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— Il est plus question que jamais da nouveau traite de paix qui doit rendre le repos à la France et à l'Eus rope, et on a lieu de croire que les principales condis tions en sont arrêtées. Elles sont plus honorables pour la France qu'on ne pouvoit l'attendre après tant de malheurs. Point de stipulations homiliantes, de contributions ruineuses. On ne nous demande point la destruction de nos monumens, ni des garanlies inutiles sous le règne d'un prince équitable. La France redevient ce qu'elle étoit en 1790. On parle même d'une augmentation de territoire dans le nord. On nous rend la plupart de nos colonies. Ces arrangemens satisferont sans doute tous les gens sages qui sont revenus de la manie des conquêtes, et qui sentent ce qu'il en coûle de vouloir s'agrandir.

- Mme, la duchesse de Bourbon arriva, le 21 mai, à Paris. Elle étoit reléguée en Espagne depuis dix-sept ans, y ayant été conduite après les événemens de fructidor. On dit que l'acquéreur de Petilbourg s'est empressé de rendre à S. 4. cette belle propriété; exemple de restitution qui fait honneur à son auteur, et qui trop vera peut-être des imitateurs.

- M. le marquis de Champcenetz a repris ses fonctions de gouverneur du château des Tuileries. Il occupe un des appartemens du pavillon de Flore.

- Toutes les troupes qui formoient la nombreuse garnison de Hambourg et de l'armée du maréchal Davoust, se mettront en marche, le 30 mai prochain, pour revenir en France.

Des lettres de Livourne nous apprennent que sous la protection des puissances alliées, le commerce de ce part a repris beaucoup d'activité, et qu'il y a même une surabondance de denrées coloniales.

- La ville d'Anvers a adressé un mémoire au Roi, par lequel elle supplie S. M. de lui rendre les tableaux de Rubens qui ont été enlevés de ses églises.

-Le Roi a décidé que la fleur de lis en argent sem

roit la seule portée, quelles que puissent avoir été les demandes de la fleur de lis d'or et leur obtention, MONSIEUR ayant adopté à son arrivée ce signe honorable de dévouement et de fidélité au Roi, et devant continuer à le porter ainsi.

S. A. R. le prince d'Orange est en ce moment à Paris. On a remarqué comme une singularité unique dans l'histoire, que cette ville renferme plus de trente souverains ou proches parens de souverains. C'est un spectacle bien imposant que cette réunion de princes venus de si loin pour nous délivrer, et pour travailler ensemble au repos de l'Europe et au bonheur du monde,

Il paroît que M. le grand-maître de l'Université quittera le palais Bourbon, et qu'il occupera le palais du Temple, qui avoit été destiné à un ministère qui n'existe plus.

- Nous avons reçu aujourd'hui des nouvelles de l'ile d'Elbe, en date du 8 mai. Le premier acte pár lequel Bonaparte y a signalé son gracieux avénement, a été de doubler les impôts. Des troupes alliées étoient attendues à tout moment dans cette petite île, pour en garder les forts et en protéger les habitans, dont le nombre ne s'élève pas à plus de 9 à 10,000 ames.

MADRID, 12 mai. L'arrivée de notre Roi dans ce royaume a changé tout à coup la face des choses et la disposition des esprits. Auparavant on ne parloit que de constitutions et de la nécessité de donner des limites à l'autorité monarchique. Chacun imaginoit des théories où l'on garantissoit tout, excepté les devoirs des peuples et les droits du monarque. La rentrée de Ferdinand sur notre sol a donné une autre impulsion à l'opinion. Partout les habitans des provinces ont accouru à sa rencontre, et lui ont témoigné par des acclamations unanimes, leur joie de le revoir après un si long exil. L'allégresse et l'enthousiasme sembloient s'accroître de jour en jour. Aussi à mer sure que ce prince ayançoit dans ses Etats, le crédit des

cortès diminuoit sensiblement, leur langage devenoit plus poli, leurs prétentions moins hautes. Ils avoient écrit deux fois au Roi pour l'engager à hâter son arrivée à Madrid. Leurs lettres étoient respectueuses, mais on voit en même temps qu'ils sentoient le besoin d'enchaîner le prince par les promesses qu'ils lui demandoient de faire. Si tel a été leur dessein, ils ont complétement échoué. Agités si long-temps par tant d'orages, les Espagnols ont senti la nécessité d'un centre, d'une autorité souveraine qui fut pour eux comme un port et un abri après la tempête. L'absence de cette autorité avoit fait fermenter dans quelques têtes des idées aristocratiques, car nous ne voulons pas dire révolutionnaires. Il étoit temps de revenir aux principes constitutifs de la monarchie. C'est ce qui vient d'être fait. Le peuple s'est prononcé ouvertement, le 11 mai. Les principaux membres des cortès sont arrêtés ou ont pris la fuite. Les membres de la régence ont été mis au château de Villaviciosa. On croit que les évêques exilés par les cortès vont être rendus à la liberté. L'approche du Roi, dont on attend l'arrivée pour le 14., a donné cette impulsion. S. M. a publié une proclamation pour exhorter ses sujets à l'union et à l'oubli du passé. Il annonce qu'il se propose de donner à ses peuples une constitution telle qu'ils peuvent la désirer. Les cours volent tous au-devant de lui. Le clergé, l'armée, le peuple rivalisent de zèle et de dévouement. Quelques généraux et quelques grands seulement que le désir du pouvoir avoit séduits, et qui, dans un temps d'anarchie, s'étoient accoutumés à gouverner, peuvent témoigner encore quelques regrets, qui disparoîtront bientôt devant la volonté générale et devant l'intérêt bien entendu du royaume.

PALERME, 26 avril. DÉCLARATION. Ferdinand IV, par la grâce de Dieu , roi des Deux-Siciles et de Jérusalem, infant d'Espagne, etc.

Profondément indigné du bruit perfide, répandu par nos ennemis, que nous avons renoncé ou que nous sommes disposé à renoncer à nos droits sur le royaume de Naples, nous croyons qu'il est de notre depoir de faire connoître

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la fausseté d'un tel bruit aux puissances nos alliées, toutes les nations, et particulièrement à nos sujets et eņfans très-chéris du royaume de Naples, en déclarant hautement que nous n'avons jamais renoncé, et que nous sommes invariablement résolu à ne jamais renoncer à nos droits légitimes et incontestables sur le royaume de Naples, et que notre volonté constante et immuable est de n'accepter aucune offre d'indemnité, aucune compensation quelconque pour ledit royaume, lequel nous entendons conserver pour nous et transmettre à notre successeur immédiat, ainsi qu'il nous a été transmis par notre père de très-glorieuse mémoire. Toutes les mesures que nous avons prises jusqu'à ce jour, et que nous sommes dans le cas de prendre, l'emploi de nos troupes, leur union avec les forces de nos augustes et anciens alliés, n'ont eu et n'ont d'autre but que de coopérer avec eux au triomphe de la juste cause généa rale, et de concourir à leurs vues magnanimes, tant de fois manifestées pour le renversement de toutes les usurpations, et pour le rétablissement de la justice et de la légitimité. Palerme, 24 avril 1814. .

FERDINAND. A travers toutes les conjectures sur les arrangement futurs, rapportées par les journaux allemands, on remarque qu'ils supposent que le prince qui règne à Naples depuis 1808, renoncera à ce royaume, et recevra en indemnité la Sardaigne, et que le roi de Sardaigne aura une extension de territoire en Italie. Ces bruits n'ont encore aucun caractère d'authenticité.

GÊNES, 11 mai. Lundi dernier à trois heures après midi, notre port offrit un spectacle des plas imposans et des plus magnifiques, au moment de l'arrivée du roi de Sardaigne. Aussitôt que le vaisseau qui portoit S. M. parut à l'entrée du port, des salves d'artillerie retentirent de tous les bâtimens rangés en ligne. Aux premiers coups de canon, une partie de la population ac

courut sur les remparts, et l'autre se précipita dans les barques pour jouir de plus près de ce spectacle. Les salves recommencèrent au moment où le Roi sortit de son vaisseau pour monter une barque, qui fut conduite vers le Port-Royal, au milieu des plus vifs applaudissemens de tous les équipages. S. M. fut complimentée par une députation, à laquelle elle répondit dans les termes les plus affectueux. Elle monta ensuite en voiture avec lord Bentinck, le prince Kolowski, ministre russe en Sardaigne, le comte de Roburent, grand-écuyer. Les rues qui furent traversées par le cortege du Roi étoient bordées d'une haie de troupes, la plupart piémontoises. S. M. descendit au palais Carrega, qui avoit été préparé avec beaucoup de magnificence pour le recevoir. Le même jour, le Roi admit à son audience différentes députations, ainsi que les personnes les plus distinguées du Piémont qui étoient venues au-devant de lui.

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Oraison funèbre de Louis XVI, Roi de France et de Navarre, prononcée à Saint-Hélier, ile de Jersey , le 21 janvier 1794, au service solennel fait pour l'anniversaire de sa mort, dans la chapelle de M. l'abbé Carron; par M. l'abbé Berlier, docteur de l'ancienne faculté de théologie de Paris, et l'un des réfugiés alors dans cette île. A Paris, chez Adrien Le Clere, imprimeur de N. S. P. le Pape et de l'archevêché de Paris, quai des Augustins, no. 35; in-8°. : prix, 1 fr. 50 cent. port franc. Nous rendrons compte incessamment de ce Discours, qui nous a para fort bien écrit.

On vient de publier une petite brochure très-curieuse, intitulée : La Régence à Blois, ou les Derniers soupirs du Gouvernement impérial. Elle renferme des détails intéressans qui sont relevés par un air de bonhomie et de simplicité où il règne de la finesse et même quelque malice. Nous en parlerons plus au long.

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