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PARIS

LIBRAIRIE COTILLON
F. PICHON, SUCCESSEUR, IMPRIMEUR- ÉDITEUR

Libraire du Conseil d'État
24, RUE SOUFFLOT, 24

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LA TURQUIE ET LE TANZIMAT

OU

HISTOIRE DES RÉFORMES

DANS L'EMPIRE OTTOMAN

(depuis 1826 jusqu'à nos jours).

TROISIÈME PARTIE

(1868-1882

CHAPITRE PREMIER.

Période française du Tanzimát. Constitution d'un ministère homogène avec Ali-pacha et Fuad-pacha. - Programme français des réformes.

Depuis la guerre de Crimée, la Turquie se trouvait impliquée dans le jeu des grands intérêts européens sans paraître comprendre les devoirs que lui imposait cette solidarité nouvelle. Elle avait joui pendant dix ans d'une paix intérieure relative qu'un gouvernement avisé aurait pu rendre féconde et qui, sans être restée absolument stérile, avait apporté dans l'état de l'empire des changements plus apparents que réels. Or comme je le marquais dans le résumé qui clôt l'année 1867, les puissances

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alliées et la France surlout entendaient réclamer le prix de leur concours en pratiquant à l'égard de la Porte un système de surveillance aussi persistant contre ses ennemis qu'inflexible contre elle-même.

Toute leur confiance reposait sur Ali-pacha et sur Fuad-pacha qu'une heureuse fortune avait maintenus aux affaires, mais qui, on se le disait alors, ne dominaient plus la situation comme au lendemain du traité de 1856. Abdul-Aziz, plus violent que jamais dans ses écarts de souverain absolu, semblait s'ingénier à contrecarrer leurs desseins, comme s'il ne se souciait que de faire acte d'autorité, sans distinguer, pour ainsi dire, dans son ignorance le bien du mal, sans apercevoir dans son horizon borné l'écueil où devait se briser son obstination.

S'ils avaient à se défendre contre leur maître, les deux ministres ne se sentaient point soutenus par l'opinion musulmane qui attribuait en partie à l'esprit de réforme les embarras du trésor et les privations qu'en éprouvaient les employés de l'État et les populations elles-mêmes.

Ajoutons que pour lutter contre ces difficultés, Ali et Fuad avaient dû accepter la collaboration d'hommes qui consentaient à rester momentanément inoffensifs pour partager avec eux les honneurs du pouvoir, sauf à les paralyser dans leur action quotidienne. Quelques-uns de ces faux frères avaient même pris dans le conseil une importance telle qu'une crise était jugée imminente.

Vers la fin de l'année 1867, Ali-pacha s'était rendu en Crête pour préluder aux changements administratifs que réclamait l'état de la province insulaire (1). Resté seul

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(1) 1,' 233.

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