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AU BUREAU DU CONSERVATEUR,
CHEZ LE NORMANT FILS, ÉDITEUR,
RUE DE SEINE ,

N° 8.

NI. DCCG. XYLII.

AP 20 'C76

vil

IMPRIMERIE DE LE NORMANT, RUE DE SEINE. A MONSIEUR LE VICOMTE

DE CHATEAUBRIAND.

MONSIEUR LE VICOMTE,

Vous savez mieux qu'un autre avec quelle fureur on recoinmence à proclamer les principes qui depuis trente ans ont fait tant de mal à la France. C'est pour opposer une digue à ce torrent que j'ai le projet de publier un Ouvrage qui, sous le titre du Conservateur, paroîtra à des époques indéterminées. Les rédacteurs de cet ouvrage, en conservant les saines doctrines, s'attacheront à combattre plutôt les choses que les hommes, comme le plus sûr moyen de faire triompher les bonnes opinions.

Le succès de cette entreprise, M. le Vicomte, seroit assuré, si je pouvois espérer que vous et vos amis vous voulussiez bien y concourir. Si vous aviez même l'extrême bonté, dans un

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moment de loisir, de me tracer le plan que je dois suivre pour donner au Conservateur l'importance qu'il doit avoir, vous me rendriez un véritable service.

Si ma prière vous paroissoit indiscrète, je vous prie de l'excuser en faveur du dévoucment que je vous ai toujours montré, et plus encore du zèle que l'on m'a connu en tout teinps pour la cause royale.

J'ai l'honneur d'être avec respect,

M. LE VICOMTE,

Votre très-humble et très

obéissant serviteur.,
LE NORMANT, FILS.

1

Ce 30 septembre 1818.

- M. le vicomte de Chateaubriand a bien voulu nous honorer de la réponse qu'on va lire, et nous permettre de la publier.

Paris, ce 5 octobre 1818.

Il n'y a pas de douie, Monsieur, que je ne sois toujours prêt à vous obliger : vous m'avez, à diverses époques , donné tant de preuves de dévouement, qu'il est trop juste que je vous en tienne compte.

Rien de plus utile que votre entreprise : elle donnera à ce qu'on appelle l'opinion royaliste, un organe qui lui a manqué jusqu'à présent. Les diverses opinions qui partagent la France ont trouvé moyen de se faire entendre : l'opinion ministérielle domine les gazettes censurées; l'opinion indépendante règne dans une sorle de journal irrégulier; des opinions d'une nature encore plus prononcée ont des feuilles qui les

il n'y a que l'opinion royaliste qui ne sait où se réfugier. A peine trouve-t-elle un abri dans deux excellens journaux, mais qui, harcelés par la censure, et obligés de recevoir des articles ofliciels, sont à chaque moment en danger d'ètre supprimés pour les phrases mèmes que la censure a laissé

propagent;

passer. Arant donc à soutenir et les assauts ministériels et les allaques des indépendans, l'opinion roya

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