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execution of all the stipulations of the Treaty of Berlin, engage not to seek, in any arrangements which may be come to in consequence of their concerted action for the execution of the said Treaty in regard to the Montenegrin question, and eventually the Greek question, any augmentation of territory, any exclusive influence, or any commercial advantage for their subjects which those of every other nation may not equally obtain.

No. 28.-Earl Granville to Mr. Goschen.

SIR, Foreign Office, September 23, 1880. I RECEIVED your Excellency's telegram of the 22nd instant, informing me that the Self-denying Protocol had been signed on the 21st instant; but that, as your Russian colleague had no instructions to communicate it to the Porte, and as the other Ambassadors did not think the moment opportune for making the communication, its presentation to the Porte had been postponed.

I have to inform your Excellency that, under the circumstances mentioned in your telegram, Her Majesty's Government concur in your having postponed the communication of this document; and I have further to state to you that they will leave it to your Excellency's discretion to decide when the proper moment has arrived for carrying out your instructions. I am, &c., Rt. Hon. G. J. Goschen.

GRANVILLE

No. 29.-Mr. Goschen to Earl Granville.-(Received October 5.)

MY LORD,

Therapia, September 27, 1880. IN my telegram of the 22nd instant I had the honour to inform your Lordship that the Self-denying Protocol had been signed by the Representatives of the Six Powers on the 21st instant.

It was thought, however, that each of the Signatory Powers ought to have signed "example" for their archives, and accordingly six copies of the document have been prepared and signed by the Representatives, and I forward herewith the one intended for IIer Majesty's Government. I have, &c., Earl Granville.

GEORGE J. GOSCHEN

(Inclosure.)-Self-denying Protocol between Great Britain, AustriaHungary, France, Germany, Italy, and Russia, with reference to the Settlement of the Questions respecting Greece and Montenegro. -Signed at Constantinople, September 21, 1880.

LES Gouvernements représentés par les Soussignés, afin de prouver l'entier désintéressement avec lequel ils poursuivent l'exé

cution de toutes les stipulations du Traité de Berlin, s'engagent à ne rechercher, dans aucun arrangement qui pourrait intervenir comme conséquence de leur action concertée pour l'exécution du dit Traité en ce qui concerne la question Monténégrine, et éventuellement la question Grecque, aucune augmentation de territoire, aucune influence exclusive, ni aucun avantage commercial en faveur de leurs sujets qui ne serait pas également obtenu par ceux de toute autre nation.

Fait à Constantinople, ce 21 Septembre, 1880.

GEORGE J. GOSCHEN.

V. HATZFELDT.

CALICE.
TISSOT.

N. CORTI.
NOVIKOW.

PROTOCOLS OF CONFERENCES between the Representatives of Great Britain, Austria-Hungary, France, Germany, Italy, and Russia, for the Rectification of the Frontier between Greece and Turkey.-Berlin, June-July, 1880.

Protocole No. 1.-Séance du 16 Juin, 1880.

LES Puissances désignées par l'Article XXIV du Traité de Berlin* pour exercer la médiation entre la Turquie et la Grèce ayant décidé que leurs Représentants se réuniraient à cet effet à Berlin en Conférence, la première séance de cette assemblée a eu lieu aujourd'hui 16 Juin, 1880, à 2 heures, en l'Hôtel du Ministère Impérial des Affaires Étrangères.

Sont présents:

Pour l'Allemagne: Son Altesse le Prince de Hohenlohe-Schillingsfürst, Ambassadeur de Sa Majesté l'Empereur d'Allemague, Roi de Prusse, à Paris, faisant fonctions de Secrétaire d'État au Département des Affaires Étrangères; et pour les autres Puissances leurs Ambassadeurs près Sa Majesté l'Empereur d'Allemagne, Roi de Prusse, à savoir:

Pour l'Autriche-Hongrie: Son Excellence le Comte Széchényi;
Pour la France: Son Excellence le Comte de Saint-Vallier;
Pour la Grande-Bretagne: Son Excellence Lord Odo Russell;
Pour l'Italie: Son Excellence le Comte de Launay;
Pour la Russie: Son Excellence M de Sabourow.

*Vol. LXIX. Page 749.

Lesquels, après s'être communiqué leurs pleins pouvoirs respectifs trouvés en bonne et due forme, décernent, sur la proposition de M. le Comte Széchényi, la présidence à son Altesse le Prince de Hohenlohe-Schillingsfürst, qui l'accepte et remercie ses collègues du témoignage de confiance qui lui est donné.

Sur la proposition de M. l'Ambassadeur d'Italie, la Conférence adresse à Sa Majesté l'Empereur d'Allemagne, Roi de Prusse, ses hommages les plus respectueux. Elle désire en même temps faire parvenir l'expression de ses sentiments de bon souvenir à l'ancien Président du Congrès, Son Altesse le Prince de Bismarck.

Le Secrétaire est confié à M. Busch, Conseiller Intime de Légation au Ministère des Affaires Étrangères d'Allemagne, et à M. le Comte de Mouy, Ministre Plénipotentiaire de France.

La Conférence se trouvant ainsi constituée, le Prince de Hohenlohe résume les faits qui ont amené la réunion des Représentants des Puissances. Son Altesse rappelle les prévisions du Congrès de Berlin en vue d'un nouveau tracé de frontières entre la Turquie et la Grèce, les négociations directes infructueusement suivies à Preveza et à Constantinople par la Sublime Porte et le Cabinet d'Athènes, et la nécessité où se sont trouvées dès lors les Puissances d'en venir à la médiation stipulée par l'Article XXIV du Traité de Berlin. Le Prince de Hohenlohe constate l'accord des Cabinets pour établir le caractère et la portée de la tâche qui leur incombe, et qui consiste, suivant es termes mêmes de la dernière proposition du Gouvernement Britannique, "à déterminer, à la majorité des voix et l'avec l'assistance d'officiers techniques, la ligne de frontière qu'il convient d'adopter.' Son Altesse invite ses collègues à entrer en délibération.

Son Excellence l'Ambassadeur de France déclare que les précédents de la question ayant été exposés par le Prince de Hohenlohe, aussi bien que les motifs de la réunion présente et les conditions dans lesquelles la médiation s'exerce, il soumet à la Conférence un projet de tracé conçu dans la pensée de donner aux deux États une frontière sérieuse, précise et conforme aux intentions du Congrès de Berlin. Cette frontière ne présente aucun caractère offensif soit pour la Grèce, soit pour la Turquie, et elle est de nature à prévenir les incursions du brigandage. En prenant pour base les deux fleuves indiqués dans le Protocole 13,* la proposition, dans ses termes généraux, applique les principes suivants: adoption du thalweg là où il est possible de s'y tenir, adoption de la ligne du partage des eaux là où la topographie l'exige, de telle sorte que les versants nord restent à la Turquie et que les versants sud soient attribués à la Grèce. En Épire, le Kalamas étant un cours d'eau d'une certaine

* Vol. LXIX. Page 878,

importance, contenu dans une vallée étroite, encaissé, à crêtes saillantes, peut êre regardé comme une barrière sérieuse et la frontière devra en suivre le thalweg. En Thessalie, au contraire, le Salamyrias étant à sec pendant une partie de l'année sur plusieurs points de son parcours et guéable en tout temps, ne saurait être considéré comme une frontière, et il y a lieu de suivre le faîte des montagnes. Telles sont les données générales d'après lesquelles a été établi le projet résumé en ces termes :

-

"La frontière suivra le thalweg du Kalamas depuis l'embouchure de cette rivière dans la Mer Ionienne jusqu'à sa source dans le voisinage de Han Kalabaki, puis les crêtes qui forment la ligne de séparation entre les bassins;

"Au nord, de la Vouioussa, de l'Haliacmon et du Mavroneri et leurs tributaires;

"Au sud, du Kalamas, de l'Arta, de l'Aspropotamos, et du Salamyrias (Pénée ancien) et leurs tributaires.

"Pour aboutir à l'Olympe, dont elle suivra la crête jusqu'à son extrémité orientale sur la Mer Égée.

"Cette ligne laisse au sud le Lac de Janina et tous ses affluents, ainsi que Metzovo, qui resteront acquis à la Grèce."

Le Comte de Saint-Vallier ajoute qu'il présente ce tracé d'accord avec ses collègues de la Grande-Bretagne et de l'Italie.

Son Excellence l'Ambassadeur d'Italie, sans vouloir aborder différentes questions qui trouveront leur place dans une autre séance, confirme les dernières paroles de son collègue de France. L'Italie, qui, de concert avec le France, a proposé au Congrès de Berlin la modification des frontières Grecques, s'associe également aujourd'hui à la proposition que le Comte de Saint-Vallier vient d'exposer à la Conférence et qui ne saurait manquer d'être mûrement examinée, en même temps qu'il sera tenu compte dans une mesure équitable des divers intérêts en cause.

Son Excellence l'Ambassadeur de la Grande-Bretagne déclare que le Gouvernement de la Reine reconnaît la nécessité de soustraire les habitants Grecs des districts mixtes à une administration qui ne satisfait ni leurs sympathies ni leurs traditions; il espère que le petit nombre de Musulmans qui, par le nouveau tracé, deviendront sujets de la Grèce recevront des garanties qui les empêcheront de regretter ce changement. Lord Odo Russell adhère en conséquence à la ligne proposée d'accord avec lui et le Comte de Launay par le Comte de Saint-Vallier. Cette ligne répond aux intentions du Gouvernement Britannique, et offre une solution sérieuse et pratique à la question soumise à la médiation des Puissances.

Son Altesse le Prince de Hohenlohe annonce à la Conférence que l'Ambassadeur de Turquie lui a fait connaître une nouvelle proposition du Gouvernement Ottoman, laquelle du reste ne diffèro

pas sensiblement des précédentes indications de la Sublime Porte. D'après ce projet indiqué verbalement et d'une manière assez vague, la ligne partirait d'Arta pour aboutir à Keremidhi sur la Mer Égée en passant par Phanar et en laissant Larisse à la Turquie. Son Altesse donne ensuite lecture d'un pro-memoriâ communiqué par le Ministre de Grèce à Berlin, et contenant un projet de tracé dont le point de départ serait St.-Georges sur la Mer Ionienne, le point central le thalweg de la Vouioussa et les hauteurs de le Bounasa, et le point final les déclivités du Mont Flambouro jusqu'à la Mer Égée.

Son Excellence l'Ambassadeur de Russie prend ad referendum la proposition présentée par le Comte de Saint-Vallier. Il reconnaît qu'elle est conforme à l'esprit du Protocole 13 du Congrès de Berlin, tout en développant les indications de ce Protocole dans un sens plus favorable à la Grèce. M. de Sabourow n'hésite pas à exprimer la satisfaction qu'il en éprouve pour un double motif. En premier lieu, cette large interprétation donnée aux indications du Protocole est parfaitement en rapport avec la politique traditionnelle du Gouvernement Impérial, qui, depuis la régénération de la Grèce, a eu constamment en vue l'agrandissement de ce royaume, chaque fois qu'une recrudescence des sympathies Européennes pour la cause Hellénique lui en offrait une occasion favorable. En second lieu, le Plénipotentiaire de Russie ne saurait qu'approuver le développement d'une stipulation du Traité de Berlin dans un sens favorable à la nationalité qui s'y trouve intéressée, et il y voit un bon augure pour les circonstances analogues qui pourraient se présenter.

Son Excellence l'Ambassadeur d'Autriche-Hongrie n'a pas, en principe, d'objection contre les grandes lignes du tracé proposé par la France; il ne prend cependant les détails que ad referendum.

Le Comte de Saint-Vallier fait remarquer qu'il est en effet bien entendu que les détails de la frontière dont il a proposé les lignes. d'ensemble sont réservés aux discussions ultérieures de la Conférence, éclairée par les avis de la Commission Technique.

Le Prince de Hohenlohe déclare que le Gouvernement Allemand ne voit point de difficulté à accepter la ligne proposée par l'Ambassadeur de France, de concert avec ses collègues de la GrandeBretagne et de l'Italie.

La Conférence fixe sa prochaine séance à Samedi, le 19.

Les Commissaires Techniques devront se réunir Samedi matin pour étudier le projet présenté par l'Ambassadeur de France.

A la suite d'un échange d'idées sur l'ordre et le caractère de leurs travaux, il a été reconnu que les décisions de la Conférence étant prises à la majorité, la Commission Technique, instituée par elle pour examiner les questions qu'elle lui défère, devra également

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