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la campagne que les Anglais ont faite en Espagne. Il n'est bruit dans le monde que de cette campagne et du général qui l'a dirigée. En quoi donc fait - on consister la gloire de cette campagne et de ce général? La péninsule délivrée par lord Wellington est-elle mieux gouvernée, plus libre, plus heureuse? Il semble que cet illustre guerrier n'ait combattu que pour la cause du fanatisme, de l'ignorance et de la barbarie. Je cherche le fruit de ses triomphes, et je ne vois que l'inquisition, le despotisme et la féodalité relevant leurs têtes hideuses au milieu des ruines dont ses armées ont couvert la péninsule.

D.....R.

I II. PARTIE.

DES JOURNAUX.

JOURNAL DE PARIS.

Le journal de Paris,

journal de Paris, ainsi que tous les autres journaux, est un instrument ministériel; mais ce qui le met hors de ligne, c'est une modération et une certaine indépendance d'idées qui inspirent la confiance et l'intérêt. C'est presque la seule feuille périodique qu'on puisse lire sans dégoût. Ses rédacteurs paraissent avoir adopté pour principe de ne point séparer le gouvernement de la constitution, et l'autorité du prince de celle des lois. Voilà ce que les royalistes purs, ou ou plu

tôt les véritables factieux, appellentun Journal d'opposition.

Ils font beaucoup trop d'honneur au Journal de Paris, qui ne s'oppose à rien, et qui ne montre une sorte de courage que dans la défense des principes consacrés par nos lois. On savait cependant quelque gré aux ministres de souffrir cette censure indirecte de leurs aetes inconstitutionnels; cette tolérance était un argument dont leurs défenseurs auraient pu tirer parti dans l'occasion. Mais un évènement qui s'est passé au commencement de décembre leur enlève cette ressource; et il est peut-être pardonnable de penser que le pouvoir ministériel commence à perdre toute esFéce de pudeur, et se croit assez fort pour braver l'opinion publique et la justice.

Il paraît qu'un des rédacteurs du journal de Paris avait été trompé sur le véritable sens de la proposition que le maréchal duc de Tarente a faite la chambre des Pairs, concernant les secours à accorder aux émigrés dont les biens, ont été vendus, et aux militaires dont les dotations de 500 fr, à 2000 fr. restent supprimées par l'effet du dernier

traité de paix. L'article inséré dans le journal de Paris portait que l'armée offrait, par Porgane du duc de Tarente, un fonds de douze millions pour indemniser les émigrés qui ne pouvaient espérer la remise de leurs propriétés aliénées. Cette erreur était grave, sans doute; et il s'agissait de la réparer. La chambre des pairs avait droit d'exiger cette réparation.

la

Le moyen le plus naturel de détruire l'im pression d'une fausse nouvelle et de la faire rétracter par le journal même qui l'a répandue. Comme il y a un nombre considérable de personnes qui ne lisent que feuille à laquelle elles sont abonnées, leur opinion ne peut être rectifiée d'une manière plus efficace. Ce moyen ne s'est pas présenté à l'imagination de ceux qui ont la direction arbitraire des journaux. Ils ont suspendu le journal de Paris.

On pouvait leur représenter que le rédacteur n'avait eu aucune mauvaise intention, qu'une erreur n'est pas un crime, surtout lorsqu'il est si facile de la détruire; que cette mesure rigoureuse frappait sur les

propriétaires du journal et sur les abonnés qui étaient innocens de l'erreur commise; enfin qu'il n'y avait aucune proportion de la peine au délit. Nous ignorons si ces représentations ont été faites; mais ce que nous pouvons affirmer, c'est que les hommes sages, quelles que fussent d'ailleurs leurs opinions, ont vu dans la suspension prononcée, non un acte de justice, mais un acte de vengeance. Ils ont pensé qu'on punissait le journal et non le rédacteur.

On a dit: La Quotidienne, dont la haine pour les principes constitutionnels est bien connue, a publié des articles incendiaires qui` 'méritaient une sévère punition; cependant elle a été épargnée. Elle continue à souffler tranquillement le feu de la discorde et à répandre le poison de la calomnie, sans craindre ni les reproches, ni la suspension. Le journal des Débats a manqué grièvement à la chambre des députés, et a insulté un de ses membres les plus respectables ; le rédacteur coupable de cette indécente agression n'a éprouvé d'autre désagrément que celur d'être porté à une place qui lui assure-six

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