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lui.

J'ai peur que

fronde surtout les gens qui n'ont pas de caractère, et il paroît très-content de celui qu'il a. Mais on abuse de tout, de la force comme de la foiblesse , et un caractère trop prononcé à des inconvéniens

graves.

L'usurpateur qui vient de tomber, étoit aussi très-prononcé, et il se vantoit d'avoir une ame forte. Lui aussi se moquoit des gens pusiilanimes , et il appeloit ainsi tous ceux qui n'avoient pas la même énergie que

l’écrivain qui nous occupe ne raisonne de même, qu'il n'appelle foible tout ce qui n'est pas violent, et apathie tout ce qui n'est pas esprit de parti. Les auteurs de secte ont tous été des hommes très-prononcés, qui trouvoient aussi

apparemment , que ceux qui n'avoient pas la même vigueur étoient des hommes mous. Dieu nous garde des gens ardens, des têtes chaudes et des caractères énergiques ! Ce sout ceux là qui troublent le monde, qui enfantent ou propagent l'erreur, qui suscitent des guerres, dans les révolutions se mettent à la tête des partis, soufflent la discorde, et se signalent par l'enthousiasme, l'entêtement et l'exagération.

et qui

Nouveau Chemin de la Croix, ou gravures nouvelles,

Représentant les quatorze Stations du saint exercice de piété, convu sous le nom de Via crucis, qui, sans parler d'une infinité d'églises, chapelles, oratoires, etc. , où il est établi, a été érigé à Rome par Benoit XIV, dans l'enceinte de ce fameux édifice dont le sol est empreint du sang des martyrs , appelé vulgairement Colisée. Là se trouvent quatorze petites chapelles, dans lesquelles il fit peindre ce que la ua

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dition nous rapporte être arrivé à Jésus-Christ montant au Calvaire.

Cet illustre Pontife, aussi pieux que savant, dans sa bulle de 1741( qui commence par ces mots : Cùm tanta sit Passionis et Crucis Domini vis) exhorte MM. les curés à établir cette dévotion , dont il faisoit le plus grand cas, dans toutes leurs paroisses, (après en avoir conféré avec l'ordinaire, et obtenu sa permission) leur représentant, que la proximité des lieux n'est pas une raison suffisante , pour qu'un zélé pasteur prive son troupeau d'un si précieux trésor. L'on voit tous les jours en France les heureux fruits du Chemin de la Croix, qui, par la grande miséricorde du Seigneur et le zèle des ministres de la religion, se propage de plus en plus.

Les présentes Stations ont été gravées à Paris, par M. Duthé, dont on pourra apprécier le talent et l'habileté

par

la beauté de l'ouvrage. Elles sont plus complètes et plus parfaites que celles qui ont paru jusqu'ici, en ce que, 1°, dans toutes les autres, on ne voit que trois ou quatre fois paroître la mère de Jésus, tandis que dans celles-ci étant représentée comme de coulume à la quatrième Station, (où selon saint Bonaventure, elle joignit son adorable Fils , pour ne plus s'en séparer), elle se trouve aussi représentée dans toutes celles qui suivent, jusqu'au tombeau inclusivement. 2o. Il n'y en a pas encore eu dans lesquelles les portraits de Jésus et de Maric se trouvent aussi bien saisis, le graveur ayant observé une grande uniformiié dans les traits du visage du Fils et de la Mère.

On a ajouté deux grayures, l'une de Marie pleurant auprès du tombeau, et l'autre intitulée : Horloge de la Passion. De plus, le portrait naturel et noral du

Sauveur et celui de sa divine mère. Ce qui forme nue collection de dix-huit gravures, toutes de la même grandeur et par le même auteur. Elles se vendent 19 francs , imprimées sur papier vélin, chez MM. Testard, marchands d'estampes , quai Malaquais , no. 15; Maradan , graveur , place Maubert, no. 22, et au bureau du journal.

On trouve chez les mêmes , une ivstruction excellent sur la manière de pratiquer et d'ériger ladite dévotion.

Lesdites gravures, dont le débit a commencé au mois de juillet 1813, ont environ sept pouces de hauteur sur cinq et demi de largeur; grandeur propre

à favoriser l'intention de ceux qui voudroient ériger le Chemin de la Croix, soit dans leurs chambres, soit dans des oratoires, soit même dans des églises,

L'éditeur du Chemin de la Croix, tout récemment gravé à Paris, par M. Duthé, auteur en même temps de l'Instruction sur cette pratique de piété, imprimée à Rome en 1795, réimprimée à Lyon, à Paris, etc., fait connoître aux ecclésiastiques, que le privilége ( autrefois réservé aux Franciscains), d'ériger le Chemin de la Croix, est maintenant accordé à tous les prêtres; de maniere qu'ils peuvent partout l'ériger publiquement avec la permission de l'ordinaire. De plus, que quand, pour de justes raisons, le Chemin de la Croix sera transporté d'un lieu à un autre, les indulgences y demeureront ioujours aliachées. En troisième lieu, que toutes les personnes qui feront le Chemin de la Croix dans des oratoires privés et même dans les chambres des particuliers, gagneront les mêmes indulgences qu’on acquiert en le faisant dans les églises ou autres heures publiques, qui est le seul cas où il soit nécessaire de recourir à l'ordinaire pour l'ériger.

NOUVELLES ECCLÉSIASTIQUES. On avoit répandu le brnit que le souverain Pontise étoit arrivé à Rome, le 21 ayril; mais il paroît qu'il n'y a encore å cet égard rien de positif. On dit seulement qae Sa Sainteté est partie, le 16 avril, d’Imola pour Forli. Ainsi, il est probable qu'elle ne tardera pas à être à Rome. On a même lieu de croire qu'elle a déjà pris possession de sa capitale par des commissaires nommés à cet effet , auxquels le général napolitain Pignatelli a remis le gouvernement de cette ville.

Dans un moment où le gouvernement cherche å réparer les injustices , à faire cesser les vexations, et à briser les fers de tant de victimes de la persécution, il est hon de faire connoître ce qu'ont souffert des prélats et ecclésiastiques romains déportés en Corse par l'ennerni du Saint-Siége. On en sera d'autant plus touché, que ces généreux confesseurs de la foi sont à peine libres; da moins l'éloignement des lieux n'a pas encore permis d'apprendre leur délivrance. La lettre suivante nous a éié communiquée par un prélat , victi:ne lui-même de la tyrannie, et long-temps enfermé dans les prisons. C'est à : lui qu'elle paroît avoir été adressée. La copie que nous en donnons a été fidèlement traduite de l'italien :

De la forteresse de Calvi, 30 juin 1813. « Mon très-cher ami, il y a à présent deux mois que je vous ai écrit , et n'ayant point eu de réponse à ina lettre, j'ai à craindre qu'elle n'ait été perdue;" c'est pourquoi je vous écris de nouveau dans des circonstances bien différentes des précédentes. Je vais donc en venir sur-lechamp aux détails de ma position. En conséquence diz prétendu Concordat, on nous a pressé de nouveau de faire le serment : aucun de nous n'a cru devoir le prêter. Le 31 du mois de mai dernier, l'adjudant-général commandant, escorté d'une troupe nombreuse, vint ant doujon de Bastià, et l'on nous lut notre condamnation, qui consistoit dans la mort civile, la confiscation de nos biens et la déportation. Nous ne pouvions supposer que la peine n'excéderoit point les bornes de cette condamnation; mais nous nous étions trompés en cu jugeant d'uns

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manière trop douce. Le soir même, sur les huit heures environ, on nous signifia que nous devions partir à deux heures de nuit. Vous pouvez imaginer quel fut notre consternation en considérant le peu de temps qu'on nous donnoit, et la circonstance si fâcheuse de ce temps. Ayant fait un petit paquet des choses les plus nécessaires, et l'ayant mis sur nos épaules, sans que le gouvernement eût

pourvu, en aucune sorte, aux commodités du voyage, à l'heure indiquée, nous fûmes entourés d'un grand nombre de gendarmes , de canonniers et de milice du pays, et, pendant l'obscurité de la nuit, on nous fit partir de Bastia , en nous heurtant, nous poussant, et pointant les baïonnettes contre nous; et de plus, avec l'ordre de faire feu sur nous si quelqu'un s'écartoit même pour satisfaire à quelque besoin de la nature. Heureusement pour nous que, pendant le voyage, ceux qui purent se procurer une monture à leurs propres dépens, eurent la facilité de s'en servir. Dans cet état, suivis de ceux des habitans de Bastia , dont le cæur s'intéressoit à nos maux, et qui par-là représentoient les bonnes Maries, nous fûmes conduits jusqu'à Saint-Fiorenzo, où, après avoir été retenus quelque temps hors des maisons et exposés aux rayons du soleil, sans que le gouvernement nous fournît aucun rafraîchissement, nous fûmes embarqués pour être transportés à Calvi. Une fois on nous fournit , dans le bâtiment de transport, un peu de fromage, avec du pain de biscuit; une autre fois, un peu de fèves, mais bien dégoûtantes par certaines circonstances que je me dispenserai de vous décrire. Ainsi bien repus, comme yous voyez, nous arrivâmes à Calvi, où tambour battant, nous fûmes aussitôt et directement conduits et renfermés dans la forteresse.

On nous signifia que nous y vivrions de pain et d'eau, et que nous coucherions deux à deux sur une paillasse. On nous interdit toute communication au dehors, et on nous nooyt moyen

de célébrer la messe, sans nous perwellre de ckexcher, même à nos frais, quelque soulage

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