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4° Entreprises contre la propriété avec intention de causer un préjudice;

5° Faux en écriture et fausse monnaie ;

6° Autres crimes non compris dans les cinq catégories ci-dessus.

Ces tableaux contiennent des renseignements sur le nombre des condamnations, des acquittements et des déclarations d'aliénation mentale; sur les exécutions, commutations de peines et grâces ; sur le sexe , l'âge et le degré d'instruction des accusés.

A la fin se trouvent quatre tableaux récapitulatifs, qui présentent, totalisés, les résultats partiels distribués dans les cinquante-deux autres tableaux.

C'est par ordre du ministre de l'intérieur, et sur les registres de criminalité qui sont conservés dans les bureaux de son ministère, que ces tableaux ont été dressés.

M. Redgrave, un des chefs de service du ministère de l'intérieur, à qui ce travail a été confié, a placé, en tête du recueil, un exposé sommaire des résultats fournis par l'année 1838, et quelques réflexions sur les conséquences à en tirer. Ces réflexions, en très - petit nombre , sont toutes remarquablement judicieuses , et nous regrettons vivement que M. Redgrave s'en soit montré sobre jusqu'à l'excès. Cette circonstance nous forcera de quitter parfois le rôle dans lequel nous voulions d'abord nous renfermer. Nous aurons à compléter, en certains endroits, les observations du statisticien anglais, soit pour indiquer des rapprochements qu'il a passés sous silence , soit pour développer plusieurs déductions importantes dont il ne nous paraît pas avoir suffisamment montré la portée. Nous le ferons, du reste, avec la réserve que nous commandent, et les proportions de cet essai , et la juste défiance que nous avons de nous-même en abordant une lâche aussi délicate.

M. Redgrave considère d'abord dans sa totalité le nombre des individus traduits devant la justice criminelle durant l'année 1838, et il trouve qu'il y a eu une diminution de 2,2 p. 100 sur le chiffre de 1837. Ce serait, aux yeux du statisticien anglais , un indice certain d'une diminution dans la criminalité, attendu que les perfectionnements qu'a reçus, depuis peu, le service de la police, doivent rendre de plus en plus rare l'impunité des coupables. -- On devrait effectivement se féliciter d'un tel résultat , s'il n'était à remarquer que l'année 1837, prise pour point de comparaison , avait été, pour les crimes, d'une malheureuse fécondité. En établissant la comparaison avec la moyenne des quatre années qui ont précédé 1838, on trouve qu'au lieu d'une diminution, il y a eu , en 1838, accroissement de 5,2 p. 100. Voici les chiffres :

Année 1834, 22,451 emprisonnements. '

1835, 20,731

1836, 20,984 - 1837, 23,612

Moyenne. . . 21,944
Année 1838, 23,094".

Le résultat de l'année 1838 n'est donc pas une amélioration réelle, et il faut reconnaître que 1837 et 1838 présentent un accroissement extraordinaire du nombre des crimes, accroissement qu'expliquent peut-être en partie, les progrès récents du service de la police et la

'En 1839, le nombre total des crimes, pour l'Angleterre et le pays de Galles, a été de 24,443, c'est-à-dire, de 1349 de plus qu'en 1838, et 2,499, ou environ un neuvième de plus que pour la moyenne des quatre années 1834-37.

multiplication des sessions locales, mais dont il faudra chercher ailleurs les véritables causes, s'il continue pour les années suivantes.

En considérant les crimes sous le rapport de leur répartition géographique, on voit que sur les quarante comtés dont se compose l'Angleterre , vingt ont donné, en 1838, un chiffre supérieur à celui de l'année précédente; les vingt autres présentent, au contraire, une diminution. Dans la principauté de Galles, huit comtés sur douze ont présenté un accroissement, et les quatre restants, une diminution. – On remarque, en outre, que le comté de Middlesex (où se trouve la ville de Londres), qui avait été signalé, dans le compte rendu de 1837, comme suivant constamment, depuis trois ans, une progression décroissante, a donné, pour 1838, une augmentation de 5,56 p. 100". · Sous le point de vue des habitudes de la population , les comtés de l'Angleterre sont divisés par M. Redgrave en deux sections égales : d'une part, vingt comtés où la grande majorité de la population se livre au commerce et au travail des manufactures ; d'autre part, vingt comtés dont la population se compose principalement d'agriculteurs. — Les uns et les autres ont contribué dans une proportion égale à l'augmentation et à la diminution que nous avons signalées.

Ici , il est intéressant de comparer les comtés agricoles aux comtés commerçants et manufacturiers , quant à la proportion du nombre des crimes avec le chiffre de la population de chaque comté. Un nombre donné d'indi. vidus appartenant à la classe manufacturière ou commerçante fournit -il plus ou moins d'accusés que le même nombre d'individus pris dans la classe agricole ? Nous avons regretté de ne pas trouver dans le travail de M. Redgrave la réponse à cette question , ou du moins, les éléments nécessaires pour la résoudre.

1 ll y a encore eu augmentation en 1839; elle est de 4,61 p. 100 sur le chiffre de 1838 et de 11,48 p. 100 sur celui de 1837.

Désireux de combler cette lacune, nous avons recherché, dans le recueil présenté aux deux chambres lu parlement anglais, en 1833, sous le titre de : Tableaux du revenu, de la population et du commerce, etc., du Royaume-Uni et de ses dépendances, le chiffre de la population de chaque comté à l'époque du dernier recensement général, qui est de 1831. D'après cette donnée, et en calculant l'augmentation qui a pu avoir lieu pendant les six années comprises entre 1831 et 1838 , sur la base de l'augmentation annuelle moyenne que constatent les tableaux dont nous venons de parler, pour la période décennale 1821 à 1831 , nous avons fixé le chiffre probable de la population au 1er janvier 1838 '. Quant à la distribution des comtés en agricoles et manufacturiers ou commerciaux , nous l'avons empruntée au travail de M. Villermé, inséré dans les Annales d'hygiène publique, t. XII, 2° partie. Enfin, pour simplifier l'opération, nous avons pris huit comtés seulement , quatre manufacturiers et quatre agricoles, et, afin d'obtenir,' autant que possible, un milieu dans lequel les diverses conditions particulières à chaque localité vinssent se combiner ensemble et se faire mutuellement

* Le chiffre que nous avons obtenu par ce calcul, mérite d'autant plus d'être considéré comme très approximatif du chiffre réel. que l'augmentation moyenne des dix années 1821-31 est, pour la plupart des comtés, exactement la même que celle des trente années comprises entre 1801 et 1832, et présente, par conséquent, le caractère d'un mouvement normal. IV. 2° SÉRIE.

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équilibre, nous avons pris, de part et d'autre, les deux comtés les plus peuplés et les deux qui le sont le moins. Ces huit comtés sont ceux de : Devon, Lincoln, Huntingdon , Rutland , Lancaster, Strafford, Worcester et Monmouth : les quatre premiers sont principalement peuplés d'agriculteurs, les quatre autres, d'hommes livrés au travail des manufactures et aux spéculations du commerce.

L'opération que nous venons d'indiquer nous a donné, pour résultat, les deux proportions suivantes : 1 accusé sur 965 habitants , pour les comtés agricoles , et 1 accusé sur 585 habitants, pour les comtés manufacturiers ; ce qui peut se traduire en ces termes : la population manufacturière présente, sur un même nombre d'individus, 13720, ou environ 273 d'accusés de plus que la population agricole'. — De tels résultats ont un grand intérêt, à une époque où la question se reproduit si souvent dans les écrits des publicistes, de savoir si cetle absorption continuelle de l'élément agricole par l'élé

· En 1839, la proportion des accusés, calculée d'après le chiffre probable de la population au jer janvier de la même année, aurait été de i accusé sur 861 habitants, pour les comtés agricoles, et de i accusé sur 533 habitants, pour les comtés manufacturiers. Chacune de ces proportions diffère de celle qui lui correspond dans le résultat de l'année 1838, et indiq'e une augmentation du nombre relatif des accusés, c'est-à-dire, une aggravation du mal.-On remarquera, en outre, que l'augmentation est à peu près égale dans l'une et l'autre des deux classes de la population que nous comparons : car les deux proportions de 1839 sont entre elles dans le même rapport, à une très-petite différence près , que celles de 1838 ; c'est toujours la population manufacturière qui fournit environ 2/3 d'accusés de plus que la population agricole. L'augmentation est donc due à des causes générales qui ont agi également sur les divers éléments dont la population anglaise se compose.

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