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La partie des écrits des Pères qui renferme « vivacité et sa chaleur; il sait aussi instruire leurs homélies ou sermons est en général « et imprimer sa pensée, par les sentences moins soignée que les autres monuments de « frappantes dont il sème souvent et utilement leur génie. Saint Bernard mérite seul ou ne « ses discours. » Ainsi ce docte écrivain, après partage qu'avec un petit nombre l'éloge d'a- avoir soigneusement cherché parmi les Pères voir mis dans ses sermons autant de vivacité un modèle propre à former l'orateur sacré, de style, autant de variété d'idées, autant d'é- n'en trouve pas de préférable à saint Bernard, lévation de pensées, autant de sentiments qu'il met au-dessus de tous les Pères latins. pieux que dans ses autres ouvrages. La raison Irons-nous jusqu'à donner ici la palme à saint de cette supériorité n'est pas seulement, selon Bernard sur les Pères grecs qui ont excellé en moi, dans le génie de saint Bernard, dans les ce genre d'éloquence? Je n'aurais pas osé émetmouvements rapides de sa sensibilité qui le tre un pareil sentiment s'il n'était appuyé du rendaient aussi apte à instruire qu'à toucher : suffrage si distingué d'Henri de Valois dont elle est encore dans la différence des auditeurs Adrien de Valois son digne frère a dit : « Trois à qui il s'adressait. Les anciens Pères parlaient « ou quatre ans avant sa mort, contraint par au peuple pour lui exposer la doctrine chré- « la maladie à rester chez lui les jours de tienne et le former à la piété : aussi met- « fêtes, il se faisait lire les sermons de saint taient-ils leur langage à la portée du vulgaire, « Bernard qu'il écoutait avec attention et et comme ils visaient à être utiles ils em- « d'une oreille avide. Il pensait et il répétait ployaient sagement dans leurs entretiens un « à ses amis qu'on devait consacrer les dimanstyle simple et familier. Mais saint Bernard a ches et fêtes aux louanges de Dieu et non à adressait ses sermons à des hommes versés « l'étude des lettres : et que les sermons de dans les choses spirituelles et les Écritures, a saint Bernard étaient plus propres que les et qui, pour la plupart, avaient brillé dans le « homélies des Pères grecs ou latins à exciter siècle par leur savoir et leurs dignités : il lui « la piété dans les cæurs. » Je cite ce témoifallait donc proportionner ses discours à cette gnage avec un plaisir d'autant plus grand que science et à cette distinction. Voilà pourquoi l'autorité de ce grand homme recommande non-seulement les sermons sur le Cantique, mieux les sermons du saint Docteur, que écrits avec tant de soin, mais les autres pro- j'ai gardé un doux souvenir de l'amitié dont noncés aux divers jours et fêtes de l'année et m'a honoré ce savant homme. sur divers sujets, ont toujours été préférés par A ces témoignages contemporains qui peula piété et la science aux homélies et aux vent tenir lieu de beaucoup d'autres, il serait sermons des Pères.

aisé d'en ajouter d'écrivains antérieurs à Ce n'est pas ici mon opinion personnelle : notre siècle, et qui ont parlé de saint Bernard c'est aussi celle des plus illustres littérateurs comme d'un prédicateur véritablement aposqui ont formulé leur sentiment à ce sujet, soit tolique. Parmi eux je dois citer Erasme, plus de vive voix, soit par écrit. Je n'en cite que enclin d'ailleurs à la critique qu'à la louange. deux dont l'autorité égale la doctrine et l'é- Voici en quels termes il s'exprime sur Berrudition. Le premier est Juste Lipse : dans sa nard, au second livre de son Traité de la Prélettre 49e à Aubert Le Mire 2, traitant de la dication : « Son éloquence vient plus de la naprédication : « Parmi les Latins, dit-il, saint Ber- « ture que de l'art : il est orné et agréable, et

nard m'entraine; il sait me réveiller par sa « il sait émouvoir. » Mais en voulant prouver 1 Extraite de Mabillon.

un point dont personne ne doute, je crains 2 Savant jésuite belge, ami de Juste-Lipse (1573-1646). d'omettre des points plus utiles. Je dois donc

et

chercher : 1° Pourquoi saint Bernard parlait conférences. La preuve en est dans ces sermons à ses religieux plus souvent que ne l'exigeait si nombreux du Temps, sur les Saints, sur Dila règle de son ordre : 2° En quel temps, à vers sujets; dans les remarquables sermons sur quels jours, à quelles heures il s'acquittait de le Cantique, sans parler de ces petits discours, cet emploi : 3o En quelle langue? 4o Enfin quels et de ces pensées qui étaient comme l'esquisse principes de la vie chrétienne et de la vie reli- de ses grands discours. Les idées qui lui vegieuse il inculquait de préférence à ses disci- naient à l'esprit et qu'il ne pouvait exposer ples. J'ajouterai quelques observations desti- aussitôt, il les notait sur des tablettes de cire, nées soit à exposer certains points de doctrine, pour les développer à l'occasion et à loisir, soit à distinguer les sermons authentiques du C'est ce que nous rapporte Ernald au 2e livre saint Docteur d'avec les sermons supposés. de la Vie du Saint, no 51. « L'homme de Dieu

Quels jours l'usage voulait-il qu'on fit un « dictait et quelquefois écrivait sur des tabletsermon dans le Chapitre? Les coutumes de « tes de cire, pour ne pas laisser échapper les Citeaux, au chapitre lxvii, indiquent Noël, l'E- « choses que le ciel lui inspirait. >> piphanie, les Rameaux, Pâques, l'Ascension, Il prêchait tantôt le matin, après Prime et la Pentecôte, toutes les fêtes de la sainte Vierge, avant le travail commun, ou avant la Messe; la Nativité de saint Jean-Baptiste, saint Pierre tantôt le soir. « Je crains d'être repris, dit-il et saint Paul, la Solennité de saint Benoit, la dans le 10° sermon sur le psaume 90 : Car Toussaint, et le premier Dimanche de l'Avent.

notre grand et commun abbé saint Benoit n'a Il n'y est pas fait mention, que je sache, des pas assigné cette heure à l'Instruction mais au fètes ordinaires, ni des simples féries où saint travail des mains. » Et à la fin de son premier Bernard prêchait cependant souvent. Aussi sermon sur saint Michel il indique que l'heure dans le premier sermon de la Septuagésime il de la Messe approche : « Mais l'heure presse, et dit : « Je vous parle fréquemment, et même il nous faut aller à la Messe. » (Voir aussi sercontre l'habitude de notre Ordre. »

mon 1er sur la Toussaint, no 3.) — Que ces serIl y a deux raisons de cette conduite d'un mons aient souvent eu lieu le soir on en trouve homme si religieux et si zélé d'ailleurs pour la preuve dans le 1er Serm. sur saint Malachie la discipline régulière. La première est le n° 8 : « Le jour baisse, et j'ai parlé plus longuecommandement des Abbés de l'Ordre qui « ment que je n'avais espéré le faire; » (38• serm. avaient imposé ce travail spirituel à saint sur divers sujets n° 3,) - « Il faut s'en aller : Bernard, incapable du travail manuel. Il le « Déjà nous avons entendu la cloche, et l'heure dit lui-même, à la fin de son 10° sermon sur « de la prière du soir est venue. » (Voir aussi le Psaume 90 1. Ce fut là pour lui l'occasion les Serm. sur le Cant. des Cant. passim.) et le motif qui le portèrent à expliquer ce Saint Bernard a-t-il prononcé ses sermons Psaume aux féries du Carême, explication en latin ou en langue vulgaire ? C'est une qu'il poursuivit autant que les affaires et les question difficile à décider. A ces entrevisites le lui permirent. Ce double empèche- tiens assistaient des frères lais, illettrés, étranment le détournait quelquefois de ces prédi- gers à la langue latine, qui ne connaissaient cations que lui rendaient chères et l'autorité que la langue vulgaire, appelée langue romane des Abbés de l'Ordre et son zèle pour l'avan- dans les écrivains du temps, (histoire de Nicement de ses religieux. (5* Serm. pour le Ca- thard : Vie de saint Adalard par Gérard : Chrorême no 1. – 8. Serm. sur le Ps. 90.) Cepen- nographe de Saint-Trond 1,) et en teuton, landant malgré ces obstacles, les sermons étaient gue wallonne. Pierre, clerc du roi Louis le encore assez fréquents pour lui faire redouter Jeune, écrivant à l'abbé de Lagny 2 : « On que ses religieux ne les trouvassent fastidieux. m'a envoyé d'Angleterre, dit-il, un enfant « Je crains une chose, dit-il au 2° Serm. sur mon parent pour apprendre le roman, » c'estsaint Pierre et saint Paul, c'est que la parole à-dire le français vulgaire. Ceux qui savaient du salut si souvent entendue ne perde pour vous cette langue n'entendaient pas pour cela le de son prix. » (Voir aussi Serm. 35• sur le latin, ni au neuvième siècle, encore moins Cant. des Cant. no 9.)

au onzième : preuve la vision de Flotilde ou Saint Bernard nous indique lui-même en Clotilde où on reproche à certains prêtres différents endroits le temps où il traitait « de ne pas comprendre ce qu'ils lisaient 3. >> ainsi des choses spirituelles. Il ne laissait Si donc ces frères illettrés assistaient aux guère passer un jour (à moins d'empêche- sermons de saint Bernard il est invraisemment), sans avoir avec ses religieux une de ces blable qu'il les ait prononcés en latin. Il est bien vrai qu'au couvent des Feuillants de Paris ainsi qu'aujourd'hui, comme il résulte de la on trouve les sermons du temps écrits en fran- lettre 67° de saint Bernard aux moines de çais, et probablement à l'époque même du Flay, au diocèse de Beauvais, et dans laquelle Saint, comme l'indiquent le manuscritet l'an- il dit qu'eux et les religieux de Clairvaux n'ont cienneté du langage. Dans sa 17° lettre à Pierre, pas la même langue. cardinal-diacre, saint Bernard déclare que ses Tel était alors l'état des choses : cependant Sermons ont été recueillis dans le style de ses nous pensons que les Sermons de saint Berdisciples, comme s'il voulait dire, qu'ils n'ont nard ont été composés, prononcés et recueilplus leur style primitif, mais qu'ils en ont reçu lis en latin. La première preuve en est dans un autre. Voici ses paroles : Quelques frères ont cette habitude continuelle de jouer sur les recueilli dans leur style quelques-unes des choses mots latins : la seconde dans la ressemblance que j'ai dites. Même langage à la fin de la let- du style de ces Sermons avec celui des autres tre 18. D'où on infèrera peut-être que saint écrits et Traités du Saint. Ajoutez qu'à cette Bernard a parlé l'idiôme de son pays, pour se même époque les Chartreux, qui recevaient faire entendre des frères lais, et qu'ensuite ses aussi des frères lais, se servaient du latin dans disciples ont traduit ses discours en latins. les Sermons qu'on leur adressait, usage qu'ils

· Nous avons cru devoir retrancher la plupart de ces cita- · Abbaye dans le Limbourg. 2 Seine-et-Marne. tions, qu'on peut retrouver aisément.

3 Duchesne, t. IV, p. 472.

Que ces frères ignorassent, le latin il est fa- gardent encore aujourd'hui. D'ailleurs on doit cile de l'établir. Ils étaient admis au chæur, juger des autres Sermons de saint Bernard mais ne portaient pas la tonsure cléricale, et comme de son exposition sur le Cantique : or, ils étaient complétement distincts des frères les Sermons qui forment cette exposition ont Convers. (Voir Vie de S. Ber., liv. VII, c. XXIII.) été écrits dans la langue où ils ont été proIl y en avait qui ne savaient pas même l'alpha- noncés. (Serm. 54, n° 1.) Le saint l'affirme en bet, au témoignage de Jean l'Ermite, dans sa ces termes : Ceci a été écrit comme il a été dit et lettre à Pierre de Tusculum, au sujet de la recueilli, ainsi que nos autres discours, afin de Vie de saint Bernard : Un moine, dit-il, ami retrouver plus facilement ce qui aurait échappé sincère du vénérable abbé, se promenait avec un à la mémoire. frère nommé Humbert, dans un petit bois près de Ce passage résout l'objection tirée plus haut Clairvaux : il tenait le livre des Miracles du saint de la lettre 18* et où il est dit, que quelques Père, et les lui exposait en langue romane, pour frères qui assistaient aux discours de saint son édification personnelle et pour celle du frère. Bernard les ont recueilli dans leur style ; ce Pourquoi cet emploi du roman ou français, si qui veut dire, avec la plume, par écrit et non ce frère avait su le latin? Ce n'était pas seule- pas à leur façon. Ainsi Nicolas de Clairvaux, ment à Citeaux, mais chez tous les autres moi- (lettre 39) déclare que sa main ne peut plus tenir nes qu'on recevait ces sortes de frères. Aussi le stylet (la plume). Il faut entendre dans ce sens Geoffroy, abbé de Vendôme (liv. III, lettre 9'), ce mot de la lettre 304°: Que celui qui lit recon. parle d'un frère qui était laïc et qui ne parlait naisse mon style, car j'ai dicté moi-même. Le pas le latin qu'il n'avait jamais appris, mais style c'est ici l'écriture personnelle, et dicter se qui ne parlait que sa langue maternelle. Nous prend pour écrire. Ainsi on lit encore à la fin ne nous occupons pas ici des frères Convers : de la lettre 310 : J'ai dicté ces choses, afin que les mêmes arguments qui militent en faveur ma main bien connue vous soit une preuve de des précédents, établissent aussi qu'ils étaient mon affection. Rien de plus clair, car ce n'est étrangers au latin. Ceci est confirmé par Her- pas le style du discours, c'est l'écriture qui rébert, au livre ser des Miracles de Clairvaux, vèle la main. A ces raisons on peut encore chap. xvi, et il y fait mention d'un Convers ajouter l'autorité de Guillaume, au livre le de arrivé à la mort qui se mit à parler latin la Vie du Saint, n° 72. C'est ce qu'attestent ditsans l'avoir jamais appris. On peut donc affir- il, des écrits sortis de sa main, ou les choses que mer, en thèse générale, que l'usage du latin d'autres ont transcrites après les avoir recueillies n'était pas vulgaire, bien que les actes publics de ses lèvres. Tout cela nous porte à croire que fussent généralement rédigés dans cette lan- les Sermons de saint Bernard ont été prononcés gue. Pierre le Vénérable (liv.IV, lettre 18 ) écrit dans la forme où il nous sont parvenus, et au Pape Célestin qu'il a reçu la lettre relative que le manuscrit des Feuillants n'est qu'une à son élection, qu'il l'a lue en chapitre, et qu'il traduction et non un original. D'ailleurs ce l'a expliquée aux lettrés et aux illettrés que nous manuscrit que je crois un autographe, n'est appelons Convers, dit-il, ce qui veut dire qu'il pas antérieur à la mort de saint Bernard; c'est l'a expliquée en langue vulgaire, soin inutile ce qu'établit le titre où Bernard est qualifié si tous les religieux avaient entendu le latin. de Saint. A plusieurs reprises s'adressant à ses Du reste, chaque province avait son idiôme, 1 Aujourd'hui Saint-Germer.

auditeurs, il les dit versés dans les saintes qu'il parlait la langue maternelle, la langue lettres. (3. Serm. sur saint Pierre et saint Paul, française. Le moine Philippe (Miracles de saint n° 60 : Serm. 7, sur le Ps. 90: Pour Pa- Bernard, liv. VI, no 16) dit en effet qu'il parlait ques, n° 10: - Serm. 4, pour Noël, 1.) Ce qui aux Allemands, en roman, c'est-à-dire, en frandonne à entendre que les auditeurs étaient çais. Ekkehard le jeune, dans son livre des lettrés et savaient le latin.

Événements du couvent de Saint-Gall, parlant Ce sentiment n'est pas ébranlé, par l'objec- d'un moine illettré du neuvième siècle dit : tion tirée des frères lais : on leur adressait Tutilon s'adressa d ses compagnons en latin, afin peut-être des instructions plus familières, s'ils de n'être pas compris de celui qui ne l'entendait n'assistaient pas avec les Convers à un cha- pas. Il en était de même des Anglais, puisque pitre particulier qui, d'après les usages de pour eux, au neuvième siècle, Alfred fit tral'Ordre, se tenait tous les dimanches et en duire en Saxon, le Pastoral de saint Grégoire langue vulgaire. Cependant la lettre 24 de et l'Histoire de Bède. On fit, à la même époque, Nicolas de Clairvaux, dont on parlera plus et pour la même raison, des versions de l'Ebas, donne lieu à certaines difficultés.

vangile et de la Règle de saint Benoit, en lanDans ces exhortations, soit aux Convers, soit gue allemande. aux étrangers, soit aux séculiers, le saint Doc- Mais je m'arrête peut-être trop longtemps teur usait certainement de la langue vulgaire. sur ces questions. Je le regrette d'autant Au nombre des premiers était ce convers mou- moins, que ces détails relèvent le zèle et les rant, que saint Bernard exhortait à la con- services apostoliques de notre Saint. Dans ses fiance et qui lui répondit : Je suis assuré de la Sermons, au rapport de Geoffroi, il employait miséricorde de J.-C. Repris par le Saint il les écritures avec tant de facilité et d'd-propos, ajouta : Si ce que vous nous avez si souvent

qu'on aurait cru qu'il en devinait le texte au lieu inculqué est vrai, à savoir que le royaume de le suivre; il les pliait comme il le voulait, de Dieu s'obtient, non par la noblesse du sang, obéissant à la seule inspiration de l'Esprit-Saint, ni par les richesses terrestres, mais par la leur auteur. seule vertu de l'obéissance. J'ai retenu cette Maintenant il n'est peut-être pas inutile de maxime comme un abrégé venu de Dieu rechercher les principes relatifs à la vie remême 1. Saint Bernard prêchait donc les Con- ligieuse que saint Bernard puisait dans les vers, le dimanche, en un chapitre particulier, Écritures et recommandait à ses religieux. Un selon les antiques définitions de Citeaux. (Dis- des plus importants, c'était de se considérer, tinct. 14, chap. iv.)

avec l'Apôtre, comme des étrangers ici-bas. Il ne refusait pas sa parole aux séculiers ni

C'est ce que prouvent deux passages, l'un tiré aux étrangers, quand l'occasion ou la charité le du 1er Sermon sur l’Epiphanie (no 1), l'autre demandaient. Il s'efforça toujours d'être utile au du 4o Sermon sur le Carême. (no 1.) peuple de Dieu, dit Geoffroi (Vie de s. Bern. liv. Un autre principe de saint Bernard, c'est III, n° 8), mais ne voulut jamais lui commander. qu'il importe aux moines, et à toutes les âmes Il ne sortit que rarement pour prêcher, et encore désireuses d'arriver à la vertu, d'oublier le dans les lieux voisins du monastère. Mais quand passé, comme l'Apôtre, et de marcher en avant. la nécessité l'y engageait, il semait son pain sur (Serm. 2°, sur la Purific. — Serm. 4, sur le les eaux, annonçant en particulier et en public Ps. 90, n° 3.) Il aimait à répéter qu'il était imla parole de Dieu. Ce qu'il faisait souvent sur portant pour la perfection, quand on avait l'ordre du souverain Pontife, et sur le désir des rempli tous ses devoirs, de s'estimer des serEvéques qu'il rencontrait. Le même historien viteurs inutiles, ce qui équivaut à oublier ce raconte ce qui lui arriva en Allemagne, lorsque qu'on a laissé derrière soi. Un troisième prinsur l'ordre d'Eugène III, il y prêcha la croi- cipe, c'est de craindre sans cessé de perdre la sade. Le lait et le miel étaient sous sa langue : grâce. (Serm. 5, pour la Touss. n° 1: — Serm. c'est pourquoi les Allemands l'écoutaient avec 1, pour l'Epiph. n° 5; 8-9 : - Serm. 54, sur un attachement admirable : et ses discours, qu'ils le Cant. no 9.) ne pouvaient entendre, puisqu'ils appartenaient A ces principes de saint Bernard, ajoutonsà une autre langue, édifiaient leur dévotion, mille en un quatrième fréquemment recommandé fois mieux que les discours les plus intelligibles, par lui, c'est de fuir l'ingratitude envers comme le prouvaient et les poitrines meurtries, Dieu, et de le remercier vivement de nous avoir et les larmes répandues. (Geoff., ibid. no 7.) arrachés aux orages du siècle. (Serm. sur les

Si les Germains, hommes d'une autre langue, sept Miséricordes, pour le 6° Dim., après la ne pouvaient entendre saint Bernard, c'est Pentec., no 2:--Serm. 27, sur div. sujets, no 6.) 1 Vie de saint Bernard, liv. VII, ch. xxyi,

La Doctrine contenue dans tous ces Sermons,

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