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édition de Gajus , publiée en 1824 par M. Gæschen, aidé par M. Blume et d'autres jurisconsultes, peut être considérée comme un modèle en ce genre; et cependant le texte qu'a donné récemment M. Heffter (à Bonn, 1830) est encore supérieur au premier. M. Buchholz, à Kænigsberg (en 1828), et M. Bethman-Holweg, à Bonn (1833), ont étudié avec soin celui des Vaticana fragmenta. Dans la même année, M. Blume a fait un travail sur la Collectio legum mosaïcarum et romanarum ; M. Arndts a publié une édition des fragments de Paul; et les fragments d'Ulpien ont eu un texte aussi pur que possible par les efforts réunis de MM. Hugo, Schilling , Bluntschli, Becking et autres. M. Hänel, qui avait parcouru la plus grande partie de l'Europe pendant plusieurs années, a donné une édition des Codes Grégorien et Hermogénien, et des cing premiers livres du Code Théodosien , qui ne laisse rien à désirer : la découverte de fragments de ce dernier Code inconnus jusqu'ici , faite à Turin en 1836, a arrêté la publication de la suite . Sans cette circonstance, nous posséderions aujourd'hui une excellente édition des sources du droit antérieur à Justinien, réunies en une collection, dans le Corpus juris antejustinianei qui a été publié par le libraire Marcus, et qui a l'avantage de se recommander par la modicité du prix.

Outre les sources contenues dans le recueil dont nous venons de parler, les jurisconsultes allemands en ont encore publié d'autres non moins importantes, savoir : les fragments des textes, même des lois , sénatusconsultes et autres monuments semblables , et ceux des

IV. sur ce point une notice de M. Hænel dans les Annales criliques (Kritische Jahrbucher, etc.) de M. Richter, 1837, p. 91-94.

actes juridiques, tels que testaments, ventes, donations, etc. Les recueils de Haubold et de Spangenberg sont indispensables pour tous ceux qui s'occupent de l'ancien droit romain. Les éditions de la loi Servilia (publiée en 1825), par M. Kleuse , de la loi Thoria (publiée en 1839), par M. Rudorf ; l'édition des fragments du testament récemment trouvé de Flavius Syntropus, dans lequel Tacite et Pline sont nommés légataires , donnée par M. Huschke à Breslau, et enrichie d'un commentaire (1838); enfin l'édition commencée de la Notitia dignitatum, entreprise par M. Beek ing à Bonn, complètent ces collections précieuses.

Nous devons encore faire mention des écrits des Agrimensores , puisque l'un de ces écrits a été publié par M. Blume dans le Ve volume du Musée du Rhin ( Rheinisches Museum).

L'avantage que l'histoire du droit romain a tiré et tire encore tous les jours de ces éditions est immense, et ne saurait encore être apprécié complétement aujourd'hui.

b. Des travaux critiques très-étendus ont été entrepris depuis 1820 pour préparer une édition des textes du Corps de droit de Justinien, qui n'eurent plus rien à désirer. Le libraire Reimer, à Berlin, mit à la disposition de M. Schrader, professeur à Tubingue, des sommes considérables pour faire faire des recherches et des collections de manuscrits dans les bibliothèques de toute l’Europe. M. Clossius voyagea le premier dans l'intérêt de cette entreprise, et son exemple fut bientôt suivi par d'autres. Jamais on n'avait conçu un plan aussi hardi pour une édition du Corps de droit, et il

1 Monumenta legalia (1830). Negotiorum solemnium tabulce (1822). Il faut y joindre le deuxième volume de l'Inscriptionum latinarum selectarum amplissima collectio, publiée par M. Orelli:

devint facile de prévoir qu'un demi-siècle ne suffirait pas pour son exécution. On a constaté le mérite de tous les manuscrits connus et de toutes les éditions originales de toutes les parties du Corpus juris, et l'affiliation entre les différents textes. Ensuite on a entièrement comparé les manuscrits et les éditions qu'on a reconnus avoir des textes remarquables. Mais après des années seulement, la rédaction d'un texte dé. finitif a pu être faite. Aussi les Institutes seules ontelles été achevées. Lorsqu'elles parurent, en 1832 (1 vol. in - 4o de 840 pages), elles ont étonné le monde, et depuis ce temps aucun professeur de droit romain ne peut se passer de celte édition, qui rend toutes les éditions antérieures superflues. Le double commentaire, l'un critique, l'autre exégétique , ajouté au texte, a été utile à plus d'un écrivain.

En 1836, une édition stéréotype en 116 pages in-8° a mis à la portée des élèves ce texte si soigneusement choisi, et en a rendu l'étude facile par les notes qui y sont ajoutées.

La première partie des Pandectes, élaborée de la même manière, est sous presse et paraîtra sous peu.

Comme on prévoyait qu'il s'écoulerait plus d'un demi-siècle avant la fin de cette publication, d'autres ont voulu satisfaire aux besoins du moment. M. Beck le père, célèbre philologue à Leipzic, commença , en 1825, une édition du Corpus juris , qui ne fut achevée qu'en 1836, en ő vol. in-8°. Le texte des Institutes et des Pandectes, qui n'est qu'une réimpression quelquefois vicieuse de l'édition de Gebauer, faite à Gættingue en 1777, laisse beaucoup à désirer'. Les autres parties sont plus soignées. Quant aux Novelles, on en a donné une double édition, savoir : le texte grec avec la traduction de Hombergh, revue et corrigée, et le texte des glossateurs, connu sous le nom de Vulgata.

* Ainsi que l'a démontré M. Mahlenbuch, à l'endroit cité, p. 500,

Le même éditeur a encore fait une deuxième édition du Corps de droit en 2 vol. pelit in-folio, en 1829 et 1837 : elle se recommande par la modicité de son

prix.

Plus tard, les frères Kriegel ont entrepris une édition stéréotype du Corps de droit, qui ne doit former qu'un volume. Les Institutes et les Pandectes ont été publiées entièrement en 1833; depuis 1835, six livraisons ont paru, contenant cinq livres du Code (le texte revu par M. Hermann), et 123 Novelles ( le texte revu par M. Ossenbruggen)?. On donne beaucoup d'éloges au texte du Code, moins à celui des autres parties.

Pendant que M. Schrader s'occupe du texte des Pandectes , plusieurs autres jurisconsultes, très-versés dans la connaissance du grec, ont publié des travaux critiques sur le Code et les Novelles. Ce sont, entre autres, MM. Biener à Berlin, Witte à Halle, Heimbach à Leipzic. Leurs publications ont été mises à profit par les auteurs des éditions du Corps de droit dont nous avons parlé.

Les mêmes jurisconsultes, et notamment MM. Witte à Halle, Heimbach à Leipzic , son frère Heimbach à Iena, Blume et Zachariæ, fils du célèbre professeur de ce nom , à Heidelberg , se sont occupés très-assidûment du droit romain postérieur à Justinien, connu sous le nom de Jus Græco- Romanorum. M. Heimbach,

· Elle ne coûte que 15 francs.
. V. les Annales de Richter, 1838.

à léna, a entrepris une édition des Basiliques avec une nouvelle traduction latine. Il a paru jusqu'à présent un volume entier, comprenant le commencement jusqu'au XIIe livre, 2. titre, et une livraison d'un autre volume. Son frère a publié, en 1838, sous le titre Avez orz, un recueil contenant le commentaire grec sur les Novelles de Justinien , fait par un jurisconsulle de Constantinople, nommé Athanasius , et d'autres ouvrages qui s'y rattachent. M. Zachariæ a publié, en 1836, l'ouvrage d’Eustathius sur les temps ( alportae); en 1837, le manuel du droit romain qu'avait fait faire l'empereur Basilius , à Constantinople; enfin , de retour d'un voyage qu'il fit en 1838-1839 dans celte ville et en Grèce, un aperçu de l'histoire du droit romain grec, suivi de plusieurs fragments de ce droit inédits jusqu'à lui'.

c. Une traduction allemande du corps de droit de Justinien , faite par MM. Otto, Schilling et Sintenis, en 7 gros volumes in-8°, ne doit pas être passée sous silence. Elle a eu en 1839 une deuxième édition.

2. L'histoire du droit romain , dont M. Hugo a été le réformateur à la fin du siècle dernier, a fait, depuis 1815, les progrès les plus étonnants, quoiqu'elle laisse encore beaucoup à désirer. M. Hugo a donné depuis 1820 cinq éditions, toutes entièrement refondues, de son célèbre manuel ; la dernière, de 1833, est de 1226 pages. Ce livre étant néanmoins fort abrégé, d'autres ont essayé des manuels plus détaillés , parmi lesquels celui de Schweppe a eu, en 1833, sa troisième édition. L'auteur a été de beaucoup dépassé par M. Zimmern,

· Historia juris græco-romani delineatio , cum appendice inedilorum, auctore C.-E, Zacharia. Heidelberg, 1839. i vol. in-8.

IV. 2° SÉRIE.

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