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» ce, j'y envoye de temps en temps des

per» sonnes affidées ; j'y en envoyai un à la fin » de février, qui m'apporta un mémoire bien » circonstancié. J'ai mis en marge les choses » que j'ai connues, et celles dont je me suis » fait éclaircir

par ledit sieur Riquet. Il me » reste à ajouter que le Canal jusqu'à Trèbes » aura le succès que vous vous en êtes pro» posé, et que rien que la mort ou quel

qu'autre accident qui pourroit arriver à » l'entrepreneur s'il avoit mal pris ses me” sures, ne peut en retarder l'effet ».

M. de Bezons, après la seconde adjudication , avoit sollicité le ministre d'envoyer un inspecteur chargé de veiller à l'exécution des plans. M. Colbert déféra à cette demande, et il écrivit à Riquet le 9 juin 1669 : « J'en» voye en Languedoc le sieur de la Feuille, » qui vous rendra cette lettre, pour

demeu» rer incessamment sur vos travaux, prendre » soin avec vous de leur conduite, et bien » observer que tous les devis et desseins de » M. le chevalier de Clerville, et les marchés » que vous en avez faits , soient bien exécu» tés. Encore que je me fie entièrement à » vous du succès de cette grande entreprise, » il sera toujours bon et avantageux pour

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de 5,832,000 livres, moyennant laquelle il s'engagea à faire-les ouvrages de cette , et ceux de la seconde partie du Canal , en huit années. On avoit fait craindre à Riquet qu'un autre que lui ne fût chargé de cette entreprise. Il s'en expliqua le 29 mai 1668, avec M. Colbert , par une lettre (1) conçue en ces termes : « S'il faut que j'en croye au bruit » commun, je dois être persuadé qu'on veut » que d'autres personnes que moi fassent >> Cette et la continuation du Canal. S'il est » ainsi , Monseigneur, je n'en réclame pas, » et vous me trouverez toujours un esprit de » soumission et d'obéissance ; même j'ai » donné et je donnerai encore toutes les lu» mières et tous les éclaircissemens que je » puis avoir acquis de mes applications à » étudier pendant dix-huit ans cet objet

Cependant ces nouveaux engagemens n'apportèrent aucun retardement aux travaux de sa première entreprise. Empressé de jouir promptement de son ouvrage, il avoit offert de le terminer en quatre années, au lieu des huit portées dans son bail , si le Roi vouloit lui faire toucher la somme de 1,200,000 liv.

(1) Archives du Canal. A. CC..

reste du prix, sur un don gratuit accordé par les Etats de Languedoc en 1667, et accélérer les termes du payement. Ces offres furent acceptées par arrêt du Conseil du 20 août 1668.

Une autre facilité lui fut encore accordée. Une grande quantité de fer lui étoit nécessaire,

soit pour les machines, soit pour les outils, soit pour les ferremens des portes et des écluses. Les fermiers des forges pouvoient hausser excessivement le prix du fer, et en retarder la fabrication. Riquet obtint d'être subrogé à MM. Darjac et Charlot de la Bouille dans la ferme des droits domaniaux sur les fers du Roussillon et de la Cerdagne. Il devoit, pour cet objet, tenir compte de trente mille livres par an , à imputer sur le prix des ouvrages de cette : mais il lui fut permis d'ouvrir de nouvelles mines, de construire des forges, et de rétablir celles qui avoient été abandonnées.

Déjà au mois de mai 1668, le Canal de Toulouse à Naurouse étoit ouvert : « Bien » loin que vos lettres , écrivoit M. Colbert » le 19 mai 1668, par lesquelles vous me » rendez compte du succès de vos ouvrages, » me soient à charge , il est certain que je

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»

» reçois toujours avec joie les nouvelles qui » me viennent de votre application et de la conduite que vous tenez

pour

l'exécution » d'un si grand dessein. J'ai appris , par » M. l'archevêque de Toulouse et par M. de » Bezons, que les peuples les avoient vus en » bateau remonter par le Canal de dérivation

jusqu'aux Naurouses, qui est le point de » partage ; outre qu'ils ne doutoient plus » que cette entreprise ne réussit heureuse» ment, ils avoient conçu une merveilleuse » espérance de l'utilité qu'ils retireroient » après de la communication des deux mers; » ce qui a été une agréable chose à dire au » Roi ».

M. de Bezons suivoit avec beaucoup d'attention les travaux du Canal : « c'est, écri» voit-il à M. de Colbert le 6 juin 1669 (1) » une affaire de réputation dans les pays i étrangers ; ce que je juge par les soins que

prennent les personnes les plus qualifiées » qui voyagent'en France , de l'aller visiter, »: aiņsi que fitle prince de Danemarck l'autre » jour. J'ai résolu de faire tous les ans deux » voyages pour en connoître l'état , et outre

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(1) Biblioth. impér. manuscrit Colberi.

»

ce, j'y envoye de temps en temps des per» sonnes affidées ; j'y en envoyai un à la fin » de février, qui m'apporta un mémoire bien » circonstancié. J'ai mis en marge les choses » que j'ai connues, et celles dont je me suis » fait éclaircir

par

ledit sieur Riquet. Il me » reste à ajouter que le Canal jusqu'à Trèbes » aura le succès que vous vous en êtes pro» posé, et que rien que la mort ou quel» qu'autre accident qui pourroit arriver à » l'entrepreneur s'il avoit mal pris ses me» sures, ne peut en retarder l'effet ».

M. de Bezons, après la seconde adjudication , avoit sollicité le ministre d'envoyer un inspecteur chargé de veiller à l'exécution des plans. M. Colbert déféra à cette demande, et il écrivit à Riquet le 9 juin 1669 : « J'en» voye en Languedoc le sieur de la Feuille, » qui vous rendra cette lettre, pour demeu» rer incessamment sur vos travaux, prendre » soin avec vous de leur conduite, et bien » observer que tous les devis et desseins de » M. le chevalier de Clerville, et les marchés » que vous en avez faits , soient bien exécu» tés. Encore que je me fie entièrement à » vous du succès de cette grande entreprise, » il sera toujours bon et avantageux pour

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