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fonctionnaires qui le composent ont droit à des égards particuliers par le zèle qu'ils ont mis à faire le bien.

» Je recommande aux bontés de V. S. tous les sujets romains qui ont secondé l'administration napolitaine. Je lui recommande surtout ceux à qui j'ai accordé des distinctions particulières. Ils ne les ont obtenues que par des talens renommés et des sentimens honorables, ou par des services qui intéressoient V. S. plus encore que mon gouvernement. » Sur ce, nous prions Dieu qu'il vous conserve,

très-saint Pere, pendant de longues années, au régime du gouvernement de notre mère, la sainte Eglise ». Bologne, 4 avril 1814. Votre dévoué fils,

Signé, JOACHIM-NAPOLÉON. -C'est le 11 mars que le château Saint-Ange, à Rome, a été évacué par le corps françois aux ordres du général Miollis. Le 21 mars, anniversaire du couronnement de Pie VII, la ville de Rome a été illuminée de la manière la plus brillante.

- M. l'évêque de Metz, nommé à l'archevêché d'Aix, s'est empressé de reprendre, par lui-même, l'administration du diocèse de Metz. Il a écrit, le 14 de ce mois, au chapitre métropolitain d'Aix, qu'il cessoit, des ce jour, de remplir les fonctions d'administrateur capitulaire de ce diocèse.

- M. Hyacinthe de la Tour, archevêque de Turin, vient de mourir, le 8 avril, dans cette ville, à l'âge de 67 ans. Ce prélat, né à Saluces, en 1747, étoit d'abord entré dans l'ordre des Servites, où il se distingua par ses connoissances et ses talens. Il étoit versé dans la littéralure italienne, et n'étoit point étranger à la nôtre. Promu à l'épiscopat, il fut successivement archevêque de Sassari , en Sardaigne, évêque d'Acqui el archevêque de Turin. Placé dans ce dernier poste dans des temps difficiles, il sut néanmoins opérer autant de bien qu'il étoit possible. Il étoit prudent, éclairé, et joignoit les vertus d'un évêque aux qualiiés de l'administrateur et aux talens de l'homme de lettres. Il a été inhumé sans pompe, comme il l'avoit demandé.

- M. l'abbé Camus, ancien grand-vicaire de Meaux, qui avoit été nommé à l'évéché d'Aix-la-Chapelle, vient de mourir à Paris des suites d'une longue maladie.

- L'église de Paris vient également de faire une perte en

Ja personne de M. Jean-Honoré Maurel, prêtre respectable, second vicaire de la paroisse Saint-Eustache. Ses funérailles ont eu lieu, le jeudi 28 avril: la cérémonie s'est faite par curé. Tout le elergé de celte paroisse y a assisté.

M. le

NOUVELLES POLITIQUES. Un traité, du 23 avril, entre les puissances alliées et MonSTEUR, comme lieutenant-général du royaume, contient plusieurs dispositions importantes. Il est trop étendu pour que nous l'insérions ici tout entier. Nous n'en donnerons que la substance. Les parties contractantes y niontrent la ferme résolution d'asseoir la paix de l'Earope sur des bases solides et durables. Dès ce moment toute hostilité cessera, La France paroit revenir aux limites qu'elle avoit au commencement de 1792; du moins les places non comprises dans ces limites seront rendues aux alliés. Les personnes sages ne pourront qu’applaudir à des arrangemens qui nous présagent le repos dont nous avons hesoin. Nous devons être guéris de la manie des conquêtes , et l'ambition nous a coûté assez cher

pour que nous renoncions sans regret à des envahissemens ruineux, et qui ont été et seroient peut-être encore pour nous une source de querelles. Le reste du traite porte sur des articles de détail qui montrent la bonne foi et la loyauté avec lesquels on traite de part et d'autre.

De toutes les provinces on envoie des actes d'adhésion aux grands événemens qui ont changé si heureusement la face de la France. Les autorités civiles s'empressent d'applaudir à la chute d'un gouvernement qui nous menaçoit de faire de la France un désert. Les militaires, généraux, officiers et soldats, s'unissent à la cause commune. Ils ne peuvent qu'abandonner les intérêts d'un homme, qui, pour prix de leur dévouement, les fatiguoit de combats sans cesse renaissans, les menoit à une mort certaine, ne s'embarrassoit plus ni de les payer, ni de les nourrir, et qui vient d'ailleurs de se déshonorer à leurs yeux par la facilité avec laquelle il est descendu de son trốne usurpé. Cette fin ignoble a détrompé ses partisans; ils sont honteux de s'être attachés à un homme qui n'a pas su mourir, et qui, contre l'ordinaire des tyrans, va être jugé de son vivant; à un homme qui n'a pas montré l'ombre de la sensibilité, et qui n'a pas eu un moment d'attendrissement. On diroit qu'il a craint de nous laisser des

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regrets. Cet homme qui a joué tant de roles, n'a pu prendre celui de la bonté. Il ne s'est inquiété que de lui, et il n'a pleuré que sur sa disgrâce. Personne ne peut plus s’abuser sur sa fausse grandeur, et il vient de montrer, par ce dernier trait, qu'il étoit entièrement indigne du posle éclatant où l'a maintenu volre longue patience.

MONTARGIS, 28 avril. - Bonaparte a passé ici mercredi, à quatre heures du soir, dans une voiture à six chevaux, ayant environ vingt-cinq hommes à cheval derrière lui. Les généraux russe, autrichien, françois, aoglois, prussien, occupoient six voitures à six chevaux ; venoient après vingt voitures de suite pour les bagages et les domestiques de Bonaparte. Des chevaux d'attelage et de maio, et des piquets de cavalerie, étoient passés le matin. La garde

à pied, qui se trouve dans ces cantons, étoit sous les armes : elle a su respecter le malheur de Bonaparte en gardant le silence, et en ne donnant aucun signe d'approbation ni d'improbation. Bonaparte a traversé la haie de ces braves militaires, et est entré dans la ville en affectant un air calme. Bien des gens lui reprochent une jactance d'insensibilité. Le fait est qu'il a intéressé peu de monde. Le général Bertrand étoit dans sa voiture, et paroissoit plus affeclé que lui. Bonaparte a couché au chåteau de Briare; il voyage à petites journées, et se rend à SaintTropez.

-S.A.R. MONSIEUR, fils de France, frère du Roi, lieutetenant-général du royaume.

Informé qu'un grand nombre d'individus gémissent dans les prisons et dans les bagnes, pour faits et délits relatifs à la conscription; considérant que ces faits et délits, dont aucun ne supposent des intentions vraiment criminelles, peuvent être excusés

par la rigueur excessive des lois sur cette matière, et surlout par les mesures d'exécation, mesures toujours plus vexatoires que les lois elles-mêmes, et qu'il étoit permis de chercher à éluder, puisque, purement arbitraires, elles n'ém toient revêtues d'aucune sanction légale; S. A. R., de l'avis de son conseil, a ordonné et ordonne ce qui suit :

Art. 1°r. Toutes les poursuites judiciaires pour faits et délits relatifs à la conscriplion, sont annullées. Tous les individus détenus dans les prisons ou dans les différens bagnes du royaume pour les mémes causes, seront sur-le-champ mis en

liberté.

2. S. A. R. n'entend remettre que les peines encourues ; quant aux dommages-intérêts que des particuliers se croiroient en droit de prétendre, à raison de violences et voies de fait exercées sur leurs personnes et leurs propriétés, ils pourront être demandés par action civile et par les voies ordinaires.

3. Sont exceptés de la disposition de l'article 15. les fonctionnaires publics qui seroient prévenus d'escroquerie et de concussion.

Par décret du 25 avril, MONSIEUR, lieutenant-général du royaume, « voulant consacrer le souvenir de la courageuse résistance que les habitans de l'Ouest ont long-temps opposée au l'enversement du trône et de l'autel, résistance dont notre cour a été doublement touché, tant par la fidélité persévérante de ces braves François, que par les maux déplorables qu'elle a attirés sur leurs provinces, a ordonné ce qui suit :

« La ville ci-devant appelée Napoléon prendra le nom de Bourbon-Vendée ».

-S. M. le Roi Louis XVIII a quitté Hartwell. Il a fait son entrée à Londres, le 20 avril. Le prince régent lui a renda les plus grands honneurs, et l'a félicité de l'heureux événement qui le replace au trône de ses ancêtres. S. M. dans sa réponse a r'cmercié S. A. R. de la part qu'elle a prise à cet événement, auquel l'Angleterre a tant contribué par sa courageuse résistance

l'ambition de l'usurpateur. Le Roi étoit accompagné de Mme. la duchesse d'Angoulême, du prince de Condé, du duc de Bourbon, et de beaucoup de gentilshommes françois. A la fin de la conférence, S. M. a revêtu le prince de Galles du cordon de l'ordre du Saint-Esprit; la joie publique s'est manifestée par des cris d'allégresse et des illuminations.

S. M. après s'être reposée quelques jours, se remit en route. Elle arriva, le 25 avril, à Calais, et dut coucher, le 26, à Amiens, et le lendemain à Compiègne, où elle s'arrêtera quelques jours pour se délasser, et en même temps pour donner le temps de faire les préparatifs de son entrée dans sa capitale. Ce moment est attendu avec impatience, et les étrangers accourent de toutes parts pour être témoins de cette fête vraiment nationale,

MADRID, 26 mars. - L'un des événemens les plus étonnans de notre histoire vient enfin de s'accomplir, la délivrance de

notre bien-aimé Ferdinand, qui se trouve maintenant à Gironne, au milieu de ses fidèles sujets. Quel vaste champ cet événement fournit aux réflexions!

A cinq heures du soir, il arriva ici un courrier extraordinaire : d'après les bruits qui s'étoient déjà répandus, on conjecturoit que ce courrier apportoit la nouvelle de l'arrivée de nolre roi; des groupes de citoyens se formoient de tous côtés pour s'en informer. Cette nouvelle ne fut pas plutôt annoncée, que

l'air retentit de mille cris de vivat, qui se prolongeoient dans toute la ville, et en peu d'instans lout Madrid fut informé de celle circonstance tant désirée. La population entière étoit répandue dans les rues, et la joie se peignoit sur toutes les physionomies.

Le soir, il y eut une illumination générale, durant laquelle l'enthousiasme du peuple se manifestoit de mille manières. Il étoit presque impossible de circuler dans les principales rues, tant la foule étoit immense et pressée. Des vivat continuels retentissoient de tous côtés, des drapeaux étoient déployés à tous les balcons, à toutes les fenêtres. Différens groupes d'hommes et de femmes, portant des torches allumées, et précédés de la musique, parcouroient tous les lieux publics; en un mot, c'étoit un véritable jubilé, dont on ne peut se former une idée qu'en le comparant à celui de la journée mémorable du 19 mars 1808. Si l'on entendoit alors les cris continuels de vive Ferdinand! périsse Godoy! cette fois l'air retentissoit des cris de vive Ferdinand! confusion à Napoléon ! Du 30 mars.

Dans la séance extraordinaire des cortès, tenue le 28, où l'arrivée de Ferdinand fut annoncée à cette assemblée, on donna lecture de la lettre suivante de S. M. à la régence. Cette lettre étoit en espagnol, écrite de la main de S. M.

Gironne, le 21 mars 1814. « J'arrive à l'instant en parfaite santé, grâce au ciel, et le » général Copons me remet la lettre de la régence, avec les » documens qui l'accompagnent. Je prendrai une connois» sance exacte de ce qu'ils contiennent; en allendant, j'assure » la régence que je n'ai rien tant à cæur que de lui donner » des preuves de ma satisfaction, et du désir ardent que j'é» prouve de faire tout ce qui peut contribuer au bonheur de » mes sujets.

» C'est une grande satisfaction pour moi de me trouver sur uu la terre natale, au milieu d'une nation et d'une armée aux

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