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lois les plus sacrées. Il est résulté de ce conflit, que la conscience des fidèles et celle des magistrats s'est souvent trouvée exposée aux incertitudes et aux combats les plus pénibles, et que la religion, ce précieux patrimoine des Italiens, a été réduite à gémir sous le poids d'une législation qui semble avoir pour but de réduire le mariage au seul contrat civil, et à le dépouiller de l'auguste caractère de sacrement.

>> Une telle contradiction entre les lois civiles et les lois ecclésiastiques, aussi nuisible à la morale sur laquelle repose la félicité des peuples qu'à la sûreté des trônes, ne peut pas exister plus long-temps ».

En conséquence, le gouvernement général, religieux dans ses principes, sage dans ses mesures, voulant réformer le Code Napoléon dans les parties qui ne sont pas conformes à la pureté du dogme catholique et de la morale, a publié le décret suivant :

« Le gouvernement général, civil et militaire actuel, voulant prendre provisoirement quelques dispositions relatives au mariage qui lui ont paru convenables et nécessaires même dans les circonstances, a déterminé ce qui suit : 1'. Indépendamment de publications de mariage, qui, en vertu du Code civil provisoirement en vigueur, doivent être faites par l'officier de l'état civil, devant la porte de la maison commune, il en sera fait trois autres pour les catholiques, dans l'église, par le curé; et pour ceux des autres religions, par leurs papas, leurs pasteurs, leurs rabbins, etc., dans leurs temples respectifs et dans leurs synagogues; 2°. le contrat de mariage entre catholiques, ne sera valide, et les enfans ne seront légitimes, que du moment où ce contrat aura été suivi du sacrement; et, pour ceux d'une autre religion, que du mo. ment où ce même contrat aura été suivi des cérémonies prescrites par leurs cultes respectifs; 3o. le divorce légalement prononcé, pour quelque cause que ce soit, ne produira point, pour les catholiques, la dissolution du contrat de mariage, mais seulement la séparation

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personnelle et les effets de cette séparation; 40. les fils et les filles de deux sexes, auxquels le consentement de leurs ascendans est nécessaire pour contracter le mariage, pourront, en cas de refus, présenter leurs réclamations fondées au gouvernement, qui prononcera. Les présentes déterminations auront leur exécution à compter du 1er. ayril prochain».

NOUVELLES POLITIQUES. Une ordonnance du Roi réunit le ministère de la police générale et la préfecture de police de Paris, sous le titre de direction générale de la police du royaume.

Une autre ordonnance donne aux généraux de brigade l'ancien titre de maréchaux de camp; et aux généraux de division, celui de lieutenant-généraux.

- M. le duc d'Orléans est arrivé à Paris, le 17 mai, et est descendu à l'hôtel Grange-Batelière, en attendant que tout soit disposé pour le recevoir dans le palais de ses pères.

Mme. la duchesse de Bourbon, née princesse d'Orléans, est arrivée à Perpignan, le 9 mai, venant de Figuières. S. A. a été reçue avec les plus grands honneurs, et le peuple a fait éclater sa joie de voir une personne de cette famille exilée depuis si loug-temps, et qui se relève de ses ruines, plus brillante et plus aimée que jamais.

MM. d'Ambray, de Montesquiou et Ferrand ont été chargés de rédiger un projet de constitution, qu'ils mettront sous les yeux du Roi.

La commission du Corps-Législatif, nommée par le Roi pour l'examen de la nouvelle constitution, est composée de MM, Lainé, Félix - Faulcon, ChabaudLatour, de Bois-Savary, Duhamel, Duchesne de Gillevoisin, Faget de Baure, Clauzel de Coussergue et Blancart de Bailleur. Mgr. le chancelier de France a adressé aujourd'hui à chacun de ces membres la lettre suivante:

« Le Roi, Monsieur, vous a nommé pour l'un des membres de la commission destinée à concourir au tra. vail important qui devra être mis sous les yeux du Sénat et du Corps-Législatif, conformément à la déclaration du 2 mai.

» J'ai l'honneur de yous prévenir que la commission se réunira, dimanche 22, à deux heures, à l'hôtel de la chancellerie. Je me félicite, Monsieur, d'être auprès de vous l'organe des volontés du Roi. Je suis persuadé que le corps auquel vous appartenez verra avec plaisir, dans la nomination de la commission, que ce travail préparatoire ne pouvant être fait que par un petit nombre d'individus, le choix de S. M, s'est porté sur des membres qui avoient tous reçu, dans diverses circonstances, des témoignages mérités de la confiance de leurs collègues.

» Řecevez l'expression des sentimens avec lesquels je Tous suis, Monsieur, bien sincèrement attaché ».

D'AMBRAY.

-La commission de Sénateurs choisie par le Roi pour le même objet, est composée de MM. Barthelemy, Serrurier, Barbé-Marbois, Fontanes, Germain, Garnier, Pastoret, Sémonyille, Boissy-d'Anglas et Vimar.

- M. Becquey, conseiller de l'Université, ancien membre de l'Assemblée législative, est nommé par S. M. directeur-général du commerce et des manufactures au département du ministère de l'intérieur.

-L'administration générale de la loterie royale est supprimée. M. Amabert, ancien secrétaire-général da ministère des finances, est nommé directeur-général de cette administration.

- La classe d'histoire et de littérature anciennes de l'Institut, a nommé aujourd'hui M. Vanderbourg, auteur d'une traduction en vers françois des Odes d'Horace, à la place vacante dans son sein par la mort de M. Mercier. Les principauxcandidatsétoient MM.Etienne,

Quatremère, qui a été balloté; Emeric David, qui a obtenu sept yoix ; Raoul-Rochette, six, etc.

C

-Un jeune auteur, qui annonce des talens précoces, et qui, à l'âge où tant d'autres n'ont pas terminé le cours de leurs études, a déjà conquis des connoissances étendues, M. Hippolyte Bérard des Glajeux, a consacré aussi quelques loisirs à chanter l'heureuse restauration d'une famille auguste et chère. Sa pièce de vers nous a paru avoir de l'abandon et de la facilité. Elle commence ainsi :

Tu respires enfin, ô ma chère patrie!
Aux fureurs d'un tyran trop long-temps asservie,
Par les nobles vainqueurs tu vois briser tes fers,
Et leur bonté te force à bénir tes revers.
Le ciel est satisfait : le poids de sa colère
Assez pour sa justice a pesé sur la terré.
Que ce terrible exemple apprenne à nos neveux
Le succès passager des attentats heureux.
Une nouvelle aurore a brillé sur la France :
La paix, la douce paix ramène l'espérance.
Ab! François, détestant nos funestes erreurs,
A Louis, aux Bourbons courons offrir pos cæars;
Déposons à leurs pieds, arrosés de nos larmes,
Notre amour, nos regrets, et nos voeux et nos armes.
Race, auguste de Rois, dont la tige est aux cieux,

Viens relever le trône où régnoient tes aïeux.
Nous avons remarqué plus bas ce vers heureux :

Qui voudroit se venger lorsque le Roi pardonne?
Enfin la pièce finit ainsi :

Daignez tous agréer le tribut de ma muse :
Mon cour auprès de vous doit être mon excuse,
Si j'ose, à peine encor dans mon premier printemps,
Aux fils de saint Louis offrir un pur encens.
Quel caur vraiment françois, dans ces transports d'ivresse,
Pour fêter un bon Roi n'oubliroit sa foiblesse!
Du ciel qui nous le rend célébrons les bienfaits,

Et chantons tous Louis, les Bourbons et la paix, Nous ne pouvons qu'engager l'auteur à cultiver ses heureuses dispositions, et nous osons lui promettre le succès s'il continue à étudier les bons modèles.

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Extraits du discours prononcé à Notre-Dame , le 24

mai, jour du service solennel pour Louis XVI et les personnes de sa famille, qui ont péri pendant la révolution.

Nous avions annoncé à

nos
Abonnés

que nous nous efforcerions de leur procurer le plaisir de lire dans nos feuilles quelques extraits du discours de M. l'abbé Legris-Duval, dans la cérémonie funèbre qui a eu lieu å Notre-Dame, et dont nous avons rendu compte dans notre VIIIe. numéro. Nous nous trouvons aujourd'hui en état de remplir cette espèce d'engagement, l'orateur ayant eu la bonté de céder à nos instances, et sa discrétion n'ayant pu tenir contre l'intérêt du sujet, et contre notre désir de faire jouir nos lecteurs de quelques parties de ce discours. Nous ne donnerons point ici à l'auteur des éloges qu'il prie qu'on lui épargne, et nous n'abuserons point de sa condescendance pour affliger sa modestie. Mais nous ne pouvons nous empêcher de remarquer, moins encore pour l'honneur de cet estimable ecclésiastique que pour l'honneur de son ministère, nous ne pouvons nous empêcher, dis-je, de remarquer l'idée dominante qui règne dans son ouvrage. Il eût été facile sans doute à M. l'abbé Duval, en traitant un iel sujet , de se laisser aller à des mouvemens de véhémence et d'indignation contre les auteurs des crimes qu'il déploroit. Il lui eût été facile d'appeler sur eux les malédictions du ciel et les vengeances de la terre. Il a, au contraire, repoussé toute idée de ce genre. Il a sagement pensé que de tels sentimens ne conye

Tome 1". L'Ami de la Relig. et du Roi. No. XI.

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