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ENCYCLOPÉDIE

THÉOLOGIQUE,

OU PREMIÈRE

SÉRIE DE DICTIONNAIRES SUR TOUTES LES PARTIES DE LA SCIENCE RELIGIEUSE,

OFFIANT EN FRANÇAIS, ET PAR ORDRE ALPHABÉTIQUB,

LA PLUS CLAIRE, LA PLUS FACILE, LA PLUS COMMODE, LA PLUS VARIÉE

ET LA PLUS COMPLETE DES THÉOLOGIES:

CES DICTIONNAIRES SONT, POUR LA PREMIÈRE SÉRIE, CEUX :

D'ÉCRITURE SAINTE, DE PIILOLOGIE SACRÉE, - DE LITURGJE, — DE DROIT CANON,
DES HÉRÉSIES, DES SCHISMES, DES LIVRES JANSENISTES, DES PROPOSITIONS ET DES LIVRES CONDAMNÉS,

- DES CONCILES, — DES CÉRÉMONIES ET DES RITES, -
DES CAS DE CONSCIENCE, - DES ORDRES RELIGIEUX (110MMES ET FEMMES), — DES DIVERSES RELIGIONS,

DE GÉOGRAPHIE SACRÉE ET ECCLÉSIASTIQUE, — DE THÉOLOGIE DOGMATIQUE, CANONIQUE,
LITURGIQUE ET POLÉMIQUE, — DE TUIÉOLOGIE MORALE ET MYSTIQUE,

- DE JURISPRUDENCE CIVILE-ECCLÉSIASTIQUE,
- DES PASSIONS, DES VERTUS ET DES VICES, — D'HAGIOGRAPHITE, — DES PÈLERINAGES RELIGIEUX, –

D'ASTRONOMIE, DE PILYSIQUE ET DE MÉTÉOROLOGIE RELIGIEUSES, —
D'ICONOGRAPHIE CIIRÉTIENNE, - DE CUINIE ET DE MINERALOGJE RELIGIEUSES, — DE DIPLOMATIQUE CHRÉTIENNE,

DES SCIENCES OCCULTES, – DE GÉOLOGIE ET DE CHRONOLOGIE CURÉTIENNES:
Publication sans laquelle on ne saurait parler, lire el écrire ulilement, n'importe dans quelle situation de la vie:

PUBLIEE
PAR M. L'ABBÉ MIGNE,
ÉDITEUR DE LA BIBLIOTHEQUE UNIVERSELLE DU CLERGB,

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DES COURS COMPLETI SUR CHAQUE BRANCHE DE LA SCIENCE ECCLÉSIASTIQUE.

Paix : 6 FR. LE VOL. POUR LE SOUSCRIPTEUR A LA COLLECTION ENTIÈRE, OU A 50 VOLCNES CHOISIS DANS LES TROIS
Encyclopédies; 7 FR., 8 FR. ET MÊME 9 FR. POUR LE SOUSCRIPTEUR A TEL OU TEL DICTIONNAIRE PARTICULIER.

52 VOLUMES, PRIX : 312 FRANCS.

TOME NEUVIÈME.

COURS ALPHABÉTIQUE ET MÉTHODIQUE DE DROIT CANON.

TOME PREMIER.

2 vol. PRIX : 14 FRANCS.

S'IMPRIME ET SE VEND CHEZ J.-P. MIGNE, EDITEUR,
AUX ATELIERS CATHOLIQUES, RUE D'AMBOISE, 20, AU PETIT-MONTROUGE,

AUTREFOIS BARRIÈRE D'ENFER DE PARIS, MAINTENANT DANS PARIS.

1862

97. d. 244

D'après une des lois providentielles qui régissent le monde, rarement les auvres au-dessus de l'ordinaire se fool sans contradictions plus ou moins fortes et nombreuses. Les Ateliers Catholiques ne pouvaient guère échapper à ce (achet divin de leur utilité. Tantôt on a nié leur existepce ou leur importance; tantôt on a dit qu'ils étaieot ferniés ou qu'ils allaient l'éire. Cependant ils poursuivent leur carrière depuis 21 ans, et les productions qui en sortent deviennent de plus en plus graves et soignées : aussi parait-il certain qu'à moins d'événements qu'aucune prudence humaine re saurait prévoir ni empêcher, ces Ateliers te se fermeront que quand la Bibliothèque du Clerge sera lerminée en ses 2,000 volumes in-to. Le passé parait un sûr garant de l'avenir, pour ce qu'il y a à espérer ou à craindre. Cependant, parmi les calomnies auxquelles ils se sont trouvés en bulle, il en est deux qui ont été continuellement répétées, parce qu'étant plus capitales, leur effet entrainait plus de conséquences. De petits el ignares concurreuts se sont donc acharnés, par leur correspondance ou leurs voyageurs, à répéter partout que nos Editions étaient mal corrigées et mal imprimées. Ne pouvant altaquer le food des Ouvrages, qui, pour la plupart, ne sont que les chefs-d'ouvre du Catholicisme reconnus pour tels dans lous les temps et dans tous les pays, il fallait bien se rejeler sur la forme dans ce qu'elle a de plus sérieux, la correction et l'impression; en effet, les chefs-d'œuvre même n'auraient qu'une demi-valeur, si le texte en était inexact ou illisible.'

Il est très-vrai que, dans le principe, un succès inoui dans les fastes de la Typograpnie ayant forcé l'Editeur de recourir aux mécaniqnes, alin de marcher plus rapidement et de donner les ouvrages à moindre prix; quatre volumes du double Cow's d'Ecriture sainle el de Théologie furent tirés avec la correction insuffisante dopnée dans les imprimeries à presque tout ce qui s'édite; il est vrai aussi qu'un certain nombre d'autres volumes, appartenant a diverses l'ublications, iurent imprimés ou trop noir ou trop blanc. Mais, depuis ces temps éloigués, les mécaniques ont cédé le travail aux presses à bras, et l'impression qui en sort, sans être du luxe, allendu que le luxe jurerait dans des ouvrages d'une telle nature, est parfaitement convenable sous tous les rapporls. Quant à la correction, il est de fait qu'elle u'a jamais été portée si loin dans aucune édition ancienne ou contemporaine. Et comment en serail-11 autrement, après toutes les peines et toutes les dépenses que nous subissons pour arriver à purger nos épreuves de Toutes fautes ? L'habitude, en typographie, même dans les meilleures maisons, est de ne corriger que deux épreuves et d'en confiirer une tro sième avec la seconde, sans avoir préparé en rien le manuscrit de l'auteur.

Dans les Ateliers Calholiques la différence est presque incommensurable. Au moyen de correcteurs blanchis sous le harnais et dont le coup d'aul lypographique est sans pitié pour les fautes, on commence par preparer la copie d'un bout à l'autre sans en excepler un seul mot. On lit ensuite en première éprelive avec la copie ainsi préparée. On lit en seconde de la même manière, mais en col ationnant avec la première. On fait la même chose en tierce, en collalionnant avec la secunde. On agit de même en quarie, en collalioupaol avec la lierce. On renouvelle la même opé. ration en quinte, en collationnant avec la quarte. Ces collationnements ont pour but de voir si aucune des fautes signalées au bureau par MM. les correc!eurs, sur la marge des épreuves, n'a échappé à MM. les corrigeurs sur le marbre et le mélal. Après ces cinq lectures entières contrôlées l'une par l'autre, e: en dehors de la préparatio in ci-dessus mentionnée, vient une révision, el souvent il en vient deux ou trois; pois l'on cliche. Le clichage opéré, pair conséquent la pureie du texte se trouvant immobilisée, on fait, avec la copie, une nouvelle lecture d'un bout de l'épreuve à l'autre, on se livre à une nouvelle révision, et le tirage n'arrive qu'après ces innombrables précautions.

Aussi y a-t-il à Montrouge des correcteurs de toutes les nations et en plus grand nombre que dans vingt-cinq imprimeries de Paris réunies ! Aussi encore, la correction y coûte-t-elle autan: que la composition, tandis qu'ai leurs elle ne coûte que le dixième ! Aussi enfin, bien que l'assertion puisse paraitre téméraire, l'exactilude obienue pir lant de frais et de soins, fail-elle que la plupart des Editions des Ateliers Catholiques laissent bien loin derrière elles celles même des célèbres Bénédictins Mabillon et Montfaucon et des célèbres Jésuites Pelau et Sirmond. Que l'on compare, en effet, n'importe quelles feuilles de leurs éditions avec celles des noires qui leur correspondent, en grec comme en latin, on se convaincra que l'invraisemblable est une réalité.

D ailleurs, ces savants éminents, plus préoccupés du sens des textes que de la partie typographique el n'élant point correcteurs de profession, lisaient, non ce que porlaient les épreuves, mais ce qui devait s'y trouver, leir baule intelligence suppléant aux fautes de l'édition. De plus les Bénédictins, comme les Jéssiles, opéraient presque Toujours sur des manuscrits, cause perpétuelle de la multiplicité des fautes, pendant que les Aleliers Catholiques, dont le propre est surtout de ressusciter la Tradition, n'opèrent le plus souvent que sur des imprimés.

Le R. P. De Buch, Jésuite Pollandisle de Bruxelles, nous écrivait, il y a quelque temps, u'avoir pu trouver en dix-huit mois d'étude, une seule faule dans notre Patrologie latine. M. Denzinger, professeur de Théologie à l'Université de Wurzbourg, et M. Reiss!pann, Vicaire Général de la même ville, nous mandaient, à la date du 19 juillet, n'avoir pu également sorprendre une seule saule, soit dans le latin soil dans le grec de notre double Patrologie. Enfin, le savant P. Pitra, Bénédictin de Solesme, et M. Bonetty, directeur des Amules de philosophie chrétienne, mis au défi de vous convaincre d'une seule erreur Typographique, ont été forcés d'avouer que nous n'avions pas trop présumé de notre parfaite correction. Dans le Clergé se trouvent de bons latinistes et de bons be léoistes. el, ce qui est plus rare, des hommes très-positifs et très-pratiques, eh bien ! nous leur promellons une prime de 25 centimes par chaque faute qu'ils découvriront dans n'importe lequel de los volumes, surtout dans les grecs.

Malgré ce qui précède, l'Editeur des Cours compleis, sentant de plus en plus l'importance et même la nécessité d'une correction parfaite pour qu'un ouvrage soit véritablement utile et estimable, se livre depuis plus d'un an, et est résolu de se livrer jusqu'à la fin à une opération longue, pénible et couleuse, savoir, la révisi, ni enlière e! universelle de ses innombrables clichés. Ainsi chacun de ses volumes, au fur et à mesure qu'il les remet sous presse, eslo cé mot pour mot d'un boul à l'autre. Ouarante hommes y sont ou v seront occupés pendant 10 is, et une somme qui ne saurait être moíudre d'un demi-million de francs est consacrée à cel important contrôle. De cette manière, les Publications des Areniers Catholiques, qui déjà se distinguaieol entre toules par la supériorité de leur correction, n'auront de rivales, sous ce rapport, dans aucun temps ni dans aucun pays; car quel est l'éditeur qui pourrait et voudrail se livrer APRES COUP à des travaus si gigantesques et d'un prix si exorbitant ? Il faut certes être bien pénétré d'une vocalion divine à cel ellet, pour ne reculer ni devant la peine ni devant la dépense, surtout lorsque l'Europe savante proclame que jamais volumes n'ont élé edilés avec lant d'exactitude que ceux de la Bibliothèque universelle du Clergé. Le présent volume est du nombre de ceux révisés, et tous ceux qui le seront à l'avenir porteront cette note. Eu conséquence, pour joger les productions des Ateliers Catholiques sous le rapport de la correction, il ne faudra prendre que ceux qui porteront en tête l'avis ici tracé. Nous ne reconnaissons que celle édition et celles qui suivront sur nos planches de métal ainsi corrigées. On croyait autrefois que la stéréoti pie immobilisait les fautes, attendu qu'un cliché de mélal 'est point élastique; pas du tout, il introduit la perfection, ear on a trouvé le moyen de le corriger jusqu'à extinction de fautes. L'Hébreu a été revu par M. Drach, le Grec par des Grecs, le Laun et le Francais par les premiers correcteurs de la capitale en ces langues.

Nous avons la consolation de pouvoir loir cet avis par les réflexious suivantes : Enfin, noire exeinpie a ani pa, ébranler les grandes publications en Italie, en Allemagne, en Belgique et en France, par les Canons grecs de Rome le Gerdil de Naples, le Saint Thomas de Parme, l'Encyclopédie religieuse de Munich, le recueil des déclarations des riles de Brux.lles, les Bollundistes, le Surrez et le Spicilege de Paris. Jusqu'ici, on n'avait su réimprimer que des Ouvrages de courte haleine. Les in-1, où s'engloutissent les in - folio, faisaient peor, el on n'osail y toucher, par crainte de se nover dans ces abines sans fond el sans rives ; mais on a fini par se risquer à nous imiler. Bira plus, sous notre impulsion, d'autres Editeurs se préparent au Bullaire universel, aur Décisions de toutes les Congrégations, à une Biographie et à une Histoire générale, etc., etc. Malheureusement, la plupart des éditions déjà faites ou qui se Sonl, sont sans autorite, parce qu'elles sont sans exactitude; la correction semble en avoir été faite par des aveugles, soit qu'on n'en ait pas senti la gravité, soit qu'on ait reculé devant les frais; mais patience! une reproduction eorierte surgira bientôl, ne fût-ce qu'à la lumière des écoles qui se sont faites ou qui se feront encore.

COURS ALPHABÉTIQUE ET MÉTHODIQUE

DE

DROIT CANON

MS EN RAPPORT
AVEC LE DROIT CIVIL ECCLÉSIASTIQUE,

ANCIEN ET MODERNE ;

CONTENANT
TOUT CE QUI PEUT DONNER UNE CONNAISSANCE EXACTE, COMPLÈTE ET ACTUELLE

DES CANONS DE DISCIPLINE,
DES CONCORDATS, SURTOUT DE CELUI DE 1801 ET DE SES ARTICLES ORGANIQUES,

DES DIVERS ACTES LÉGISLATIFS RELATIFS AU CULTE,

DES USAGES DE LA COUR DE ROME,
DE LA PRATIQUE ET DES RÈGLES DE LA CHANCELLERIE ROMAINE,

DE LA HIÉRARCHIE ECCLÉSIASTIQUE,
AVEC PROITS ET DEVOIRS DES MEMBRES DE CHAQUE DEGRE,

ET GÉNÉRALEMENT
DE TOUT CE QUI REGARDE, DANS LE DROIT CANON, LES PERSONNES, LES BIENS, LA JURISPRUDENCE

ET LA POLICÉ EXTÉRIEURE DE L'ÉGLISE;

DÉDIÉ A MONSEIGNEUR L'ARCHEVEQUE DE SENS;

Nulli sacerdotum liceat canones ignorare, nec quidquam facere

quod Patrum possit regulis obviare. Quæ enim à nobis res digne servabitur, si Decretalium norma constitutarum, pro aliquorum libitu, licentia populis permissa, frangalur ?

(Cælestinus papa, Distinctio XXXVIII, can. IV.)

PAR M. L'ABBÉ ANDRÉ,
Chanoine honoraire, membre de la Société Impériale Asiatique de Paris;

PUBLIE

PAR M, L'ABBÉ MIGNE,
ÉDITEUR DE LA BIBLIOTHÈQUE UNIVERSELLE DU CLERGE.

ou
DES GOURS COMPLETS SUR CHAQUE BRANCHE DE LA SCIENCE ECCLÉSIASTIQUE.

TOME PREMIER.

2 VOLUMES, PRIX : 14 FRANCS.

S'IMPRIME ET SE VEND CAEZ J.-P. MIGNE, EDITEUR, AUX ATELIERS CATHOLIQUES, RUE D’AMBOISE, 20, AU PETIT-MONTROUGE,

AUTREFOIS BARRIÈRE D'ENFER DE PARIS, MAINTENANT DANS PARIS.

1862

MONSEIGNEUR ,

Les sucrés de la sage et paternelle administration de VOTRE GRANDEUR, dans un diocèse qui m'a vu nattre, m'ont fall penser qu'un ouvrage qui en développe les principes, qui traile des droits et des devoirs des évêques, aussi bien que de ceux de tous les autres membres de la sainte hiérarchie de l'Eglise, ne pourrait paraitre sous un plus glorieux patronage que sus celui d'un prélat appelé, par son mérite, à gouverner l'antique el vénérable Eglise métropolitaine el primatiale des Gaules et de Germanie. Aussi me suis-je empressé de solliciter de VOTRE GRANDEUR l'honneur de le faire paraitre sous ses auspices. Votre encourageanle réponse, MoNsE'GNEUR, me pénètre d'une vive gratitude, et la bienf.isance avec laquelle vous avez accueilli mon travail, sera la plus sérieuse récompense qu'il me soit permis d'ambitionner.

J'ai osé l'entreprendre, MONSEIGNEUR, malgré mon insuffisance, dans la pensée que peut-être il ne serait pas sans mtilité, en attendant que des hommes plus habiles se missent à l'euvre. J'ai cru qu'il était convenable, à l'époque ou vous vivons, de faire connaitre les saintes lois de l'Eglise; ces lois, oubliées par les uns, méprisées par les autres, el nieconnues par un trop grand nombre, mais qui cependant, selon un saiot docteur, emprunteni leur justice el leur force de celle loi éternelle, dont le principe le plus général est que tout soit conforme à l'ordre, de la manière la plus par faile (sajot Augustin, De lib. arbii., lib. 1, n. 15).

Aussi, MONSEIGNEUR, ne voyons-nous pas, de nos jours, des hommes éminents formuler de la manière la plus pelle l'asservissement complet et l'entière ruine de l'autorité religiense ? Le magistrat politique, disent-ils, peut et doit Intervenir dans tout ce qui concerne l'administration des choses sacrées. C'est à lui qu'il appartient de fixer, d'après cux, en certaines occurrences, les matières des instructions ecclésiastiques, de suspendre la publication des décisious doctrinales, d'imposer silence sur les points de discussion, non-seulenient en matière de discipline, mais même dans les questions dogmatiques (Portalis, Rapport sur les articles organiques). N'est-ce pas là, MONSEIGNEUR, vouloir soumellre à une législation d'un intérêt purement temporel el passager, les saintes lois que nos Pères dans la foi, les succes. seurs des af Olres, nous ont léguées comme un témoignage permanent de leur prudence et de leur sagesse, ou plutot de la sagesse de l'Esprit-Saini, dont ils étaient les organes ?

D'un autre coté, MonsE'GNEUR, ne sommes-nous pas témoins des tentatives faites par de nouveaux sectaires, pour rompre les liens sacrés de soumission el de dépendance qui allacbent les prêtres à leurs évêques, et pour propager des doctrines frappées des analhèmes de l'Eglise ? 'Ils ignorent, sans doute, les traditions apostoliques qui nous enseignent que l'Eglise entière est fondée sur l'épiscopal, et que l'épiscopat est un, possédé solidairement par chacun des pontises, qui en reçoivent le sublime caractère saint Cyprien, Ep. 27); que l'évêque est tout dans l'Eglise, el qu'on ne doit rien fuire de ce qui la concerne sans son consentement (saint Iguace, Ep. ad Magnes., n. 8); que lout ce qui regarde l'Eglise doil être administré selon le jugement et par la puissance de l'évêque (concil. d'Aplioche de l'an 341, cau. 20); que par conséquent les prêtres doivell elre soumis à leur évêque, comme des enfants à leur père (saint Cyrille d'Alexandrie), comme des disciples à leur maître, s'occupant à lui rendre l'honneur et l'obéissance canoniques (saint Célestiu ler); que munquer à celle obéissance, c'est iomber dans l'orgueil el abandonner la vérité (saint Ambroise, etc.).

Tels sont, MONSEIGNEUR, vous le savez, les principes dans lesquels est écrit ce Cours de droil canon, principes que quelques homines égarés ont pu méconnattre, plutôt encore par ignorance, j'aime à le croire, que par mauvaise loi; mais principes que ne méconnaitra jamais le respectable clergé dont vous êtes le digne chef; re clergé qui, par sa piété éclairée, et surtout son tendre attachement à votre personne sacrée, el sa soumission toute filiale à votre émineote dignité, fait la gloire et le bonheur de votre épiscopat.

Que n'ai-je, ainsi que vous, MONSEIGNEUR, l'heureux talent de persuader, et celui de faire aimer les principes d'one Sajne doctrine, lors même qu'ils pourraient contrarier l'intérêt personnel! Il ne me resterait alors qu'à vous offrir l'hommage de mes succès, et de joigdre au témoigoage de ma reconnaissance celui du profond respect avec lequel j'ai l'honneur d'elre,

MONSEIGNEUR,
DE VOTRE GRANDEUR,

Le très-humble et très-obéissant serviteur,

L'abbé ANDRÉ, chanoine honoraire,

APPROBATION
DE MONSEIGNEUR L'ARCA E PEQUE DE SENS.

MELLON JOLIY, par la miséricorde divine et la grâce du saint-siége apostolique, archierêque de Sens, éréque d'Aurerre,

primat des Gaules el de Germanie. M. l'abbé André, prêtre de notre diocèse, nous ayant soumis un livre qui porte ce utre : Cours alphabétique et mé. thodique de droit canon, mis en rapport arec le droil ciril ecclésiastique ancien et moderne, d'après le rapport qui nons en a été fait, nous approuvons cet ouvrage coinne ne renferinant rien de contraire à la foi oi aux bonnes murers, wie prétendant pas toutefois approuver ni adopter toutes les opinions qui y sont contenues. Nous aimons à reconnaitre que ce livre n'est pas inoius remarquable par la profondeur de la science que par la nellelé du style et le Lalent de l'exio. silion; nous en croyons la lecture très-urile aux ecclésiastiques et aux personnes qui s'occupent de droit canon.

Donné à Sens, sous notre seing, le sceau de nos armes et le contre-seing de notre secrétaire particulier, le 13 octobre 1815.

+ MELLON, arcbevêque de Sens.

Par mandement,

E. (HAUVEAU,
Picaire général, Secrétaire particulier.

Avertissement.

L'étude du droit canon, par suite des lul- tus, de n'avoir point compris dans l'enseignetes qu'eut d soutenir, sur la fin du siècle der- ment de leurs séminaires l'étude du droit nier, l'illustre Eglise de France, a été fort canon? A Dieu ne plaise : nous ne pouvons négligée dans presque toutes les maisons ici que déplorer le malheur des temps. La perd'éducation ecclésiasiique. Beaucoup de pré- séculion de 1793, comme chacun sait, arait tres en sont sorlis sans avoir la moindre no- moissonné largement dans les rangs du clergé: lion de cette science, bien que les conciles et un nombre considérable de prêtres avaient les constitulions des souverains pontifes péri victimes du fanatisme révolutionnaire ; prescrivent aux clercs la connaissance du el, quand lu paix fut rendue à l'Eglise, après droit canon, comme celle de la théologie, avec dix ans de lutles et de combats, bien des paLomelle elle a des rapports si intimes et si roisses se trouvèrent reuves de leurs pusleurs, nécessaires !1: car si la théologie traite du qui avaient versé leur sang pour la fui 016 dogme et de la morale dans la religion, le surcombé dans l'exii et les Traraux d'un rude droit canon nous fait connailre la discipline et périlleux ministère. La sollicitude des évéde l'Eglise et les lois qui régissent celte divine ques dut donc s'empresser d'abord de combler sociétě. Puis, n'est-ce pas dans les canons, les vides immenses que la perséculion avait dans les décisions solennelles de l'Eglise, que faits dans le sanctuaire : de , la Irisle nécesl'on trouve les véritables et solides principes sité de ne donner à ceux de leurs lévites qu'ils de la théologie dogmalique et morale ? N'est- élevaient à la dignité sacerdotale. que la ce pas en se conformant à leur esprit que l'on science théologique strictement nécessaire érite de suivre des opinions contraires à la pour administrer les sacrements et annoncer simplicité de l'Evangile et à la saine doctrine la parole sainte. Le bien de la religion demandes Pères ?

dait alors qu'il en fût ainsi : car les fidèles, D'ailleurs le clerc, dépositaire du pouvoir privés depuis longtemps de tout culie relis dans l'Eglise, peut-il ignorer la nature, l'é- gieur, sollicilaient de toutes parts et avec condue et l'exercice de ce pouvoir, la constitue instance des pasteurs; il fallait bien que les lion de l'Eglise, la suprématie, la culte, la érêques répondissent au pieux empressement discipline, en un mot, les institucions de la de leurs diocésains, en abrégeant, quoique d société qu'il est appelé d gouverner? Peut-il regret , le temps des études ecclésiastiques, se borner à un aperçu pratique de ce qui Aujourd'hui il en est autrement : le clergé eriste, sans en puiser la raison dans l'élude devenu plus nombreux , plusieurs de ses memdes lois présentes et passées ? Élite de la milice bres , suivant leur allrait pour les éludes chrélienne, ne doit-il pas être en état de re• fortes, approfondissent les diverses branches pousser toutes les aitaques dirigées contre de la science ecclésiastique : de généreux elle? et la plupart ne portent-elles pas sui" efforts ont été lentés pour donner à celle du son organisme, sa hiérarchie et les diverses droit canonique en particulier son ancienne branches de son droit ? Le pape Célestin, écri- splendeur et toute son importance. Peut-être tant aux évêques de la Calabre et de l'Apulie, la nécessité de se livrer à l'élude des lois arait donc raison de dire que le préire ne ecclésiastiques n'est-elle pas encore bien compeul ignorer les canons : Nulli sacerdotum li- prise. Cependant les ouvrages récemment pureal canones ignorare, nec quicquam facere, bliés sur celle malière, et l'accueil qu'en a fail quod Patrum possit regulis obviare. Quæ le clergé, montrent que généralement on seni enim a nobis res digne servabilur, si decre- le besoin de se livrer à l'étude d'une science talium norma constitutorum, pro aliquorum dont l'ignorance a été la cause que la papaulé libitu , licentia populis permissa frangatur? Célé jusqu'ici presque toujours calomniée, le

Mais devons-nous blåmer les prélats qui moyen age mal compris, les bien fails de gourernaient l'Eglise de France au commen- l'Eglise méconnus. Le clergé français, aussi cement de ce siècle, prélats d'ailleurs si véné- remarquable par sa science que par ses vertus, rables la plupart par leur science et leurs ver- quoiqu'en puissent dire certains détracteurs,

ne pouvait rester longtemps sans reprendre la (1) La connaissance du droit canon est recommandée place que, pendant lant de siècles, il avait si dans plusieurs conciles, notamment dans le IV. de Tolède, moblement et si glorieusement occupée. Aussi le lui de Macon, dans ceur de Constance el de Bale, etc.

сoil-on encore de nos jours, et parmi les memQue n'aurions-nous pas à dire des prescriptions failes, à cet égard, par les souverains frontises?

bres si distingués de l'épiscopal, et parmi les DROIT CANON. I.

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