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définiment de vous sans pouvoir vous donner, par nousmêmes, les moindres soins, lorsque nous étions toujours votre premier pasteur, que nous ne cessions pas d'avoir pour vous des entrailles paternelles et maternelles, et que nous ne pouvions plus prévoir le terme des affaires ecclésiastiques, ni l'époque de la paix entre les deux puissances. Nos regrets de nous voir loin de vous augmentoient, de jour en jour, avec ces dernières considérations, lorsque le jour de grands et mémorables événemens dans l'ordre des justices et des miséricordes éternelles est arrivé. C'est le premier moment qu'il nous soit donné, depuis notre nomination à l'archevêché d'aix, de pouvoir reprendre par nous-mêmes l'administration du diocèse, et nous le saisissons avec une sainte joie, heureux de voir s'anir et se lier ensemble notre retour au milieu de vous, et ces prodiges de la droite du Très-Haut dont nous sommes les témoins.

Un journal contient l'article suivant : « Le 28 avril, le vicaire apostolique de Londres a reçu de Rome une communication de la plus haute importance. Les personnes auxquelles le Pape avoit confié l'administration des affaires de l'Eglise, pendant sa captivité, ont pris en considération les papiers qui leur ont été transmis de Londres et de Dublin, relatifs aux discussions du parlement, sur les catholiques, pendant la dernière session. Le résultat des délibérations de ces commissaires, auxquelles avoient assisté les principaux théologiens de Rome, a été que non-seulement il est conforme aux décisions de l'Eglise catholique, mais que même c'est le devoir de tous ceux qui sont dans sa communion, et qui habitent les pays qui ne sont point soumis à l'autorité du Saint-Siège, de donner une pleine et ample garantie au gouvernement sous lequel ils vivent, de leur fidélité, de leur obéissance aux lois du pays; qne par conséquent le veto proposé comme devant appartenir au roi de la GrandeBretagne, sur la nomination des évêques dans ses Etals, étoit strictement conforme aux règles et à la pratique du

Saint-Siége, et que le souverain Pontife y accéderoit de cour, et agiroit en conséquence à l'avenir; et enfin que toute correspondance entre les catholiques romains et le Saint-Siège seroit à l'avenir soumise à l'inspection et au contrôle, ainsi qu'il étoit proposé par le dernier bill sur les catholiques, auquel les commissaires de S. S. applaudissent hautement dans son entier».

Nous donnons cette déclaration telle qu'elle se trouve dans les journaux anglois; mais nous n'en garantissons pas l'authenticité, et nous avouons même que nous ne la croyons point exacte.

NOUVELLES POLITIQUES. On savoit en général que la campagne de Russie avoit été le tombeau d'une foule de François, victimes de l'imprudente et folle ambition d'un insensé. Des journaux allemands ont publié une évaluation de la perte que les François et leurs alliés ont faite dans cette campagne désastreuse. Cette évaluation, d'après les renseignemens publiés en Russie, porte le nombre des soldats à 200,000, sans compter 24 généraux et 2000 colonels et officiers. Il y a eu 233,000 prisonniers., et en outre 43 généraux, et 3400 colonels et officiers. La France y a perdu de plus 950 pièces de canons, 63 drapeaux, environ 100,000 fusils et 27,000 voitures de bagage. Voilà le fruit de la manie des conquêtes ! Voilà les droits de Bonaparle à notre reconnoissance! : - S. M., depuis son arrivée à Paris, a reçu plusieurs corps et députations : elle s'est montrée souvent au peuple. On la voit entr'autres tous les jours dans le moment où elle se rend à la messe, et quand elle en revient; elle passe alors par la terrasse extérieure du château, audessus des portiques, du côté du jardin. Le peuple s'y porte en foule, et salue S. M. par de vires acclamations. Mme. la duchesse d'Angoulême accompagne ordinairement le Roi.

- Le lendemain de l'entrée de S. M. à Paris, la capitale fut témoin d'un spectacle, tel que nous n'en avions jamais vu, et que nous n'en verrons jamais. Il y ent une revue générale des troupes alliées : elles défilerent devant le Roi, qui s'étoit rendu, pour cet effet, à une des fevêtres du pavillon, du côté du Pont-Royal. A côié du Roi étoit Madame. Les deux empereurs d'Autriche el de Russie étoient près de S. M., et lui nommoient les différens corps qui défiloient devant elle. Le roi de Prusse étoit aussi de cette réunion de souverains, qui avoit attiré une foule immense, avide de voir nos libérateurs. Derrière ces monarques étoient les grands-ducs Constantin, Michel et Nicolas, frères de l'empereur Alexandre; les princes de Prusse, et les généraux alliés. On y voyoit entr'autres, lord Wellington, arrivé depuis peu à Paris. Les regards se portoient souvent sur ce général célèbre, qui joint aux talens d'un grand capitaine, la modération d'un sage et la douceur d'un ami de l'humanité. L'ambassadeur anglois, et beaucoup de seigneurs assistoient également à cette revue, qui offroit le coup d'oeil le plus imposant. La foule se pressoit sur le pont et sur les quais adjacens pour voir ces princes généreux à qui nous devons notre salut. Rangés autour du Roi, ils pouvoient s'applaudir là de leur ouvrage : ils ont été salués par des acclamations réitérées. Les applaudissemens ont redoublé à la fin de la revue, quand le Roi s'étant levé pour se retirer, l'empereur Alexandre s'approcha de lui, et lui présenta son bras avec autant de grâce que de bonté pour l'aider à marcher : on eût dit un fils qui soutenoit son père. Tous les spectateurs ont été frappés de cette attention filiale, et ont saisi avec transport l'allusion. On a crié long-temps : Vive le Roi! vive l'empereur Alexandre!

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Nos lecteurs savent tout ce qu'a souffert M. l'évêque de Troyes dans un temps où c'étoit un crime

que

de montrer du courage et de l'attachement à ses devoirs. Emprisonné, exilé, emprisonné de nouveau, ce prélit n'a recouvré la liberté que dans l'heureux moment de la délivrance générale. Il a repris de suite le gouvernement du diocèse , dont on avoit voulu le séparer avec autant d'injustice que de violence. Il vient d'adresser à son clergé et à son troupeau un Mandement(1), daté du 10 mai, sur les grands événemens dont se réjouissent l'Eglise et l'Etat. Il a bien voulu nous en donner communication, et nous a même permis d'en enrichir notre Journal. Associés autrefois à ses travaux, nous avons revendiqué l'honneur de publier, les premiers, cette nouvelle production de son talent et de son zèle. C'est, en quelque sorte, pour nous un héritage, que nous n'avions garde de laisser échapper. Les lecteurs retrouveront dans ce Mandement l'énergie des pensées et la beauté du style, par lesquelles l'illustre auteur s'est si fort distingué, soit dans la carrière de la chaire, suit dans un autre genre d'écrits, où nous nous efforcerons de le prendre pour modèle. On verra que sa captivité ne lui a rien ôté de son talent et de sa vigueur, et nous espérons que nos abonnés liront les morceaux suivans avec autant de plaisir que nous en avons à les leur offrir, et qu'ils nous sauront gré d'avoir posé quelque temps la plume pour laisser parler une voix éloquente bien connue de la plupart d'entr'eux, et chère aux amis de la religion et des lettres.

(1) Se trouve à Paris, chez Adrien Le Clere, quai des Augustins, no. 35; prix, 50 cent, port franc.

T'ome je". L'Ami de la R. et du R. NO. VII.

)

Nous ne citerons que les deux morceaux suivans, en regrettant que les bornes de ce Journal ne nous permettent pas de faire connoître le reste , qui n'est ni moins fort de pensées, ni moins brillant de style.

« Enfin , Nos très-chers Frères, après trois années environ d'exil ou de captivité où nous retenoit la plus injuste lyrannie, pour avoir défendu, de tout notre pouvoir, les droits du Saint-Siège, inséparables de ceux des évêques ; et ensuite pour n'avoir pas voulu souscrire à des propositions non moins contraires à notre honneur qu'à notre conscience, il nous est permis de faire entendre notre voix à ce troupeau chéri, dont on a pu nous séparer par la violence, mais que rien n'a pu nous faire oublier. Combien il nous est doux et consolant de vous annoncer notre délivrance, en même temps que nous vous annonçons la délivrance de la France entière ! Quel plus ample dédommagement pouvions-nous recevoir de nos tribulations et de nos peines , que d'en voir la cessation concourir avec la fin des malheurs de l'Etat et des souffrances de la patrie, et pourrons-nous assez bénig cette Providence toute miséricordieuse, qui rend à ce diocèse son légitime pasteur, en même temps qu'elle rend à la nation son légitime souverain ?

» Qui , Nos très-chers Frères, son légitimé souverain. A ce mot auguste et sacré, tous les ca ui's s'épanouissent, toutes les ames tressaillent d'allégresse; tous les sentimens à la fois de fidélité, de reconnoissance et d'amour se réveillent; et il n'est pas un seul françois vraiment digne de ce nom qui n'applaudisse avec transport à ces mémorables événemens, qui ont ramené parmi nous le descendant de saint Louis, le rejelon de cette race antique, le plus illustre qui soit sous le soleil, et l'héritier de tant de monarques, sous lesquels la France a si longtemps fleuri et prospéré. Déjà il est arrivé dans sa capitale, environné de la gloire de ses aïeux, des touchans souvenirs de ses malheurs, de tous les droits impérissables que lui donnent, el Dieu et sa naissance, et la possession de neuf siècles, et le tribut ananime de nos acclamations

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