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nous

ment. Cet état de misère a commencé, le 3 de juin : il a duré de même, et dure encore à présent (que je vous écris ). Une demi-pagnotte de pain (demi-livre d'Italie, de 6 onces), une certaine mesure d'eau , dont le gouvernement a fixé la quantité, encore n'est-elle pas

toujours bonne. Notre position ne laisse pas cependant d'être très - dispendieuse , parce que, pour obtenir pendant quelques momens de l'adoucissement à nos maux, sommes obligés de prodiguer l'argent. Leopardis (hoc est militibus), quibus cum beneficeris pejores fiunt. S. Ignace, martyr. Nous voyons ici se vérifier ces paroles de l'Ecriture: Aquam nostram pecunia bibimus; attendu que nous sommes obligés de payer pour avoir quelque peu d'eau de plus que la ration, c'est-là une dépense qu'on peut faire ouvertement.

On ne nous donne plus les lettres de la poste à notre adresse. On ne permet point de nous faire passer de l'argent. En un mot, pour pouvoir obtenir quelque soutien, il faut faire la contrebande, toujours en cachette, et toujours avec des craintes ; et ce qui forme un des actes les plus déplorables de cette tragédie, c'est que nous sommes molestés jour et nuit. On fait ici des perquisitions fréquentes et imprévues avec la plus grande rigueur, et quelquefois avec fureur et dépit. On va même jusqu'à chercher dans nos poches, en sorte que nous nous trouvons heureux lorsque nous avons pu sauver, ou un morceau de pain blanc, ou une gorgée de vin, acquis je ne dirai pas à quel prix et avec quels dangers. En un mot: Fessis non dabatur requies (Jérémie, Thren.) et qui nutricbantur in croceis amplexati sunt stercora. (Ibid). C'est dans cet état cependant que se trouvent Mer. Serlupi, Mr. Gazzoli, et tant d'autres seigneurs et personnes de considération renfermés avec nous. Telle est notre position. Nonobstant cela, grâces au Seigneur, je me porte très-bien, et je suis même assez content, d'autant plus que jusqu'ici, à force d'argent, j'ai trouvé lo moyen d'y remédier un peu.

vous

On ne peut pourtant disconvenir qu'un tel système de rigueur tient de l'inhumanité, et il semble invraisemblable que des ordres de cette espèce puissent avoir été envoyés de cette capitale, où les droits de l'humanité ne peuvent être ignorés. Quoi qu'il en soit, c'est assez vous en parler. Priez le Seigneur que... Recordatur quid acciderit nobis : intueatur et respiciat opprobrium nostrum.....

Le dernier secours que vous m'avez annoncé, en date du 9 avril dernier, est déjà arrivé à Calvi. J'attends le moment favorable

pour

l'introduire avec sûreté. Je remercie de votre charité, comme vous en remercient tous ceux qui y participent avec moi.

- MM. les vicaires-généraux du diocèse de Paris ont donné, le 5 mai dernier, un Mandement (1) pour ordonner de chanter, le dimanche 8, une messe solennelle, pro gratiarum actione, suivie du Te Deum, et le dimanche 15, une messe du Saint-Esprit, avec le Veni Creator , pour allirer les bénédictions divines sur le règne de S. M. Dans ce Mandement, ils font admirer les bienfaits de la Providence qui nous a délivrés.

«Ceiniracle est trop grand, Nos très-chers Frères, disentils; il offre un sujet de réflexions trop importantes et des instructions trop utiles , pour que nous nous dispensions de l'étudier avec vous et de l'approfondir. Nous pouvons vous dire ce que le Sauveur disoit à la Samarilaine: «Oh!. >>si vous connoissiez le don de Dieu. Si scires donum Dei». Il faut, Nos très-chers Frères, le connoître dans toute son étendue, c'est-à-dire, depuis son origine jusqu'à sa consommation, ce bienfait du ciel envers la France. Dieu a ouvert devant nous le livre de sa Providence; il

en a rompu tous les sceaux; il n'y a plus de mystère; il nous invite à en parcourir toutes les pages; nous apprendrons, en les lisant, comment et par quelles voies, sa sagesse est arrivée

(1) Se trouve, à Paris, au bureau du Journal; prix, 50 cent. frans

de port.

avec force et avec assurance au but qu'elle s'étoit proposée, le bonheur de la France, de l'Europe et de l'Eglise. Atting it ergo usque au "nem fortiter , et disponit omnia súaviter ».

Ils ajoutent plus bas :

« Ce n'est pas seulement, Nos très-chers Frères, la dynastie de nos Rois que le Seigneur vient de nous rendre; mais, dans la personne du Roi et dans tous les Princes de son sang, il nous fait le don de la foi, de la piété, du zèle que nous offre l'histoire des règnes de leurs ancêtres les plus religieux. Et, par un merveilleux concours d'événemens que Dieu seul a pu préparer de loin, le siége de saint Pierre se trouve occupé par un Pape digne d'être comparé à ses prédécesseurs les plus saints, et qui, après avoir vécu dans les plus grandes épreuves, rentre dans ses Etats, et reprend tout l'exercice de l'autorité pontificale au même instant où le Roi monte sur le trône, et reçoit le serment de fidélité de ses sujets. Le Seigneur vouloit-il nous inspirer de plus grandes pensées,

nous faire entendre de plus grandes choses, lorsque, pour annoncer des oeuvres nouvelles et magnifiques, il disoit par son Prophèle : « Voilà que je crée de nouveaux cieux et une » nouvelle terre? Ecce ego cred coelos novos et terram

Le Mandement est terminé par des conseils pleins de sagesse et de piété, sur l'esprit qui doit animer les fidèles dans ces grandes circonstances, et sur les sentimens de reconnoissance et de concorde, dont ils doivent se pénétrer à la vue de ces miracles de puissance et de bonté.

COMPIÈGNE, 30 avril. Aujourd'hui, le Roi, accompagné de tous les membres de son auguste famille, suivi de MM. les maréchaux de France, des seigneurs de sa cour, et de diverses députations qui s'étoient rendues auprès de sa personne, a assisté à la messe dans la chapelle du château.

Après la messe, les autorités du département ont été admises à offrir leurs hommages au Roi et à la famille

>> novam»,

royale. Parmi les personnes présentées, le Roi a remarque les soeurs de la Charilé, qui ont été introduites avec le clergé : « Mes soeurs, leur a-t-il dit, je vous vois avec » grand plaisir; je vous recommande les pauvres et les » malades : je sais, qu'avec vous, cette recommanda» tion n'est pas nécessaire, mais c'est ici un mouve>> ment de mon coeur paternel ».

Ces soeurs hospitalières ont également suivi le clergé chez Mme, la duchesse d'Angoulême, qui a fait plusieurs pas vers elles, et leur a parlé avec une sensibilité affecluense, donnant à leur charité les plus touchans éloges.

M. le vicaire-général du diocèse, dans le département de l'Oise, qui, à la tête du clergé de la ville et des environs, avoit harangué le Roi à son arrivée, sur le parvis de l'église paroissiale, a été l'interprète des sentimens de ce même clergé auprès de son altesse royale, et lui a adressé le discours suivant:

« Madame, il n'appartiendroit qu'aux anges admis dans les impénétrables conseils du Roi des Rois, de parler dignement des décrets de sa divine Providence envers votre altesse royale.

« Quelles rigueurs inouies, quelles éclatantes merveilles elle a déployées tour à tour sur votre a'uguste per sonne ! Jamais la terre ne vit une destinée comparable à la vôtre, Madame. L'univers, ravi d'étonnement, partage votre joie comme il partagea votre douleur. Nul langage liumain ne sauroit exprimer tous les sentimens que font naître dans nos coeurs la miraculeuse conservation, le retour miraculeux de votre altesse.

» Permeltez, Madame, qu'empruntant les paroles de la reine du ciel, de la plus puissante protectrice du trône de saint Louis, nous nous écriions : Le Seigneur a signalé la force de son bras; il a confondu l'orgueil audacieux ; il a couronné nos humbles espérances. .

» A Dieu seul l'honneur et la gloire ».

Son altesse a répondu : « Je suis bien touchée des sentimens du clergé; il ne doit pas douter de l'intérêt que

C

je lui porte, et des voeux que je fais pour la prospérité de l'Eglise ».

En finissant, Madame a demandé le secours de leurs prières aux ministres de la religion qui l'environnoient.

M. l'évêque de Metz, absent du diocèse d'Aix depuis plus de quinze mois, n'a pas, comme l'ont dit quelques journaux, cessé les fonctions d'administrateur capitulaire de ce diocèse, par suite de la délibération du chapitre métropolitain, du 21 avril. Cette dernière délibération est postérieure à la démission de ce prélat, en date des 21 et 14 avril, et le fond en est conforme aux intentions de M. Jauffret, qui rentroit par lui-même, le même jour, 21 avril, dans l'administration du diocèse de Metz, par un mandement ou une circulaire à son clergé, dont voici les premières paroles :

« Depuis le moment, Nos très-chers Frères, où malgré toutes nos représentations et tous nos voeux, nous fûmes obligés d'accepter, d'après l'avis de plusieurs évêques et prêtres respectables, l'archevêché d'Aix, et de nous éloigner du diocèse de Metz, nous ne pouvions nous consoler de, cet éloignement qu'en unissant nos prières à vos prières, et en offrant chaque jour à Dieu nos demandes les plus instantes, pour qu'il répandît sur vous tous, prêtres et fidèles, ses grâces et ses bénédictions les plus abondantes. Vous, et vos cités que nous avions visitées, vos campagnes que nous avions traversées, les paroles de vérité que nous avions adressées, les séminaires et les divers établissemens que nous avions formés, soutenus ou relevés par le concours de vos mutuelles charités, s'offroient tous les jours à notre souvenir; et en formant, dans le diocèse d'Aix, les mêmes institutions que dans celui de Metz, nous voulions, en quelque sorte, rapporter les distances et les diocèses. Mais si nous trouvions quelque consolation dans cette ressemblance des mêmes æuvres, il est vrai, cependant, que nous éprouvions les plus vifs regrets de nous voir séparés in

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