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et recouvrera tous ses domaines , dont il n'avoit été dépouillé que par l'injustice et la violence.

Il s'imprime, en ce moment, un Mandement de MM. les vicaires-généraux du chapitre de Paris, qui ordonne qu'il soit chanté, dans toutes les églises du diocèse, une messe solennelle, en actions de grâces, pour la délivrance de N. S. P. le Pape Pie VII, et de son entrée dans ses Etats.

- Le discours prononcé par M. l'abbé Duval, le jour du service funèbre à Notre-Dame, est le même que ce vertueux ecclésiastique prononcera à Saint - 'Thomas d'Aquin, le lundi 23. Il roule sur les malheurs de la révolution, et renferme des morceaux pathétiques et touchans sur les victimes qu'elle a faites. La sensibilité de l'orateur s'y montre dans des mouvemens nobles et attendrissans, mais on y voit aussi toute sa modération et la charité qui l'anime. Il y fait entendre le langage de la paix, de l'indulgence et de l'oubli des injures. M. l'abbé Duval s'est bien pénétré de l'esprit de l'Evangile, et des sentimens si bien développés par notre dernier Roi dans ce testament simple et sublime, où il s'exprime avec cet abandon, cette clémence et cette résignation qui n'appartiennent qu'à un chrétien. On croit que le désir d'entendre le discours en question, atlirera beaucoup de monde à Saint-Thomas-d'Aquin.

- Il est maintenant certain que M. le cardinal Maury a quitté l'archevêché. S. E, a eu quelque peine à déférer aux ordres qu'elle avoit reçus à ce sujet. Elle se mit en route, le mercredi matin, avec des signes non équivoques d'abattement et de chagrin. Elle monta en voiture accompagnée d'un seul valet de chambre. On dit qu'elle se rend à Montefiascone. Le frère, les neveux et les nièces du cardinal sont encore à l'Archevêché, où il n'est pas probable que leur séjour soit fort long. Ils n'ont plus de titre pour résider dans ce palais, qui est destiné, dil-on, à loger provisoirement Mime. la duchesse d'Orléans, douairière, que l'on espère voir bientôt à Paris.

-On dit que l'église de Saint-Germain-l'Auxerrois redeviendra la paroisse royale, et qu'une nouvelle démarcation lui rendra les Tuileries, qui cesseront d'être de la paroisse de la Magdeleine. La petitesse extrême de cette dernière église a probablement contribué à cette détermination, qui rétablira les choses sur l'ancien pied. S. M. a témoigné, à cet égard, son désir , qui est d'autant plus fondé, que devant se montrer à sa paroisse, en quelques occasions solennelles, elle n'auroit pu, pour ainsi dire, remplir ce devoir dans l'église excessivement étroite de la Magdeleine, autrement dite de l'Assomption,

- On fera, lundi, dans la même église de Saint-Germain-l'Auxerrois, un service solennel, pour les deux Rois et les deux Princesses , victimes de la révolution. M. l'abbé Siret prononcera l'oraison funèbre.

TROYES. Il est assez curieux de faire connoître ce qui se passa ici après la première occupation de cette ville par les alliés, quand Bonaparte y entra à la suite de l'affaire de Montereau. On a su sa cruauté à l'égard d'un chevalier de saint Louis qui avoit porté sa décoration. Mais il étoit occupé à la fois d'objets fort différens. Et cel homme qui avoit alors l'Europe sur les bras, et dont les momens étoient comptés, trouvoit encore le temps de brouiller les affaires de l'Église et de tourmenter ses ministres. H avoit à coeur que l'ecclésiastique qu'il avoit nommé az siège de Troyes, régit le diocèse en vertu des pouvoirs du chapitre. L'opposition de la meilleure partie du clergé éloit un obstacle à ses désirs. Il entreprit de la vaincre. Il manda successivement plusieurs chanoines, et il entreprit de leur prouver que M. Boulogne ayant donné sa démission, le siége étoit vacant, et le chapitre investi conséquemment des pouvoirs. En vain on lui répondit, qu’une démission donnée sous les verroux étoit nulle, et qu'elle n'avoit point d'ailleurs été acceptée par l'autorité compétente. Il employa tour à tour les caresses, l'artifice et la menace pour ébranler le chapitre. Il retint un des chanoines à diner. Il se moqua de leurs scrupules. Sur ce

qu'on lui disoit que le siége n'étoit pas vacant tant que M. Boulogne vivroit, il reprit brusquement : Eh bien, je le ferai fusiller; le siége sera bien vacant alors. Cette aimable plaisanterie fut répétée plus d'une fois, et les chanoines de Troyes purent craindre que leur attachement à leur évêque ne fût une raison pour tourmenter, de nouveau, ce prélat, et peut-être pour le faire périr. Le caractère connu du desposte justifioit ces alarmes. Plusieurs chanoines crurent pouvoir céder à l'orage, et une partie du chapitre prit une délibération pour accorder des pouvoirs à l'ecclésiastique qui avoit été nommé l'année précédente à l'évêché de Troyes. Les événemens qui suivirent, rendirent cette mesure aussi nulle par le fait qu'elle l'étoit de droit. M. Boulogne, sorti des cachots où l'avoit retenu la violence, reprit en main l'administration du diocèse auquel on l'avoit arraché. Les divisions dont l'église de Troyes étoit menacée, se calmèrent aussitôt, et l'ivraie que l'homme ennemi y avoit semée, disparut à la voix du pasteur légitime qui rentra dans tous ses droits.

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NOUVELLES POLITIQUES. Une ordonnance du Roi, du 5 mai, défend aux autorités d'obéir aux contributions ou réquisitions que quelques généraux étrangers se permettroient dans les provinces, contre les intentions des souverains alliés.

- LOUIS, par la grâce de Dieu , Roi de France et de Navarre ;

Voulant donner aux Princes de notre sang une marque de notre attachement, et aux armées une preuve de notre satisfaction ;

Sur le rapport de notre ministre de la guerre, le conseil d'Etat entendu,

Avons ordonné et ordonnons ce qui suit :
Art. 1°r. Notre bien-aimé frère, MONSIEUR, comte

d'Artois, reprendra le titre de colonel-général des Suisses.

2. Notre cousin , le prince de Condé, reprendra le titre de colonel-général de l'infanterie de ligne.

5. Notre neveu , le duc d'Angoulême, est revêtu du titre de colonel-général des cuirassiers et des dragons.

4. Notre neveu, le duc de Berry, prendra le titre de colonel-général des chasseurs et des chevau-légers lanciers.

5. Notre cousin , le duc d'Orléans, prendra le titre de colonel-général des hussards.

-6. Notre cousin , le duc de Bourbon, prendra le titre de colonel-général de l'infanterie légère.

7. Les généraux que le gouvernement précédent avoit nommés aux fonctions de colonels-généraux, auront le titre de premiers inspecteurs-généraux de leurs armes respectives, sous les ordres des princes que nous avons nommés colonels-généraux, et conserveront le traitement, les honneurs et les prérogatives dont ils jouissent en ce moment.

- LOUIS, par la grâce de Dieu , etc.

Sur le compte qui nous a été rendu par notre ministre secrétaire d'Etat de la guerre, que, par sụite d'une fausse interprétation de l'arrêté du gouvernement provisoire, du 4 avril 1814, plusieurs militaires se seroient crus autorisés à quitter leurs drapeaux pour retourner dans leurs familles , , sans avoir préalablement obtenu leur congé absolu; Voulant user de clémence envers eux ,

et en même temps faire jouir des mêmes avantages ceux qui sont restés fidèles à leurs drapeaux, et qui peuvent être susceptibles, par leur position , d'obtenir des congés ab

Sur le rapport de notre ministre secrétaire d'Etat de la guerre, notre conseil d'Etat entendu ;

solus;

Avons ordonné et ordonnons ce qui suit :

Art. 1o'. Les conscrits de la classe de 1815, qui sont sous les drapeaux, sont autorisés à rentrer dans leurs familles; ceux qui y sont rentrés y sont maintenus.

2. Tous les autres militaires en activité de service qui, par une fausse interprétation de l'arrêté du gouvernement provisoire, du 4 avril 1814, ont quitté lears drapeaux pour se rendre dans leurs familles, sans en avoir obtenu la permission légale, sont considérés comme étant en cougé limité.

3. Notre ministre secrétaire d'Etat de la guerre se fera rendre comple du nombre de militaires de chaque corps qui sont dans cette position. Il fera délivrer des congés absolus à ceux qui y ont des droits, et il fixera un terme aux autres, pour qu'ils aient à rejoindre leurs corps respectifs.

Signé, LOUIS. S. A. R. MONSIEUR est allé, le 16, à l'hôtel royal des Invalides. Il a visité avec le plus grand soin, et en donnant partout les marques da plus vif intérêt, les salles, les dortoires, la bibliothèque, l'infirmerie; il est, ensuite entré au réfectoire, où les militaires invalides réunis l'ont salué des cris de vive le Roi! vive MONSIEUR! S. A. R. a goûté la soupe, et s'est fait ouvrir le pain dont elle a examiné la qualité. Parvenu à l'extrémité du réfectoire, MONSIEUR s'est fait verser du vin, et de ce ton de franchise chevaleresque qui est son partage, il a bu à la santé des braves invalides. Les acclamations réitérées de ces dignés vétérans, les témoiguages de leur profonde émotion, la vive et unanime expression de leur dévouement au Roi et à son auguste maison, ont été leur réponse au toast du Prince, qui a parú extremement sensible à l'enthousiasme que sa présence excitoit. Il a daigné promettre de rendre compte au Roi des bons sentimen's dont il avoit reçu l'hommage, et s'est

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