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plus chers atttibuts. Dieu souvent peut permettre un pareil aveuglement dans un Chrétien, pour le punir du mépris qu'il a fait de ses inspirations; mais que ces pécheurs désespérés, écoutent un peu, & pesent nos raisons. Il est très-vrai que leurs fautes les rendent indignes de pardon; mais depuis quand font-ce nos mérites qui nous font rentrer en grâce ? Dieu ne voit que ceux de son divin Fils, mort pour nous racheter ; c'est lui seul qui peut nous réconcilier, & faire agréer notre repentir. Si, par nous-mêmes , nous ne méritons rien, ce grand médiateur entre Dieu & les hommes, ce divin Avocat, qui ne cesse de plaider pour nous, & dont le Sacrifice, suivant l'Apôtre, suffiroit pour racheter le monde entier , ne pourra-t-il pas

effacer les péchés d'un seul homme ? Jean. Idre. C'est lui ( dit fon Disciple chéri) qui

nous rend son Père favorable, non-feulement pour nous pardonner nos fautes, mais celles de tout le monde entier. Loin de nous une idée aussi dépravée, ou de nos mérites ou de l'excessive rigueur de notre Dieu. Tant que

la foi nous fera voir son divin Fils mort pour nous sur la croix, quelque grandes que soient nos fautes, ce sera une folie de douter de la miséricorde de Dieu, sur-tout si notre repentir est sincère : aussi, le Prophète Roi avoit beau s'écrier que ses ini. Pf. 38.V. So quités étoient si nombreuses , qu'elles lui couvroient la tête, il savoir que la miséricorde de Dieu n'avoit point de bornes; & comme il n'espéroit qu'en elle , il faisoit l'aveu de ses fautes avec larmes & soupirs, & ensuite il en attendoit courageusement le pardon.

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De la charité, ou de l'amour de Dieu

& du prochain. LA

A FOI & l'espérance font des vertus de première nécessité pour un Chrétien ; mais elles lui feroient d'un foible fecours, si elles n'étoient accompagnées de la charité , vertu , suivant l'Apôtre, infiniment au-dessus des deux premières. Sous le titre de charité, nous comprenons l'amour de Dieu & du prochain ; deux amours qui ne dif

le nom, mais qui réel lement n'en forinent qu'un, puisque l'amour du prochain ne mérite réellement le nom de charité, que lorsque nous l'aimons pour l'amour de Dieu. C'est, à proprement parler , la jouissance & l'exercice de cette vertu, qui est un don de Dieu, qui consti

ferent que par

que toute l'essence du Christianifme. On peut fe Aarrer de posséder tout lorsqu'on a l'amour de Dieu ; don- : nez-moi quelqu'un qui aime Dieu véritablement, il ne doit dès lors avoir d'autre but que de lai plaire; & , dès qu'il plaît à Dieu , rien ne lui manquera de ce qui peut lui rendre son Créateur favorable , & lui procurer une heureuse éternité. Sous le nom d'amour de Dieu, nous entendons celui qu'a toute créature raisonnable pour fon Créateur , le Dieu tout-puisfant en trois Personnes, & l'Auteur de toute grâce. A Dieu ne plaise qu'on restreigne cet amour à notre feul Rédempteut, à J. C. qui certais nement a droit de l'exiger. Avec une pareille conduite, ainfi qire nous l'a=? vons observé, on manqueroit le buť principal de la charité chrétienne. Le Fils de Dien , en s'incatnánt', n'a vouled que procurer des adorateurs à font Père, & établir son culte & fa gloire dans tout l'Univers. La première obligation du Chrétien est donc d'aimer Dieu, la sainte Trinité, & de l'aimer de tout son cæur , : de toute son ame & de toutes ses forces , ainsi que notre divin Sauveur nous l'a enseigné lui-même. C'est lui qui nous a fait connoître Dieu comme notre Maître & notre Père, comme remplissant le Ciel de la gloire, & tout ce qui existe, par son immensité.

Quoique convaincus de l'existence de Dieu, comme il ne peut être fenti ni apperçu par les sens, il est à craindre que fa majesté, sa grandeur & fa bonté, ne nous fassent pas toute l'impresion qu'elles devroient; ainsi, la réflexion doit venir à notre secours, & élever des pensées qui ne sont fouvent excitées que par des objets sensibles. Il est für que s'il daignoit fe laisser voir comme l'auteur de tout bien

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