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Le Roi désire, M. l'évêque, qu'à cette occasion, comme dans toutes celles où se manifeste la protection de Dieu pour la France, vous fassiez entendre votre vois au milieu du troupeau qui vous est confié. Il est temps que la terre évangélique reprenne son ancienne et sainte liberté, et qu'on reconnoisse dans les prélats de la France les successeurs des Bossuet, des Massillon, des Bourdaloue, de ces illustres apôtres qui, inflexibles dans leur morale, autant qu'excellens dans leur génie, et invariables comme la foi même, ont toujours tenu le même langage aux Rois et aux peuples, et les ont également cilės au tribunal de celui qui juge les justices.

Instruisez, exhortez, consolez le troupeau qui vous est confié. Le Roi sait combien ses peuples souffrent; et quoiqu'il soit étranger aux fautes qui ont amené tant de souffrances, son coeur, qui n'a jamais cessé d'être au milieu de nous, n'en est pas moins déchiré. La seule main qui pût sécher tant de larmes étoit celle d'un bon Roi. Bénissons, remercions la Providence; il nous est enfin rendu. Le ministre provisoire de l'intérieur et des cultes,

BEUGNOT. - M. de Boulogne, évêque de Troyes, vient d'être désigné par S. M. pour prêcher devant elle le jour de la Pentecôte.

- On assure que l'aniversaire du service expiatoire, qui se célèbre chaque année pour les malheureuses victimes du règne de la terreur, aura lieu, le lundi 23 mai, à Picpus, en la manière accoutumée.

Enfin, S. Em. M. le cardinal Maury quitte aujourd'hui, 17 mai, le palais de l'Archevêché : on a lieu de croire que ce sera sans retour.

- Au passage du Roi par Saint-Denis, D. Verneuil, ancien prieur de l'abbaye, el actuellement curé de la paroiese, a eu l'honneur de haranguer S. M.

LIÉGE, 2 mai. Notre cathédrale a célébré hier la

délivrance du souverain Pontife par une messe et un Te Deum. Cette fête étoit bien différente des fêtes

napos Léoniennes; il n'y avoit ni ordre ni invitation de se rendre à celle-ci, et cependant, ce que l'on ne vit jamais à celles-là, l'immense vaisseau de Saint-Paul étoit plein. Le soir, le chapitre avoit fait illuminer la façade de son église du côté de la place Saint-Paul, ce qui étoit d'un très bel effet.

LIMOGES, 18 avril. - M. l'évêque a réuni, dans l'église de l'hospice, les prisonniers de différentes nations, pour les engager à témoigner leur reconnoissance au Dieu qui, donnant la paix au monde, les met en liberté et les rend à leur patrie. Une messe solennelle a été célébrée par le prélat. Après l'évangile, il a adressé lui-même la parole aux Espagnols, et leur a fait un discours en leur langue. Ensuite il a prie M. l'abbé Périgord, son vicaire-général, de parler en son nom aux Anglois, et voulant manifester ses sentimens à tous, il a suggéré à un interprète ce qu'il désiroit faire entendre aux Russes et aux Allemands. Toutes ces exhortations ont été écoutées avec une altention et un recueillement rares pour des hommes accoutumés au bruit des armes et au tumulte des camps. Ensuite le prélat a donné la confirmation à plusieurs demoiselles espagnoles, et après leur avoir fait connoître la dignité de ce sacrement et les devoirs qu'il impose, il a fait renouveler aux assistans les engagemens qu'ils prirent en le recevant, et il a profité de cette circonstance pour recommander aux Espagnols d'oublier le passé, et de ne plus former ensemble qu’un coeur et qu'une ame, comme ils ne forment tous qu'une nation. La cérémonie a été terminée par le Te Deum , à la fin duquel on a chanté le Domine, salvum fac Regem nostrum Ludovicum, par

la bénédiction du Saint-Sacrement. Ce n'est pas le premier trait du zèle de M. l'évêque de Limoges envers ceux qui ont tout sacrifié pour leur patrie; il ne se passe point de semaine qu'il ne les visite à l'hospice, Plusieurs fois il s'est rendu aux dépôts qui sont

et

dans la ville, et pour être à portée de leur faire entendre lui-même des paroles de consolation, il étudie le langage de quelques-uns. Plusieurs fois il leur a fait distribuer des secours, et il a eu soin surtout que ceux de la religion ne leur manquassent point, et qu'ils eussent pour cela des aumôniers.

que

NouveLLES POLITIQUES.
LOUIS, par la grâce de Dieu, etc.

Nous avons été affligés d'apprendre que, malgré les adoucissemens apportés dans la perception des droits réunis par l'ordonnance de notre bien-aimé frère, lieutenantgénéral du royaume, en date du 27 avril, cette perception éprouvoit, dans quelques endroits, des obstacles aussi nuisibles à l'ordre prescrit qu'à l'intérêt des finances;

Ne voulant voir encore dans cette conduite l'effet d'une impatience irréfléchie, trop prompte à saisir l'espoir d'un soulagement qu'il faut attendre de la loi, nous croyons que, pour ramener à la règle les personnes qui s'en écartent, il suffira de leur expliquer nos intentions. Notre bien-aimé frère, fidèle interprète de notre sollicitude, a pris en considération, autant qu'il étoit en lui, les réclamations élevées contre le régime des droits réunis; mais sachant que ces droits ne pouvoient être abolis sans être immédiatement remplacés par un systême mieux entendu, et que cette abolition et ce remplacement devoient être le résultat d'une loi nouvelle, il s'est borné à dégager cette imposition des accessoires circonstanciés qui tenoient le plus évidemment à une fiscalité arbitraire et gênante';

Prelendre plus qu'il n'a pu faire, et vouloir étendre sur le principal la suppression qui n'atteint que l'accessoire, c'est devancer l'autorité de la loi; et le refus de payer un impôt dont on n'est pas affranchi par elle, est une faute sur laquelle nous nous empressons d'éolairer ceux qui la commettent, afin de nous épargner la peine de la faire punir.

L'Etat a des créanciers, des fonctionnaires, des armées dont les intérêts nous sont aussi chers que ceux des contribuables. Le gouvernement a besoin de toutes ses res, sources, et ce n'est pas lorsqu'elles sont affoiblies par les malheurs de la guerre, qu'il peut en sacrifier une partie importante sans s'assurer d'un équivalent.

Ainsi le salut de l'Etat exige que toutes les lois sur les impôts existans soient respectées et maintenues, jusqu'à ce que d'autres lois procurent à nos peuples les soulagemens qu'ils réclament, et que les circonstances rendront possibles.

Nous nous proposons de changer, conjointement avec le Corps-Législatif, le système des droits réunis, afin d'écarter de l'impôt tout de qui lui ôteroit la modération d'une dette sacrée envers la patrie.

Jusque-là, nous espérons que par suite de l'amour et de la fidélité dont nos sujets nous donnent de toutes parts des preuves si touchantes, ils acquitteront exactement et paisiblement tous les impôts directs et indirects actuellement établis; que les employés préposés à leur recouvrement ne seront pas troubles dans leurs fonctions, et que les antorités chargées de les protéger n'auront à réprimer ni à punir aucune atteinte portée contre elles.

Le commissaire provisoire au département des finances, et nos commissaires extraordinaires dans les départemens, feront connoître et afficher la présente proclamation, afin que tous nos sujets connoissent nos voeux pour leur bonheur, et notre confiance en leur soumission et leur dévouement. Donné au château des Tuileries, le io mai 1814.

Signé, LOUIS. LOUIS, par la grâce de Dieu, etc.

Voulant donner un témoignage éclatant de notre satisfaction particulière aux gardes nationales de notre royaume, et notamment de notre bonne ville de Paris ayant une entière confiance dans leur zèle et leur fidélité pour notre personne,

Nous ayons ordonné et ordonnons ce qui suit

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Notre bien-aimé frère, MONSIEUR, comte d'Artois, est nommé colonel-général de toutes les gardes nationales de France.

Signé, Louis. Le Roi a nommé : M. d'Ambray, chancelier de France. (M. de Barentin conservera les honneurs de la charge);

Tous les membres du conseil d'Etat provisoire, ainsi que M. le chancelier et M. Ferrand, ministres d'Etat;

MM. de Talleyrand, ministre et secrétaire d'Etat des affaires étrangères; l'abbé de Montesquiou, ministre et secrétaire d'Etat de l'intérieur; le général comte Dupont, ministre et secrétaire d'Etat de la guerre; le baron Louis, ministre et secrétaire d'Etat des finances; le baron Malouet, ministre et secrétaire d'Etat de la marine; le comte Beugnot, directeur-général de la police; Ferrand, directeur-général des postes; Bérenger, directeur-général des impositions indirectes.

Il n'y a plus de préfet de police à Paris : M. Pasquier a quitté hier, 16 mai, cette administration ; il est nommé directeur-général des ponts et chaussées.

Le commissaire autrichien qui accompagnoit Bonaparte jusqu'à l'île d'Elbe, est de relour à Paris. Bonaparte, qui s'étoit embarqué, le 28 avril, est arrivé, le 4 mai. Il est descendu à Porto-Ferrajo, et sur-le-champ a fait arborer sur les murs et les tours de la ville, un drapeau blanc avec un liseret rose, portant trois abeilles sur un fond bleu.

On ne sait point'encore comment les habitans de l'île ont pris son arrivée. Bonaparte a donné, assure-t-on,

la commission de lui acheter, à Paris, pour cent mille écus de livres : il se propose de se livrer à l'étude, et promet de devenir, dans quelques années, l'homme le plus savant de l'Europe. Que n'a-t-il toujours fait ce métier!

M. Robert de Saint-Vincent, proviseur du Lycée de Versailles, a adressé aux élèves de cet établissement, un discours très-bien fait, sur la révolution qui vient de s'opérer. Cet ancien magistrat leur a fait sentir les avantages qui en résulteroient pour eux, surtout s'ils s'allachoient à la religion : Aimez Dieu, la Patrie et le Roi,

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