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DU CORPS HUMAIN.

[Willecom]
Par M. CRUIKSHANK.

Ouvrage orné de Planches gravées en taille-douce ;

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E T

[Philippe . 2
Traduit de l'Anglais, par M. PETIT-R ADEL,

Docteur-Régent de la Faculté de Médecine de
Paris, & ancien Chirurgien-Major du Roi aux
Indes Orientales,

AZ 1495

Hue - Mathelit;
A PARIS,
Chez FROULLÉ , Libraire, Quai des Augustins, au

coin de la rue Pavée.

M. DCC. LXXXVII,

Arec APPROBATION ET PRIVIÉCE DU Rose

BNP

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INTRODUCTION. Il y a environ cent-foixante ans qu’Afelli, Anatomiste Italien, découvrit , comme par hasard, un nouveau genre de vaisseaux sur les intestins du chien. N'ayant point tardé ensuite à en trouver de semblables sur les intestins du cheval & sur ceux d'autres quadrupèdes, cette découverte lui donna lieu de supposer , par analogie, que ces vaisseaux existaient aussi chez l'homme. Les Anatomistes, avant lui, n'avaient observé chez ce dernier comme chez les quadrupèdes, que trois genres de vaisseaux, favoir: les artères, les veines & les nerfs. Ces nouveaux vaisseaux furent donc regardés comme devant former un quatrième genre. Afelli , en découvrant ces vaisseaux, nonseulement fut persuadé qu'ils devaient donner lieu à un nouveau genre ; mais il observa de plus, qu'ils contenaient un Auide blanc de la même nature que celui qui était dans la cavité des intestins ; ce qui le conduisit bientôt a en établir l'usage, en concluant qu'ils prenaient le chyle des intestins pour le porter au foie, où il imaginait que се fluide était converti en sang. Il nomma ces nouveaux vaisseaux veines laấtées. Ces vaifseaux ne furent pas long-temps à être apperçus chez l'homme ; mais on supposa que chez lui, comme chez les quadrupèdes , ils n'existaient

que

sur les intestins & le mésentère. Cependant on en observa de femblables quelque temps après, en d'autres

corps,

chez l'homme & chez les quadrupèdes; mais loin de contenir un fluide blanc & comme laiteux, ils ne renfermaient qu'une liqueur aqueuse : aussi furent-ils regardés comme étant d'une nature différente, & conséquemment ils obtinrent un nom particulier, celui de vaisseaux lymphatiques, sous lequel ils furent généralement désignés.

On s'accorda à croire que les vaisseaux lactés naissaient de la surface intérieure des intestins, & qu'ils n'avaient aucun rapport avec les artères ni avec les veines. Mais

parties du

Bartholin, l'un des Anatomistes qui avaient découvert les vaisseaux lymphatiques, enseigna qu'ils étaient continus aux artères, & qu'ils servaient à rapporter la partie aqueuse du sang au cœur même; théorie que les Anatomistes de son temps admîrent universellement, & qui cependant n'était appuyée que sur des assertions vagues, aucune expérience ou argument évident ne parlant en fa faveur. Cette do&trine parut suspecte à quelques Anatomistes de la plus haute considération, lesquels assuraient que tous les vaisseaux lymphatiques n'absorbaient que des surfaces du corps. Ce sentiment fut particulièrement celui du D. Hunter , qui l'appuya sur les argumens suivans : favoir , que les vaisseaux lactés naissant de la surface interne des intestins , & passant à travers les glandes conglobées pour se rendre dans le canal thorachique, étaient sans contredit, des vaisseaux absorbans. Or, disoit-il, les vaisseaux lymphatiques ressemblent aux lactés fous nombre d'afpects; leurs tuniques sont également minces & transparentes , ils sont également rem.

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