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Page § 4. Des flibustiers....

468 » 5. Conquêtes par la piraterie : Zichmni, Rollon, Tching-Tching

Kong. - Attaques de bâtiments de guerre en pleine mer.
Réponse du Vicomte de Bouville. Navires de commerce
capturés sans déclaration préalable de guerre. Destruction
de la colonie d'Ouaré, par des marchands de Liverpool, en
1792. Robert Surcouff. Des lettres de marque..

473 » 6. Divers faits de piraterie, et exécution des pirates. Mort de l'enseigne Bisson ...

482 Chap. XXXVII. Représailles exercées par un gouvernement.

486 § 1. De la Grèce. Réclamations anglaises. Blocus du Pirée

en 1850 et des côtes de la Grèce. Saisie des bâtiments
grecs

.... 487 » 2. Réclamations anglaises contre les Deux-Siciles et la Toscane. 509 » 3. Examen de la conduite de l'Angleterre envers les États étrangers ...

... 513 » 4. Blocus de Buenos-Ayres. Saisie de bâtiments français par

les forces brésiliennes. Réparation obtenue par la France.. 524 » 5. Incendie de la ville de San - Juan de Nicaragua (ou Grey

town) par la corvette Cyane des États-Unis de l'Amérique sep-
tentrionale ....

528 Chap. XXXVIII. Sixième époque du droit maritime des nations (1814 à 1850).

533

551

Post-scriptum ...
Table des notes du premier et du second volume, portant indication

des faits et circonstances qui en font l'objet. Notes, additions et corrections.. Table générale des matières

565 567 609

LIVRE SECOND.

(SUITE ET FIN.)

CHAPITRE V.

RUPTURE SANS DÉCLARATION DE GUERRE.')

GUERRE DE SEPT ANS.

(DEUXIÈME PHASE.)

§ 1. 1756 à 1763. Guerre de sept ans. Principe prohibitif avancé et soutenu par la Grande-Bretagne, connu sous le nom de « Règle

de la guerre de 1756 ». Depuis la signature de la paix, en 1713 et 1715, à Utrecht et à Rastadt, l'Europe, fatiguée des longues guerres du siècle précédent et du commencement du 18e siècle, respirait et semblait pouvoir compter sur un long avenir de calme, lorsque l'extinction de la tige masculine de la maison de Habsbourg en 1740, devint l'origine d'une guerre qui arma successivement tous les États de l'Europe. (Voir chap. XI, $ 4.)

Dans le cours de cette guerre qui dura huit années (mais qui avait commencé dès l'année 1739, entre l'Espagne et l'Angleterre) 2), le gouvernement britannique toléra, de la part de ses corsaires, des violences inouies à l'égard des Espagnols : voici comment s'explique à ce sujet l'auteur anglais de l'examen des

1) Voir Livre I, titre III, § 4; Livre II, chap. VII, XI, XXVI.

2) Le désir de réunir en un même chapitre le plus grand nombre de faits analogues, nous a fait renvoyer au chap. XI ce qui concerne la guerre de 1714, bien que, suivant l'ordre des temps, il nous aurait fallu en parler avant de rappeler les faits de la guerre de sept ans. Cussy. JI.

1

préjugés vulgaires contre le traité signé au Pardo, le 14 janvier 1739 :

« Si tous nos brigandages commis dans les mers de l'Amé« rique étaient connus, la nation se trouverait surprise d'avoir pro« duit tant de scélérats qui ont violé les droits les plus sacrés « des gens. Qu'on ne se flatte donc point ; le peuple anglais n'est « pas moins vicieux qu'un autre. Le nombre de nos bâtiments « est cinq fois plus grand dans ces mers que celui des vaisseaux « de toutes les autres nations ensemble ; aussi le nombre d'Anglais « qu'on a justiciés, ou qui ont obtenu le pardon de leurs pira« teries, excède-t-il de beaucoup celui de quelque autre peuple « que ce soit.» (Voir chap. II, § 3 [4'], origine de la guerre de 1739 entre l'Espagne et l'Angleterre.)

La paix d'Aix-la-Chapelle mit fin à la guerre de la succession d'Autriche ; elle fut signée entre la France, la Grande-Bretagne et la Hollande, le 18 octobre 1748, et le traité fut revêtu, successivement, ainsi que l'avait été le traité des préliminaires, de l'accession et de la signature des autres Puissances; tous les traités antérieurs, signés depuis la paix de Westphalie, en 1648, furent renouvelés et adoptés pour base et fondement de la paix, c'està-dire les traités de Nimègue, 1678 et 1679, de Ryswic, 1697, d'Utrecht, 1713, de Bade, 1714, de la Haye, 1717, de Londres, 1718, de Vienne, 1738. Le traité conclu le 25 décembre 1745, avait déjà rendu la tranquillité à l'Empire, mais la guerre avait continué dans les Pays-Bas, en Italie, et dans les deux Indes.

Après quelques années de repos, une nouvelle guerre éclata, entre la France, la Grande-Bretagne et l'Espagne ; elle dura sept ans ; tous les grandes États de l'Europe y prirent part ; la paix fut signée, le 10 février 1763, à Paris, entre la France, l'Espagne, la Grande-Bretagne et le Portugal ; et, le 15 du même mois, à Hubertsbourg, entre l'impératrice-reine, Marie-Thérèse, le roi de Prusse, et le roi de Pologne, électeur de Saxe.

La Grande-Bretagne avait commencé les hostilités sans déclaration de guerre. L'amiral Roscawen ayant rencontré, le 8 juin 1755, près des bancs de Terre-Neuve, deux vaisseaux de ligne français, le Lys et l’Achille, que le brouillard avait séparés de la flotte, les approcha en leur assurant que les souverains de leurs deux nations étaient en paix, les attaqua et les prit 1); sur toutes les mers, en vertu d'ordres secrets donnés à l'avance, plus de trois cents bâtiments français naviguant dans la sécurité d'une paix profonde furent saisis dès le début, et plus de 4000 matelots furent faits prisonniers. 2)

1) Voir chap. II, 84, la réponse du vicomte de Bouville, commandant de la frégate l'Espérance, fait prisonnier le 11 novembre 1755.

Au moment où ces attentats contre le droit des gens s'exécutaient 2) le ministère anglais répondait au duc de Mirepoix, ambassadeur de France, inquiet des armements qu'il voyait faire dans les ports de l'Angleterre, «que son intention n'était nullement de « porter atteinte à la paix générale, et que, certainement, l'Angle«terre ne commencerait pas les hostilités. »

On ne cachait point à Londres et dans le parlement britannique, qu'en agissant ainsi, on avait eu en vue de détruire, par un coup de vigueur, la marine française ; et Lord Chatham disait, dans la chambre des Pairs : « Point de paix que la France ne « signe la destruction de sa marine ! C'est bien assez qu'on lui permette le cabotage : l'Angleterre doit se réserver la souveraineté «exclusive de l'Océan ; il ne doit pas se tirer un coup de canon < sur les mers, sans la permission de la Grande-Bretagne. »

Lord Chatham en parlant ainsi n'était que l'écho du vieil orgueil britannique ; il reproduisait la doctrine des anciens rois, notamment de Jacques Ier et de Charles II ; ce langage n'était pas digne de l'homme d'État éminent qui le tenait ; de tels propos appartiennent plutôt à un jeune midshipman qui fait sa première campagne, qu'à un homme de la valeur politique de Lord Chatham.

Le prétexte de la guerre fut un démélé au sujet des limites de l'Acadie (connue aujourd'hui sous le nom de Nouvelle-Écosse), cédée à l'Angleterre par l'art. 12 du traité d'Utrecht (voir chap. II, $ 4 [6']), et pour ce motif la guerre, à son début, fut nommée guerre coloniale.

Le but réel était l'anéantissement de la marine française, qui, pendant la précédente guerre, avait lutté héroïquement, malgré son infériorité numérique, contre les forces navales de l'Angleterre.

Le cabinet anglais eut le talent de susciter des ennemis à la France sur le continent.

La France obligée de repousser par mer les hostilités des Anglais, et de soutenir en même temps une guerre continentale,

1) Les commandants des navires de la marine commerciale avaient reçu l'ordre du roi de n'opposer aucune résistance, parcequ'on croyait à Paris (dit le continualeur de l'abrégé chronologique de l'histoire de France du président Hénault), «que ces vaisseaux, pris avant la déclaration de guerre, seraient rendus infailliblement à la paix ...... Une frégate de l'escadre de Brest s'étant emparée d'une frégate ang« laise, le roi donna ordre de la relâcher, ne voulant pas, dit Louis XV à ce sujet, a faire la guerre en temps de paix , ni etre le premier en Europe à enfreindre le « traité d'Aix-la-Chapelle. » 2) Voir Livre I, titre III, opinion de Gérard de Raynoval, de Raynal, etc.

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