Page images
PDF
EPUB

parler d'aucune affaire. Après quelques discours indiffé, rens, Sa Sainteté me donna sa main à baiser, el me congédia. De retour à Paris, le 21, je rendis compte au ministre, qui m'avoit engagé à aller à Fontainebleau, du résultat de mon voyage, et je ne m'en occupai plus. Plusieurs de mes collègues dans l'épiscopat obtinrent aussi la liberté d'aller à Fontainebleau, non pas pour presser Sa Saintèlé de faire des sacrifices, comme l'assure la relation publiée dans la Gazetle de France, mais dans la seule vue de présenter au saint Père l'hommage de leur profond respect et de leur dévouement.

Le 16 janvier 1814, j'ai pris congé, comptant partir pour Bourges, le jeudi 20. Le 18, je reçus une lettre du même ministre avec qui j'avois conféré, le 16 décembre, et invitation de me rendre chez lui. Après une conversation assez longue, il me renit un projet de traité et un modèle de lettre à écrire à Sa Sainteté, pour me legitimer auprès d'elle. Dans ce projet, dont j'ai conservé la minute, on rendoit au saint Père ses Étals, el on n'exigeoit de lui aucune cession. Je puis l'attester, et même le prouver par l'inspection des pièces. Le 19, je me rendis à Fontainebleau, au château , où j'occupai un appartement. Le 20, je fis remettre au saint Père, par M. l'archevêque d'Edesse, la lettre dans laquelle je lui exposois l'objet de mon voyage. J'obtins audience á onze heures et demie. Sa Saintelė me reçut avec sa bonté accoutumée, et me dit qu'elle ne pouvoit entendre à aucun traité, puisque la restitution de ses Etats étoit un acte de justice, et ne pouvoit devenir l'objet d'un traité; que d'ailleurs, tout ce qu'il feroit hors de ses Etats. paroîtroit l'effet de la violence, et seroit un scandale pour le monde chrétien. Dans la suite de la conversa tion, le saint Père me dit que tout ce qu'il demandoit étoit de retourner à Rome, le plutôt possible ; qu'il n'avoit besoin de rien, et que la Providence le conduiroit. Je lui fis quelques observations, particulièrement“ sur la rigueur de la saison; mais il me répondit qu'au

[graphic][ocr errors][ocr errors][ocr errors][subsumed]

can obstacle ne l'arrêteroit. C'est dans cette audience que Sa Saintelé me dit ces paroles, qui me sont trèsprésentes : Il est possible que mes péchés ne me rendent pas digne de revoir Rome; mais soyez assuré que mes successeurs auront tous les Etats qui leur appartiennent, Toate ce qui est de plus dans la relation de la Gazette de France , est destitué de fondement.

Après avoir demandé au saint Père la permission de me présenter le lendemain , je me retirai , et je fis partir une estafette pour le gouvernement, rendant compte de mon entretien avec Sa Sainteté, et insistant beaucoup sur le désir qu'elle témoignoit de partir pour Rome. Le 21, je me rendis auprès du saint Père, vers midi; la conversation roula sur des objets indifférens, et sur le temps où nous avions été ensemble à Rome. En me retirant, et annonçant mon départ pour le lendemain, je demandai à Sa Sainteté sa bénédiction, et je lui dis que j'espérois que son départ seroit prochain, et que j'avois écrit pour l'accélérer. Elle répondit que c'étoit tout son désir, et ajouta ces paroles, qui donnent une juste idée de sa piété et de la douceur de son caractère : Assurez l'empereur que je ne suis point son ennemi; la religion ne me le permettroit pas : j'aime la France ; et lorsque je serai à Rome, on verra que je ferai tout ce qui sera convenable. Après avoir rempli auprès du saint Père tout ce que le respect le plus filial exigeoit de moi ; et en avoir reçu des témoignages de bonté, j'oserois presque dire d'affection, je me retirai. Je fis des visites à tous les cardinaux logés dans le palais : je dînai, le 19,

le 20 et le 21, avec eux; mais n'étant pas chargé de conférer avec leurs éminences, la conversation a toujours été indifférente. Je suis parti, le 22, à sept heures du matin : j'ai rencontré dans la ville trois voitures se dirigeant vers le palais, et j'ai su depuis qu'elles étoient destinées ponr le départ de Sa Saintelé. Les événemens qui ont suivi me sont parfaitement étrangers. Cette relation, dont je garantis l'exactitude, sera

[merged small][merged small][ocr errors][ocr errors][ocr errors][merged small][merged small][merged small]

parler d'aucune affaire. Après quel;
rens, Sa Sainteté me donna sa maino
congédia. De retour à Paris, le 21,
ministre, qui m'avoit engagé à aller
du résultat de mon voyage, et je ne na
Plusieurs de mes collègues dans ler
aussi la liberté d'aller à Fontainebi.
presser Sa Saintèlé de faire des sacri
sure la relation publiée dans la Guzei
dans la seule vue de présenter au sú
de leur profond respect et de leur dé.

Le 16 janvier 1814, j'ai pris co?
pour Bourges, le jeudi 20. Le 18, j
même ministre avec qui j'avois conf
et invitation de me rendre chez lui
sation assez longue, il me remit u
un modèle de lettre à écrire à Sa:
gitimer auprès d'elle. Dans ce pro
la minute, on rendoit au saint:
n'exigeoit de lui aucune cession,
même le prouver par l'inspection
me rendis à Fontainebleau, au c!
appartement. Le 20, je fis reme
M. l'archevêque d'Edesse, la lc
exposois l'objet de mon voyage.
heures et demie. Sa Saintelé ;
accoutumée, et me dit qu'elle
aucun traité, puisque la resti:
un acte de justice, et ne pou
traité; que d'ailleurs, tout cer
paroîtroit l'effet de la violen..
pour le monde chrétien. Di
tion, le saint Père me dit q
étoit de retourner à Rome ,
n'avoit besoin de rien,' et que
roit. Je lui fis quelques ob
sur la rigueur de la saison;

[merged small][merged small][ocr errors][merged small][merged small][merged small][ocr errors][merged small][merged small]
[merged small][ocr errors]
[ocr errors]

...arrands-vicaires, pendant la vacance du

. varole : il a parlé dignement de la piété * la joie du clergé, de la longue viduité de **18, et des maux de l'Eglise en général, uuicieusement ajouté, dont la durée a été ont de V. M. Le Roi a répondu : Je reçois

satisfaction la délibération du chapitre. ved jour anniversaire soit à l'avenir un viheur pour tous les François. Je met

à vous donner un archevêque digne de *. l'abbé Jalabert a eu ensuite l'honneur - la duchesse d’Angoulême au nom du té la France d'avoir recouvre une Prin

les qualités de ses plus vertueux an-
? répondu , qu'elle étoit heureuse de se
u des François, et elle s'est recomman-

de MM. du chapitre.
que les ecclésiastiques et prélats détenus
·les souffrances desquels nous avons rap-
ment une lettre authentique et touchante,

vré la liberté. Leur premier soin , en ar-
ne, a été de se rendre processionnellement

remercier Dieu de leur délivrance.
aux Fabrice, Ruffo et Joseph Doria, sont

à la fin d'avril, pour retourner à Rome.
voir bientôt de cette capitale du monde
ouvelles de l'arrivée du Pape.
il au 2 mai, les cardinaux Scotti, Litta
Somaglia, Oppizoni et Coņsalvi, ont passé
ndant à Rome.

ne pouvons asséz admirer les dispositions idence dans le soin qu'elle semble prendre

e, et dans les ressources inespérées qu'elle lui 1 y a eu plus d'un moment où l'on s'est cru le voir cet établissement tomber faute de fonds, oyer les jeunes gens chez leurs parens. Mais fois, quand la prudence humaine croyoit tout

[graphic]

mise aux pieds de Sa Sainteté, dont j'invoque le fémora gnage sans crainte d'être désavoué. La relation insérée dans la Gazette de France, porte que plusieurs cardi-, naux ont témoigné le désir que les détails qu'elle contient fussent connus. Je puis cependant prouver qu'un cardinal, à qui on lisoit la relation de la Gazelte de France, disoit à tous les articles : Non è vero. J'ai cité les paroles prononcées par Sa Sainteté, parce qu'elles sont l'expression de son coeur, qui, au milieu de ses souffrances, a toujours conservé la douceur la plus inaltérable. J'ai d'ailleurs entre les mains toutes les pièces de la négociation, et je puis les montrer quand on le voudra, Paris, le mai 1814.

* ÉTIENNE, évêque de Plaisance.

NOUVELLES ECCLÉSIASTIQUES. PARIS, 8 mai. Dimanche dans l'octave de l'Invention de la Sainte-Croix, M. de Boulogne, évêque de Troyes, a officié pontificalement dans l'église Saint-Roch, où il y a, comme l'on sait, les stations du Calvaire. C'étoit la première fois que ce prélat paroissoit en public après sa délivrance. M. Marduel, curé de Saint-Roch, l'a reçu à l'entrée de son église, et lui a adressé un discours où il a célébré l'éloquence de l'orateur et le courage du Pontife. Après la célébration des saints mystères, M. l'évêque de Troyes a passé dans la salle de la fabrique, où M. "Billecocq, président du conseil général de la fabrique, a aussi harangué le prélat. Il a retracé ses honorables souffrances, et le prix glorieux qu'il en recueille dans le respect des fidèles. Les bornes de cette feuille pouvoient seules nous priver du plaisir de les reproduire ici.

Le 11 mai, le chapitre métropolitain de Paris a été présenté au Roi. Il a prié S. M. d'agréer la délibération qu'il avoit prise de célébrer tous les ans l'anniversaire du jour où le Monarque étoit venu consacrer, dans la Basilique de Notre-Dame, les prémices de son règne. M. l'abbé

« PreviousContinue »