de l'exécution de ceux dont ils reproduisent les traits.

Les portraits, au nombre de huit, sont ceux de : FR. QUESNAY, gravé par Outhwaile, d'après le beau por- J.-B. SAY, par Hopwood, d'après le beau tableau peint

trait de François , célèbre graveur du dernier siècle. par Decaisne et appartcoant à M. Horace Say. AD. SMITH, gravé par Bosselmann, d'après le seul por SISMONDI, par Eug. Gervais, d'après le portrait du cétrait authentique que l'on connaisse.

lèbre graveur Toschi. MALTHUS, par madame Fournier, d'après la belle gra- Rossi, par Eug. Gervais, d'après une photographie de vure anglaise de J. Linnell.

l'admirable buste de Tenerani, que possède la famille. TURGOT, par L. Massard, d'après la photographie de FR. BAstiat, par madame Fournier, d'après une épreuve

la statue qui orne la salle des séances du palais da au daguerréotype. Luxembourg.

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EXPLICATION DES ABRÉVIATIONS.

Les abréviations Pl. et M. C. indiquent les bibliographies de MM. Blanqui et Mac Culloch citées plus haut. - Barb, indique le Manuel de librairie de M. Barbier. Biogr. univ. la Biographie universelle publiée par MM. Michaud. – Fr. lill. et Q.la France littéraire, par M. Quérard. · Quelques collaborateurs ont signé à diverses reprises avec leurs initiales : ce sont MM. Ambroise Clément, A. C.-Ath. Gros, G, A.-Charles Coquelin, Ch. C. - Courcelle Seneuil, C. S. Gustave de Molinari, G. de M. – Horace Say, H, S. - Joseph Garnier, Jph G. Jules de Vroil, J. V. - Maurice Block, M. B. - Jacques de Valserre, J. de V.

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INTRODUCTION.

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Dans les recherches scientifiques comme dans l'industrie, la division des travaux est l'une des conditions essentielles du progrès. Il est donc raisonnable de faire, do chacun des divers ordres de phénomènes auxquels s'appliquent ces recherches, l'objet d'une science distincte et circonscrite, autant du moins que peut le permellre la nature des faits à étudier.

On a souvent reproché à la science dont ce Dictionnaire est destiné à exposer et développer les principes, de n'avoir pas su fixer les limites de son domaine, ou de les avoir souvent franchies pour porter ses investigations sur certains ordres de faits appartenant à d'autres sciences sociales, et par exemple, à la politique, à la législation, à la morale. Mais ces reproches, bien qu'ils aient quelquefois été formulés par d'éminents esprits, et par des Économistes eux-mêmes, paraissent résulter d'idées un peu confuses sur la nature ou les rapports des phénomènes sociaux en général; car, pour peu qu'on y réfléchisse, on reconnaît bientôt que ces phénomènes sont trop étroitement liés entre eux pour que l'on puisse en diviser l'étude par des limites infranchissables, et qu'aucune des sciences sociales ne saurait être complélement exposée sans quelques explorations sur le domaine des autres.

« Il ne serait pas possible à l'Économie politique, par exemple, de nous faire voir « quelles sont les causes de l'augmentation ou de la diminution des richesses, si « elle restait étrangère au domaine de la législation, si elle n'exposait pas les effets « d'une multitude de lois, de règlements, de traités, relatifs aux monnaies, au com€ merce, aux manufactures, aux établissements de banque et aux relations commer« ciales des nations. A son tour, le savant qui s'occupe de législation ne traiterait « des lois que d'une manière très-imparfaite s'il ne montrait pas l'influence qu'elles e ont sur l'accroissement, la distribution ou la diminution des richesses... Il est « également impossible que le savant qui décrit les institutions civiles ou poli<tiques d'un peuple, et le moraliste qui recherche les causes des vices ou des vertus de ce peuple, ne passent pas alternativement l'un sur le territoire de l'autre'. » Les sciences morales sont liées entre elles, non-seulement par les rapports intimes

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' Traité de législation, par Charles Comte, tome I, pages 31 et 32.

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